ET TITA
Cette facétie d'un goût quelque peu .bachique doit être bourguignonne.
La satire ; trouve aussi son compte.
OHICVS IST SPKCIK.
Puis c'est l'homme sauvage du moyen-àge qui revit.
fiHt^t^l ^' arrive aussi que le sens est double. Ou sait que ,. i , lu. le chant du coq effraie le lion :
Mais dans cette image du roi des forêts, près de lâcher la proie que tient sa patte droite et reculant en face du volatile perché sur un rocher, il faut voir une conquête mal assurée quand la France fait entendre sa voix.
Il est fâcheux de ne pouvoir saisir qu'à demi le sens d'une devise, soit avec corps et sans âme, soit avec âme sans corps, et surtout avec corps et àme. Alors on doit la regarder comme mauvaise, car les figures étant le corps, et les paroles l'âme de la devise, il faut qu'il y ait union intime.
Si nous voyons un lis courbé qui se redresse sous l'action d'une rosée bienfaisante, accompagné de ces mots : l.ilC svpebvm genvs ARtiviT, nous pourrons à
la rigueur croire avoir trouvé le véritable sens de la
représentation, mais rien ne nous en donnera la certitude. Il en serait peut-être autrement si le lis était seul.
Une attention constante devrait être de rester clair dans tous les temps, lors même que Févènement qui a produit une devise n'est plus de notoriété publique. Rien ne nous indique de quoi il s'agit dans le sujet suivant : un oiseau, aigle ou phénix, perché sur un autel décoré d'hermines, avec cette âme : quid non PRO MUNERE TANTO. 1708. A force de recherches et de
suppositions, il est à croire qu'on arriverait à l'explication véritable; mais alors ce sujet n'est plus populaire, il ne remplit plus le but du jeton qui ne fut pas fait pour l'homme savant, patient ou ingénieux. L'importance attachée aux devises fut telle dans
les dix-septième et dix-huitième siècles, qu'il y eut des intendants des inscriptions, inventions de trophées, emblèmes, devises, descriptions et autres décorations faites dans les chambres 6t cabinets, galeries, jardins et maisons royales; arrangement des portiques et arcs-de-triomphe, etc., etc. Des académiciens distingués remplirent ces fonctions.
Sous différents règnes, le symbole du monarque acquit une grande vogue. On aimait à reproduire le porc-épic de Louis XII, la salamandre de François I", les colonnes de Charles IX; mais rien ne peut donner une idée de la profusion de l'emblème de Louis XIV, Un ministre de son père, oubliant qu'il était aussi ministre d'une religion qui avait écrasé les faux-dieux, ne craignit pas de s'intituler fils de Jupiter.
ARMAND. 10. CAR. DVX. D. RtCHBLIEV.
PITER AVTHOR.
D'après cela, le grand roi ne pouvait être moins que le soleil lui-même, et encore, lui fallait-il un vaste horizon : — HEC PLVRIBVS IMPAH.
L'astre brillant fut le sujet des allusions les plus diverses, directes on détournées; on interpréta ses
hauteurs successives et sou influence sur tout ce qu'il
éclairait et échauffait.
Ici, c'est la reine Marie-Thérèse, sous l'emblème d'une nacre de perle qui brille parce qu'elle s'ouvre pour recevoir l'action du soleil.
PATBT 1671)
NITBT. QVIA. I
Là, c'est Adélaïde de Savoie, femme de Louis de Bourbon, duc de Bourgogne, second fils de Louis XJV.
R8DDIT RT ATGET. 1701.
La prince.sse est personnifiée par un miroir qui reçoit les rayons du soleil, les réfléchit et en augmente l'intensité, c'est-à-dire, que la duchesse de Boiirgogne ajoute en core àTéclat du r oi de France.
Lallation est «ne horloge qui suit le cours des Hstres.
i SRQVITVR HOTVS. 1677.
Le cadran solaire reste inerte quand le soleil est voilé. H£(tBT coBLo. uns.
Pour avoir une idée du degré de flatterie dans lequel on était tombé, il faut lire le P. Ménestrier. On sera surpris et même blessé de cet excès d'adulation indigne du monarque glorieux. Nombre de jeux de mots sont d'une puérilité ridicule et deviennent obscurs à force de jouer sur la lumière.
Le paganisme s'en mêle ; nous en voyons un exemple sur un jeton de H. Laufer, à l'effigie de Charles-Quint.
VVLTV. QVO. C<SLVH.
Celte devise est tirée de l'Enéïde, liv. i", v. 2S9.
Le vers 593, livre i" du même poème, esl appliqué à Henri IV.