UE DIJON. 34T
C'était au furt d'une tempête que le duc de Bourgogne Hugues III, iinploraQt la vierge Marie, fil vœu d'élever un temple en son honneur; et, en 1172, il édifiait la Sainte-Chapelle de Dijon qui devint paroisse des ducs et chef-iieu de l'ordre de la Toisond'Or. Les chanoines de celle collégiale étaient au nombre de vingt, non compris les dignitaires. Ils avaient le siogulier privilège, lorsque les duchesses de Bourgogne faisaient leur première entrée dans leur église, de baiser [lisdi doyens et chanoines) mesdittes dames en la joue, et après s'enallaient cii leurs kostels diner joyeusement.
La Saiate-Chapelle rappelaitau roi qu'il avait vaincu àiamac et à Honconlour; elle le représentait l'épée haute, couronne en tète, et lui prédisait, dans une légende flatteuse, qu'il remporterait encore la victoire.
JVStVS. VT. PALHA. PLOBEBIT.
inSIGHU. SACBI. SACBLLI. HEGII. DIVIONBN.
Ce méreau, aux armes de la Sainte-Chapelle de Dijon, fut frappé à l'occasion de la première cérémonie de l'Ordre du Saint-Esprit, institué par Henri III en mémoire de ses avènements aux couronnes de France et de Pologne, le jour de la Pentecôte.
MÉREAUX DE bUOti.
aie BST DIBCIPVLrS BILECTVS.
Sur une autre variété, le personnage est saint Jean l'Evangéliste tenant une coupe de laquelle sort un serpent, fait qui est ainsi expliqué par la Légende- Dorée. « Un prêtre des idoles, Aristodèine, disait un jour à saint Jean : Si tu veux que je croie en ion Dieu, je te donnerai du poison à boire, et s'il ne le fait pas de mai, lu auras montré que ton Dieu estïéritable. L'apôtre lui répondit : Fais ce que tu voudras. Arislodème répliqua ; Je veux que lu en voies mourir d'autres devant toi. H alla trouver le gouverneur et lui demanda deux hommes condamnés à mort- qui lui furent accordés; il leur donna du poison eu présence de lout le peuple, et, aussitôt qu'ils l'eurent bu, ils tombèrent morts. Alors l'apôtre prit la coupe, fit le signe de la croix et but tout le venin ; il n'en éprouva aucun mal. » Le serpent qui sort de la coupe représente le poison chassé par la prière de l'apôtre.
Le trésor de la Sainte-Chapelle de Dijon était admirable; mais ce qui la faisait particulièrement briller à tous les yeux, c'est qu'on remarquait au-dessus des stalles des chanoines tous les écussons des chevaliers de la Toison-d'Or que, le ^4 juin 1643, vinrent ombrager les drapeaux de Rocroi.