‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 203 sur 281 · DES MUSCLES DE L’'Œ@IL · texte numérisé non relu

DES MUSCLES DE L’'Œ@IL

Us sont au nombre de huit , si on y comprend l’orbiculaire des paupières et le releveur de la paupière supérieure. Le premier a êté exposé page 200, les autres demandent les précautions suivantes : choisissez , pour préparer les muscles de l’œil , une tête qui aura servi à l’étude du cerveau. Vous n’avez plus alors qu’à porter la scie de haut en bas dans la direction des deux angles orbitaires; de manière que les denx traits de scie se réanissent en arrière dans Îles environs du trou optique ; renversez en avant , en brisant les portions osseuses qui résistent , l’espèce d'angle qui est

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DE L'ANATOMISTE. 377 résulté de voire opération, et vous avez à découvert le mnscle releveur de la paupière supérieure , que recouvre seulement un épanouissement de Ja dure-mère. Découvrez ce muscle et laissez.le en place. Au-dessous se trouve le muscle droit supérieur du globe de l’œil, qu’entoure un assez grande quantité de graisse. Pour poursuivre la dissection des autres muscles de l’œil , je conseille de se débarrasser de la portion osseuse sciée; seulement on peut laisser en place le releveur de la paupière supérieure , ou bien on peut l’enlever avec la pièce osseuse. Les muscles de l’œil sont enveloppés d’une grande quantité de graisse, dont il fant les débarrasser, tantôt avec le scalpel , plus souvent avec les ciseaux. Un d’eux mérite une attention plus particulière , c’est le grand obtique , qui prend origine, eomme les quatre muscles droits , en arrière dans les environs du trou optique, se porte ensuite le long de la paroi interne de Porbite , et arrivé vers l’angle orbitaire interne , dégénère en un tendon qui est reçu dans une espèce de poulie cartilagineuse ; au-delà, il redevient charnu et se réfléchit pour s’implanter sur le globe de l'œil. L’oblique inférieur nait des environs du canal nasal , et se porte à la partie inférieure du globe. Les quatre droits se rendent des environs du trou optique vers le globe , en s’éloignant toujours davantage les uns des autres. Rien ne s'oppose à leur dissection ; la graisse qui les entoure est facilement enlevée, et il ne reste plus, après la préparation des muscles, que le globe de l'œil, qui exige d’autres soins et une préparation spéciale. | | |

Du globe de l'œil. Après avoir pris une idée exacte de sa situation , de sa forme et deses rapports avec les parties environnantes, il faut l’enlever de la cavité orbitaire, pour passer à l’éxarmen particulier de ses parties constituantes. Il est même à propos, pour les mieux connaitre et pour les voir plus distinctéement, de se servir d’yeux de bœuf, de veau ou de mouton, chez lesquels les objets, plus développés, sont aussi plus facilement aperçus. Il est de plus indispensable d’en avoir plusieurs à sa disposition, parce que les coupes sont nombreuses , les fluides faciles à s'échapper, les membranes multipliées ; et quelques-unes d’un tissu mince et d’une lénuité extrême. La première chose qui frappe les regards,

c’est la différence des deux membranes extérieures, dont l’une, appelée sclérotique , opaque, a beaucoup d’étendue; elle forme les trois quarts postérieurs du globe de l'œil, L'autre, placée en devant, n’occupant qu’un médiocre espace, est appelée cornée transparente. Pour voir l’union de ces deux membranes, il faut les examiner en dehors et en dedans, Dans ce dernier sens, la cornée parait comme enchassée dans la sclérotique. Il est facile de lesisoler l’une de lautre; pour y parvenir, on les fait macérer pendant quelques jours dans l’eau froide, ou bien on les plonge dans l’eau bouillante; quelques heures suffisent pour en obtenir l1 séparation. Ces deux membranes enveloppent le globe de l'œil. Les objets qu’elles renferment sont, en procédant de devant en arrière, l’humeur aqueuse, l'iris, Îe cercle et les procès ciliaires, le crislallin, Phumeur vitrée, la rétine et la choroïde.

Si on voulait préparer ces divers objets dans l’ordre que je viens de les énoncer , on épreuverait beaucoup de difficultés ; cependant on y parviendrait en procédant ainsi : enlevez, sans comprimer le globe de l’œil , la cornée transparente seule, ne laissez échapper Jhumeur aqueuse qu'après avoir pris une idée de sa quantité; audela se trouve une cloison noirâtre, c’est l'iris qui, par sa grande circonférence , adhère au cercle ciliaire et par la petite farme, ce qu'on appelle la pupille. Il faut couper la cornée opaque, à mesure qu’on avance dans la préparation des parties. L’iris, après l'évacuation de l'humeur aqueuse, touche et s'applique sur un corps lenticulaire très-blanc, c’est le cristallin. Passez la pointe du scalpel ou de son manche entre le cristallin et l'iris, soulevez cette membrane pour en mieux apprécier la forme particulière et la disposition. Du côté où elle répond au cristallin, se trouventles procès ciliaires, espèce de feuillets membraneux, disposés en manière de rayons, et dont Passemblage forme le corps ciliaire:; mais il est difficile de les bien voir en procédant comme nous Pindiquons ici. | | |

Au-delà Piris, se trouve le cristallin, qui est lui-même reçu dans un enfoncement que lui présente le corps vitré. À cette époque de la préparation de Pœil, il faut faire sortir le corps vitré et le

cristallin, en pressant sur le globe; une fois sortis, on les étudie

mieux, et on peut voir alors les deux membranes propres de l’œil, la rétine et la choroïde, placées derrière le corps vitré. La première se présente sous la forme d’une pellicule pulpeuse, qui se détache tres-facilement de la choroide placée derrière et immédiatement appliquée à la face interne de la cornée opaque. On reconnaît cette dernière à sa couleur noirâtre , parsemée de nuances de vert et de bleu, et que relèvent des traces de vaisseaux sanguins.

La préparation de Pœil, telle que nous venons de l’exposer , ne peut pas convenir pour toutes les parties de cet organe; l'iris demande un examen plus attentif; la rétine et la choroïde peuvent être mieux vues en s y prenant différemment; les procès ciliaires, le corps et le cercle du même nom sont à peine aperçus, et ces divers objets inspirent tous un grand intérêt et excitent singulièrement la curiosité. Mais, nous le répétons , il faut avoir plusieurs yeux à sacrifier, multiplier les coupes et ne rien épargner dans lPélude d’un organe , admirable dans sa composition , et présentant les plus riches phénomènes de l’optique.

Une des meilleures manières de voir la choroïde, est d’enlever avec beaucoup de lenteur et de précaution la sclérotique sans toucher à la choroïde. Pour cela , il faut que l’œil soit entier; on commence en dehors par la partie postérieure. On voit tres-bien, de cette manière, ce qu’on appelle la face externe de la choroïde : sa face interne se met à nn, en coupant circulairement l’œil dans la direction et un peu en devant du cercle ciliaire; on fait sortir toutes les humeurs de l’æil , en le pressant légèrement ; on enlève

Ja rétine , et en retournant la poche comme un doigt de gant, on

voit parfaitement la face interne de la choroïde. On doit remarquer qu’elle se termine , en devant , derrière le cercle ciliaire , qu’elle forme en partie.

La rétine peut être examinée de la même manière; mais on doit se servir d’un œil préparé , comme nous l’avons exposé plus haut, pour voir la manière dont elle se dispose autour du nerf optique.

Pour iris , il faut d’abord faire à l'œil une première section circulaire ; au devant et tout près de cette membrane, en prenant garde de lintéresser, et en pratiquer une seconde à quelques

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‘lignes au-delà ; évacuer Phameur aqueuse, le cristallin et le corps

vitré, et plonger la portion qui reste dans l’eau. L’iris flotte dans le liquide, et on la voit très-bien. On peut examiner ensuite la disposition du cercle ciliaire.

Dans toutes ces préparations , on ne manque pas de cristallins unis au Corps vitré, et dont on peut éludier sans peine la forme ct les rapports. Un petit canal se trouve entre ce corps lenticulaire et l'humeur vitrée : portez la pointe du scalpel dans une partie de l'intervalle qui les sépare ; introduisez, s’il est possible, : un pelit chalumeau , une paille dans l'ouverture, ou même souflez dessus: vous voyez alors se développer et se gonfler un petit renfiement de la membrane hyaloïde; c’est la trace du canal godroné, découvert par Petit de Namur.

On ne peut isoler le cristallin de lhumeur vitrée , qu'après avoir déchiré la petite membrane qui lunit à ce corps; on lui donne le nom de membrane cristalline, dont la division se fait en portant la pointe du scalpel sur le cristallin, et qui doit à peine en eflleurer la surface extérieure. Si vous pressez alors l’humeur vitrée avec modération, vous voyez la membrane cristalline se déchirer sans peine, et permeltre la sortie du cristallin, dont la diaphanéité et la transparence, remarquables chez un jeune sujet , disparaissent à mesure qu’on avance en âge, pour faire place à une couleur jaune plus ou moins foncée.

L’humeur vitrée offre aussi une transparence très-grande, et une blancheur que les années n’altèrent point. Il faut en examiner Ja consistance , la disposition celluleuse, en la perçant à plusieurs endroits, et en introduisant uu chalumeau dans les ouvertures pour en distendre les poches ou loges. Il faut également comparer le degré de densité des trois humeurs, leur poids, leur forme

différente, et Le lieu que chacune d’ellesoccupe dans le globe de lotil. | Lu P e . e « e e A Quand.on étudie œil pendant un hiver très-froid,, il faut tâcher d’en avoir de fortement gelés. On s’en sert pour voir la manière dont, Piris se comporte relativement à l'humeur aqueuse et au cristallin, ce qu’on obtient en faisant à l'œil gelé une section perpendiculaire de devant en arrière , et en ledivisant eu deux ou trois

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portions égales. On peut, parce moyen, examiner si l'iris est immédiatement appliquée sur le cristallin, comme quelques ana tomistes l’avaient faussement avancé, ou si elle partage l’humeur ‘aqueuse en deux portions d’inégale quantité, comme l'inspection cadavérique le démontre,

Il eût été facile d'indiquer des préparations de l’œil plus reche= chées et plus minutieuses; mais ce serait: faire perdre un tems considérable à l'élève qui commence l'étude de Panatomie, que de

s’appesantir sur des préparations dont il est impossible qu’il vienne

à bout, si elles sont trop difficiles ou surchargées de trop de détails. Il espérerait en vain connaître parfaitement l’œil et le cerveau dans le premier hiver de ses travaux anatomiques: qu'il se contente donc des courtes notions qu’il peut acquérir de ces précieux organes, par les secours que nous lui offrons, en lui indiquant dans cet ouvrage, les préparations les plus faciles et les plus simples. Plus étendues et plus détaillées , elles lui auraient été nonseulement iuutilés, mais même nuisibles, par l'embarras et la confusion où elles l’auraïent jeté. Lorsque son expérience et sa sagacité lui permettront de marcher d’un ps plus hardi dans la carrière anatomique, il pourra alors se passer de nos conseils. Nous désirons seulement que cet ouvrage lui aplanisse la route épineuse d’une science hérissée de tant de difficultés, quand on en com mence l’étude,

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