BESANCON
Besançon [Vesontio, Visontio, Bisvnlium, Vesun- Hum y et quelquefois Chrysopolis), capitale de la Franche-Comté de Bourgogne, était une des principales cités des Gaules. Vers l'an 413, elle fut soumise aux Bourguignons, puis devint ville libre et impériale, dotée de divers privilèges. Charles-Quint l'eut en 1 530,
krancheh:omté. ;173
par héritage de sa laiile Marguevile d'Aulriclie. En 1537, il permit d'y élablir un hôtel des monnaies dont la beauté des produits et leur bon aloi firent tomber la monnaie de l'archevêque. Les mêmes coins servirent encore longtemps après b mort de l'empereur. Nous allons examiner quelques jetons de la domination espagnole.
i;*HOLVS, V. non.
GSCTOIRS. POVR L
La partie fruste portait probablement la date, mais le jetoir suivant est un des premiers spécimens de l'atelier monétaire impérial.
r.BCT. DES : H : d'hostel. de. lbpehe (l'empire} 1.540.
D'un cflté,. le buste cuirassé et lauré de Charlesyuinl; de l'autre, l'aigle à deux tAtes, é|iloyée et chargée de l'énisson de l'empire.
Charles V, connu sous le nom de Charles-Quint, naquit le 24 février de Tan 1 500. Il succéda aux Etats d'Espagne en 1517, et deux ans après les électeurs le firent empereur à Francfort.
La couronne impériale lui fut d*abord donnée à Aix-la-Chapelle, et il la reçut ensuite des mains du pape Clément VII, le 24 février de Tan 1 530. Cet anniversaire lui fut toujours heureux, car c'était à pareil jour, en 1525, que son armée avait fait prisonnier à Pavie le chevaleresque François P'.
Nous ne sifivrons pas Tempereur en Italie, en Afrique, en Provence et en Flandre ; nous nous contenterons de rappeler que tantôt mal, tantôt bien avec François I*', celui-ci, oubliant sa rude détention à Madrid^ le reçut en France avec la plus grande magnificence, lui fit parcourir le royaume et l'escorta à son entrée à Paris, qui eut lieu avec une. pompe inaccoutumée.
Charles-Quint changea plusieurs fois de devise : Non plus ultra faisait allusion aux colonnes d'Hercule qui bornaient son royaume des Espagnes. Plus ultra s'appliquait à ses expéditions en Afrique. Si, considérant non l'Europe, mais seulement ses Etats, il appliquait cette seconde devise à ses conquêtes, l'échef qu'il éprouva devant Metz assiégé par lui avec cent mille hommes, en 1552, dut singulièrement abaisser son orgueil. Nous avons peut-être tort de le taxer d'orgueil, car il en avait infiniment moins que César, puisqu'il vit souvent dans sa victoire la main de la Providence, plus encore que la force de ses gros bataillons.
FRiNCHE-COMTÉ.
ÏENI. VIDI, DEVS. ÏICIT.
Ënfln, fatigué du poids de la couronne, il fît cession de tous ses Etats à son fils Philippe, le 25 octobre 1 &55, pour se retirer en Espagne, dans le couvent de Saint- Just, de l'ordre des Jéronimites, situé dans la province d'Estramadure. Trois ans plus tard, il mourait âgé de 58 ans (21 septembre 1558). après avoir tenu l'empire pendant 38 années. Ce prince était actif, courageux, et par-dessus tout rusé. Il y avait près de trente ans qu'il reposait dans la tombe, lorsque, en 1587, on le représentait encore cuirassé, couronné et portant le globe et l'épée nue.
RESANÇOI
Philippe U, fds de Charles-Quint et d'Isabelle de Portugal, avait succédé à son père.
)76 KRA.NCHK-COMTIr:.
GBOT. P03. LE. BV. UKS. PIN»
Tète laurée de Philippe II.
lllSaiP*. GBNTES. QV1
Quadrige effrayé par Jupiter qui sort des miagps armé de la foudre, et renverse le conducteur.
Au revers) I eiusson impérial entouré des attributs de l'empire, et au-dessus de ia couronne, veso>tio-
Ferdinand II, petit-fils de l'empereur Ferdinand r, naquit en 1578, et succéda, le i8 août 1619, à son cousin Hathias qui l'avait fait roi de Bohême deux ans auparavant. L'événement le plus remarquable (if son règne est la bataille de Lutzen qui ne lui fut pas favorable, il est vrai, mais où son redoutable antagoniste, Gustave-Adolphe, roi de Suède, perdit la vie.
KHAISCHK-COMiE.
liilî. DKS, COHPTKS. POVR, BESAHCON. -
L'empereur voyait la fortune lui sourire, lorsqu'eii 1637, il eut une attaque d'apoplexie dont il inourui cinq jours après.
rEHtUHAnii. m. d. c. ro. imp. s. a. b.
Ferdinand III, né le 1 3 juillet 1 608, succéda à son père en 1 637. Etant roi de Hongrie, il avait suspendu le succès des armes suédoises par le gain de la bataille de Nortlingen en 1634. Une fois sur le trône, sa position se compliqua, car ses armées avaient affaire au prince de Condé et à Turenne; aussi ce fut avec ardeur qu'il désira la pais conclue à Munster en 1 6i8. Rendu à la vie tranquille que l'état de sa santé réclamait impérieusement, il put atteindre l'àgp de 49 ans. Son déci's arriva le 2 avril 1657.
La devise de son sacre avait élé uoe balance équilibrée, surmonlée de la croix, soutenue par le sceptre
et l'épée en sautoir, avec cette It
REGNORVM.
: FIRMAMENTA
Le temps approche où la Franche-Comté va devenir française. Le roi d'Espagne en a le pressentiment; il lie fortement ses deux colonnes, dont l'une porte l'aigle de l'empire et l'autre le lion de Castllle; leur base est battue par les tlots, tandis que quatre vents cherchent à les ébranler: mais alors le monarque, plein de confiance, écrit au-dessus : stabvnt.
Sous son règne, le jetoir avait pri inaccoutumée.
une ampleur
POVR LES COIPTES. 1661.
Philippe IV meurt; Louis XIV élève des prétentions, et le 6 février 1668 le prince de Condé était sous tes murs de Besançon, etfaçant la devise : suis tuta COLUMMIS",
La Franche-Comté Tut rendue aux Espagnols par le traité d'Aix-la-Chapelle: mais, en 1674, elle fut définitivement reprise.
Le ranoii bat en brèche et ne permet plus de retard.
VbsVNT CAPTA (priiie de Besancon] ■
380 CO-dOl VERNEIRS
CO-(iOLVERNEURS DE BESANCON.
Dès le quatorzième siècle, la ville de Besançon était déjà divisée en sept quartiers ou bannières. Les citoyens de chaque circonscription faisaient choix, tous les ans, de deux notables qui, à leur tour et le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste, procédaient à Télection de quatorze gouverneurs. Ceux-ci administraient la ville à peu près sans contrôle. Pour les affaires importantes, ils s'adjoignaient les co-gouverneurs de l'année précédente, puis, lorsque la patrie était en danger ou la guerre imminente, on convoquait les notables eux-mêmes. La réunion prenait alors le nom d'assemblée du peuple ou de la commune.
C'était en honneur des co-gouverneurs récemment nommés, et à la Notre-Dame qui suivait leur promotion, que l'on frappait des jetons. Nous ne saurions assigner une date à cet usage; mais, bien certainement, il n'est pas antérieur au seizième siècle, car c'est l'époque où nous avons vu ailleurs apparaître les premiers jetons, et c'est dans la première moitié de ce siècle que Charles-Quint accorda .à la ville de Besançon la permission d'avoir un atelier monétaire.