NIELLES EN SOUFRE
1-7. Histoire d'Adam, sept pièces. (Duch., n°* 1 à 7. — Passav., I, p. 276.)
1. Création d'Adam. Le premier homme est couché, à droite, dans un paysage. Dieu debout, à gauche, le prend par le bras droit pour le faire lever. (Duch., n* 1.)
Haut 29 mlllim.; L&rg., 4/6,
2. Création d'Eve. Dieu est debout, à droite ; il prend par la main Ève qui sort de la côte d'Adam couché*, à gaucho, dans un paysage. (Duch., n* 2 )
Haut., 38 millin.; Urg., «6.
3. Adam et Ère au pied de Varbre dévie. Adam est à gauche, Ève à droite. Au haut de l'arbre, l'esprit du mal, en buste, tourné vers Adam qui tient la pomme. (Duch., n-3.)
H»uU,29 milUm.;UnÇ.,S3.
i. Adam et Ère chassés du Paradis. Ils sont nus, marchant vers la droite; l'ange qui est à gauche les pousse; sa main est sur l'épaule d'Adam. (Duch., n9 i.)
H«uU, 29 millim.; Urg-, 16.
5. Adam et Ève travaillant. Celui-ci est à droite, tourné vers la gauche, appuyé sur une houe. Eve est assise à gauche, tenant un enfant debout; un autre est assis à ses pieds. (Duch., n« 5.)
Ilatil., SI milliin.;l«rgr.( 46.
MKLl.KS
0. Sacrifice d'Abel. Dans le milieu, sur un rocher, est l'autel où le feu brûle. Caïn et Abel sont à genoux de chaque côté. Un des frères est à gauche, nu-tête ; l'autre, à droite, a la tète couverte d'une espèce de capuchon. (Duch., n°(5.)
Haut., 2i>millim.; larg., 49.
7. Meurtre d'Abri. Il est renversé vers la droite, avançant son bras droit. Caïn, incliné sur son frère, tient de sa main droite son bâton levé. Autour de la planche, une espèce d'encadrement dans le haut et sur les côtés; un autre, représentant un feston, se voit dans le bas. (Duch., n° 7.)
Haut., 29 millim.; larg., i2.
Le? numéros I a 4 sont réunis en tau; seule bande dans une ancienne moulure en bois. Les numéros à 7 forment une autre bande ; ils ont aussi été montés très anciennement dans uu encadrement eu bois.
Plusieurs partie» do ces empreintes ont été détériorées : n° I, lu partie supérieure de la ligure d'Adam est restaurée; n* V, une partie du Tout-Puissant et la partie supérieure de la figure d'Ève sont restaurées; n» 3, la ligure d'Adum est entièrement restaurée; n* 4, un a restauré la partie inférieure des trois ligures; n*5, entièrement restauré; n" 0, en parfait état; n» 7, une partie du corps de tain et une partie de l'arriére-plan sont restaurées.
Celte suite, ijui était autrefois dans le cabinet Sykes (n" 1230 , fut acquise à sa vente au prix de XS Jtl 17 sh., par Woodburn ; elle est aujourd'hui au Krilisli Muséum. Uuchesoe fait remarquer que les tailles sont en creux au lieu d'être en relief, ce qui démontre que ces empreintes n'ont pas été coulées sur la plauche d'argent elle-même, mais sur un moule de terre. Passavant dit que le travail est dans le style lloreiiliu du quinzième siècle, mais sans être d'une grande excellence. Les creux sont remplis d'un bon noir.
Ottloy on a donné des reproductions dans sa Collection of fac-similés (1826). Il en attribue l'exécution a Finiguerra cl à ses élèves.
Ou ne connaît d'épreuve que d'un sujet semblable à celui du numéro 2 de celte série ; elle a figuré dans la collection Salamanca. (Voir plus loin.)
8-21. Passion de Jésits-Chrisl. Quatorze pièces. ( Duch., n»' 80-93. — Passav., I, p. 277.)
Haut., 59 millim.; lar»., 4».
8. Le Lavement des pieds. Au milieu des apôtres, Notre-Scigneur se baisse pour porter le bassin dans lequel il va laver les pieds de ses disciples. (Duch., n" 80.)
y. La Cène. Sur doux bancs de bois, so réunissant en angle
EMPHKINTKS EN SOUFUE f»7
au milieu, sur le devant, sont assis les apôtres vus de dos. (Duch., n° 81.)
10. Jésus-C/irist priant dans le jardin des Oliviers. On le voit à genoux, tourné vers la gauche; sur le devant, du même côté, saint Jean. (Duch., n"82.)
11. Arrestation de Jésus. Il est dans le jardin des Oliviers, debout, tourné vers la droite. Judas embrasse le Christ que les soldats entourent; à droite, saint Pierre courbé sur Malehus renversé; dans le fond, sur des montagnes, Jérusalem. (Duch., il- 83.)
12. Jésus devant Ptlate. Celui-ci est assis sur un siège élevé, sous uue grande voûte. Jésus est à gauche; à droite, sont des docteurs. Dans le haut du devant, à droite et à gauche, deux fenêtres gothiques. (Duch., n° 84.)
V.l. La Flagellation. Dans le milieu, Jésus est attaché à la colonne. Dans le fond, deux niches; dans le haut, un plafond orné de caissons. (Duch., n° 85.)
1 1. Le Portement de croix. Jésus-Christ, portant sa croix sur son épaule, marche vers la droite ; il est suivi par la Vierge. (Duch., n° 86.)
15. Jésus en croix. Sur le devant, à gauche, la Vierge est debout; deux anges sont des deux côtés de la croix, sur laquelle on lit : i. n. n. i., dans le sens ordinaire. Duch., n" 87.)
10. Jésus descendu de la croix. A gauche, on voit la Vierge? soutenant la tête du Sauveur. Sur le devant, sainte Madeleine, vue de dos. (Duch., n" 88.)
17. Jésus-Christ aux limbes. Notre-Seigneur debout, vers la gauche, tire de l'enfer les âmes des patriarches. On les voit à droite, sortir sous une grande, voûte par-dessus des grilles qui, en tombant, ont écrasé deux démons. (Duch., n° 8U.)
18. Les Saintes Femmes au tombeau. Une d'elles est couchée sur le sépulcre entr ouvert, sur le bord duquel un ange est
MELLKS
assis. A droite, deux saintes femmes debout; a tranche, un soldat couché endormi. Eu l'air, on voit encore les pieds du Christ entourés d'une gloire. Dans le fond, des rochers; à gauche, deux arbres. (Duch., nn90.)
19. L'Ascension. Jésus-Christ est dans les airs, accompagné de deux anges. Au milieu du devant, les apôtres à genoux; deux d'entre eux ont sur la téte une auréole plate. (Duch., n" 91.;
i.*0. La Pentecôte. Composition divisée en deux par un plancher. Dans le haut, la Vierge et les apôtres reçoivent le Saint-Esprit. Dans le bas, plusieurs personnes témoins du miracle. (Duch., n° <.)•-'.;
21. Le Jugement dernirr. Au centre d'une grande auréole ovale, Jésus-Christ est assis; près de lui, deux anges sonnent de la trompette; au-dessous de lui, deux autres anges. (Duch..
Ces quatorze pièces, de nu' me que 1rs sept précédentes, ornaient jadis un tabernacle cl ii cloître îles CamaldiiW de Florence. Elles furent vendues pendant l'occupation française a (ouseppe Slon k.de Milan, et passèrent ensuite, par l'intermédiaire de Woodhurn, dans le cabinet Sykes. A sa vente, elle* ont formé cinq lois [n" lî.'ll a 1235). bile-, étaient alors encadrées en cinq tableaux, dans une monture en bois assez grossière et vermoulue.
Le premier lot, formé de nos numéros 8, 'J, 11» cl 16, était en parfait état. Il fut adu lé par Wilsnn 173 livres >U.
Le second lot, qui ne comportait qu'une pièce, noire numéro 10, était parfaitement conservé, sauf un petit défaut à la tète du Christ. Acheté par Ottley 3fi livres 11 sli.
Le. troisième loi était composé de nos numéro? Il, t'.',t7 et 18. Le numéro 12 avait souirert : la lèle et la partie inférieure du Christ, aussi bien que le personnage de Pilate et un des assistants, étaient restaurés.! e lot fut pavé par Woodhurn 126 livres. Ottley a donné une reproduction de ces quatre pièces dans sa CotUctinn »f fur-f imites.
Le quatrième lot comprenait nos numéros lit, 14, 20 et 21. Le numéro t't clail très bien conservé, a l'excejttion d'une partie des fonds. Dans le numéro 14, la tète du Christ et celle du satellite qui le traîne sont restaurées. Ce lot fui acheté par Ottley lo» livres.
Enfin, le cinquième loi, olfraut une seule pièce, mais la plus belle (VAt-cnsion, notre numéro 19), en parfait état, fut acquis pour le Brilish Muséum, au prix de 01> livres 6 sh.
L'ensemble de cette suite, vendue en 1821, produisit la somme de loi livres, pris do 11,000 francs.
Le premier cl le troisième lots sont allés successivement rejoindre le cinquième au Musée britannique. Le second et le quatrième, achetés à la vente Ottley, en 1837,
EMI'tlLI.NTES EN SOI." UtE
par M. Whitc, niaivhaud d'estampes île Londres, fo:it aujourd'hui partie du c;ibim?t do M. le baron Edmond de Rothschild.
On ne connaît aucune plaque d'argent dont proviennent ces soufres. C'était un fort beau travail florentin. Oltlcv l'attribue à Finieucrra.
On m connaît d'épreuve que d'un seul sujet semblable à celui du a' l!>, l'.4#Ctniion : elle a ligure à la vente Salamanca ( voir plus loin. p. \ïj, n» 60).
22. Couronnement de la Vierge. Pour la description du sujet, voir plus haut, aux Pla.ji i:s d'aiksknt, n" lui. {Duch., if 129.)
On connaît deux empreintes en soufre. L'une, qui avait appartenu à Go ri et plus Uni au comte Durazzo, à Gènes, ne parait être qu'un premier essai; les fonds ne sont couverts de tailles croisées que dans la partie du haut seulement. Cette empreinte a beaucoup souffert; aussi n'atleignit-ellc à la vente Durazzo que 40 1 florins. Elle appartient aujourd'hui ii M. le baron Edmond de Rothschild. Il eu a /lé fait une copie par Roggeroue parmi les fac-similés des nielles de la collection Durazzo.
L'autre appartenait anciennement au comte Scratti, gouverneur de Livournc. Elle acte fracturée et restaurée. Le comte Scratti, après avoir suivi le roi de Naplcs en Sicile, s'était plus tard embarqué pour retourner it Livournc. Capturé par des corsaires barbaresques, il mourut à Alger en 1811. Sis estampes et le soufre dont nous parlons furent Tendus, à Malte, en 1813, à uu capitaine anglais, qui transporta le tout à Londres. Les estampes suivirc.it le sort du commerce; mais le soufre, que le capitaine s'était réservé, Tut cédé par lui à M. Colnaphi pour i'M livres sterling; ce dernier le revendit 250 au duc de Buckingham. Maintenant il est au Hritish Muséum.
Ces soufres n'ont pas élé coulés directement sur la plaqua d'argent, mais sur une empreinte en mastic quelconque, attendu que la composition est dans le sens de l'original. Le soufre du Hritish Muséum témoigne que le graveur a encore postérieurement perfectionné son œuvre.
23. La Vierge et l'Enfant Jésus entourés d'anges et de saintes. Assise sur un trône de forme hexagonale surmonté d'un entablement et d'un dôme à caissons, elle est tournée vers la gauche, vue de trois quarts, et tient sur ses genoux l'enfant Jésus , tourne dans le sens opposé et dont les mains reposent sur un vase que sa mère porte dans la main gauche. Sur chacun des bras du trône est appuyé un ange tenant une branch»; do lis. Un pou au-dessus, de chaque côté, trois antres jouant de divers instruments. Ils sont assis sur une estrade adossée à des parapets latéraux, sur lesquels on voit quatre anges à mi-corps, dans l'attitude de l'adoration. Sous le cintre sont rangés six chérubins. Au pied du trône, dix saintes. Sept sont debout ; parmi les trois du milieu, agenouillées et vues de dos, deux tiennent des vases a fleurs. Au premier plan, à droite, sainte Catherine, vue do dos, la main appuyée sur sa
roue; à gauche, sainte Claire, vue presque de face, portant ses yeux sur un plat, et derrière elle, sainte Agnès, tenant un agneau dans ses bras. La composition est entourée de deux traits remplis de hachures croisées. Dans le bas , à droite, quelques taches en dehors de la bordure.
Haut., III miHim.; I..rg., 76.
Empreinte en soufre non décrite, conservée au British Muséum. Elle avait appartenu à Woodburn, puis a d'autres amateurs.
La composition se rapproche beaucoup, pour la partie principal»;, de celle de la plaque d'arpent appartenant au mémo musée, et que nous avons décrite sous le n* i' 3, mais clic est plu* compliquée. Celle empreinte provient de la plaque admirable, attribuée à h inipuerra, mais eu tout cas de la même main que la Paix avec le C-monneinait ik la Yiayi; plaque disparue, mais dont une épreuve unique (Duchesne, n»54) se trouve dan» la collection Albeitine, a Vienne (\oir plus loin n» 182).
2i. Trois Religieux. Ils sont assis dans un bois. Celui de gauche écrit sur un papier placé sur ses genoux. (Duch., n» 193.)
Haut, 29 raillîm.; larjt., 34.
Ce soufre avait appartenu à Woodburn, qui en lit praver une copie, insérée dans l'ouvrage de Duchcsne. Il est maintenant au British Muséum.
2ô. Lu Vierge avec l'Enfant Jésus. Deux Anges. (Passav., I,
Passavant cite, d'après une note manuscrite de Duchesne, un reliquaire d'arpent doré avec des empreintes de nielles en soufre. Il a la forme d'un pclil tableau d'autel avec deux volets. Il est cintré dans le haut comme une Paix, cl repose sur un socle orné de trois petits médaillons émaillés. Le sujet principal représente : la Vierge tUOvut. Elle est en demi-figure, tenant l'enfant Jésus debout sur un mur d'appui.
Haut., 83 niiliim.; larg., 56.
• Celte empreinte en soufre, dit-il, a été prise sur un nielle d'un beau tiavail ; les têtes ont beaucoup d'expression et le travail en est assez fin. Le fond est composé de tailles croisées un peu grossièrement. Ce travail est du seizième siècle. •
Les deux volets contiennent chacun la figure d'un ange debout. Le fond du sujet principal cl des volets est semblable.
Haut , 83 millim.; brg., 21.
Passavaul ajoute que ces empreintes ont un peu souffert. Biichesnc les vil en 1833 dans les mains d'Antonio Zen ; mais celle provenance laisse quelques doulcs sut leur autlicntici'.é.