ET DE LA MANIÈRE DE FAIRE LE NIELLE
(Kxtrait du Trnttuh 'ktl'Qr. fo ri'i, de Benvcntilo Ccllini. )
Ku IMô, lorsque je commençai à apprendre l'art do l'orfèvrerie, celui de graver en nielle était presque tout à fait abandonne. Aujourd'hui, dans Florence, parmi nos orfèvres, il paraît entièrement éteint. Cependant comme j'entendais répéter continuellement dans ce temps-là, parmi les vieux orfèvres, combien cette industrie avait été florissante, et particulièrement combien Maso Kiniguerra s'était distingué dans cet art, je fis tous mes efforts pour suivre los traces de cet homme éminent. Je ne me contentai pas seulement d'apprendre à graver de cette sorte, mais je voulus connaître la manière de faire le nielle pour pouvoir, avec plus de facilité et d'assurance, travailler dans cet art. Mais d'abord parlons de la manière dont on fait le nielle.
On commence par prendre uue onco d'argent très fin, deux de cuivre bien nettoyé et trois do plomb très pur et très propre. On doit avoir ensuite un creuset capable de contenir cette quautité de métaux. On aura soin de mettre d'abord l'once d'argent et les deux de cuivre ; ils devront être placés au feu d'un fourneau, au contact d'un petit soufflet. Quand l'arpent et le cuivre seront bien fondus et mélangés, on y ajoutera le plomb. Cette opération faite, il faut sur-lechnmp retirer le creuset, prendre avec les pincettes un petit morceau de charbon très convenable pour mêler le tout. Le plomb, par sa nature, fait toujours un peu d'écume, il faut, autant qu'on le pourra, avec ce morceau de charbon, la faire disparaître, jusqu'à ce que les trois métaux soient bien incorporés ensemble et bien purs. On tiendra prête une petite bouteille de terre de la dimension qu'une main puisse la contenir. Le col doit être de la grosseur d'un doigt. Cette bouteille sera remplie jusqu'à moitié avec du soufre bien pilé. La fusion desdits métaux étant complète et cens ci chauds, on les versera dans la bouteille, qui sera immédiatement bouchée avec un peu de lerre humide. On continuera à la tenir dans la main, on recouvrant le tout avec un grand morceau de toile. Peudaut que la composition se refroidira, on remuera continuellement la main jusqu'à ce que toute chaleur soit disparue ; alors la bouteille sera brisée. On verra que par la vertu du soufre cette fusion appelée nielle aura pris la couleur noiro. 11 est indispensable que l'on choisisse le soufre le plus