‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 221 sur 281 · T NP · texte numérisé non relu

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Dans'cette description seront exposées l’origine de l'aorte et les premieres divisions qui en partent. Ces divisions constituent ce qu'on appelle l’aorte ascendante : ce sont les carotides et les sousclavières , ainsi que leurs diverses parties.

Les carotides , appelées d’abord primitives , se divisent , à quel-

ques travers de doigt de leur origine, en carotide externe et en carotide interne. Les branches principales de la première sont la

thyroïdenne supérieure , la linguale , la labiale , l’occipitale , l’au riculaire postérieure, la pharyngienue, la temporale et la maxil! Me interne : une seule hrancne remarquable naît de la carotide in= terne , c’est l’optique.

Administration anatomique.

Des carotides primitives. Enlevez la presque totalité du sternum, ainsi que la partie interne des clavicules, que l’on porte en dehors ; il reste un grand espace, dans lequel se trouvent la crosse de l’aorte et les quatre artères qui en partent. Il ne faut point détacher les clavicules à leur articulation humérale , on détruirait les artères cervicales transverses. Une assez Dandé quantité de tissu cellulaire lâche recouvre toutes ces parties; il faut s’en débarrasser. On arrive bientôt aux veines jugulaires et sous-clavières , que leur couleur bleuâtre et leur facile compression feront aisément reconnaître , et qu'il faut respecter. Au-dessous de ces veines se trouve la crosse de l’aorte , de la convexité de laquelle naissent quatre artères ; celles qui se portent directement de bas en baut, sur les côtés É la irachée-artère, sont les carotides primitives , qui conservent ce nom jusqu’à la bauteur de la mâchoire inférieure , où elles se divisent en deux branches. On ne peut suivre les carotides primitives , comme il le convient, qu’en procédant

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d’abord à la préparation des muscles de la partie antérieure du cols

tels que lesterno-mastoïdien, les sterno-thyroïdien et hyoïdien,ainsi

que l’omo-hyoïdien.On ne doit couper les muscles en question qu’après avoir pris une-idée des rapports qu’ils ontavec les artères; mais

il faut laisser en place le nerf de la huitième paire , qui se trouve placé au côté externe des carôtides, ainsi que le récurrent , également situé à leur côté externe , mais dans leur partie inférieure seulement , car il finit par s’enfoncer sous ces artères, pour aller gagner le larynx. On passe ensuite aux divisions de Partère carotide externe , qu'il faut disséquer en un seul tems , excepté la

masillaire intèrne , qu’on laissera pour la dernière , et qu’il n’es: même pas possible de voir encore, car elle est absolument cachée

par la partie interne des branches de la mâchoire inférieure. EI . seule sera l’objet d'une préparation particulière.

À Dela carodide externe. A la hauteur de la mächoire inférieure: les carotides primitives se divisent en deux branches ; celle qui es plus en dedans est la carotide externe; l’autre est linterne. At moment même de la séparation de ces deux artères, l’extern: fournit en dedansune branche qui va en descendant vers la gland thyroïde , c’est la thyroïdienne supérieure; il suffit d’écarter , san les enlever, les muscles sterno-thyroïdien et sterno-hyoïdien pour voir parfaitement la distribution de ceite artère , que lo peut suivre très-facilement dans la glande thyroïde. Deux autre artères naissent de la carotide externe, presqueimmédiatemen après l’origine de la thyroïdienne; la plus en dehors est la maxil lire externe ou faciale ; l’autre est la linguale. Il faut commen cer par la faciale, sa situation superficielle ne permet point © suivre une autre marche; ele se porte, en serpentant, ve: l’ angle de la mâchoire , recouverte par le di gnriqes une peti portion du stylo-hyoïdien et par la glande maxillaire, au côté e:

terne de laquelle on la trouve. Il est donc essentiel 4 avoir mIs

: découvert ces divers objets , dont la préparation préliminairefaye

rise singulièrement l’étude de la maxillaire dans cet. endroit. C

‘Ja voit ensuite sortir de dessous la mâchoire pour se placer sur v léger enfoncement qu’on remarque au bord inférieur, . et à la fa, antérieure dela mächoire inférieure , à l’endroit où le corps «

DE L'ANATOMISTE. 431 cet os s’unit aux hranches , et se porter, en serpentant , vers la commissure des lèvres, où elle se divise en deux branches qui marchent le long de lune et l’autre lèvre. Comme les flexuosités | de la labiale sont très-multipliées , et que la peau des joues est très-Îlasque , il arrive qu’elle est fréquemment coupée, quand 2} ne la dissèque pas avec attention. Pour éviter cet inconvénie: } FA 88 place dans la bouche des tampons de linge ou de papier ,énfait tirer en divers sens la peau des joues, et on met ainsi les parties dans une tension convenable pour disséquer cette artère. + È

De la linguale. Celle-ci, immédiatement après sa naissance,

s'enfonce profondément entre les muscles génioglosee etéhypo=, = R glosse , en dedans de la glande sublinguale, Pour en suivre la dis- #4 iribution , il faut scier le corps de la mächoire inférieure ‘dans sa Le partie moyenne , en écarter les deux fragmens et tirer ensuite fortement la langue en deliors et en haut. Afin de rendre cette dernière opération plus facile , il faut couper l’aponévrose buccinato-pharyngienne ; de cette manière, il est facile de suivre la 2 marche de Vartère linguale, dont le tronc se porte particu- ; lièérement vers la base de la langue. Arrivé là , ce tronc se divise €n trois branches qu’il est aisé de poursuivre , en ayani Pattention de faire tenir la langue dans un degré de tension qui permette de disséquer les muscles dont elle se compose. Des trois branches, celle qui se porte en arrière et qui remonte sur la base de Ja Jaugne, s'appelle artère dorsale de la langue ; les deux autres vont gagner la pointe de la langue, et portent les noms de sublinguale et de ranine : cetie dernière marche parallèlement à celle du côté opposé, pour se rendre ensemble vers la pointe de {a langue. C’est cette artère qui peut être quelquefois coupée dans l'opération du filet. < De l’occipitale et de l’auriculaire postérieure. La dissection de Pune facilite beaucoup celle de l’autre ; la plus considérable est Poccipitale, L'une et l’autre ont une direction qui les fait aisé. ment reconnaître ; aussitôt apres leur naissance , elles se portent en arrière , profondément cachées , l’occipitale sur-tout , par les muscles sterno - cléido - mastoïdien , digastrique, splétius ; ete. Pour suivre la distribution de cette dernière, il faut couyer dan:

ù sd) 4.

RE

LA

sa partie moyenne le sterno-mastoïdien, et en écarter les larüz:

+ beaux, ainsi que ceux du digastrique. En poursuivant alors Poc-.

| Hg | # cipitale, on la voit s'enfoncer profondément dans l’espace com.

doc à ë pris entre l’apophyse transverse de la première vertébre cervi-=: cale, et l’apophyse mastoïde, recouverte dans cet endroit par: le digastrique, le nerf de la neuvième paire, et un peu plus en arrière par le sterno-mastoïdien ; au-delà, l’occipitale se porte sous le splénius , qu’il faut couper en travers pour la découvrir ; mais bientôt elle devient sous-cutanée, et peut alors être suivie très-facilement.

# & Le travail qu’a exigé l’étude de l’occipitale a mis à nu l’auriculaire postérieure , qui se porte sur l’apophyse mastoïde et sur les deux faces du pavillon de l'oreille, en s’anastomosant fréquemment avec la précédente.

De la temporale. Après la préparation et l’étude des artères exposées plus haut , il reste à disséquer la terminaison de la carotide externe. Les uns regardent la temporale comme la suite et la fin de la carotide ; d’autres veulent que ce soit la maxillaire interne. Je ne déciderai point ici cette question , assez peu importante d’ailleurs ; il s’agit d’indiquer quelle est la marche que doit suivre Pélève dans leur préparation respective; l’étude anatomique réclame la priorité pour la temporale ; cette artère monte dans la direction même de la carotide externe, dans l’espace compris entre l’oreille et la mâchoire inférieure, au-dessous, et enveloppée par la glande parotide, qu’il faut disséquer avee soin pour mettre la temporale à nu. Parvenue à la hauteur de la pophyse zigomatique , elle fournit la transversale de la face , qui est aussi en partie couverte par la glande parotide ; alors il est extrêmement facile de suivre les divisions de la temporale , qui se porte sur toutes les parties latérales de la tète.

& De la maxillaire interne. Cette artère est, sans contredit, une des plus difficiles à préparer, et elle exige beaucoup de soins et de patience pour son étude. On ne peut trop recommander aux élèves d’avoir continuellement sous les yeux une tête sèche etsa mâchoire, et même, s’il est possible, des têtes coupées eu divers sens. Sans ce secours el La connaissance exacte des trous et conduits que par

pl

DE L’ANATOMISTE. 433 courent les divisions de la maxillaire interne , il est très-difficile de s’en former une bonne idée. Pour cette préparation , observez les précautions suivantes : sciez la mâchoire à côté de la symphyse du. menton; brisez l’arcade zygomatique, en arrière auprès de

racine , en avant le long d’une ligne qui marche de l’angle supér

rieur à l’angle inférieur de l'os dela pommette:; détachez le mas=

seter de haut en bas, et laissez-le uni àla portion de l’arcade

Zygomatique, à laquelle il s’insère; portez le tout en arrière; sciez

alors la branche de la mâchoire au-dessous du col du condyle et

de l’apophyse coronoïde ; détachez le muscle temporal de haut:

en bas de dessus la portion des os de la face sur lesquels il

repose; portez également le tout un peu en arrière , et faites enfin . un lambeau osseux de toute la surface mise à découvert , dont le :

sommet se trouve au trou sphéno-palatin , et vous voyez la maxil- ?

laire interne profondément située entre le petit piérigoïdien et la branche de la mâchoire. Mais il ne faut pas poursuivre plus foin la préparation de cette artère, qu’on wait étudié auparavant, 1°. les ptérigoïdiennes, petites artères qui se perdent dans les muscles du même nom ; 2°, la buccale, qui se porte dans la membrane interne de la bouche, au-dessous dfmuscle buccinateur ; 3°. l’alvéolaire ,

située un peu plus bas , mais qui se porte dans la même direction, appliquée sur la tubériosité maxillaire et recouverte par une assez

grande quantité de graisse , qu’il faut enlever ; 4°. la dentaire inférieure , qui pénètre dans le canal du même nom , et qu'il est à craindre qu’on ne déchire ,en portant trop vivement la branche de la mâchoire inférieure en dehors ; 5. la masseterine , qui se contourne sur lenfoncement sigmoide des branches de la mâchoire , pour se perdre dans le musele masseter. Il arrive assez souvent que cette artère est déchirée, malgré toute l'attention qu’on a apportée dans la coupe nécessaire pour létude de la maxillaire interne.

Après l’étude de ces diverses artères , on passe 1°. aux temporales, qui exigent , d’une part, qu’on enlève ; comme je l’ai dit plus haut, le muscle temporal de haut en bas, et de l’autre , que

Pon brise portion de l’os de la pomette pour mettre à nu la tem-.

porale profonde antérieure ; 2°. à la sous-orbitaire , qui naît à-peu= 28 |

Li Le

prés à Ts même hauteur que Palvéolaire , mais qui se porte dans

une direction différente et va EP le canal sous-orbitaire, unie dans cet endroït au nerf du même nom. Porsas on veut : suivre cette artère plus amplement , il faut mettre à découvert le plancher de l'orbite, briser même portion de l’os maxillaire , et terminer celte étude en la poursuivant sur la face, sous le muscle

| canin.

Quant aux artères palatine, vidienne, ptérigo-palatine et sphéuo- palatine, on ne peut les suivre qu’en brisant la presque totalité de la mâchoire supérieure : on voitalors chacune deces artèresse porter dans un canal particulier, dont l’ostéologie doit retracer la di-

: rection à la mémoire; car, je le répète, sans cette connaissance, - al serait très-difficile de faire ces artères. Nous observerons ce-

pendant que la palatine s’introduit dans le canal palatinet reparait

à la voûte da même nom , cachée par la membrane palatine, qu’il faut enlever; que la sphéno-palatine pénètre dans le trou du même nom , pour $e porter sur la membrane pituitaire , et qu’on la retrouve dans l’intérieur des fosses nazales ; que la pharyngienne supérieure , et la ptérigoïdienne , ou vindienne de quelques-uns, vont gaoner chacune le canal du mêmé*nom ; enfin, que la ptérigo - palatine , qui est regardée comme la terminaison de la

maxillairé internt, s’enfonce et parcoure Île canal du même nom. |

Je place ici la sphéno-épineuse, qüoique , par ordre d’origine, elle soit la première dont lesauteurs fassent mention. Puisqu’on ne peut la faire qu'après la préparation de toutes lés autres, ses divisions se faisant toutes dans le crâne, il faut nécessairenrent scier

cette boîte osseuse pour les suivre. On peut donc , ou procéder de

L. . suite à l’ouverture du crâne pour étudier la sphéno-épineuse , ou + attendre qu’on en soit à la préparation de la carotide interne, qui demande la même opération préliminaire.

| Arrivée dans l’intérieur du crâne , elle se place dans une gout-

üère, qui se voit à la partie interne de l'angle inférieur et antérieur

du pariétal. De là elle se distribue à toute la face externe de la duré-mère, et imprime par ses nombreuses divisions, sur toute NUL partie concaye du pariétal , ces lignes creusées en forme &e

sillons , que retracent assez bien les nervures d’une feuille de.

figuier.

Lorsqu'on détache la dure-mère de la partie interne des os du crâne, lés divisions de l’artère sphéno -épineuse restent appliquées à la surface externe de cette membrane, sur Hiquels on peut alors facilement les suivre.

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