‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 257 sur 281 · MANGER · texte numérisé non relu

MANGER

au-dehors. La portion qui lient au cerveau sert à guider l’anato-

miste dans ses recherches pour voir leur origine , c’est ce qui | constitue le second tems ; la seconde portion à conserver n’est pas

moins nécessaire pour 1 poursuivre au-dehors el ne pas les cons

fondre, les uns avec les autres :’ce dernier travail ; le plus long et

le plus diffiéile, complète la préparation des nerfs cérébraux, et

forme le troisième tems. Car il est une obligation à laquelle l'élève

ne doit pas manquer , c’est de ne jamais prendre un nerf, qu’il veut. étudier, à une distance plus ou moins considérable de son origine.

Cette manière d'étudier est des plus vicieuses , et ne peut produire

que des connaissances très-superficielles.

Premier tems. Apereu senéral. Va tête sciée, comme pour l'étude du cerveau, soulévez celui-ci de dévänt en arrière , ‘et pénchez la tête dans le même sens ; de eette manière , le cerveau , quoique soutenu par ses bre vaisseaux , 5 loge et s’écarte suffisamment des os du crâne, en laissant un intervalle qui permet de bien voir les nerfs dans l’ordre de leurorigine. On peut encore, pour ne perdre aucun rameau nerveux , détacher les tégumens , avant de scier le crâne, dela manière suivante : Faites une incision longttudinale de la racine du nez , à la protubérance occipitale : cette incision doît pénétrer jusqua’ux os ensuite, détachez de chaque côté, avec le manche du scalpel, toutes les parties molles, et même le PÉTIOSEE » Jusqu’à la moitié de la fosse temporale. De cette

manière, on se ménage la facilité de suivre les plus petites divisions des nerfs, qui se portent aux tégumens de la tête. De quelque manièré enfin qu’on ait ouvert le crâne, en- renversant : avec précaution le cerveau de devant en arrière, on voit successivement tous les nerfs de la tête. Les premiers qui s'offrent aux regards , sont les olfactifs , ou nerfs de la première paire : ils sont pulpeux et mous, et se rompent facilement ; la portion qui répond au cerveau reste appliquée sur la partie inférieure de ses lobes antérieurs ; au-delà et en arrière se voit une large production médullaire, qui me tarde pas à se diviser en deux gros cordons qui se perdent dans les trous optiques; ce sont les nerfs Optiques et le carré du même nom : on peut les couper au riveau du trou optique, dans lequel ils s'engagent, Comme ils sont fort courts, il est

DE L’ANATOMISTE. 493 essentiel d’en laisser le plus possible du côté du cerveau , pour en mieux apprécier l’origine. Un peu plus en arrière et en dehors se montrent les nerfs de la troisième paire , dont la grosseur est bien peu considérable, en comparaison des précédens ;: quoique leur longueur le soit beaucoup plus; ils se portent de derrière en devant , et pénètrent dans l’orbite par la fente sphénoïdale : leur grande étendue permet de les couper où on le juge à propos; ilen reste toujours assez de part et d'autre, soit pour en rechercher l’origine dans le cerveau , soit pour en poursuivre les distributions bors du crâne, A côté de ces derniers et en dehors, on aperçoit deux longs filets très-minces, venant de fort loin en arrière ) se contournant sur les bras de la moelle allongée, et marchant parallèlement au bord supériéur du rocher, pour pénétrer dans l’orbite par la fente sphénoïdale ; d’abord placés plus bas que les nerfs de, la troisième paire, ils leur devienent supérieurs lors de leur entrée dans lorbite ; ce sont les nerfs de la quatrième paire : près de ceux-ci, mais plus en dehors, de nombreux filets venant des parties latérales des cuisses de !a moelle allongée , se réunissent en un gros cordon aplati, qui se place sur lé milien du bord supérieur du rocher, et delà se précipite dans les fosses moyennes du crâne, où 1] se divise en trois portions; c’est le nerf de la cinquième paire ou tri-facial. La première branche porte le nom d’ophtalmique, la deuxième de maxillaire supérieur, et la troisième de maxillaire inférieur. Plus en arrière, plus bas et plus en dedans, se voit, de chaque côté de la gouttière basilaire, un assez long nerf, qui tient le milieu, pour la grosseur , entre celui de la troisième et celui de la quatrième paires, et qui s'engage dans le sinus eaverneux , à un pouce, à-peu-près, au-dessous des apophyses clinoides postérieures, pour pénétrer dans l’urbite par la fente sphénoïdale, sous le nom de nerf de la sixième paire, ou moteur externe : au côté externe des précédens , on voit deux cordons , d’une grosseur et d’une consistance différentes, se porter en dehors, et après un court trajet, pénétrer dans le rocher par le trou acoustique; ce sont les nerfs de la septième paire, La portion molle porte Le nom de nerf acoustique : celle qui a plus de consistance s'appelle portion dure ou nerf facial.

(e 49%. MANUËT.

À celte époque: de l’examen général des:nerfs, là plus grande partie de la masse cérébrale est hors du crâne; renverséeenarrière’: il: faut ménager sa sortie: définitive, et prendre toutes les pré Cautions possibles pour empêclier qu’elle: ne: soit dérangée ni altérée : on poursuit donc, et on aperçoit, non loin dû nerf de: la: septième paire, plusieurs filets se: réunir: pour’ former deux cordons qui se portent en haut et'en deliors, pour gagner le trow déchiré postérieur , et sortir du crâne par cette ouverture, sous le: nom de: nerf de la huitième paire : il est facile de’ distinguer les deux cordéns qui la composent; l’antérieur, plus petit, porte le’ nom de glosso-pharyngien ; et le postérieur, plus gros, celui de’ pneumo: gastrique : les filets qui les forment naissent, comme il? est très-facile de’lé voir, des parties latérales et supériéures de la’ queue tie la moelle allongée , un peu plus enarrièrequela septieme; enfin, la neuvième paire naît par dix à douze filets de la queue‘dé: la moelle allongée, et se dirige aussitôt vers lestrous condyloïdiens’ antérieurs, qu’elle traverse pour-se porter à la lamigue : on ne peut’ voir le: trajet que parcourent ces nerfs, qu’en écartant fortement: le cerveau , et en jetant les regards dans le commencement du canal vertébral. +

Deuxième tems. Origine dés nerfs. Cet examen préliminaire dés nerfs étant achevé, on coupe la moelle allongée au-dessous de’ la naissance des nerfs de la neuvième, et-on enlève le cerveau ; pour le placer à la renverse sur la table, et passer à l’étude de’ leur origine. Quelques personnes blâmeront peut-être la marche’ que je tiens dans la préparation des nerfs du cerveau; ils observe rout, avec une espèce de raison, qu’ilest difficilé de reconnaître, après les avoir coupés, les filéts qui donnent naissance à la plupart des nerfs ; que ces filets sont affaissés sur le cerveau, et aw’il règne la plus grande confusion quand on ne se hâte pas de les étudier aussitôt la section faite. J'avoue, qu’instruit par ma propre expérience, j'aurais désiré pouvoir indiquer un mode de préparation qui eût fait disparaître cet inconvénient; j'ai, en effet , très-souvent remarqué, et fait remarquer aux élèves qui étaient présens à ces expériences, qu’en coupant un nerf du cerveau avec un inswument métallique quelconque, il se retirait, avec une-espèce de

Fe vers, la, masse: cérébrale , s’y collaitintimement , et;

finissait, presque. par disparaître j’ai également fait observer aux: mêmes élèves, qu'en. me. servant. des, ciseaux. on du scalpel pour couper, ces nerfs, leur rétraction était et plus vive et plus complète, J'ai pensé, qu’il y avait, quelque analogie entre ces phénomènes, que le Hasard ma fait- connaître avant la découverte du galvanisme. et.qui sont produits.par les moyens les plus simples, avec ceux que: ce même galvanisme développe, aidés. de ses instrumens et appareils, Je-reviens à la préparation des nerfs.

Malgré les inconvéniens attachés.à la, méthode que je conseille. de,suivre dans. l’étnde de.ces parties, je-pense qu’il {ant la conser: ver ; parce qu’il n’en est point de préférable. Occupez-vous done.

de suite del’origine des nerfs, dans le même ordre-que vous les. 5 ; q

avez mis à découvert.

Première paire, Olfuctifs. Elle nait.en arrière des-lobes antérieurs, du cerveau par deux-racines, dontune se porte dans la di rection du tronc commun, etl’autre, plus. longue, se jette en dehors, et. s’enfonce profondément dans le sillon qui sépare le lobe.

antérieure. du. cerveau, de son:lobe moyen. Suivezavec soin cette.

marche différente des. deux racines, elpoursuivez-les aussi loin

que vous le pourrez. Cela est d’autant plus facile, que les racines:

du nerf olfactif présentent: d'autant plus de densité. qu’elles s’enfoncent davantage dans la propre substance du cerveau. Mais. en général, ces. recherches minutieuses de l’origine des nerfs, qui

offrent un intérêt si vif pour les vrais anatomistes, ne présentent:

que de l’embarras pour lesélèves , etleur font perdreun tems précieux, que réclament d’autres études, |

Deuxième paire. Optiques. L'origine de ces nerfs s'aperçoit sans :

peine ; ils naissent de la partie inférieure.et postérieure des cou

ches des nerfs optiques, et se réunissent à eu de distance de là pPuq ? P 2

pour former ce qu’on appelle le carré optique. Il est également

acile de voir que l’origine des nerfs opliques-a lieu au-dela de-la :

ouche du même nom. C’est ce dont on peut s’assurer en la fendant:

ar sa longuenr ; ce qui permet de poursuivre le cordon: optique

usque dans les’environs des tubercules quadri-jumeaux. L'roisième paire, Moteurs communs. Cherchez Porigine.de ceux-

496 MANUEL …. NS ci à la partie postérieure des prolongemens antérieurs ae le elle allongée. Là, on les voit naître par plusieurs filets, qui se réunissent bientôt en un faisceau arrondi , pour se porter dans la direction indiquée plus haut. Mais quand on veut poursuivre plus loin l’origine des nerfs de la troisième paire, on n’y parvient qu'avec beaucoup de peine, parce qu’on les enlève facilement avec la piemère , ce qui uient à ce que, très- minces à leur origine, ils abandonnent sans peine la substance cérébrale.

Quatrième paire. Pathétiques. Ces nerfs, quoique très-minces, parcourent un trajet fort long avant de sortir da crâne. En effet , Cest vers l’union des tubercules quadri-jumeaux qu’ils naissent ; suivez-les jusqu’à ces éminences , et vous les voyez faire un circuit considérable autour des bras de la moelle allongée, et de la protubérance annulaire.

Cinquième paire. Tri-jumeaux , tri- facial. Plusieurs filets naissent des cuisses de la moelle allongée , à l’endroït de leur union à la protubérance , et se réunissent en un gros cordon aplati , pour former le tri-facial, qui se place bientôt sur le bord supérieur du rocher, pour se porter ensuite dans l’enfoncement qui se trouve au-devant de cet os , et former ce qu’on appelle ja patied’oie.

Pour bien voir la disposition de ce nerf au-devant du temporal, et pour pouvoir suivre plus facilement les branches qui en partent , il faut enlever la dure-mère , qui , dans cet endroit, est fortement adhérente à ces nerfs. | |

Sixième paire. Moteurs externes. Ceux-ci prennent naissance du sillon qui sépare la protubérance de la queue de la moelle allongée , par quelques filets faiblement réunis entre eux.

Septième paire. Acoustique et facial. Ces deux nerfs ont une : origine différente. La portion molle ( acoustique ) naît plus en arrière.de la partie postérieure de la queue de la moelle allongée, etla portion dure (facial ) , plus haut, eten avant, des prolén- : gemens du cervelet,

Huitième paire. Pneuwmo-gastrique et glosso-pharyngien. Ces’ deux nerfs ont une origine commune, et on les voit paître des parties supérieures et latérales de la queue de la moelle allongée ,

par un grand nombre de filets , isolés d’abord, puis réunis , et

formant deux cordons, dont l’un antérieur, plus petit, est le

pneumo-gastrique.

Neuvième paire. Hypoglosse. Dix ou dôuze filets tirent leur origine du sillon qui sépare lés éminences olivaires et pyramidalés , se dégagent des vaisseaux nombreux qui se trouvent en cet endroit, pour se réunir en un seul cordon , sous le nom de grand hypoglosse.

Telle est l’origine des nerfs fournis par le cerveau , la protuhérance annulaire et le commencement de la moelle allongée. On peut passer ensuite à Jeur préparation définitive, et les poursuivre hors du crâne , dans l’ordre à peu-près de leur origine, Mais avec les modifications que demandent leurs distributions différentes et leur mode de préparation.

Troisième tems. Préparation spéciale, Première et deuxième paires. L'élève est arrêté dès le moment où il veut s'occuper de la première paire de nerfs , parce qu’il faut sacrifier une partie de ceux qui entrent dans l'orbite , ou au moins nuire singulièrement à leur préparation , pour étudier les olfactifs. Ces considérations sont encore plus directement applicables à la deuxième paire, qui pénètre lans l’orbite , et qu’on ne peut étudier qu'après ceux dont nous allons nous occuper plus bas. On pourra ensuite reveuir aux premières paires , et y donner l’attetion qu’elles exigent.

Je vais cependant indiquer en déux mots ce que l’on sera obligé de faire plus tard , pour l'étude de ces nerfs, à moins qu’on n’eût un assez srand nombre de têtés, pour n’avoir pas besoin de remettre la préparation des deux premières paires.

La première est beaucoup plus difficile quela seconde ; celle ci n’éprouvant aucune division dans sa märche et $e portant directement de son origine à la partié postérieure de la sclérotique, dans laquelle elle s’introduit pour former la rétine , n° exige pas un long travail pour sa préparation. Il suffit, en ft. de briser la partie postérieure de l'orbite , pour mettre à découvért la portion du nerf qui se rend à la sclérotique , ét Ce examinér Ja manière dont elle pénètre dans cette membrane,

La consistance pulpeuse des nerfs olfactifs étant la principale

if fi

498 MANUEL cause de la difficulté de leur dissection , il faudrait peut-être , pour rendre cette difficulté moins grande, plonger dans un acide quelconque , ou même dans un peu d’alcohol étendu dans de l’eau commune , Les fosses nasales supérieures.

Cherchez alors les divisions des nerfs olfactifs , répandues principalement sur Îles parties supérieures et Dei des fosses na-

sales. On peut même se contenter de râcler avec le dos du scalpel les surfaces sur lesquelles on les aperçoit bientôt.

Troisième, quatrième, sixième paires, et première branche de la cinquième. Ces divers nerfs doivent être préparés simultanément. Tous pénètrent dans l'orbite par la fente sphénoïdale, pour se rendre la plupart aux muscles de l’œil et de la paupière supérieure. Le premier qui se présente à l’étude est l’ophtalmique ; vient ensuite la quatrième; la troisième suit, et on termine par Ja sixième. Pour marcher avec méthode, procédez ainsi : faites avec la scie deux sections à la voûte orbitaire , de devant en arrière , qui représente un V, dont la base répond en devant, et le sommet en arrière. L’une des sections doit commencer à la racine du nez, l’autre à la région temporale; renversez en devant, sans la détacher complètement , la portion de la voûte orbitaire comprise dans les deux traits de scie : un coup de maillet suffit. De ceite manière, l’œil est à nu , ainsi que les parties molles qui le recouvrent. Divisez la portion de la dure-mère épanouie sur ces objets; enlevez-la, et vous avez immédiatement au-dessous les divisions principales de la première branche de la cinquième paire. Mais ayant de procéder à l'étude ultérieure des nerfs qui se portent dans l’orbite, il est indispensable de bien déterminer l’entrée respective de chacun d’eux dans celte cavité, pour ne pas les confondre les uns avec les autres; c’est pourquoi, et en les prenant à leur entrée dans l’orbite, on trouve que le nerf optique, Le plus gros de tous, est situé d’abord au-dessus des autres, et à leur partie interne , mais que bientôt il en est recouvert. Plus en arrière se voit la troisième paire, d’abord située au-dessus de la quatrième, mais qui lui devient bientôt inférieure. Un peu plusen arrière, et toujours en dehors, se voit.cette quatrième, très-mince, mails que lon trouve assez facilement, en suivant le repli que

DE L’'ANATOMISTE. 499 fournit la dure-mère, pour former le sinus pétreux supérieur ; plus bas que les deux précédens se voit la première branche de la cinquième, qui pénètre également dans l'orbite; au-dessous de tous ces nerfs, et dans l’intérieur du sinus caverneux , Se remarque celui de la sixième, que l’on ne peut bien voir qu'après l'étude de tous les autres, Tous ces nerfs, avant d’entrer dans Porbite, sont tellement sérrés et unis entre eux par la dure-mère, qu’il serait presque impossible de les séparer; il vaut beaucoup mieux Îes prendre dans l’orbite même, dans l’ordre où ils se présentent. C’est donc par la première branche de la cinquième paire qu’il faut commencer; elle se divise en trois branches principales, Deux de ces divisions rampent sur le muscle releveur de la paupière supérieure, dont l’une, plus grosse, se porte vers, le trou susa orbitaire, et l’autre, beaucoup plus petite, se rend ver: la glande lacrymale. Pour mieux découvrir cette branche, prenez-la du côté de la glande, et Suivez-la d’une manière rétrograde vers le: tronc commun. L'autre se perd dans les tégumens du front, et on la suit facilement. Une branche, sous le nom de nerf frontal, sort de l’orbite, vérs l’angle orbitaire interne. :

11 faut passer ensuite à la dernière branche de lophialmique, appelée nasale; on la trouve au-dessous des releveurs de la paupière supérieure, de celui du globe de l’œil, et au-dessus du droit interne et du grand oblique. Il suffit d’écarter ces muscles sans les couper; on verra facilement la branche en question se porter obliquement de derrière en devant et de dehors en dedans , vers les trous orbitaires dans lesquels les divisions pénètrent et se ramifient sur la membrane pituitaire, En écartant légèrement les muscles grand oblique et droit interne, on verra de même une division dü nasal, filer le long de la paroi interne de l'orbite, et se porter en dehors , pour s’anastomoser avec le front:l. Mais une circonstance importante qu’il ne faut pas négliser dans l’examen du nasal, c’est qu’il donne, en passant sur le nerf optique, uné branche rétrograde en dehors, qui Ya gagner le nerf de la troisième paire, et concourir à la formation du ganglion ophtälmique. Nous ÿ reviendrons plus bas.

La quatrième paire, dont il faut se débarrasser avant de passer

500 | MANUEL à la troisième, doit être prise du muscle grand oblique, dans Jequel ce nerf se perd; sa petitesse, son entrelacement avec les autres nerfs, en rendraient la préparation extrémement difficile, en s’ y prenant autrement ; du reste, on peut Le poursuivre en ar- 1ière , autant que la patience et les lumières de l'élève Le permetiront. En examinant ce nerf dans le muscle grand oblique, on doit ensuivre les divisions multipliées, en écartant les fibres du muscle. Pour bien voir les divisions de la troisième paire, on doit, autant qu’on le pourra, commencer par découvrir son ganglion. Je l’ai rarement manqué, en cherchant d’abord, à la partie postérieure du globe, et à son côté externe , de très- -petites branches qu’il fournit sous le nora de nerfs ciliaires, et en les poursuivant en arrière, jusqu’à ce que j'eusse trouvé un petit : corps rou:eâtre, placé au côté externe du nerf optique, et tou= jours enyeloppé d’ane grande quantité de uraisse, dont il faut le débarr asser avec précaution. Si on a été assez heureux pour trouver ce ganglion , on voit alors facilement la branche du nerf nasal qui concourt à sa for malion ; on voit également le 8r os et court filet que lui donne, en arrière et en bas, la troisième paire : de sa partie antérieure naissent les rameaux qui se portent le long du nerf optique, pour pénétrer dans le globe, sous le nom de nerfs ciliaires. | Les autres branches de la troisième paire méritent une attention moins grande ; elles se portent aux muscles, et la dissection de ceux-ci suffit à la préparation de ceux- à. Les muscles, dans lesquels les branches de la troisième paire se perdent , sont le droit supérieure et le releveur de la paupière supérieure, pour la branche supérienre, et les muscles droit- inférieur , droit. externe , petit, oblique, pour ses trois branches inférieures. ; La sixième reste; on prend ce nerf dans le sinus caverneux même : observez qu'il est renfermé avec l'artère carotide , au côté externe de laquelle il est siLué ; que sa couleur très- blanche le fait assez reconnaitre; suivez- fe vers lérbité ; il va se perdre dans le muscle droit externe. En passant sur le trou éarotidien, : Ja sixième donne un filet qui descend par celle ouveriure, et va concourir, dit-on, à la formation du grand sympatique; sa peti-

DE L'ANATOMISTE. 5ox

tesse et sa grande ténuité le dérobent presque toujours aux recherches, parce qu’il se déchire ou qu'on le casse : la meilleure manière de le voir, est de soulever, avec une érigne , le tronc de la sixième, et de porter, avec ménagement, les instrumens au-dessous, pour enlever les parties qui le tiennent caché. On pourrait également faire en sorte de voir ce filet, lors de la préparation de la branche supérieure du ganglion cervical supérieur, dans lequel il se jette. Ce travail demande beaucoup de patience. J'y reviendrai plus bas.

Peuxième branche de la cinquième paire. N fant prendre ce nerf à son entrée dans le trou maxillaire supérieur, et le suivre jusqu'à la fosse zygomatique, en brisant Ja portion d’os qui le recouvre; il ne faut toucher cependant ni à l’os maxillaire supéricur, ni au rocher; mais on doit se débarrasser de la graisse abondante qui se trouve dans la fosse zygomatique , quand on l’a mis à découvert , à l’endroit à-peu-près où commence le eanal sous. orbitaire : il fant alors chercher les branches qui s’enfoncent derrière l’os maxillaire, et mettre à nu un ganglion appelé sphénopalatin, qui se trouye, à deux ou trois lignes au-dessous , caché par une grande quantité de graisse, dont il faut se débarrasser. Trois branches principales naissent de ee ganglion; l’une se porte dans le canal palatin postérieur, et rampe sous la membrane interne du palais osseux : la plus légère notion d’ostéologie suffit pour la poursuivre. Pour bien mettre ee rameau à découvert, il faut scier longitudinalement les fosses nasales, enlever la pitaitaire au niveau, du conduit palatin postériear, ainsi que la lame osseuse qui l’en sépare. L ‘apophyse palatine étant ensuite brisée, la membrane palatine reste, et on apercoit sur sa surface supéricure les terminaisons du palatin. La seconde branche naît de la parte interne du ganglien , pénètrepar le trou sphéno-palatin dans l'intérieur des fosses nasales, et s’anastomose avec le nasal fournie par la premiere branche de la cinquième paire, ainsi qu'avec l'otfactif, dont l'élève ne doit s’occuper, comme je l’ai dit plus haut, qu'après toute la névrologie de la tête. Mais le ganglion sphénopalatin fournit une troisième branche , remarquable par la diff. culté de la poursuivre et par sa petitesse ; c’est le nerf ptérigoïdien :

il naît de la partie postérieure du ganglion, et s'enfonce de suite, en se portant directement en arrière, dans le canal ptérigoïdien, qu’il faut briser dans toute sa longueur pour le voir. On y réussit en portant le ciseau ou un fort scalpel , si c’est un enfant, sur le corps du sphénoïde, en s’éloignant un peu de la partie moyenne, et en y mettant beaucoup de précaution et de lenteur. Quand on a réussi à découvrir le canal ptérigoïdien et à mettre le nerf à nu, on le voit alors se porter de devant en arrière jusqu’au sommet du rocher, où il se divise en deux branches très-déliées, dont l’une, inférieure, sort par le trou déchiré antérieur, pour concourir) avec le filet de la sixième, à la formation du ganglion cervical supérieur, et qu’on peut suivre avec assez de facilité quand on veut y mettre le tems et la patience ; l’autre branche, enveloppée par un repli de la dure-mère, continue de marcher dans un canal creusé sur la face supérieure du rocher, pour se perdre dans l’Aiatus Fallopii qui termine ce canal.

Après avoir donné les branches qui forment le ganglion sphénopalatin, il faut revenir au tronc du maxillaire supérieur, qui est logé dans le commencement du caual sousorbitaire, dans lequel il s'enfonce toujours de plus en plus, et reparaît sur la face en sortant par le trou sous-orbitaire. Débarrassez-vous de toutes les parties molles contenues dans Vorbite; brisez même, si vous le jugez convenable, la portion de los maxillaire qui eaehe la marche de ce nerf , et disséquez avec soin les muscles canin, releveur de la lèvre supérieure , dans lesquels il se perd en grande parue.

il forme sur cette fosse une espèce de plexus ou patte d’oie qu’il faut mettre à découvert, avec d’autant plus de raison que ce travail est irès-facile.

De la troisième branche de la cinquième paire. Ce nerf exige que l’on sacrifie toutes les parties dont nous avons parlé jusqu'ici, on doit, par une coupe faite aux os du crâne , enlever tout ce qui masque ce nerf, jusqu’à sa sortie du trou ovalaire ou maxillaire inférieur. Cette coupe doit être faite en portant la scie depuis fa racine du nez jusqu’à la pointe du rocher, d'une part; et depuis fa région temporale transversalement , jusqu’au même endroit , de

l’autre. Lorsqu'on à enlevé les parties comprises dans les deux

DE L’ANATOMISTE. 5o3

sections , il en résulte un espace triangulaire, dans le fond duquel on voit à nu le tronc de la troisième branche de la cinquième paire. On doit conserver un moment en place la pièce, pour voir une branche particulière qui se distribue vers la bouche, sous le nom de nerf buccinateur. Les autres filets, que la troisième branche de la cinquième paire fournit, se perdent dans le temporal et le masseler; on reconnaît ces nerfs à leur direction transversale de dedans en dehors, et à leur petitesse ; il en est de même des ptérigoidiens , qui sont encore plus petits, et qui s’enfoncent profondément dans les muscles du même nom. |

Lorsqu'on a terminé l’étude de ces nerfs, il faut continuer la dissection des deux branches principales , connues , l’une, sous le nom de maxillaire inférieure ou dentaire , qui se perd dans la mâchoire inférieure; et l’autre , de lingual , destiné pour la langue : ces deux branches sont moins difficiles à suivre et à disséquer que les autres , parce qu’elles sont plus grosses , et que leur division est mieux caractérisée. Îl faut commencer par scier la mâchoire inférieure à sa partie moyenne, écarter en sens contraire les deux fragmens, tirer la langue au-dehors pour l’alonger et rendre le nerf lingual plus apparent. De cette manière, on peut continuer la dissection des deux branches dont on vient de parler; c’est aussi à cette époque qu’il faut chercher Particulaire , qui présente le plus de difficultés ; il se porte en arrière, et va gagner l’articulation de la mâchoire inférieure , en se contournant sur le col de l’os. En poursuivant la branche qui va se perdre à la mâchoire inférieure , il faut faire attention à quelques rameaux qu’elle fournit en chemin , et qui se perdent dans les muscles de la partie antérieure et profonde du cou , parmi lesquels il faut distinguer le milo-hyoïdien, qui est constant, et qui se perd dans le muscle du même nom.

Le tronc du dentaire ou maxillaire inférieur, après avoir parcouru lout je corps de la mâchoire inférieure, sort par le trou mentonnier, qui se voit à la partie antérieure de cetos ; on peut le prendre là pour le poursuivre dans les muscles et tégumens de Ja face, où il s’anastomose fréquemment avec la portion dure de

la septième paire.

re. cm RÉ ie À

De la septième paire. Les deux nerfs qui la composent pé:

nètrent également dans le rocher par le trou acoustiqué. La

portion molle. reste dans cet es et s’épanouit , sous forme pulpeuse, sur les rampes du limaçon. La portion dure parcourt l’aqueduc de Fallose , donne quelques petites branches dans l’intérieur du rocher, entre autres la corde du tambour, et sort par le trou Stylo-mastoïdien. Je ne conseille point à l’élève de vouloir juimême suivre ce nerf dans le rocher , c’est un travail trop difficile; il faut qu’il se contente de le prendre à sa sortie du trou stylo-mastoiïdien. |

La portion dure de la septième paire, à sa sortie du crâne , se voit donc-à l’orifice externe du trou stylo-mastoïdien, qui est la terminaison de l’aqueduc de Fallope, par conséquent très-profondément située , et demandant un soin particulier pour être bien préparée. Commencez par diviser les tégumens de haut en bas dans la direction de la mâchoire inférieure; renversez les lambeaux et laissez l'oreille à sa place , ainsi que la parotide: enlevez avec ménagement le tissu cellulaire qui recouvre cette glande, sans toucher aux branches nombreuses qui naissent de la septième paire; mais débarrassez-vous sur-tout du tissu cellulaire qui se trouve dans l’enfoncement comprisentre la branche de la mâchoire inférieure et la partie voisine de l’os temporal; c’est dans le fond de cet espace que l’on trouve l’origine de la septième paire. Quand on est arrivé à son tronc principal, il est alors assez facile d'en parcourir les nombreuses divisions, lesquelles se répandent plus particulièrement sur les parties latérales de la face, du cou, et même du crâne; mais il est nécessaire , quand on est parvenu à ce point de sa préparation, d'enlever une partie de la parotide qui masque Île trajet de ee nerf; dont les nombreuses distributions se font surtout aux parties superficielles de la face.

La septième partie fournit encore une branche remarquable qui se porte derrière l’oreille , sur la région mastoidienne, sous Île nom de nerf auriculaire postérieur ; cette branche, très-mince et qui se perd presqu’entiérement dans les tégumens de ces parties par des filets très-déliés, exige beaucoup d'attention. A près avoir divisé les tégumens de la partie postérieure de l'oreille, on saisit

DE L’'ANATOMISTE. 505 quelques rameaux de cette branche, qui servent de guide pour arriver à son origine, qui a lieu à la partie postérieure du troné de la septième paire : observez que cette branche, ainsi que les autres dont j’ai déjà parlé , sont situées tres-superficiellement , et s'anastomosent fréquemment avec les branches antérieures et souscutanées de la première paire cervicale.

De la huilime paire. Ce nerf, un des plus étendus de ceux que fournit le cerveau , ne présente pas cependant une grande difficulté dans sa préparation : une connaissance assez exacte des organes avec lesquels il a des rapports, en facilite beaucoup l'étude; destiné pour la langue , les parties latérales du cou , les poumons, le cœur et l’estomae, il est facile d’en suivre les distributions, quaiqu'un peu minutieuses. À sa sortie du trou déchiré postérieur, ce nerf se trouve profondément situé sur les parties latérales et supérieures de celte partie ; pour l’ÿ trouver, on incise les tégumens du cou depuis la région de Poreille jusqu’à la hauteur des côtes ( je dirai tout à l’heure la manière de le poursuivre dans la poitrine ). On enlève à mesure toutes les parties molles qui se trouvent imterposées jusqu’au trou déchiré postérieur. Mais pour voir parfaitement la huitième à sa sortie du crâne , il faut scier celui-ci en avant et en arrière , à un pouce au moins du trou déchiré postérieur , afin de le mettre parfaitement à découvert. Sans cette opération préliminaire, rien n’est plus difficile que d’arriver dans le fond de l’échancrare formée par les mâchoires , d’une part, et la région mastoïde , de Pautre , danslaquelle setrouve le trou déchiré postérieur, En procédant ; au contraire , comme je viens de le dire, on a l'avantage , non-seulement de bien voir la huit'eme , mais On aperçoit également , et les deux autres branches , qui sortent du trou déchiré avec la huïtième , qui sont le glosso-pharyngien et l'accessoire de Willis, ou spinal, et le nerf grand hypoglosse, qui , à sa sortie du crâne , contracte, avec le précédent, des unions qu’il importe absolument de connaître.

À lendroit de sa sortie du crâne , la huitième se trouve éon- . fondue avec l'accessoire de }Jillis, la neuvième paire et le glossopharyngien, qu’on a toujours regardé comme une branche dela huitième ; il est facile de reconnaître chacun de ces nerfs par la

direction différente dans laquelle its se portent 3; car fe tronc de la baitième est placé, de haut en bas , sur les parties latérales du cou , et au côté externe de l'artère carotide ; Paccessoire de Willis, qui sort également du trou déchiré postérieur avec la huitième, forme avec elle nn ongle irès-aiga , pour se porter à la partie

, au-dessous du muscle siterno-cléido-mas-

postérieure du cou toidien, mais que lon peut suivre plus loin si on le juge à propos : on voit alor: ses rameaux se perdre dans les muscles de la partie postérieure du cou et du dos , et s’anastomoser avec des rameaux de la première cervicale. Il serait peut être à propos de ne s’en occuper essentiellement qu’au moment de l'étude des premières cervicales.

La neuvième paire , ou grand hypoglosse, qui sort du crâne par le trou condyloïdien antérieur , se trouve d’abord placée au dessous et derrière la huitième paire; mais elle lui devient bientôt supérieure pour se diriger vers la langue. Si la grosseur de la neuvième paire est égale au tronc de la huitième , elle emporte de beaucoup sur le glosso-pharyngien, qui est situé beaucoup plus ‘haut, Après avoir déterminé ainsi la situation , la direction et les rapports de la huitième paire , de laccessoire de Willis, du glossopharyngien et de la neuvième paire , on peut passer à la préparation définitive de chacus de ces nerfs, en commençant par celui qui est le plus commode. Je erois seulement qu’il est plus convenable ‘de procéder d’abord à l’étude du glosso-pharyngien , passer ensuite. à la neuvième paire et à l’aecessoire de Willis, avant que de ter= miner le reste de la huitième , à moins qu’on ne voulût remettre plus tard, comme je le conseillais plus haut, l'étude définitive de l'accessoire.

Du glosso - pharyngien. Ce nerf, prétendue branche de Îa huitième, sort du crâne, ainsi que cette dernière , par Île trou déchiré postérieur ; il s’écarte du précédent aussitôt qu’il en est sorti, pour se porter à la partie postérieure de la langue, et se perdre dans cet organe avec le lingual et le grand hypoglosse. En le prenant à sa sortie du crâne , on le suit avec facilité jusqu’à la Fangue , en disséquant, avec ménagement, les parties à travers lesquelles il marche pour se porter à sa destination. Ge nerf donne

DE L'ANATOMISTÉE. 507

et reçoit quelques rameaux des nerfs voisins , dont la description fera connaître la distribation.

De la neuvième paire. Celui-ci sort du crâne par le trou condyloïdien antérieur. Aussitôt après sa sortie , il se contourne sur la huitième paire , et de postérieur qu'il était , il lui devient antérieur et supérieur ; alors il est placé entre la carotide, la huitième paire , et la veine jugulaire interne ; on le reconnaît à sa grosseur , à sa direction et à sa terminaison dans la langue : c’est sur sa face inférieure et vers la pointe qu’il se porte principalement. Sa préparation est peu embarrassante, sur-tout après l’étude du glosso- nie et de la portion supérieure de la huitième.

On ne doit pas manquer de remarquer les branches qui partent de sa partie inférieure, et qui forment , au-devant du cou, des anastomoses avec la première et la deuxième paires cervicales,

parmi lesquelles une pius remarquable décrit une arcade dont la convexité est en bas.

Du spinal ou accessoire de Willis. Celui-ci ne prend point son origine dans le cerveau ; ik naît, au contraire, de la moelle de l’épine , et on ne peut voir cette origine qu'après l’étude de presque tous les nerfs ; mais en le prenant à sa sortie du crâne par le ‘trou déchiré postérieur , on le voit bientôt s’engager sous le muscle sterno-mastoidien, dont il faut détacher la partie supérieure, et continuer ensuite de se porter à la partie latérale et postérieure du cou, et à la partie supérieure du dos , sans fournir, d’ailleurs, aucune branehe remarquable. Sa dissection est même d’autant plus facile, que les branches qu’il fournit se perdent toutes dans rs larges muscles du dos.

Suite de la huitième paire. Lorsque les nerfs dont nous venons de parler ont été étudiés , il faut poursuivre le tronc de la huitième paire, qui se porte le long des parties latérales du cou , et fournit une infinité de petites branches qu’il faut disséquer avee soin, Parmi ces rameaux ,il en est un plus gros que tous les autres, qui se porte au larynx , sous le nom de nerf laryngé : on le reconnaît à sa grosseur , à sa direction vers le larynx , et sur-tout à sa

? vit profonde ; il naît tres-haut de la huitième , et setrouve,

an:

508 MANUEL aussitôt après son origine , derrière l'artère carotide interne, et par conséquent au-dessous de toutes les parties dont nous avons déjà parlé , et immédiatement sur la colonne vertébrale: lorsqu’ il est parvenu au larynx , il est très-facile alors d’en suivre la distri- “bution.

Enfin , le tronc de la huitième, arrivé à la partie inférieure du cou et supérieure de la poitrine , s'enfonce dans cette cavité; pour le suivre, il faut nécessairement faire l’ouverture de la poitrine, de manière à mettre à nu le péricarde et le diaphragme: cela fait, il faut , avant de passer plus loin, procéder à la préparation des deux récurrens, droit et gauche » qui naissent à l’instant même où le tronc de la huitième pénètre dans la poitrine , le droit , au-dessous de l’artère sous-clavière du même côté , et le gauche audessous de la crosse de Paorte.

Aussitôt après s'être séparés du tronc commun, les deux récurrens s’enfoncent profondément , comme s'ils étaient destinés à pénétrer dans la poitrine ; mais ils ne tardent pas à rétrogader en se contournant , l’un sur l’artère sous-clavière , l’autre sur l’aorte, et on les vait alors, placés sur lesparties latérales de la trachéearière , continuer de se porter, de bas en haut, jusqu’à la hauteur de la partie inférieure du larynx, pour se perdre dans cette cavité, comme l’a fait le laryngé : il suffit d’écarter la carotide et de tirer en sens opposé la trachée-artère, pour en voir la distribution. Du tissu cellulaire lâche se trouve là en graude quantité, il faut l'enlever. |

Aussitôt que la huitième a donné le récurrent , il est plus dificile alors d’en suivre la distribution ; on y parviendra en soulevant particulièrement le poumon gauche, et en le portant à droite, de manière à mettre à nu l’œsophage. On voit alors , en enlevant le tissu cellulaire qui les recouvre dans leur trajet , Les deux troncs de Ja huitième descendre le long de ce canal. Ils fournissent des rameaux qui se portent vers les poumons , d’autres vers le cœur, pour concourir à la formation des plexus cardiaques et pulmopaires : c’est au-dessous de ces parties que les nerfs de la huitième se contournent sur l’œsophage pour se perdre sur l’estomac, qu'il faut développer en le soufllant , pour en suivre la distribution avec

DE L’'ANATOMISTE. 50g plus de facilité. Divisez le diaphragme à l’endroit où l’œæsophage entre dans l’abdomen , et en écartant chacune de ces parties, on voit alors le tronc de la huitième paire se répandre sur l’estos mac, et se rendre particulièrement vers son orifice inférieur pour

se perdre dans le plexus soléaire et les autres plexus de l’abdomen.

De la première paire. — ‘orracrirs - rTmoipaux.

Situation. Dans l’intérieur du crâne; sous les lobes antérieurs du cenveau. tendue. De l'intervalle des lobes antérieurs et des lobes moyens du cerveau , dans.les fosses nasales. Direction. Hcrizontale, de derrière en devant. Rapports. D’une part; ils sont recouverts par les lobes antérieurs ; de l’autre, ils reposent sur la face. supérieure du sphéuoïde, et sur une portion de la lame criblée de l’ethmoiïde. Divisions. En ün nombre considérable et ina déterminé de rameaux très-fins, qui se répandent sur a membrane Pituitaire , et particulièrement sur celie qui tapisse Ja cloison , la paroi supérieure et les parois latérales du nez.

De la deuxième paire. — oPriques-ocurarrss.

Situation. Sous la partie moyenne du cerveau. Etendue. Des couches des nerfs optiques, au globe de TL. Direction. Oblique d de derrière en devant et de dehors en dedans, jusqu’au carré optique ;.ensuile , de dedans en dehors el toujours.de derrière en devant, jusqu’au globe. Rapports. Recouverts-par.le cerveau, les nerfs opliques reposent.en partie sur la selle turcique, et en.partie sur la face supérieure des petites ailes du sphénoïde ; l’artère.optique marche à leur côté externe et inférieur, pour péuétrer dans Porbite avec ces nerfs. Divisions. Parvenus, dans le globe de l’œil , les nerfs optiques , après avoir pénétré à travers la scléro= tique, s'épanouissent sous forme d’une membrane molle et puipeuse , qui est l’organe immédiat de la vision ( c’est la rétine }4

De la troisième paire. —- MOTEURS COMMUNS. —— OCÜLO- : MUSCULAIRES. | |

Situation. Sous la partie moyenne du cerveau, un peu en dehors. Ætendue. Des bras de la moelle allongée, à la plupart des muscles de l’œil. Direction. Légèrement oblique de derriere en devant, de dedans en dehors, et de haut en bas. Rapports. Libres sous le cerveau , jusqu’à l’apophyse clinoïde postérieure , ils s'engagent ensuite dans une espèce de gaîne formée par la duremère, fortement unis dans cet endroit avec les nerfs de la quatrième et de la première branche de la cinquième , qui leur sont d’abord inférieurs, mais qui leur deviennent supérieurs à leurentrée dans le crâne. Divisions. En deux branchés, 1°. une supérieure , qui va gagner le muscle droit supérieur, et de là envoie.un rameau qui se perd dans le releveur de la paupière supérieure ; 2. une inférieure, plus considérable, placée au côté externe du nerf optique , et quise divise en trois branches : une interne , qui passe sous le nerf optique , et va se perdre dans le muscle droit interne; une moyenue, qui va directement se perdre dans le muscle droit inférieur; une externe, plus considérable, destinée pour le petit oblique : de cette branche , il naît en dedans un rameau gros et court, qui coucourt à la formation du ganglion ophtal-

mique.

“De la quatrième paire. — PATHÉTIQUES. — |OCULO-MUSCULATRES

to : INTERNES.

Situation. Sous le cerveau, un peu plus en dehors que la ‘troisième paire. Ætendue. Des environs dés tubercules quadri- Jumeaux, au muscle grand oblique, en décrivant un long circuit ‘autour de la protubérance annulaire et des bras de la moelle alongée. Direction. Semblable à celle dé la troisième paire. Rap- “portés. Recouvérts par ‘le cerveau dans la plus grande partie de ‘leur étendue, ils” 8 ’éngagent dans la gaine commune à la troisème et à la première eu de. la CHAAEne y. Pôur aller

se perdre entièrement , en passant au-dessus des releveurs du globe de lPœil et de la paupière supérieure ;, dans le grand oblique.

De la cinquième paire. — TRI-IUMEAUX. — TRI-FAcrAL.

Situation. Sous les parties latérales et moyennes du cerveau. Etendue. Des cuisses de la moelle allongée , près de la protubérance , à toutes les parties de la face. Direction. Oblique de dedans eu dehors, et de haut en bas , en passant sur la partie moyenne du bord supérieur du rocher. nes Recouverts par la masse cérébrale et la tente du cervelet; dans une petite partie de leur étendue, on les voit monter sur le bord supérieur du rocher , et se précipiter de suite dans le fond des fosses temporales internes. Divisions. En trois branches remarquables,

Première branche. Opthalmique. C’est la plus petite des trois ; elle se porte de derrière en devant, et de bas en haut, s'engage dans la gaine commune à la troisième et à la quatrième , passe audessous de ces nerfs , et va gagner la voûte orbitaire : là elle se divise en trois rameaux, dont deux supérieurs et un inférieur; des deux supérieurs, l’interne , appelé surcillier ou frontal, et plus gros que l’externe , sort de l'orbite par le trou sous-orbitaire ; l’externe , lacrymal , très-mince , va se perdre dans la glande lacrymale. Dans son trajet , il fournit quelques petits rameaux aux parlies voisines , et parmi ceux. là un plus considérable, qui perce los malaire, pour se porter dans la fosse temporale, dans laquelle il se perd. Le rameau inférieur , nasal, marche obliquement vers la paroi interne de l'orbite, en passant au-dessus du nerf optique, et pénètre dans les fosses nasales par les trous orbitaires internes , après avoir fourni une branche qui marche parallèlement à la paroi interne de l'orbite , et sort de cette cavité vers l’angle orbitaire interne.

A la hauteur du nerf optique, le nasal envoie en arrière et en dehors un filet mince, qui concourt à la formation du ganglion ophtalmique; ce ganglion , d’une couleur rougeâtre , d’une figure triangulaire, est placé au côté externe du nerf optique, et donne

(ar 1"e Re

Sia | MANUEL

de son angle antérieur deux faisceaux de nerfs, appelés ciliaires, qui marchent parallelement au nerf optique, percent la sclérotique, se rendent vers le cercle ciliaire, et se répandent en forme de rayons dans Piris. |

Deuxième branche. Maxillaire supérieur. Celui-ci est placé et naît entre l’ophtalmique et le maxillaire inférieur ; il s'engage de suite dans le trou qui porte son nom, de là va gagner la partie supérieure de la fosse zygomatique, jusqu’au commencement du canal sous-orbitaire, qu’il parcourt dans touté son étendue, ainsi que le filet orbitaire, qui se porte le long de la paroi externe de l'orbite , et s’anastomose avec le nerf lacrymal , aprèsavoir donné, avant d’y entrer, les dentaires postérieurs ; il sort de ce canal par le trou sous-orbitaire , et se perd, par des divisions multipliées er: forme de plexus ou patte d’oie, dans presque tous les muscles de la face , après avoir donné les nerfs dentaires antérieurs.

Avant d’entrer dans le canal sous-orhitaire , le maxillaire supérieur doune deux rameaux de sa partie inférieure, qui, après avoir parcouru une étendue de deux à trois lignes, forment le ganglion sphéno-palatin; sa couleur rougeâtre Île fera, aisément distinguer de la graisse abondante qui l’entoure de toutes parts. Ce ganglion, de la grosseur d’une forte lentille, est situé de manière que sa face interne répond au trou sphéno-palatin , et l’externe à heaucoup de graisse. De ce ganglion naïssent trois branches : une inférieure, c'est le palatin pôstérieur, qui s'engage dans le canal du même nom, se montre sous la voûte palatine , etse place, dans sa distribution , entre la membrane palatineet l’os maxillaire supérieur : une seconde branche en dedans, c’est le spléno palatin, qui pénètre par le trou du même nom dans les fosses nasales et ramifie, principalement sur ses parois latérales : une troisième branche en arrière, c'est le vidien, ou ptérigoïdien , qui traverse le trou du même nom , passe sur le trou déchiré antérieur , donne dans cet endroit un filet qui sort du crâne par ce trou, pour se jeter dans le ganglion cervical supérieur; ensuite le vidien gagne le sommet du rocher, s'engage dans un canal creusé sur une de ses faces et pénètre “ee cet os par l’Azatus Fallopii.

Troisième branche. Afaxillaire inférieur. Cette branche est la \ | \

DE L'ANATO MISTE. Bis plus grosse et la plus postérieure des trois ; elle s'engage de suite dans le trou maxillaire inférieur , et se place dans le fond de là fosse Zygomatique ; dans cet endroit il en part six ou sept rameaux, sous le nom de temporaux profonds, de buccal, de masseterin : d’auriculaire et de ptérigoïdien ; ensuite le maxillaire inférieur se divise en deux branches principales : l’une d’elles porte le nom de

nerf lingual , l’autre de maxillaire inférieur ou dentaire. Le premier reçoit d’abord la corde du tambour qui sort par la fêlure de glazser; il se porte ensuite, de derrière en devant, et de haut en bas , entre la branche de la mâchoire et le Las ptérigoidien , et va gagner Les parties latérales de la langue , dans laquelle il se perd en entier. Le second semble être la continuation du tronc principal , marche à côté du lingual; un peu plus en dehors ; ilse place enire la branche de la mâchoire inférieure et le grand ptérigoïdien, et se présente à l’orifice postérieur du canal dentaire. Dans cet endroit, il donne un rameau qui marche dans un sillon

creusé sur le corps de il pénètre ensuite dans le canal

dentaire, parcourt ce dents de la mâchoire inférieure , et sort par le trou mentonnier , pour se perdre dans les muscles de la mâchoire inférieure.

De la sixième paire. — ocULO-MUSOULAIRES EXTERNES.

Situation. Sous les parties inférieures et postérieures de la masse cérébrale. Ætendue. De la moelle allongée, au muscle droit externe. Direction. Oblique de derrière en devant, et de bas en haut, en passant par le sinus caverneux. Rapports. En arrière ; ils sont placés entre la protubérance annulaire et la gouttière basilaire; arrivés dans les environs des apophyses: clinoïdes postérieures , ils s'engagent dans Île sinus caverneux, se placent au côté

nal dans toute sa longueur , donne aux’

externe de l’artère carotide, et pénètrent dans l'orbite , pour alleg :

se perdre dans le muscle droit externe.

+ Se

De la septième paire, divisée en acoustique et en facial.

Page 1