DE L'OREILLE INTERNE
La préparation de l’oreille integne est, sans contredit, la plus difficile de toutes celles de la splanchnologie. Je suis tellement
convaincu de cette difficulté pour l’élève qui commence l’anato-
mie, que je lui conseille bien plutôt de se procurer des oreilles internes toutes préparées, que de chercher à les préparer lui-
même. Tous les professeurs d'anatomie et plusieurs prosecteurs
en possèdent. Les écoles publiques en conservent en cire. Je pense donc qu'il vaut mieux pour lni qu’il ait recours à ces ressources. Quelque soin que l'on prenne de lui indiquer Îles coupes et les préparations de telle ou telle partie de l'oreille interne, je ne crois pas qu'il puisse en profiter. D'ailleurs, il fant perdre un tems considérable pour ce travail , Manquer irès-souvent telle ou ielle coupe, s’impatienier du peu de succès, se rebuter et abandonner lPétude de l’orcille interne, qui mérite cependant qu’on lui donne une grande attention. Pour ne pas faire les difficultés plus grandes qu'elles ne sont cependant , et inspirer le désir de connaifég plus particulièrement lorgane de l’ouie, je vais indiquer les prépaïations les plus communes , celles qui peuvent être plus facilement exécutées par le plus g grand nombre d’éleves, en observant d’ailleurs que ces préparations ne sont pas suflisantes
pour celui qui voudrait approfondir l'étude de l'oreille interne.
S'il est plus convenable de préparer l’oreille interne sur des os d’adulte, ilest plus aisé de le faire sur ceux de fœtus; c’est par ces derniers qu’on doit commencer ; ils cèdent plus facile-
ment aux insitrumers, et.on a moins d’objeis à emporter : c’est
une remarque qu'il importe d’ailleurs de faire, que les organes des sens en général, de la vision et de lPouie en particulier , sont très-développés chez l'enfant. | Enlevez donc toutes les parties molles , et sobbértes que les temporaux de fœtus n’ont point de conduit auditif externe : il est remplacé par un cercle osseux que ferme la membrane du tympan. Craignez d’intéresser cette membrane : il importe de la laisser en place, et de l’étudier ainsi. Ïl n’est même pas nécessaire de la sléchirer pour voir la caisse du tambour, car il est une autre manière d’y parvenir , c’est d’enlever avec un scalpel ou un canif, portion de la face supérieure du rocher. Cette coupe permet de voir non-seulement l’étendue et la forme de la caisse , mais aussi les quatre osselets de l’ouie en place. La coupe servira de plus à découvrir les objets que la simple vue ne peut apervotr. De quatre osselets, le marteau est appliqué, d’une part , sur la face interne de la membrane du tympan; del'autre, il s'articule avecl’enclume, dont une des branches se porte en bas pour s’unir à l’ésrier. Entre
ces deux os, se trouve los Zenticulaire, dont la petitesse est
- extrême. J’étrier lui-même, par sa base, bouche une ouverture appelée fenêtre ovale , à côté de laquelle on ‘en voit une autre nommée fenêtre ronde. Dans l’intervalle.est une petite éminence, c’est la pyramide. En arrière se voit l’entrée des cellules mastoïdiennes, et.en avant Je conduit de la trompe d’Eustache.
Les autres parties de l'oreille interne sont.le limaçon et les trois cauaux demi-cireulaires ; leur ensemble forme ce qu’on appelle le
“labyrinthe. La première de ces parties occupe le milieu à-peu-.
près.de la face supérieure du rocher. Où peut lefhettre : a découvert pee le même procédé que pour la caissse, dutympans M dire, qu'avec un scalpel ou un canif, ilfant enleyer.avec précaution là jame extérieure du rocher , jusqu’à ce, qu’on découvre une espèce de spirale, formée d’une lame osseuse et d’une double. gouttière, qu "on nomme les rampes : l’une d’elles, l’externe , communique Alans le-vestibule ; l’interne aboutit à la fenêtre ronde.
I} faut chercher les trois canaux demi-ciroulaires à la partie Postérieure et interne de la caisse, et les découvrir de Ja même maniere qui vien! d'être indiquée. Chagün d* eux décrit nne courbe
; MANUEL. | particulière, de manière que ; naissant du vestibule , ils y rentrenf ; après avoir parcouru l’épaisseur du rocher à sa partie postérieure, en formant une espèce d’ovale.
C’est d’ans l'intervalle du limaçon et des trois canaux demicirculaires, et à la partie interne de la caisse, que se trouve le vestibule, ainsi nommé, parce qu’il forme, pour ainsidire , l'entrée des deux premières parties. La manière de le mettre à découvert est d'autant plus difficile à indiquer, qu’on ne peut trop lui assigner de figure particulière : ce n’est que par une connaissance exacte de toutes Les autres parties de l'oreille, qu’on peut se former une idée du vestibule , et sur-tout de ses nombreuses communications , soit avec la caisse, soit avec les rampes, soit avec les canaux demi-circulaires. On ne peut même donner ici que des préceptes . généraux sur une telle préparation, et ce n’est qu'avec le tems et beaucoup de goût pour ce genre de travail, que l’élève parviendra a bien préparer | l'oreille interne. Les muscles et les nerfs situés dans cet organe, quoique trés-petits et très-déliés, portent cepen= dant des noms particuliers, et remplissent des fonctions qui exci- tent le plus vif intérêt, par la haute idée que les usages de ces parties nous donnent de la main divine qui les forma. En effet, le | marteau a deux petits muscles, dont l’un passe par la scissure de Glaser , et l’autre vient du sommet du rocher, en traversant la petite cavité appelée le bec de cuiller, pour se reudre au marteau. L'étrier a aussi un petit muscle qui s’insère dans la pyramide, et de là va embrasser le col de l’étrier. Deux nerfs, l’acoustique et le facial, entrent par le trou auditif interne, et vont se rendre, l'acoustique dans les rampes du limaçon , et le facial, après avoir parcouru l’aqueduc de Fallope , sur Les parties latérales de la face. Ce dérnier donne dans l’intérieur de l’oreille une branche qu'on appelle la corde du tympan , qui naît dans les environs de la pyramide , tourne autour de l’enclume et du marteau , etsort de l'oreille par la félure de Glaser,
L” ostéologie minutieuse décrit deux ouvertures ; l’une à la partie moyenne de la face postérieure du rocher, appelée l’aqueduc du vestibule , et Pautie sur le bord postérieur du même os, nommée aqueduc du limaçon : ces deux ouvertures communiquent, d'une
autre part, dans le vestibule. On peut, à l’aide d’une sonde très-
fine , d’une soie de cochon ou du mercure , parcourir le trajet de”
ces cavités. C’est de cette manière qu’on en doit user pour toutes celles de l’oreille interne, pour laquelle, je le répète, il faut se procurer des pièces préparées , à moins d’être assez fort soi-même , en anatomie, pour se passer de conseils.
DE L'ORREILLE EXTERNE.
Elle se compose du pavillon et da conduit auditif externe.
Du pavillon. Sifuation et rapports. C’est ce qu’on appelle communément l'oreille; cette partie, allongée de haut en bas, aplatie, est située sur les parties latérales de la tête ; sa figure est celle d’un ovale. Division. En face externe, où se voient quatre éminences, qui sont l’hélix en arrière, un peu plus en devant Vanthélix, le tragus et l’anti-tragus autour de la eonque. Trois cavités séparent ces premières parties : la première s’appelle rainure de lhélix, la seconde fosse naviculaire, et la troisième conque. L
La face interne répond aux os du crâne, dont elle est séparée
dans la plus grande partie de son étendue. Sa circonférence présente, en bas, une partie molle, appelée le lobule.
Cinq petits muscles font mouvoir, quoique faiblement, les différentes parties de l’oreille externe. Le plus considérable est le grand muscle de l'hélix; il naît de l’hélix, dans les environs du tragus , et se termine , après un trajet de trois à quatre lignes, à la partie antérieure de l’hélix.
Le second est le petit muscle de l’hélix , qui naît de la partie de Vhélix qui divise la conque.
Le troisième est le muscle du tragus, qui naît de la base de cette éminence et se termine à son sommet ; c’est le plus apparent des trois.
Le quatrième est le muscle de Panti-tragus. I naît du bord
Fa
RE | MANUEL HULR postérieur de cette éminence, et se perd dans les environs de Panthélix. |
Le cinquième enfin est le transversal , situé à la partie interne du pavillon. Il naît de la convexité de la corque , et va se terminer sur celle de la fosse naviculaire.
Structure et usages. Un cartilage qui a la même figure que le: pavillon de l'oreille, trois ligamens qui le fixent sur les parties latérales de la tête, quelques parties musculaires, un prolongement de la peau , des glandes sthacées, des vaisseaux, entrent dans
la composition du pavillon. Ses usages sont de rassembler les: rayons sonores et de les diriger dans le conduit auditif.
Du conduit auditif externe. Situation et rapports. De la conque
à la membrane du tympan, en se portant de dehors en dedans, et: de derrière en devant; sa longueur est de dix à douze lignes, et. sa largeur est plus considérable à ses deux extrémités que dans le: milieu. s
Séructure et usages. Le conduit est composé d’une portion: osseuse qui appartient au temporal, d’un cartilage qui a la forme du conduit, et d’une membrane mince qui renferme des glandes: cérumineuses. L’humeur qu'elles versent entretient la souplesse:
des parties intérieures du conduit, et entraînent au dehors les
corpuscules ambians. : +