‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 2 sur 281 · CETTE QUATRIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

CETTE QUATRIÈME ÉDITION

Es publiant la quatrieme édition de mon

Manuel de l Anatomiste, je crois devoir m'abstenir de toute réflexion nouvelle sur la distribution générale des matières qu'il renferme, ainsi que sur les avantages qu’en ont retirés ceux pour lesquels il a été composé. L'ouvrage est jugé : bon ou mauvais , il ne n'appartient plus de pouvoir en changer la destinée; quel que soit le jugement qu’on en portera désormais, onne peut au moins contester qu’il ne soit d’une grande utilité pour ceux qui se destinent à l'étude pé-

nible et minutieuse de l’Anatomie.

Les auteurs, en général, employent toutes

sortes de moyens, et souvent même font de très<

qu} , AVIS

grands sacrifices , pour obtenir que les personnes chargées de faire connaître les productions nou- velles , donnent une idée avantageuse de leurs ouvrages ; ils ne peuvent supporter l’idée de la plus petite observation critique. Si ce malheur leur arrive , ils se tourmentent , se désolent et ne tarissent point sur la mauvaise foi et l'injustice des personnes qui les ont critiqués. C’est une grande foiblesse, pardonnable peut-être, mais dont il faut les guérir, en ne cessant de leur répéter que, quel que soit le mal ou le bien que l’on dit d’un ouvrage, il finit toujours par être * amis à sa véritable place. Combien n'en a-t-on pas vus, en effet, dont la renommée vantait le mér ite, tomber à lalongue dans l’oublile plus complet; et d’autres, au contraire , que la critique cherchait à faire oublier, triompher de tous les obstacles, et jouir enfin d'une véritable réputation , preuve incontestable du talent de leurs auteurs? Habent sua fata hbelli. -

Je dois répondre cependant au reproche qui m'a été fait par quelques personnes, d’avoir

trop négligé peut-être, dans mon ouvrage,

és

SUR CETTE QUATRIÈMÉ ÉDITION. ix de citer les auteurs qui m'ont servi de guide ; j'avouerai que les livres m'ont été d’un faible secours, et quela vue répétée des mêmes sujets, sur la grande quantité de cadavres que J'ai disséqués , m'a paru devoir être la seule autorité que je dusse invoquer.

D'ailleurs , si j'ouvre les deux ouvrages d” Anaiomie et de Physiologie qui, dans ces derniers tems, ont obtenu le plus de succès , j'y vois que

leurs auteurs, Bichat et le professeur Riche-

rand , ont été tres-sobres de citations ; et cer-

tes, on ne peut accuser ni l’un ni l’autre de n'avoir pas possédé les connaissances les plus précieuses , comme les plus étendues, de la science sur laquelle is ont écrit. |

On ne rend pas assez de justice, en général, aux ouvrages élémentaires, ainsi qu'aux auteurs qui se livrent à ce genre de composition. On s’imagine que rien n’est plus facile; c’est une erreur qu'il est nécessaire de combattre.

L’ Anatomie de Dionis , et le Traité d Opérations , du même auteur, eurent, dans leur

tems , un succès que les ouvrages de Wins-

x AVES :

low et de Sabatier , sur les mêmes matières ,

. ont pu seuls faire oublier.

Qui ne connaît les Principes de Chi rurgie de La Faye , et l'influence extraordinaire qu'ils

ont eue, pendant un demi-siècle , sur ie pre-

mières études médicales ?

Ceux que le docteur le Gouas a publiés sous le même titre jouissent d'un succès qu'ils doivent a leur forme élémentaire, et à l’excellent esprit

dans lequel ils sont écrits.

La grande Physiologie de Haller aurait peutêtre été moins appréciée, sans l’heureuse idée qu'il eut de publier ses Premières lignes de

Physiologie.( Prime lineæ IEEE }

Le Système des Connoissances chimiques

est:, sans contredit, un des plus beaux monu-

mens élevés, dans ces derniers tems, à la chi:

mie; mais la Phslosophie chimique , du même

auteur, me paraît une production inapprécia-

ble; enfin , lès Nouveaux Elémens de Physiologie du professeur Richerand , en changeant

la face de-cette science , en ont tellement ré

SUR CETTE QUATRIÈME ÉDITION, x; pandu le goût et l'étude , que sept éditions de cet ouvrage , publiées dans l’espace de quelques années , ont à peine sufli à l'empresse-

ment que les élèves ont mis à se les procurer.

Mais ni Haller , ni La Faye, ni Fourcroy, ni M. Richerand, ne se sont avisés de surcharger les ouvrages qu'ils destinaient aux jeunes étudians, d’une érudition qui leur eût été trèsinutile. Les uns et les autres ontété très-avares de citations , et aucun d’eux ne s’est imaginé qu’on l’accuserait un jour d'ignorer l’histoire d’une science à laquelle, au contraire, il faisait faire de nouveaux progrès.

Je n’ai point la prétention de m'égäler à des noms si célèbres , et mon Manuel est loin, sans doute , des ouvrages que je viens de citer ; mais si mon travail a pu faciliter aux jeunes élèves l’étude d’une science longue et fatigante par les immenses détails dont elle se compose, j'aurai rempli la tâche que je m'étais imposée.

Enfin , je ne dois point terminer ce court Avertissement sans prévenir le lecteur que j'ai

mis tous mes soinsàarendrecetteédition plus par-

ÿ AVIS SUR CÈTTE QUATRIÈME ÉDITION.

faite encore que les précédentes, et qu'indépen- damment des corrections de tout genre, dontil sera facile de s’apercevoir , J'ai également fait

__ de nombreuses additions , qui, sans être trèsétendues et très-importantes peut-être , n’en donnent pas moins une valeur nouvelle à mon travail. C’est sur-tout à l’article du système lymphatique que ces additions sont plus remarquables.

RS SRE PÉEST AES E te '

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