DE LA PEAU
Les tégumens communs ne se composent pas seulement de la peau; les ongles, les poils en font également partie; la graisse et Le tissu cellulaire sont partout contigus à leur surface interne; c’est pourquoi on les trouvera exposés ici, non seulement comme enveloppe générale de Péconomie , mais encore comme organe du toucher. ( +
Administration anatomique.
De la peau. La préparation de la peau ne peut être faite que -d’une manière incomplète par les élèves ; les instrumens et les ‘agens nécessaires pour eette préparation leur manquent : malgré ces inconvéuiens , ils peuvent, par des moyens simples et ordimaires, en prendre une connaissance suffisante. En effet , sans le secours des agens physiques ou chimiques , la couleur, épais
eur et la densité de cette enveloppe commune leur sont facile-
DE L'ANATOMISTE. 419 ment dévoilées. Son élasticité, qui forme une de ses plus étonnantes propriétés , n’a pas besoin du secours du scalpel pour être appréciée. L’observation de certains phénomènes de la vie suflit pour s’en convaincre; il en est de même de sa grande sensibilité. Rien ne doit plus étonner à cet égard , quand on se rappelle que la peau est l'organe du toucher par excellence ; que ce sens, répandu pénéralement sur toute sa surface extérieure » st porté au dernier degré de perfection à l’extrémité des doigts de la main. Mais ces connaissances générales ne suffisent pas sans doute : il est utile, il est indispensable même, de savoir quelle est l’intime composition de la peau. C’est à l’aide de la macération que lon parvient à acquérir cette connaissance , au moins superficielle ; ce moyen peut être facilement mis en usage. En effet, en plongeant un morceau , plus ou moins grand , de peau dans dé Peau bouil- Jante, on voit bientôt l’épiderme s’enlever par écailles et la graisse se RpR Ce procédé suffit pour démontrer d’abord que lépiderme ne doit être considéré que comme une sur peau, dont les fonctions et l’organisation diffèrent du reste des tégumens communs ; que la graisse n’en fait point partie intégrante ») Mais qu'on Ja considère plutôt comme une espèce de coussin interposé entre l1 peau et les parties, quelquefois très-dures , sur lesquelles elle est développée.
Après avoir ainsi détaché l’épiderme, il reste cette portion des tégumens qu’on appelle chorion, et dans laquelle se trouve le corps réticuluire, qui ne paraît être autre chose qu’un lascis de vaisseaux , dont le nombre et la direction sont également hors des recherches de l’anatomiste. On aperçoit également à la surface externe du chorion , des petites éminences, appelées papilles. Le plus grand nombre des anatomistes s'accorde à regarder ces petits corps saillans comme-la terminaison des nerfs. Cette Opinion parait fondée, quoiqu'il soit impossible de suivre la dissection des nerfs jusque dans le chorion, et'sur-tout à travers son tissu. Mais la vive sensibilité de cette partie ; la’ douleur extrême qu’on y éprouve lorsqu’elle a été mise à tu par une cause extérieuré quelconque , telle qu’une brûlure ; un vésicatoire , gic., laissent peu de doute sur cette vérité. |
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Les poils et Les ongles font aussi partie de la peau ; les premiers sont répandus avec une espèce de profusion sur toute la surface extérieure de l’économie animale : très-abondans dans certains endroits , ils sont à peine visibles sur tout le reste du corps; mais ils n’en existent pas moins; leur petitesse extrême empêche seule qu’on les apercoïive au premier coup-d'œil. Dans l'expérience de la macération ou de l’ébullition de la peau , ils ne quittent point le chorion, malgré le détachement de Vépiderme , ce qui prouve qu'ils ne font que traverser cette première enveloppe, et que leur véritable implantation se fait dans le chorion : on peut même, après une longue macération de la peau et beaucoup d’attention, les suivre dans le chorion et arriver jusqu’à leur bulbe ou racine. IT faut suivre le même procédé pour voir de quelle manière les ongles s’implantent sur l’extrémité des doigts. En plougeant ces derniers dans l’eau bouillante, ou même en les exposant , avec précaution , sur des charbons enflammés, on .voit qu’ils sont composés d’écailles, surposées les unes sur les autres, ce qui porte à croire que les ongles ne sont autre chose qu’une portion de l’épiderme épaissi ; ce qui le prouve, c’est leur insensibilité et la facilité avec laquelle ils se renouvellent. Sans doute , malgré celte espèce d’analogie entre les ongles et l’épiderme , ces deux parties de Penveloppe générale du corps ne sont pas absolument les mêmes ; et on doit, peut-être , en attribuer la différence à la forme et à l’organisation des parties subjacentes avec lesquelles l'épiderme et les ongles sont en rapport.