‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 76 sur 144 · Pielà · texte numérisé non relu

Pielà

Ili. Mise au tombeau.

1 15. Résurrection.

Pièces non décrites, ayant touti l'apparence de nielles. Travail allemand du seizième siècle. Les numéros 104, 400, 107, 10fl, 110, 114 et IIj son» de* copies des mêmes sigeU de la Pe/itePtKsion d'Albert Diiror (Burlsch, ii"32,3V, 33, 37, 40, 44 et 45 1.

Cabinet des estampes de Dresde.

110. La Mort de la Vierge. Kilo est étendue sur son lit. Saint Pierre tient dans la main gauche un goupillon. Trois des apôtres sont assis au premier plan, les autres se tiennent derrière le lit. Dans le fond, une voûte. (Passav., I, p. 30O, n"S38.)

Haut., \6 milliiii.; larg., 32.

Travail allemand du comme :>comcnt du seizième, siècle. Cabinet des estampes de Dresde.

117. Le Couronnement de ta Vierge. Jésus-Christ, vu do profil, assis à gauche sur un trùnc d'une riche architecture", pose une

couronne sur la tête de la sainte Vierge, assise à côté de lui, vue de profil, inclinée et les bras croisés sur la poitrine. Le devant du trône est orné de festons de feuillage. Deux anges debout, adossés aux pilastres, tiennent des vases avec des fleurs. De chaque côté, sur un gradin, trois anges debout, jouent des instruments à vent. Sur chaque bras du trône est appuyé un ange portant une branche de lis, et, sur le même plan, aux deux extrémités, est encore un ange. Au-dessus du fronton , quatre anges suspendus dans les airs tiennent deux banderoles séparées sur lesquelles on lit à rebours l'inscription ; assvmpta . kst . maria . incklvmi«c}||gavpkt. kxergitvs. ANoKi.oRVM. En avant du trône, des deux côtés, sont groupés, étagés sur quatre rangs, des saints et des saintes. A droite, neuf saintes debout (parmi lesquelles sainte Madeleine au second rang, et sainte Agnes au troisième) et deux saintes agenouillées sur une marche au bas du trône, dont sainte Catherine avec sa roue. A gauche, onze saints, dont deux à genoux; à leur tèto est saint Jean-Baptiste, vu presque de face. Au premier plan, vers le milieu, sont agenouillés, à gauche saint Augustin, à droite saint Arabroise, reconnaissables par les inscriptions : agosti... et ambrvs, sur les cols de leurs robes. Toutes les auréoles sont plates, cannelées. Le parquet est à carreaux décorés. (Duch., n* 129.)

H»ut., 129 millim.; larg., 87.

En novembre 1797, l'érudit abbé Zani, venu a Paris pour étudier des gravures anciennes, a découvert au Cabinet des estampes de la Ribliolhèque nationale, parmi les estampes des vieux mailrcs italiens provenant de la colleclion de l'abbé de Marottes, l'épreuve précieuse, et, jusqu'à présont unique, de la composition ci-dessus. Ce qui l'a frappe surtout, ce sont les inscriptions à rebours. Après avoir vérifié, ce qu'il avait soupçonné de prime abord, que cette épreuve provenait de la plaque niellée d'une Paix de l'église Saint-Jean de Florence ( voir plus haut, p. 2", u* 102), il révéla au inonde l'exislenccM'épreuvcs sur papier des compositions niellées, dans un ouvrage qui fit beaucoup do hruit : Materiali per senire alla storia deil' origine e de' progretsi del incitione in rame (Parme, 1802, in-8). Dans son enthousiasme patriotique, il est allé jusqu'à décerner à l'Italie l'honneur de l'invention de l'art de tirer des épreuves d'une plancho gravée en creux, et, s'appuyant sur le dire de Gori au sujet de la paternité de la plaque du Couronnement de la Vierge, il a proclamé Maso Finiguerra l'auteur de cette importante invention aux environs de l'année 1452. Cette grave question a été traitée avec quelque développement dans la première partie du

XIKLLES

tome 1»' de notre Manuel <p. 3 et suit.); nous y revenons encore dan* l'introduction au présent volume.

[Vous avons fait connaître plus haut ( p. 29, n» 22) l'existence des deux empreintes en souri e de la plaque niellée que nom venons de filer : l'une qui ne parait offrir qu'un premier essai du travail de l'orfèvre florentin, l'autre qui le présente presque complet, mais pas encore entièrement achevé. Sans nous arrêter ici à la question de savoir si l'estampe dont non? nous occupons a été tirée sur la plaque d'argeut même ou sur une empreinte quelconque (point litigieux au sujet duquel nous renvoyons à notre introduction), nous devons constater que cette estampe semble offrir un état plus avancé que le second soufre, mais antérieur a l'achèvement de la plaque uiellée, et qu'elle provient d'un tirage intermédiaire. Ain*i, dans l'estampe, on n'aperçoit pas la double croix sur la couronne de la Vierge ni le fleuron qui orne le front du Christ, t'n peu plus haut que saint Jean, contre le bord de la planche, un saint porte une grosse croix sur la poitrine ; dans la plaque, elle est couverte en grande partie par le vêlement. I.a plaque offre beaucoup plus de travaux dans les plis des vêtements et dans toutes les parties de l'estampe . Par contre, dans celle-ci, le long du vêtement du Christ, en parlant de l'épaule, il y a deux barres qui descendent vers le ventre et au milieu desquelles il y a une série de points ; cet ornement n'est pas dans la plaque.

Bien que dans celle-ci et dans les deux soufres, ou lise distinctement dans l'inscription le mot : gavdet, l'abbé Zani, Barlsch et Duchesnc ont laissé les paveurs qui ont fait les fac-similés de l'estampe pour leurs ouvrages transformer ce mol tantôt en avi, tantôt en avk. Duchesue même l'introduit dans sa description. Si dans l'estampe il est peu lisible, il n'en est pas moins facile à constater qu'il occupe la place de plus de trois lettres; d'ailleurs, le mot avi n'offre aucun sens, et l'impératif ave n'est pas ici admissible.

Dans l'épreuve originale il manque un morceau à gauche, dans le haut. Elle a été copiée d'abord à l'eau-forte parPauquet pour l'ouvrage de l'anbé Zaui, et ce fac-similé a été copié a son tour par 1. Ccrstner pour le Peintre-Graveur de Barlsch (t. XIII). Oltlcy a donné une copie de la gravure de Pauquet, dans ?on An Inrjuiry, p. 308. Duchesnc en a fait faire sur l'original même, par C. Cirardet, une eau-forte pour son Essai. Depuis l'invention de l'héliogravure, cette pièce a été reproduite assez souvent, notamment dans YHistuirt de la gravure par M. (!. Duplc?sis ( 1 880 ), et dans la Gravure de M. le vicomte II. Delaborde. Nous en donnons aussi mie reproduction directe.

I.e catalogue Durazzo (n»3018) a signalé de celle pièce aune copie ancienne dans le style du maître S. ». Vendue :<3 llorins.

118. Le Couronnement de la Vierge. (Passav. , I, p. 100, ot p. 278, n* 129.)

Haut, de la corapo»., 128 millim.; Urg., 85.

C'est une pièce semblable dont on ne connaît que l'épreuve unique, découverte, en 18*1, par M. lloberl>Dumcsuil, à la Bibliothèque de l'Arsenal. Elle était confondue, dans un volume d'estampes, avec beaucoup d'autres. On la voit aujourd'hui au Cabinet des estampes.

M. Itoberl-Ruincsnil pensait avoir trouve une seconde épreuve de la Paix dite de Musi) Finigucrra, celle-ci avec une belle marge, el parfaitement conservée, niai* la comparaison a fait voir que cette estampe u été tuée sur une planche différente.

Dans celle-ci, on remarque d'abord, dans le haut, un trou pour attacher la plaque d'argent. Dans l'original, entre saint Augustin et suint Arnbroise agenouilles, on voit un meuble sur lequel il y a quatre barres perpendiculaires; dans la copie, cinq barres sont parfaitement distinctes. La première sainte, derrière le saint à genoux, n'a pas la même physionomie: dans l'original, elle a les yeux élevés; ils sont baissés dans la copie. Saint Jean a la figure plus courte dans l'original, plus longue dans la copie. Les poils de la peau dont il est revêtu sont très visibles el très espacés dans l'original; ils sont confus dans la copie. Dans l'original, le trait du cadre dans le bas, à gauche, n'est pas régulier: il avance en dehors de l'estampe; il est parfaitement régulier dans la copie.

Cette pièce, inférieure à la première, et plus sèchement gravée, ne nous parait être qu'une reproduction liés ancienne de lVeuvre attribuée à Finiguerra; mais ce n'en est pas moins de la part de M. Hobcrt-Dutuesnil une très intéressante et très curieuse découverte.

118 bis. Le Couronnement de la Vierge. La Vierge est à genoux devant les deux premières personnes de la Trinité, qui sont assises ensemble et placent une couronne sur la tête de la Vierge. Dieu le père est à droite, Jésus-Christ est à gauche. Au-dessus de Marie plane le Saint-Esprit sous forme de colombe, avec des ailes étendues et une gloire radieuse. La Vierge porte une tunique et un long manteau qui tombe en plis à terre. Sa chevelure couvre ses épaules ; ses mains sont jointes. Dieu le père a pour couronne une tiare surmontée d'une croix, et il porte le globe impérial sur ses genoux. Le Christ est vêtu d'une draperie large, frangée, qui ne lui couvre que les membres inférieurs ; ses cheveux tombent sur ses épaules ; il a sur la tète un nimbe formé par des cercles concentriques ; il donne la bénédiction avec la main droite. Dans le fond, à droite et à gauche, des parties de fenêtres gothiques. (Willshire, II, p. 23, F. 18.)

P:èco ronde. Diim., 4i millim.

« C'est une gravure ordinaire , dit M. Willshire, exécutée en Allemagne uu quinzième siècle, dans le style des nielles. L'image est renversée et les personnages font leurs mouvements de la main gauche. »

Une épreuve coloriée esl au British Muséum.

!3fi

Page 1