JÉSUS EN CROIX
Plaque niellée. Travail italien du xv« suclc. ( N» "4. — Munie ilu IUrgello * Florence.
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PLAQUES NIELLÉES t7
73-73 bis. Le Portement de croix. Sujet central d'une Paix. Jésus marche vers la droite, portant sa croix sur son épaule gaucho, et suivi de la Vierge.
Haut., T mil im.: Urg., T.
(73 bis.) Au fronton, un autre nielle représentant V Homme de douleurs, vu à mi-corps, les mains croisées, la tête penchée à gauche; dans le fond, la traverse de la croix et les instruments de la passion.
Plaque cintré. Haut., t millim.; Urg-, ï.
Sur la frise, une autre plaque avec l'inscription : jacohvs svaxni
COLK.
Haut, totale <Ja U Pair, 180 millim.; Urg., DO.
Plaques non décrites.
Cette Paix faisait partie do la collection Galiclion (n<> 378 du catal.),- vendue 650 francs.
— Le Portement de croix. (Voir lon° 26.)
7i. Je" sus en croix. Il est entouré de huit anges, dont l'un recueille son sang. Au pied de la croix, un grand nombre de saints et de saintes, parmi lesquels saint Jean l'Évangéliste , saint Jean- Haptiste, saint François, saint Jérôme. La Madeleine entoure de ses bras le pied de la croix. Sur le devant, la Vierge évanouie au milieu des saintes femmes. (l)uch., n° 05.)
Plaque cintrée. Haut., 131 millim.; Urg., 77. Composition de trente ot une figure*.
Ducliesne a décrit cette plaque comme se trouvant dans la collection du prince Poniatowski, mais Cicognara \Memorie, p. 243) l'identifie avec celle du Musée de Florence, où elle aurait été transportée de l'église San Giovanni. Gori a prétendu que c'est la Paix dont l'exécution a été payée à Mattco Dei 68 florins d'or en H5.ï. M. G. Hilanesi, dans son article : Maso Finiguerra et Matteu Dei (journal l'Art, t. XXXVI [1884], p. 66 ef suiv.), combat celte attribution. « Outre qu'on n'y trouve, dit-il, ni les figures des larrons, ni les cavalier.*, elle est d'une composition si pauvre, d'un dessin si défectueux, les létes sont si niaises et si dépourvues de sentiment, l'exécution est si brutale et si inférieure à celle des autres [Paix du même musée], qu'elle rappelle plutôt la manière d'un maître médiocre et plus ancien. » A l'appui de .son opinion, il donne de cette plaque une reproduction qu'on trouvera ici également. Voir la noie de l'article suivant, et aussi la première partie de notre tome pp. 4-21.
75. Jésus en croix entre les deux larrons. Il est entouré de quatre anges, dont l'un recueille son sang. Un cinquième ange est à
.1IKLLES. 2
NI KI.LKS
gauche du bon larron, tandis que le diable emporte l'âme du mauvais. Tout autour, une grande foule de gens à pied et à cheval. La Vierge évanouie est soutenue par saint Jean et par los saintes femmes. Au premier plan, trois soldats à genoux tirent au sort la robe do Jésus. (Duch., n°96.)
Plaque cmlrée. Haut., 122 inillim.; Urg., 81.
Duchcsne n'ayant pas vu cette plaque superbe, conservée au Musée do Florence, et qui offre une composition de trente-cinq figures, se home à mentionner « qu'on dit ce nielle gravé par Mathieu Dei » et qu'une copie gravée au simple Irait était dans le cabinet Sykes. 11° 1210. Cieognara {Memorie, page 2i9) fait observer que Duehesne commet ici une erreur d'iitlrihution, croyant sans doute que c'est bien de cette Paix que parlait Gori, tandis qu'elle n'a jamais appartenu a l'église dit Saint-Jean de Florence, mais fut acquise directement par le musée en I1»4, d'un marchand nommé Vincenzo Gotti. Sauf cette rectification, Cieognara ne dit pas un mot de la valeur artistique de cette plaque, de sorte qu'après lui cl Duehesne on pourrait croire qu'il s'agit là d'un objet très ordinaire. M. Gactauo Milanesi, l'éuiinent critique d'art, a pris pour tache de la mettre en lumière. Lu reproduction agrandie qu'il en donne dans sou article cité au numéro précédent permet de se rendre compte au moins de la composition. Nous joignons ce fac-similé à notre volume, a Cette Paix, dit-il, est d'une riche composition, d'un très beau dessin; tes expressions sont admirables, le travail du burin est d'une étonnante finesse .... Il faut remarquer les deux cavaliers d'un assez beau caractère qui paradent au milieu des autres personnages. L'un de ces cavaliers, placé a gauche, esL vu de cillé ; celui de droite, est vu de dos, et le dessin et l'altitude rappellent le cavalier que Vilture Pisano a représenté au revers des médailles de Jean Paléologuc et de Malatesta Novcllo. •>
De qui est ce beau nielle ? On l'ignore, et M. Milanesi a essayé d'en découvrir fauteur, pm- voie de déduction.
On sait que le Musée de Florence (Bargello) possède aussi la fameuse Paix du Couronnement de la Vierge (voir n" 102j, qui a été attribuée à Maso Finiguerra, d'abord par Gori, ensuite par bien d'Hulres écrivains, qui l'ont répété sans contrôle. Dans la première partie de notre volume (voir pages 4-2 • ) nous avons démontré que cette attribution n'est pas prouvée. Gori ne l'a basée, en effet, que sur deux mentions du registre de la corporation des marchands, mats elles no constatent qu'une chose, c'est qu'en I4S2 une Paix fut commandée et payée à Maso Finiguerra pour l'église Saint-Jean de Florence, et qu'en 1455 une autre Paix, destinée à la même église, fut soldée à Matleo Dei, sans nullement indiquer les sujets de ces Paix. Vasari, comme nous l'avons rapporté, nous renseigne qu'à Saint- Jean de Florence se voyaient .quel (ues Paix» dues à Finiguerra, ■< qui passent pour des merveilles, avec des fines représentations de la l assion du Christ b. Bcnvenuto Cellini précise encore davantage et dit qu'à cette église était une Paix exécutée par Finiguerra, sur laquelle était représenté le Chris! en croix, entre Us deux larrons, avec des hommes à cheval et une foule nombrtuse au pied de la croix, d'après un dessin d'Antonio dei Pollajuolo. Sur la foi de ce double témoignage, M. Milanesi a conjecturé que la Paix en question pourrait bien être celle-ci : t Cette Paix, dit il, e*l d'uuc telle perfection qu'elle peut, sans aucune hésitation, être mise
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l'LA QL'ES NIELLÉES
sur le même raug que le C-juruimement delà Vierge. » Seulement, M. Milam-si ne s'est pas aperçu qu'un fait matériel contrarie l'attribution qu'il en fait à Finiguerra. Pour pouvoir invoquer, à cet égard, le» témoignages de Vasari et de Cellini, il faut d'aburd que l'attribution porte sur une Paix <• admirable », digne de la grande réputation de Piuiguerra; ensuite, que cette Paix représente Jètus en croix entre Us deux tairont, etc.; enfin, qu'elle ait appartenu à l'église de Saint-Jean de Florence. Si les deux premières conditions peuvent s'appliquer au nielle qui nous occupe, il n'en est pas de même de la dernière. M. Milanesi dit lui-même : • Remarquons que Vasari commettait une erreur en disant que l'église Saint-Jean possédait « quelques » Paix ou « certaines » Paix; car il ett maintenant prouvé qu'ii n'y en avait pat plus de decx. » Or, les deux Paix du Musée de Florence qui aient sûrement appartenu à l'église Saint- Jean sont le Couronnement de la Vierge cl la Crucifixion décrite ici sous le numéro œuvre d'un nielleur médiocre et dont la composition n'est pas conforme à U description de Cellini. Ce sont les deux Paix dont parle Gori. Quant à celle dont il s'agit ici, Cicognara dit positivement qu'elle n'est venue au musée qu'en iVH, par voie d'achat, et H. Milanesi le rappelle aussi lui-même. Cependant, nous pensons que rien ne prouve qu'elle n'ait point appartenu à l'église Saint Jean, el qu'elle n'en ait été détournée avant môme l'époque où écrivait Gori. Tout serait ainsi concilié. Nous trouvons que M. Milanesi a eu tort do donner un démenti A Vasari, qui affirme pourtant très nettement que cette église possédait quelque* Paix do Finiguerra avec d«s représentations de la Passion du Christ. Pour pouvoir rectiller Vasari, il nous faudrait un inventaire de ce temps du trésor de l'église Saint-Jean prouvant le contraire, et non pas celui de Gori.
Qooi qu'il en soit, quand même cette Paix ne serait pas de Finiguerra, et nous ne voyons rien qui s'y oppose, elle est sûrement d'un très grand artiste. I.e dessin, d'accord avec ce que dit Cellini, pourrait bien être d'Antonio dol Pollajuolo, le fidèle collaborateur de Finiguerra.
M. Milanesi a encore commis une autre erreur dans un premier article (l'Art, t. XXXII [1881], P- Î2L U » confondu celle Paix avec une autre Crucifixion du Mu^ée de Florence (voir le numéro 76), dont la composition est presque identique avec celle de la Paix de la collection Trivulzio { voir le n» 77 ) : évidemment il y a été entraîné par la confusion faite à cet égard par Cicognara lui-même (voir la note du numéro suivant).
76. Jésus en croix entre les deux larrons. Deux anges, un de chaque côté, sont auprès de lui; un troisième vient recevoir l'âme du bon larron, tandis que le diable recueille celle du mauvais. Au-dessus de la croix du Sauveur, le soleil et la lune. Une foule de gens à pied et à cheval garnit le Calvaire. Au fond, la vue de la ville de Jérusalem. A droite, sur le devant, un groupe de trois hommes causant ; à gauche, la Vierge évanouie, assistée des saintes femmes et de saint Jean. (Duch., n° 97.)
Plaque cintrée. Haut., 113 millim.; Urg., 77.
Composition de trenle-qualie ligures. Duclicsuc a décrit ce nielle très brièvement, et l'a indiqué comme se I cousant dans la collection du prince Poniatowski. Cicognara (Memone, p. 21G-2V7) affirme que c'est celui du Musée de Florence, acheté en 1 801 .
M. Milanesi, dans l'article cité plus haut, a étudié de prés cette Paix, dont il donne un fac-similé. ■< Le sujet, dit-il, est traité d'une façon qui révèle, à n'en point douter, une influence allemande; lu composition aussi bien que le dessin sont copié* nu imités de quelque estampe d'un ancien graveur allemand. La vue de la cité de Jérusalem, qui occupe le fond de la scène, esl la vue d'une ville allemande; allemand aussi est le costume des personnages, coiffés de chapeaux pointus à larges bords. Au premier plan, à droite du spectateur, se tient un jeune homme à cheval, vu de dos: il a les cheveux longs, un bonnet sur la tète, de larges culottes, des botte* à éperons; c'est le costume allemand des dernières années du quinzième siècle. Près de lui, à droite, esl un soldat appuyé des deux mains sur une hallebarde ; il est vêtu d'une cuirasse sur le devant de laquelle on peut distinguer, si je ne me trompe, la lettre G. Ce pourrait bien être la l'initiale du nom, la marque du mattre. S'il est permis d'en chercher l'explication, peut-être ne serait-il pas trop invraisemblable de penser que cette
marque appartient a un miniaturiste llurcnlin, à f.hérardo Vasari nous apprend
que Gherardo se mil à contrefaire les estampes de Schomgauer, et qu'il y réussit
très bien Il n'a pas seulement imité les estampes, mais encore les peintures
flamandes. Eu effet, si l'on examine quelques-unes des miniatures qu'il a exécutées en collaboration avec son frère Monte, artiste non moins habile que lui, on reconnaîtra à quel point ils ont imité l'école flamande daus les paysages, dans les fabriques, dans les types des ligures, surtout les figures des Nazaréens, dans les teintes violacées cl fortement colorées des chairs. Si de temps a autre on ne retrouvait dans ces miniatures la noblesse des types italiens et les gracieux airs de tête des personnages de Glurlandajo, leur maître, si les documents n'étaient point là pour désigner leurs auteurs avec certitude, on les croirait l'œuvre de quelque Flamand qui aurait travaillé à Florence. ».
Après l'exposé de cette opinion, dont la justesse se trouve confirmée, aux yeux de tout connaisseur, par l'examen de la pièce, on ne comprend plus rien a ce qu'en avait dit Cicognara. Il trouve que le sujet de cette Paix correspond fort bieu à la description qu'en a donnée Cellini, •< car, dit-il, il n'existe, à Florence, aucune autre Paix qui offre de l'analogie avec la manière de graver de Fiuigucrra. Quant au dessinateur, c'est certainement dans celle-ci plus que dans toute autre qu'on remarque le faire de Pollajuolo, mai? elle rappelle plutôt encore celui de Verrocehio.» Or, Cicognara oublie que cette Paix ne provient pas de l'église Saint-Jean, puisqu'il constate, lui-même, qu'elle avait été achetée pour le Musée de Florence, en (SOI, d'un marchand nommé Caélano Calier, à moins d'admettre qu'elle en ait été détournée jadis. Son mérite inférieur, au point de vue de l'art, ne permet nullement d'en attribuer la paternité à Pollajuolo, à Verrocehio et à Finigucrra, et lotit porte à croire que, par une confusion étrange, Cicognara. en parlant de cette Paix, avait plutôt eu l'intention de décerner tout ce tribut d'admiration à la belle Crucifixion décrite par nous au numéro 7.H, à laquelle il n'accorde aucun éloge.
77. Jésus-Christ en croix entre les deux larrons. Il esl entouré
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JÊSlS EN CROIX , Plaque nielWe. Travail julien du IV* «iècle. (N» 76. — Mu*éa «lu Barjrello i Florence. ;
PLAQUES NIELLEES
do soldats, dont plusieurs sont a cheval ; l'un d'eux, à droite, tient une enseigne avec les lettres S. 1». Un même côté, un soldat, montant à une échelle, va briser les jambes d'un des larrons ; à droite, sur le devant, un groupe de trois hommes; à gauche, la Vierge évanouie, secourue par les saintes femmes et saint Jean. De chaque côté de la croix, un ange ; sur le haut de la croix : i.nri ; au haut, le soleil et la lune. (I)uch., n°98.)
Plaque cintrée. Haut., 86 millim.; I«rg., 65.
Cette Paix fail partie de la collection Trivul/io. La plaque niellée est dans un cadre ciselé. Comme on |>eut le voir par la description , elle se. rapproche beaucoup, pour la composition, de la Paix du Musée de Florence décrite au numéro précédent. Cicognara. qui a pu les comparer, note les différences suivantes (.VcrmW , p. 248i: en raison des dimensions plus petites do la plaque Trivulzio, les figures en sont aussi plus petites. Au lieu de quatre i?) ailles planant aux cotés des croix, il n'y en a plus que deux, qui accompagnent la croix du Sauveur. Par contre, on y voit trois figures de plus qui sont à peine esquissées, eu arriére, prés des murs de Jérusalem, entre la croix du Rédempteur et celui du bon larron. Il existe encore d'autres petites variantes dan» le groupe de soldais à cheval.
« Si la plaque de Florence, dit-il, par la magnificence de son exécution, semble avoir le droit de passer pour l'original, d'autre part le fini précieux de la Paix Trivulzienne ne manquera pas aussi de conquérir en sa faveur de nombreux suffrages. >• Il ajouto plus loin qu'en tout cas cette dernière ne saurait être regardée comme une copie servile, mais bien comme une imitation libre de la précédente, exécutée par un même artiste .
78. Jf{stts en croije. Deux anges sont en l'air à ses côtés. Au pied de la croix, à gauche, la Vierge debout, et, vers le fond, saint François d'Assise à genoux; à droite, saint Jean debout et saint Jérôme a genoux, accompagné de son lion. Le tond présenta une ville située au bord de la mer, d'où s'élèvent deux îles surmontées chacune d'un grand rocher escarpé. (Bartseh, XIII, p. 50. n« i. — Duch., n" 101. — Passav., t. V, p. 199, n* 1.)
Plaque cinlrée. liant., 7* millim.; hrg., 50.
CeUe superbe plaque niellée occupe le centre d'une Paix qui était autrefois a l'église SainUJacques de Bologne, et passa ensuite à l'Académie des Heaux-Arts de celte ville ; aujourd'hui elle est conservée à la Pinacothèque. D'un beau dessin et d'une One gravure, ce nielle est l'œuvre du célèbre Frauccsco Haiboliui, dit Fraueia {H.ïO- 1318). Iji monture, ornée d'arabesques, de rinceaux, etc., linemetu ciselés ou en basrelief, est aussi de la main du même arti'te. Hans la lunette est représenté l'Homme de douleurs, entre deux anges, en bas-relief. Au-dessus de la bordure du sujet cenral, tliiii les espaces presque triangulaires formées par le cintre, se trouvent, a
droile, les armoiries des Benlivoglio, soigneur do Bologne , à gauche, celles de» Sforza de Pesaro. Ci-» dernières sont des fastes undfr*, l'un des emblèmes de celle grande famille, cl non pas un <ehi>[ueU\ armoiries de la maison Pepoli. Francia travaillait au servie des Benlivoglio comme orfèvre, peintre et médailleur. Des écrivains italiens ont présumé que celte Paix fui donnée 4 l'église Saint-Jacques 4 l'occasion du mariage de Giovanni II Benlivoglio avec Ginevra Sforza de l'esaro, disant que ce qui démontrait qu'elle avait été faite pour ce seigneur ce sont les initiales M Z qu'on y voit et q*ii doivent signifier « Messere Zoanne ». Or on n'a pas fait attention que le mariage en question est du 2 mai 1 56V, date à laquelle Francia n'avait que quatorze ans. Donc si cette Paix est un don de Giovanni H Bentivoglio, il ne saurait être que d'une da'e postérieure. Cependant on se demande pourquoi dans ce cas les armes de Kentiv.itrlio sont « la seconde cl non 4 la première place, et en présence de ce fait nous croyons que ce don s'appliquerait mieut à Galeazzo Sforza, seigneur de Pesant, mort en 1515, époux de Ginevra Benlivoglio, lillc d'Ercole. Mais alors les initiales .M Y. ne sauraient avoir la signification qu'on leur donne.
Negri (Anwili di Bologw), à l'année IWl, nous renseigne que, par ordre de Benlivoglio, Francia a fait une autre Paix niellée, de la valeur do 300 ducats, qui fut offerte a Giovanni Sforza, seigneur de pesaro, à l'occasion de son mariage avec Lucrèce Borgia (1 iO:i). On ignore ce que cette Paix est devenue.
Sur les nielles de Francia, consultez : Zani, MateriuH, p. 129; — Gai.vi, Memorie délia vita td oj>eic di Franresco Rmbdini (Bologne, 18021; — Milvasia, Feltina pitlrice ;if>4t),t. l'T, p. 42; -- Boloc.nim-Amoiw.m , Vite de' pittori ed arfrfiri Mognesi (IMtj, p. 45.
Le Crucifiment dont nous nous occupons a été décrit par Bartsch d'après une copie moderne, el le savant iconographe a supposé à tort que l'abbé Zani avait eu sous les yeux «■ l'estampe originale », tandis qu'il n'a parlé que de la Paix de Bologne. A son tour, Duehesnc, croyant que toutes le* copies de nielles décrites par Bartsch ont été exécutées d'après des originaux du cabinet Durazio, a avancé qu'une épreuve de ce Crucifiement s'y trouvait aussi, ce qui est inexact.
Un fac-similé de ce nielle a été gravé par Fr. Spagnoli pour le Mati'iaîe de Vallardi ; et nous donnons de la Paix entière une reproduction directe par l'héliogravure .
79-81. Mms en croix entre les deux larrom. Sujot central d'une Paix. Aux côtés du Christ sont deux ancres, dont l'un recueille son sang dans un calice. Autour do la croix une foule de soldats à cheval et à pied. Au premier plan, la Vierge évanouie entre saint Jean et une sainte femme. A gauche, une sainte femme (la Madeleine?) assise et pleurant; h droite, trois soldats tirant au sort la robe de Jésus. Au-dessus de la croix, le soleil et la lune.
Plaqui cintrée. Haut, 93 millim.: largr., 56.
; 80-81/. Sur les pilastres de la monture en bronze doré sont appli-
PLAQUES NIELLEES 2J
qués deux nielles représentant des feuillages. — D'autres plaques niellées occupent les écoinçons au-dessus du sujet central. Sur l'architravo est une plaque d'argent avec l'inscription : exvroe.domi.se. adivva . nos. — L'architrave supporte un ornement découpé où l'on voit deux dauphins adossés, séparés par un épi de feuillage.
11*01- totale -le la Paix, 180 tnillim.; lar*., 126. Fort l»cau travail florentin du quinzième siècle.
Pai« non décrite. Elle fait partie de la collection de M. Fr. Spilxer, et nous en donnons une reproduction.
82. Jésus en croix. Saint Jean est h gauche, et la Vierge à droite. Kn haut de la croix, l'inscription: in ri. Au fond, la vue de Jérusalem. Le ciel est noir, à l'exception de quelques nuages qui se détachent en clair. Médaillon entouré d'un donhle ovale en dehors de la gravure. ( Barlsch, XIII, p. 50, n» 3. — Duch., n" 103 — Zanetti, p. 103, n* 140.)
Diam., 32 millim.
Barlsch et Duchesne ignoraient que c'était mie plaque d'argent dont ils n'ont connu que le fac-similé fait pour Durazto. A la vente de celte collection < n» 2«2I ) elle n'a atteint que le prix de 91 florin*, ce qui prouve que le travail en est médiocre. Elle a pour pendant le Suint Georges décrit plus loin, n» 330.
83. Jésus en croie. Il est entre saint Jean et la Madeleine, dans un encadrement en argent doré, orné de colonnettes et de têtes de chérubins en relief.
liai t. totale dece-tp l'.iii, 160 iniilim ; lary., 110. Vente Castellarii, n» *K0 : IH5 francs
— Jésus en croix. \ Voir les n" 29, 240 et 303. )
84. Descente de croix. L'instrument du supplice est au milieu ; deux échelles y sont appuyées. Le bras gauche du Sauveur est détaché et soutenu par Nicodeme. Derrière la croix, saint Pierre veut enlever le clou qui retient le bras droit du Christ. En avant, est saint Jean; au bas, à gauche, les saintes femmes. Marie-Madeleine embrasse le pied de la croix ; dans le fond, Jérusalem. Quatre anges sont autour de la croix. On voit sur une petite tablette : î n r i. (Duch., n° 104.)
Plaque cimree. Il.ut., 108 raillim.; larg., 8t. Cette planche a appartenu à Séroux d'Afrincouri fvoy. son Histoire de l'art par les
m'-mm-nt', t. II, p. ISO, cl t. VI. pl. CLXIX, n« 10), qui en attribue la gravure n Antonio Pollajuolo.
Une copie dessinée au trait, faisait partie du cabine! Sykes (Catal., n» 210.)
— Déposition de la croix. (Voir le n° 27. )
85. Jésus descendu de la croix. Le haut du corps du Sauveur repose sur les genoux de la Vierge ; près d'elle, trois saintes femmes. Sur le devant, la Madeleine, entre saint Jean et un autre disciple assis, soutient les pieds du Sauveur. Dans le fond, â droite, les trois croix sur le calvaire. (Passav., t. Ier, p. 295, n°500. )
Ovale en largeur. Haut,, Cl millim.: larp., 75.
Collection Cicognara, n» 51 . Selon lui, le dessin de ce nielle pourrait être auss bien du Pérugln ou de Fr. Francia, que de llaphaiM lui-même. Il faisait partie, avec nos numéro* 10-27 , 86 et 3R3-3G6 d'une série de médaillons qui ornaient une grande croix.
Une épreuve sur papier est conservée à la Bibliothèque de Vienne (Calai, de F. de Bartsch, p. 7, n» 11 ).
86. L'Homme de douleurs. Il est à mi corps, soutenu par quatre anges debout sur les bords du tombeau. Derrière lui, la croix. Le soubassement du tombeau offre de beaux ornements et l'emblème du pélican : au-dessous, les trois clous. (Passav., t. Pr, p. 295, n"50i, et p. 297, n" 5! \.)
Ovale en l»rgeur. Haut., 61 millim.; larg., 75.
Collection Cicognara, u° ."12. C'est le pendant du numéro précédent. L'iconophiltt italien dit de ce nielle qu'il est difficile de trouver rien de plus gracieux et de mieux composé, soit pour la justesse de l'expression, soit pour la douceur des contours et pour l'extrême beauté des draperies. Il en possédait une ancienne épreuve sur papier, imprimée à la main.
Une épreuve sur papier conservée à la Bibliothèque de Vienne (Calai, de F. do Bartsch, p. 8, n" III) offre la même composition, comme pour le numéro précédent ; l'une ut l'autre doivent provenir des copies modernes.
87. La Piclà. Le Christ mort est étendu sur les genoux de la Vierge. Dans le fond, les trois croix; sur celle du milieu : inri. Au bas, une boule divisée en compartiments; auprès, les lettres n e. Le fond, couvert de tailles croisées, n'est pas niellé, mais doré. (Duch., n" 105. — Passav., t. I", p. 278, et aussi p. 304, n" 5W.)
Dum., 59 millim.
Catalogue Sykes, ir 1245, puis collection Woodburn ; aujourd'hui au British Muséum. « Pièce d'un très beau travail, » dit fhichesne. Passavant trouve que le des-
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sin en est fort médiocre. On peut en voir un fac-similé dans l'ouvrage d'Oltley, A Collection.
88. LaPietà. Le Christ mort est étendu sur les genoux de sa mère. Ce nielle est dans un baiser de Paix en argent portant des traces d'émail et surmonté d'une plaque ronde en argent gravé, représentant saint Biaise debout.
Haut, totale, 220 raiilim.; larg., 90.
Travail italien du quinzième siècle. Vente Castellani, n" 476: 1,070 francs.
89-91. La Pietâ. Le Christ mort est étendu sur les genoux de sa more entre saint Jean et sainte Madeleine. Ce nielle est dans un encadrement en cuivre ciselé et doré. Deux autres plaques niellées y sont jointes: deux anges musiciens; sur la base : des rinceaux et des mascarons.
Haut totale., 151 inillini ; larg., KO. Travail italien du seizième siècle. Vente Castellani, a* 482 : 600 francs.
92-93 Déposition de la croix et mise au tombeau. Sujet central d'une Paix.
Haut-, ? millim.; larg., t.
(S)3.) Dans la lunette, la Résurrection.
Plaque cintrée. Haut., t millim.; larg., T.
— CeB deux nielles sont encadrés de bandes d'argent niellé, portant des ornements ainsi que les inscriptions suivantes : pacem .
RKLINQVO . VOBIS. — PACEM MEAM . DO . VOBIS. — N . RESVRKTIONK . TVA. CHR1STE . ET . TERRA . LETENTVR.
Haut, total* de la Paii, 195 millim.; larg. 115.
Travail italien du quinzième siècle. I.a monture, surmontée de trois pal mettes, est en cuivre doré.
A la vente Castellani, n* 471», cette Paix n'a atteint que 8..0 francs, mais elle a été revendue 4,550 francs à la vente de la coll. Ch. Slcin (1886), n» 200.
94. Résurrection de Jésus Christ. Le Sauveur triomphant, vu de face, tenant dans la main gauche sa bannièro, donne sa bénédiction de la main droite. Quatre soldats sont couchés autour du tombeau. (Duch., n° 121. — Passav., t. V, p. 200, n*2.)
Plaque ciDtréa. Haut., 31 millim.; larg., 60.
C'est la seconde plaque niellée que l'on connaisse sortie des mains du célèbre Franciu (voir plus haut, n* 78). Elle forme une Paii dont la monture. Tourne du
mémo article, ornée d'arabesques el de rinceaux en bas-relief, offre deux écussons »ux armes des Felicini cl des Ringhieri (Cicognara, Memorie, p. 4U1 , a été nul renseigné à cel égard). On présume qu'elle a élé commandée par Rartolomeo Fclicini, à l'occasion do son mariage avec Dorotea Ringhieri, et offerte à l'église de la Miséricorde de Bologne, d'où elle passa à l'Académie des bcaux-arls de cette Tille ; elle se trouve actuellement a la Picanotlièque.
Celte Paix est d'un travail particulièrement remarquable.
Elle a été gravée en fac-similé par Fr. Spagnoli pour le Marnai* de Vallardi, et nous en donnons une reproduction en héliogravure.
95. Résurrection de Jèsus-Christ. Sur le devant, un large tombeau ouvert ; le Christ debout, sur un des bords du sépulcre, donne sa bénédiction de la main droite et tient sa bannière de l'autre. A droite, une sainte tenant un livre dans une main, et la palme du martyre dans l'autre. A gauche, un saint ayant un coutelas dans la main droite, et dans l'autre un livre. Le fond est blanc. (Duch., n" 123.)
Médailloo orale. Haut , 3'J millim.; I*rg., 23.
Collection Trivulzio. Le saint tenant un coutelas pourrait bien être saiul Herculan. martyre, évèque et patron de Pérouse, ce qui marquerait la destination de cette Paix.
96. Résurrection de Jésus- Christ. Nielle sur un fond doré. (Duch., n" 124.)
Ditra., 83 millim.
Travail italien du seizième siècle.
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n- II.