‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 15 sur 144 · L1III · texte numérisé non relu

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noir quo l'on pourra sa procurer. Cela fait, on prendra le nielle qui se trouvera en petits grains, encore bien que le mouvement du la maiii n'ait d'autre but que de le fondre ensemble le plus possible. Kn quelque forme qu'il se retrouve, on le remettra dans le creuset comme la première fois, on le fondra à un feu lent, en jetant dessus un grain de borax. Cette opération se fera jusqu'à deux ou trois fois, et chaque fois on doit rompre ledit nielle, en regardant avec soin le grain, et quand il sera bien serré le nielle aura toute sa perfection.

Parlons maintenant de l'art de nieller, c'est-à-dire d'employer le nicllo sur des plaques d'or et d'argent; on ne se sert pour ce travail que de ces deux métaux, les plus nobles de tons. On prendra la planche gravée, et comme la beauté du nielle consiste en ce qu'il doit venir uni et sans aucune soufflure, pour cela il faut faire bouillir la planche daus de l'eau, avec beaucoup de cendres de chêne, qui doivent être bien nettoyées. Cela, parmi les orfèvres, prend le nom d'une cendrée. Lorsque la planche gravée, mise avec la cendre dans la chaudière, y aura bouilli peudant un quart d'heure, on la mettra ensuite dans une cuvette avec de l'eau très fraîche et très pure, puis, avec une paire de petites brosses bien nettoyées, on frottera avec soin la gravure jusqu'à ce qu'elle soit propre et débarrassée de toutes sortes d'ordures. On y adaptera, après, un morceau do fer assez long pour pouvoir la manier au feu ; il devra avoir trois palmes environ de longueur, plus ou moins, selon le besoin et la dimension de la gravure. On doit avoir soin que ce morceau de fer ne soit ni trop gros ni trop menu, en sorte que, lorsqu'on se mettra à nieller la gravure, le feu l'ait chauffée d'une manière égale. Si la gravure était échauffée avant le fer ou le fer avant la gravure, le travail ne vaudrait rien ; c'est un point auquel on doit apporter la plus grande attention. Cela fait, on prend le nielle et on l'écrase sur l'enclumo ou sur un morceau de porphyre, le contenant dans une virole ou dans un canon de cuivre, de manière qu'il ne saute pas. On doit veillera ce que lo nielle ne soit pas moulu, mais pilé bien également, et réduit à la grosseur d'un grain de millet ou de panic, ni plus ni moins. Le nielle broyé de cette manière sera placé dans des petites tasses vernissées, et avoe de l'eau fraîche et propre on le lavera souvent, afin qu'il soit net de poussière et de toute autre chose, qui aurait pu lui ôter sa pureté pendant qu'on le pilait. On prendra ensuite une petite spatule de laiton ou de cuivre, et ou en étendra sur la gravure haut comme lo dos d'un couteau de table ordinaire ; eu outre, on jettera dessus un peu de borax bien pilé, à la condition qu'on n'en mettra pas trop. Après, on placera de petits morceaux de bois sur un peu de charbon allumé avec le soufflet du fourneau. Dès quo le feu aura pris, on en approchera adroitement l'ouvrage, en commençant à le chauffer modérément, jusqu'à ce que l'on voie le nielle commencer à se fondre. A ce moment-là il n'a pas besoin d'une grande chaleur, autrement l'ouvrage s'enllammerait et deviendrait rouge. Le nielle trop chaud perd sa force et devient mou; la grande partie

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de plomb dont il est compose dévore alors la plaque, qu'elle soit d'or ou d'argent. Pour éviter cet inconvénient, il faut »' tre très diligent. Mais retournons un peu en arrière : lorsque l'ouvrage sera sur le l'eu, on prendra un lit de fer un peu gros dont l'extrémité sera aplatie. Celle-ci sera mise au feu, et lorsqu'on verra le nielle commencer à se fondre, on passera sur la gravure ce morceau de fer. L'un et l'autre étant chauds, le nielle sera comme de la cire fondue, il s'unira mieux à la gravure sur laquelle il s'étendra.

Quand le travail sera froid, on commencera à limer le nielle avec une limo douce, et lorsqu'une certaine quantité aura été enlevée non pour découvrir la gravure, mais pour qu'on l'aperçoive, on mettra l'ouvrage sur de la cendre ou plutôt sur un peu de braise allumée, et quand il y aura assez do chaleur pour que la main ne puisse la supporter, ou prendra un brunissoir d'acier avec un peu d'huile, on polira le nielle en appuyant la main autant que l'ouvrage le comportera. Ce brunissage a pour but de faire disparaître certaines petites cavités qui se forment pendant l'opération. Avec un peu de pratique et do patience, ce défaut sera facilement corrigé. Mais, pour terminer le travail, un habile artiste doit prendre l'ébarboir et finir de découvrir la gravure. Il lui faut avoir ensuite du tripoli et du charbon pilé, et avec un roseau bien aplani du côté de la moelle, la gravure étant mise dans l'eau, on devra la frotter jusqu'à ce qu'elle soit devenue unie et brillante. 11 me suf0t d'avoir traité de l'art de nieller même d'une manière assez succincte, encore bien que les difficultés de ce travail demandassent une plus grande étendue. Mais quand je me suis proposé d'écrire sur cette matière, je m'étais prescrit de ne pas sortir des limites de la brièveté. Je passe maintenant à l'art de faire le filigrane, non moins difficile et remarquable que celle-ci.

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