‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 20 sur 144 · NIELLES OU MOYEN ACE · texte numérisé non relu

NIELLES OU MOYEN ACE

les ornements tantôt ressortant en clair, tantôt se détachent en ombre. Le style île tous ces ornements rappelle d'une manière frappante ceux qu'on voit sur un autre autel portatif du même genre et de la nu4me époque, qu'on conserve dans l'archive du chapitre de l'église de Cividale en Frioul (voir Cicognara, Mcntorie, pp. 40-41). — Celui dont nous parlons existait au monastère de Sainte-Marie d'Avellana, dans la Marche d'Ancônc. Le célèbre cardinal Ilessnrion (d'origine grecque), après le concile de Florence, en 1439, ayant été nommé abbé commendataire de ce monastère, y déposa beaucoup de très riches ornements ecclésiastiques qu'il avait emportés de sa patrie. Ce fait nous est attesté, entre autres, dans les Annales Cumuldulex, vol. IX, p. 103. Lois de la suppression du monastère, ces objets ne parvinrent point au domaine royal, mais furent enlevés et cachés, jusqu'à ce que le gouvernement permit au dernier abbé d'en disposer à son gré. Quelques-uns d'entre eux, au nombre desquels fut cet autel, passèrent alors entre les mains «lu comte Jérôme l'ossenti de Fabriano, chez qui l'abbé s'était réfugié, et ensuite, avec les documents authentiques et la permission du pape, dans le cabinet Cicugnara. »

Cet autel, porté en Angleterre, a été acheté par le chanoine 1). Daniel Rock, qnî l'a fait figurera l'exposition archéologique de Londres, en 1850, et l'a décrit dans son grand ouvrage : Tlit Church »f uttr fnthns iLondou, 1849-lS.i3, 4 vol. in-8), t. I". Il en a ensuite laissé publier une reproduction gravée dans les Annub'.* firchi'oliujiqurx de Didrou, t. XII 1 1852 ï, pp. li:i-115, avec une lettre de lui où il dit : « Peut-être n'existc-l-il nulle part uu ouvrage du moyen Age dont les nielles aient cette beauté. » Didron ajoute que cet autel est sous tous les rapports d'un prix inestimable.

Travail byzantin de la tin du douzième siècle.

C. Quatre plaques niellées, décorant la couverture d'un Évangéliaire. (Duch.,n" 421-121.)

1. Jésus-Christ en croix. Le bas, à droite, est échancré ; dans le haut, à gauche, un trou de clou.

Haut., 52 millim.; Urg., 34.

2. Saint Jean, debout, tenant un livre fermé. Le bas, à gauche, est échancré; dans le haut, à droite, un petit trou de clou.

Haut., 48 millim.; Urg.,39.

'i. La Vierge et V Enfant Jésus. Elle est couronnée et tient l'Enfant sur son bras gauche. Le haut, à droite, est échancré ; dans le bas, à gauche, un petit trou de clou.

Haut., 52 millim,; larg ., 43.

4. Un Eccquc, mitré, tenant une croix de la main gaucho, et donnant sa bénédiction de la droite. Le haut, à gauche, est échancré, et un trou de clou se trouve à droite.

Haut., 48 millim.; larg., 3t.

Couverture d'un vieux manuscrit contenant l'évangile de saint Jean el le rituel do

UXVt

APPENDICE

l'Irlande avant l'arrivée des Normands. Elle est entièrement en métal, avec des ornements d'orfèvrerie et des inscriptions gravées en irlandais. Sur l'une des faces, se trouve uno croix ornée de cinq gros cabochons en verre coloré, et dans chacun des quatre compartiments est un des nielles, gravés au simple trait. Duchesne signale ce manuscrit comme appartenant à la famille Ruckingliam. « Ces figures, dit-il, sont d'une exécution très ancienne et fort médiocre, mais qui démontre l'usage auquel on employait les nielles à celle époque. Les fonds sont couverts de traits horizontaux, irréguliers cl tremblés, puis remplis d'or. Les bandes du tour sont couvertes d'inscriptions. L'autre face du volume offre quatre plaques de blason, é'hiqueté d'argent, et dont l'émail est sauté. •

D. Martyre de saint Thomas de Cantorbéry et non enterrement. Reliquaire en forme do boîte avec un couvercle pyramidal. Sur l'uue des faces de la boîte est représenté le martyre : le saint est a gauche, vu de trois quarts, tourné vers la droite ; un meurtrier lui fend le crâne avec uno épée, et derrière lui on en voit deux autres. Les quatre personnages sont à mi-corps. Dans une bordure on lit : s. tomas occidit. Sur la face opposée de la boite, le corps du saint est porté par deux religieux de Cantorbéry. et l'inscription sagvis k. s. tom. (Sanguis est saneti Thomœ nous apprend que son sang était renfermé dans ce reliquaire. Un ange, vu à mi-corps, est figuré sur chacun des côtés latéraux de la boîte. Les deux petites faces correspondantes du couvercle présentent des ornements feuillagés, et sur les grandes faces, sont des anges : l'un assiste au martyre, l'autre porte l'àme du saint. En tout, huit plaques niellées.

Ce reliquaire a appartenu à M. Gcrmeau. Il a été décrit dans la Gazette des Beaux- Arts, t. XIX (18'in), pages 508-510, où l'on eu trouve aussi une reproduction légèrement réduile. <- Faut-il voir, dit M. Darcel, dans le nielle de M. Gcrmeau une œuvre anglaise de la fin du douzième siècle? Nous trouverions plutôt un caractère allemand croisé de byzantin, très prononcé, dans les têtes des anges niellés sur les côtés de ce coffret. >i

E. Couverture d'un êcangèliaire de l'abbaye d'Oignies, ornée de nielles par le frère Hugo.

Ce beau travail d'orfèvrerie belge, du commencement du treizième siècle, est orné, entre autres, de six petites plaques niellées, enchâssées dans la bordure autour du sujet principal. Les deux placées dans le haul et dans le bas offrent des rinceaux avec des animaux fantastiques. Les plaques latérales représentent d'abord un saint disant la messe, et, du coté opposé un amje thuriféraire; et au-dessous, d'un cAlé, le frère HuijD (comme l'indique l'inscription Yy» au-dessus de sa tète), â genoux, offrant son évangéliaiic à saint Mcolax, patron de l'abbaye, tiguré assis et bénissant son disciple

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