JETONS RELIGIEUX
CVIVS UVOHB SAHABVNTVEt. — IN CHRISTO OHNES VIVIFIClBVNTVn.
Le Christ en croix; à ses pieds deux personnages debout.
0BNE3 MORlVUTïIt IN ADAH. 16*5. — H. LAVF.
Adam et Eve cueillent le fruit défendu sur l'arbre qu'enlace le serpent. Le graveur ne s'est pas contenté de ce.signe de tentation; il y a ajouté, du côté de la femme, le démon sous les traits d'un satyre corau.
Les Fabriques employaient lesjetonsàdiversiisages.
FABRIQUE DK L\ PAROISSE DE SAINT-MCOLtS DBS-CKAHPS.
Saint Nicolas, évêque de Myre, voyageait dans son diocèse de l'Asie; il entre un jour dans une hôtellerie,
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et il lui est miraculeusement révélé que l'hôtesse avait tué trois enfants dont elle avait mis les corps à saler dans un baquet. Le saint prélat ordonne aussitôt que le vase lui soit apporté, et, imposant sur ces trois jeunes victimes le signe de la croix, il les rend à la vie. Voilà pourquoi, dans les tableaux et images, on voit constamment figurer saint Nicolas opéraot ce miracle, et c'est en mémoire du prodige que les eofants, les marchands de vins et les cabaretiers ont pris l'évêque de Myre pour patron.
MARCUILLIERS ns LA PAROISSE HOTALK DE SAinT-BARTBLMt.
Champ fleurdelisé, du haut duquel pend en manière de draperie la peau de saint Barthélémy, dont peu-i^ la partie inférieure relevée laisse voir une épée surun fragment de roue, et au-dessus une couronne radiée.
REVBRSVS. VICTOR. I
TÏKTVR. — ICCL. n
Uo personnage en pied, couronné, vêtu du manteau |/ royal fleurdelisé, tient de la main droite le sceptre et de la gauche un rameau. Au revers, un ange, portant un rameau dans chaque main, écarte son manteau pour envelopper une petite chapelle.
Après les troubles de la Ligue, une longue paix y/ pouvait seule affermir la religion, et l'intention de Henri IV était de la maintenir; aussi est-ce le laurier et Tolivier qui figurent aux mains de Tange.
Cette pièce, comme les deux précédentes, est plutôt y un jetoir d*église qu'un méreau, ainsi que l'indique l'exergue : eccl. ration. Son emploi sera suffisamment justifié si nous rappelons que les fabriciens des mX^^ paroisses devaient, tous les ans, rendre compte de leur administration (rationes), suivant les dispositions des lettres de Charles IX datées de 1571. L'évêque d'Autun fut obligé de recourir au conseil d'Etat pour y contraindre les fabriciens de Moulins. Il obtint deux arrêts, l'un en 1 693 et l'autre en 1 698, qui leur enjoignaient de rendre leurs comptes à l'archidiacre dans le cours de ses visites.
Dans les églises, comme dans les mairies et les y/ corporations, les dignitaires étaient parfois obligés k des distributions, et à ce sujet nous noterons un arrêt du Parlement, en date du 2 avril 1727, servant de règlement pour la Fabrique de Saint- Jean-de-Grève à Paris. Il porte : Ne seront à V avenir donnés aucuns repas ni jettons par les marguilliers comptables, chm/n^na^eas
lors de levir élection et de la reddition de leurs
comptes.
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ccmsrLio bt EiBHrLO. -
Sainte Anne instruisant la Vierge.
DAT SCOPHLOS B*T CKRRIRB rOIltOS.
Un phare au haut duquel s'élève la lète d'un homme qui tient, au bout d'une perche, un pot à feu dont la lumière permet à un vaisseau d'éviter les rochers de la côte.
La chapellenie de Sainte-Anne à Saint-Eustache fut fondée, en 1 343, par les exécuteurs testamentaires de Marie Lapointe, pâtissière, avec une rente de 12 livres sur la boîte royale de la marée.
«HBO. NOS. VIT». HAnTHiniO. BT. LAVRE*. BOCeNT.
Dans le champ, les saints Gervais et Protais, amis inséparables, décapités ensemble à Milan.
Derrière l'église de Saint-Gervais, Garain, maçon, et Harcher son fils, prêtre, possédaient une maison
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que, dans leur pieuse charité, ils destinèrent à héberger les pèlerins qui venaient faire des neuvaines. C'était vers la fin du douzième siècle, et bientôt l'humble demeure tomba en ruines; mais son utilité était démontrée et une fondation plus vaste eut lieu dans la vieille rae du Temple. Les marguilliers et les notables paroissiens de Saint-Oervais avaient voulu prendre part à une œuvre qui grandissait chaque jour. Ils conçurent donc le projet d'une confrérie sous le patronage spécial des deux saints amis, et dans laquelle seraient admises toutes les personnes qui voudraient en faire partie, sans distioction de profession, de rang ni de qualité. Les statuts de cette confrérie furent rédigés en l'an < 400 et reçurent l'approbation de Charles VI. Les adhésions arrivèrent de toutes parts; le roi, la reine (Isabelle de Bavière), le Dauphin, depuis Charles VII, tous les princes du sang se firent agréger à cette association qui se maintint fort longtemps dans un grand état de prospérité. Du reste; pour être devenue une des plus Homlweuses, elle n'en resta pas moins une des plus édiriantes de ia capitale.
f HOgFBRitTVH EST OPVS IN HMtIBVS «IVS.
Au haut de nuages lumineux, une femme radieuse, que nous appellerons la Charité ou la Vierge conso^
latrice des aflligés, puise dans des corbeilles, que lui présentent deux auges, des trésors inflnis pour les répandre des deux mains sur (avilie de Paris.
Les armoiries de la ville de Paris couronnées et entourées du cordon de l'ordre de Saint-Michel. Au revers, les armoiries de :
?. DE. LA, COVBT. C. BSCH. RT. R'. G'. D. MVVHBS. H. PARIS.
Ces trois dernières pièces appartiennent sans doute à l'œuvre de la police et aumône des pauvres de la ville de Paris. Trente-deux personnages notables y prenaient part. Seize avaient le titre de commissaires honoraires : c'étaient des conseillers au Parlement, des chanoines, des curés et des avocats au Châtelet. Les seize autres, nobles, officiers royaux, marchands et bourgeois de tous états, élus par les marguilliers des paroisses, Tormaient le conseil et avaient chaire et superintendance de la distribution de l'aumône des pauvres. Ils Taisaient les quêtes à domicile et à l'église, visitaient les pauvres, constataient leurs besoins, veillaient à ce qu'ils portassent, comme marque distinctive, une croix de toile rouge et jaune sur l'épaule droite.
Il serait trop long d'entrer dans les détails concernant le fait et police des pauvres; nous nous bornerons à analyser une instruction postérieure à 4 582, pour prouver que les organisations modernes n'ont rien de nouveau.
Les conseillers devaient s'assembler, deux fois par semaine, pour entendre aux procès et affaires desdits pauvres, cotiser à l'aumône ceux qui sont refusans d'y contribuer; faire payer les legs testamentaires et dons; faire porter les deniers au receveur général desdits pauvres, sinon quelques petites sommes provenant des boîtes, lesquelles dn distribue en plein bureau aux pauvres et aux étrangers pour passer chemin ou retourner en leur pays ; ouïr les requêtes de tous les [lauvres qui viennent de toutes parts pour être pansés, médicamentés et mis à l'aumône, ou leurs enfants k l'hôpital de la Trinité ou ailleurs à métier.
Outre lesdits commissaires, il y a plusieurs officiers et ministres de ladite police, à savoir : un receveur général qui est un riche et notable bourgeois, élu chacun an et commis pour recevoir et bailler tous les deniers nécessaires, et sans gage ne profit que la grâce de Dieu.
Pareillement, il y a un procureur ou greffier qui enregistre et signe toutes les ordonnances, mandements et expéditions desdits commissaires, les rôles des habitants des paroisses sur lesquels les collecteurs de l'aumône de chaque paroisse et quartier reçoivent l'aumône, car, sans savoir ('ombien chacun doit payer par semaine, il est impossible de faire dé-