DE L’'ANATOMISTE. 347 DES POUMONS
Pneumon d. G.; Pulmod.L.
Situation et rapports. Dans la poitrine , dont ils occupent presque toute la cavité. Ils sont au nombre:‘de deux ; l’un à droite , plus volumineux, Pautre à gauche, qui l’est moins. Ils répondent , dans toute leur étendue , aux côtes et aux muscles intercostaux correspondans, dont ils ne sont séparés que par la plèvre. Le cœur repose sur la partie antérieure da poumon gauche ; qui est séparé de celui da côté droit, par les deux lames du médiastin. Figure:: Elle répond à celle de la cavité dans laquelle sont renfermés les poumons, et se rapproche assez d’un cône irrégulier , dont la base est en bas et le sommet en haut. Division. En face externe , convexe, qui est en rapport avec les côtes; en face interne , concave , contiguë au cœur. La face externe du poumon gauche présente une fente assez profonde, qui le partage en deux lobes ; celle du poumon droit en offre deux ; qui le partagent en trois lobes. La base , tournée en bas, répond au diaphragme; le sommet , tourné en haut , dépasse un peu la première côte.
Séructure et usages. La structure et les usages des poumons présentent de grandes différences et ne sont point les mêmes chez
le fœtus et l'adulte : ces différences sont relatives à leur couleur, à leur densité et à leur volume.
La couleur. Elle est livide chez le fœtus; rose vermeille , quand l'enfant a respiré; grisâtre chez l’adulte, et parsemée de taches bleuâtres , qui deviennent plus nombreuses et plus larges chez le vieillard. | |
La densité. Elle est considérable chez le fœtus: mais a mesure que l'air pénètre et dilate les poumons de l’enfant qui vient de naître, et chez lequel la respiration est bien établie, la densité diminue toujours de plus en plus , au point que chez l’adulte les poumons sont mous, boursoufflés par Pair ; et d’une pesanteur spécifique moindre que:celle de l’eau dans laquelle on les plonge.
Le volume. Réduits au plus petit volume possible chez le fœtus,
ae 0 de de, CEE OS EE ce ES et
348 "+ MANUEL les poumons offrent nn développement et une masse considérables chez l’adulte ; maïs leur pesanteur en est à peine augmentée, l’introduction de loir dans leurs cellules éiant la principale cause de cette augmentation.
Les poumons sont. composés de vaisseaux sanguins, artériels et veineux, de caraux aériens , et d’un tissu cellulaire abondant. Des nerfs, des vaisseaux et glandes lymphatiques entrent aussi dans
Jeur composition, Une membrane extérieure, séreuse , prolon-
gement de la plèvre, forme leur enveloppe générale.
L’artère pulmonaire, divisée en deux troncs principaux , qui pénètrent dans l’un et l’autre ponmovs, s’y ramifie à l’infini et “ciobe naissance aux premières radicules des veines pulmenaires ,
qui, par leurs réunions successives , forment les troncs des M
veines du même nom.
La trachée-artère se divise d’abord en deux branches principales, appelées bronches : ces dernières multiplient leurs divisions
à mesure qu’elles s’avancent dans les poumons, et chacun des in-
finiment petits conduits aériens qui en résultent , se termine dans une cellule membraneuse très-fine , d’une figure difeile à déterminer, et qu’on a considérée comme une espèee de petite ampoule , à laquelle on a donné le nom de vésicule aësienne. Plu-
sieurs de ces cellules communiquent ensemble : leur réunion
forme des lobules , les lobules des lobes, et lassemblage de ces derniers , la masse entière des poumons. Une membrane muqueuse tapisse l’intérieur de tous les canaux aériens.
Les poumons sont les agens principaux de Ja respiration, qui a lieu par l’entrée et la sortie alternative de l’air dans leurs cellules. La respiration a pour but d’opérer dans le sang, par la présence toujours nouvelle de Pair atmosphérique, des change-
mens par lesquels, de noir qu’il était en entrant dans les poumons
il devient vermeil lorsqu'il en sort. Cette nouvelle qualité qu’ac-
: quiert Le sang en passant par les poumons , le rend propre à servi
à la nutrition de lPindividu et à entretenir le degré de. chaleur
convenable à son mode d’existence. |
Ker ou Cardia d. G. ; Cor d. L.
Situation et rapports. Viscère creux, obliquement situé dans la poitrine et renfermé dans le péricarde , ainsi que les troncs des gros vaisseaux qui en partent. Placé dans Pécartement des deux lames du médiastin, entre les deux poumons, le cœur répond , en devant, au sternum et aux cartilages des dernières vraies côtes gauches ; en arrière, à l’œsophage, à l’aorte déscendante ét à la colonne vertébrale ; en bas, au diaphragme ; en haut, aux artères aorte et pulmonaire. Figure. Conoïde, aplaii postérieurement : la base du cœur est en haut , à droite et en arrière; son sommet en bas, à gauche et en devant. Division. En face supérieure ; convexe, inclinée en avant et à droite; et en face inférieure , plane, inclinée en arrière et à gauche, qui repose en partie sur le diaphragme. En bord droit, tourné en avant, aigu et plus long que celui du côté opposé; en bord gauche, tourné en arrière, épais et plus court, la base tournée en haut est inclinée en arrière et à droite; le sommet tourné en bas est incliné’ en avant et à gauche. Cest cette partie du cœur qui frappe l’intervalle de la cinquième et de la sixième côtes dans ses battemens. Cette division du cœur n'appartient qu’à sa ‘conformation extérieure , ‘et ne donne’ pôint l’idée de celle qui résulte de Parrangement et de la disposition de ses diverses parties. En effet, en examinant le cœur avec plus d'attention, on voit qu’il est compesé de deux ordres de cavités À dont deux supérieures, üne à droite et l’âutre à gauche, ‘sont appelées oreillettes, et deux inférieures également l’une à droite el l’autre à gauche, portént le nom de ventricüles.
L’oreillette droite, tournée en avant , plus grande que la gauche, dontselle est séparée par une cloison mince » recoit en‘haut la veine cave supérieure, et en bas la véiné caveinférieure ; ainsi que les deux veines coronaires. Elle répond à Ja- partie supérieère du ventricule du même côté. On voit à l’embouclinre de la ve Dave inférieure, la valvule d'Eustache, espèce de cloisan mébile ; en forme de croissant, dont les fonctions semblent destinées à
empêcher que le sang contenu dans l'oreillette ne reflue dans la veine cave inférieure.
L'oreillette gauche, moins grande que la droite, tournée en arrière, recoit les quatre veines pulmonaires, dont deux à droite
et autantà gauche ; elle répond à la partie supérieure du ventricule du même côté. | DE
L'une et l’autre elite présentent à l’extérieur un | appendice , espèce d'oreille de chien, qui leur a fait donner le nom sous lequel on les connait; leur inférieur. est garni de colonnes charnues, dont, la quantité varie. -
. Le, ventricule droit est, situé au- ue de l'oreillette le côté; ilest plus grand que le gauche, maisses parois en sont moins épaisses. JL est séparé. de, l'oreillette par une ouverture appelée auriculaire, et garnie dans cet endroit, d’une valvule tricuspide. L'intérieur présente une grande quantité de colonnes eharnues , dont la: direction est parallèle à celle du ventricule : de sa parlie supérieureet gauche naît l’artère pulmonaire. :
Le ventrieule gauche, moins large que le droit, mais PE ue est situé au-dessous de l’oreillette du même côté, dont il est séparé par une.ouverlure également appelée auriculaire, et garnie, dune valvule mitrale. Ses parois sont. betucoup plus épaisses que celles du ventricule droit, et ses colonnes charnues, moins nombreuses, sont en, général plus. épaisses. Près de la valvule mitrale, et à, droite du ventricule, naît l'artère aorte, Les deux ventricules sont séparés par une cloison beaucoup plus épaisse que celle des oreillettes. Leur ouverture auriculaire est également entourée d’une espèce de cordon hlanchâtre, appelé zone tendineuse. L’aorte et l'artère pulmonaire qui , dans leur origine, présentent a-peu-près les mêmes dispositions, sont garnies chacune de trois valvules, appelées sigmoides, beaucoup plus petites et différemment conformées que celles des ventricules; elles ont assez bien, quand elles sont tendues , la figure d’un panier de pigeon. Lars je aorte offre ,.entre son origine el le lieu de l’insertion de se. les here deux petites ouvertures, qui sont les orifices des es artères coronaires.
Structure et usages. Wn ’est point d’organes qui ait excit é autan
DE L’'ANATOMISTE. 351 de recherches et de discussions que le cœur ; cependant il est celui dont on connaît le moins la structure, et sur les usages duquel on soit moins d'accord. Tout ce qu’on peut avancer de Certain, c’est que les parties qui le composent jouissent d’une irritabilité extrême, ce qui a porié à croire qu’elles étaient de véritables fibres charnues. Rouges au premier aspect , leur iimmersion long-tems continuée dans l’eau, les fait paraître blanches à la longue. On ne doute point que le cœur ne soit le grand agent de la circulation ; mais on ne $’accorde point sur un grañd nombre de phénomènes, dont l'examen ne peut point trouver place ici. Voila quelle est la marche du fluide sanguin à travers les quatre câvités : du cœur. 0: hihi
Le sang versé dans l'oreillette droite par les veines caves et coronaires, passe dans le ventricule du même côlé; les légères contractions de l’oreillette, la pesanteur du liquide et la vacuité du ventricule, sont les lois en vertu desquelles il y est porté. De là , par une contraction forteet énergique du ventricule droit, il est poussé dans l’artère pulmonaire. Le développement de la valvule tricuspide empêché: qu’il ne puisse refluer vers l'oreillette, et Paffaisement des valvules sigmoides facilite son cours à travers lartère pulmonaire. Par ce mécanisme; la masse du liquide est portée dans lès poumons, qui font lui subir des changeinens;, en vertu desquels il acquiert de nouvelles propriétés; repris par les veines ‘pulmonaires, il se rend dans l'oreillette gauche, qui le transmet dans le ventricule du même côté ; lequel le pousse vivement dans l'artère aorte, Cette seconde partie de la circulationssuit les mêmes lois, et s'exécute par’ le même mécanisme que la première, avec cetle différence, que le sang poussé dans l’artèreaorte est porté par cette artère dans toutes les parties de l’économie pour les vivifier, |