‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 260 sur 281 · CRAND INTER-COSTAL OU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

CRAND INTER-COSTAL OU GRAND SYMPATHIQUE

( Tri-splanchnique.) à

Situation. Sur les parties antérieures et latérales de toute la colonne vertébrale et du sacrum. Etendue. Des environs de l’orifice externe du canal carotidien , à la partie inférieure du sacrum. Direction. Parallèle à celle de la colonne vertébrale. Rapports. Au cou, ce nerf est placé immédiatement sur les muscles droits antérieurs du cou, derrière l’artère carotide , au côté interne de la huitième et de la neuvième; dans la poitrine, il est placé devant l'extrémité postérieure des côtes, derrière la plèvre, et recouvert par la masse des poumons; dans le ventre, il se rapproche de la colonne vertébrale , sur les parties latérales de laquelle il est situé , caché alors par le paquet intestinal ; de plus, le tri-splanchnique, du côté droit, est couvert par la veine cave inférieure , et le gauche par l'artère aorte; dans le bassin , ce nerf repose surlesacrum , d’une part, et répond à l'intestin rectum de l’autre. Divisions. En

portions cervicale, thorachique et abdominale. | 1°. Portion cervicale. Elle commence en haut par le ganglion cervical supérieur , dont l’étendue n’a guère moins de trois travers de doigt. Sa partie supérieure recoit ou donne les filets qui se rendent à la sixième et à la cinquième paires cérébrales; sa partie inférieure se continue avec le tronc commun, qui, arrivé à la bauteur de la cinquième vertèbre cervicale, se tumélie et forme le ganglion cervical moyen, beaucoup moins volumineux que le précédent, et qui manque quelquefois: à peu de distance de là et près de son entrée dans la poitrine, le tri - splanchuique donne naissance à un troisième ganglion, appelé cervical inférieur : dans tout ce trajet, ce nerf fournit de nombreux rameaux de sa partie antérieure, postérieure , interne et externe, les uns pour s’anastomoser avec des rameaux semblables fournis par la huitième, la

neuvième et le glosso-pharyngien; les autres, pour concourir à la formation des plexus cardiaques, pulmonaires et cervicaux; d’autres enfin , pour se jeter en arrière et s’anastomoser fréquemment avec les branches antérieures des paires cervicales.

2. Portion thorachique. Elle commence au-dessous du ganglion cervical inférieur, et finit lors du passage du tri-splanchunique à travers le diaphragme : dans ce trajet, ce nerf recoit de chaque paire dorsale un rameau qui en augmente beaucoup la'grosseur, et semble déterminer, dans cet endroit, la formation d’un petit ganglion. A la hauteur de la racine des poumons, il jette sur les divisions de l'artère pulmonaire des filets, qui forment le plexus pulmonaire : plus bas, et à la hauteur de la cinquième vertèbre dorsale, le tri-splanchnique donne naissance à un long cordon { le ui splanchnique }, qui se porte de haut en bas et de dehors en dedans , pour aller passer entre les piliers du diaphragme et se perdre immédiatement au-dessous, dans un corps rougeâtre, en forme de croissant, appelé ganglion semi-lunaire. Un peu plus bas naît un nerf à-peu-près semblable au précédent ( petit splanchnique), qui pénètre de la poitrine dans Pabdoinen, en passant au côté externe des piliers du diaphragme, et se perd dans le plexus. rénal. . |

3. Portion abdominale. Après avoir donné ces deux nerfs , le iri-splanchuique semble disparaître pour se mentrer de nouveau sur la colonne vertébrale, en se rapprochant de plus en plus de celui du côté opposé, pour se jeter ensemble dans le bassin et se terminer à la partie inférieure du sacrum : dans tout ce trajet, les branches antérieures des nerfs lombaires et sacrés ont, chacune, | envoyé un rameau au tri-splanchnique pour la formation d’un ganglion, beaucoup plus gros qu’à la poitrine.

Le plus gros de-tous est celui qui se voit dans la cavité abdomisale, au-dessous du diaphragme, appelésemi-lunaire; sa figure est en effet celle d’un croissant, dont la convexité est en bas et la concavité en haut. Dece ganglion part une grande quantité de filets tres-déliés, qui se portent sur l'aorte, le tronc cæliaque , là mésentérique supérieure , en formant un farge plexus, appelé soléaire. Les divisions de ce plexus se portent à tous les viscères

du bas-ventre, en suivant les divisions de leurs artères principales

et formant autant de nouveaux plexus, d’où partent de nouvelles

divisions qui pénètrent dans les organes vers lesquels ces artères se portent,

RS

DES KERFS VERTÉBRAUX.

La moelle épinière fournit de ses parties latérales dans toute l'étendue da canal vertébral, à la hauteur des trous de conjupaison, deux troncs nerveux qui ne tardent pas à se diviser en deux branches, une antérieure et l’autre postérieure; leur nombre absolu est de trente-une paires, huit cervicales ( érachéliennes), douze dorsales, cinq lombaires et six sacrées.

Première paire cervicale. Elle naît entre Poccipital et la pre- . mière vertèbre cervicale. Sortie‘du canal vertébral , elle se divise en deux branches, dont une antérieure et l’autre postérieure. La postérieure se porte en arrière et se divise en trois rameaux, qui se perdent dans les parties voisines; l’antérieure passe derrière l'artère vertébrale, puis se contourne sur lapophyse transverse de la première vertèbre cervicale, pour former, avec la branche antérieure de la seconde , une anse nerveuse, qui embrasse la base de cette apophyse , et dont il part des filets pour le grand sympathique, la huitième et la neuvième paires. |

Deuxième paire cervicale. Elle sort entre le première et la deuxième vertèbres cervicales, et se divise, comme la précédente, en deux branches, dont une postérieure, qui se porte dans les muscles de la partie postérieure du cou; et une antérieure , divisée en trois rameaux qui se perdent dans les nerfs de la huitième E neuvième paires et iri-splanchaique. Un de ses rameaux moule vers l’apophyse transverse de la première cervicale, pour former l’anse dont ila été parlé.

Troisième branche cervicale. Elle ne diffère point des deux précédentes paires, pour l’origine et les distributions principales.

Quatrième paire cervicale. Outre la conformité d’origine et la

distribution de celle-ci. avec les trois Jrécédentes , la quatrième ) Ï )

524 MANÜEL | donne encore naissance à un nerf qui se porte au loin, et va gaguer le diaphragme sous le nom de nerf diaphragmatique.

Ce nerf tire son origine principale de la quatrième paire cervicale, desceud le long du cou, passe entre l'artère et la veine sousclavière, pénètre dans la poitrine, se place dans Pintervaille du médiastin, et se porte sur le diaphragme, dans l'épaisseur duquel il se perd.

Les permières paires cervicales , la première de toutes exceptée, se réunissent pour former le plexus cervical, dont les divisions très-multipliées semblent se porter davantage vers les tégumens des parties latérales du cou.

Cinquième , sixième, septième, huitième paires cervicales, et premiére dorsale. Ces cinq paires de nerfs présentent des trails de ressemblance que les autres n’offrent point; toutes ont une branche postérieure , comme les précédentes, dont les distributions se font dans les muscles de la partie postérieure et supérieure du dos; mais leurs branches antérieures ont toutes pour but prineipal la formation du plexus brachial , d’où naissent les nerfs des membres supérieurs. L'exposition de ces nerfs se trouvera plus bas.

Les onze paires dorsales suivantes présentent toutes une origine et une distribution semblables. Leur branche postérieure se perd dans les muscles de la partie postérieure du trone : la branehe antérieure , après avoir donné les rameaux de communication au tri-splanchnique , fournit une grosse branche qui se place dans l'intervalle des côtes, dont elle parcourt toute ls longueur , en : marchant parallèlement à leur bordinférieur; une autre branche moins volumineuse , et qu’on peut appeler externe, perce les muscles intér-costaux pour se répandre sur rh partie antérieure de la poitrine.

Des païres lombaires. Au nombre de se a première sort entre la première et la deuxième vertèbres fombaires, et la cinquième entre la dernière vertèbre et le sacrum. Ces nerfs naissent de la moelle de l’épine , à la hauteur de la dernière vertébre dorsale et de la première lembaire, par deux faisceaux de Gilets qui sont fort larges, et se portent fort obliquement en bas pour : sortir hors du ca verlébral , de manière à être fort élofgnés fé

DE L’ANATOMISTE. 5235 lieu de leur origine. Les quatre derniers font partie du faisceau qu'on nomme la queue de cheval. Toutes ces paires de nerfs donnent en arrière une branche qui se perd dans les muscles de la partie postérieure et inférieure du tronc; leurs branches anté- rieures, la dernière exceptée, concourent à la formation du plexus crural : indépendamment de cette distribution remarquable , les branches antérieures des nerfs lombaires donnent encore beaucoup d’autres rameaux , dont les uns communiquent avec le grand sympathique, et les autres se perdent dans le muscle psoas et les parties voisines, RE

Des paires sacrées. Elles sont au nombre de six : la première sort entre la première et la deuxième pièces du sacrum , et la dernière par les échancrures qui se voient sur les parties latérales et supérieures du coccyx. La grosseur de ces nerfs, qui est considérable dans la première paire , va toujours en diminuant jusqu’à la dernière, Ils naissent par deux faisceaux de filets, descendent perpendiculairement dans le canal vertébral, et forment, avec les dernières paires lombaires, ce qu'on appelle /4 queue de che- . wal. Des deux branches que donne chaque paire sacrée , l’antérieure est considérable, et la postérieure très-petite. La première, dans toutes les paires sacrées, envoie un filet de communication au tri-splanchnique » et concourt dans la première, la déuxième, Ja troisième et la quatrième, ayec Les deux dernières lombaires , à la formation du plexus sciatique. De plus, la branche antérieure de la troisième et de la quatrième sacrées, donne quelques filets pour la formation du plexus hypogastrique, entrelacement nerveux difficile à décrire , et dont les ramifications se pertent à la partie inférieure de l'intestin rectum , à la vessie, à la matrice ct au vagin.

Les branches postérieures des nerfs sacrés se perdent dans les parties molles de la partie postérieure du bassin.

526 MANUEL DU PLEXUS BRAGIHIAL, ET DES NERFS DES MEMBRES SUPÉRIEURS. Administration anatomique.

Les travaux jusqu'ici entrepris pour l’étude de la huitième ( pneumo-gastrique ), du tri-splanchnique , et des paires cervicales et dorsales | ont laissé à découvert en partie le plexus brachial ; ilne s’agit plus que de continuer la préparation de ceplexus: dans le cas contraire, enlevez les clavicules , et même la première côte , débarrassez l’espace compris entre ces parties et l’aisselle , de toutes les parties molles superficielles qui le cachent à la vue et aux recherches; conservez l’artère axillaire et la veine du même nom , dont la marche, dans cet endroit , se fait à travers le lacis inextricable que forme le plexus brachial : de celte manière, vous parvenez sans peine à voir les branches qui le forment, ainsi que celles qui en partent au-dessous du creux de l’aisselle , pour se rendre aux diverses parlies du membre supérieur. Pour cela, il faut avoir fendu la peau jusqu’au pli du bras , et en avoir écarté les lambeaux à mesure qu’on poursuit les nerfs vers les parties inférieures ; mais craignez d’intéresser des branches remarquables qui se perdent dans le propre tissu de la peau en dedans et en dehors : disséquez aussi les muscles du bras, pour poursuivre avee plus d'avantage les nerfs qui les traversent ou qui marchent parallèlement à leur longueur : cela fait , tâchez , avant de passer à la dissection des nerfs du bras en particulier, de les bien connaître dès leur origine, d'assigner à chacun lerang et la place qu'il occupe, et de ne point lès PAMAAERE en les prenant l’un pour lPautre.

D'abord le plexus brachial envoie vers la partie antérieure de la poitrine plusieurs filets peu considérables , sous le nom de nerfs thorachiques : en arrière , il en donne un autre , un peu plus gros, qui se porte vers l’omoplate , sous le nom de sus-scapulaire ; ensuite il fournit six branches remarquables Te travers lesquelles passe l'artère axillaire.

Quatre de ces nerfs sont placés au-devant de l’artère et deux

DE L’ANATOMISTE. Say

en arrière. Les füatre premiers sont , en les prenant de dedans en

dehors , le cutané interne , le cubital » le médian et le cutané externe ; les deux derniers sont le radial et l?

axillaire ou articulaire.

Mais dans l'étude de ces nerfs

> il vaut mieux commencer par les

deux cutanés, passer ensuite au médian, et terminer par Le cubital

Ce n’est qu'après cette étude qu’il faut s'occuper du radial d’abord , et ensuite de l’axillaire.

Les deux cutanés se perdent presqu’en entier à la partie interne

de la peau du bras et de l’avant-bras; il faut nécessairement dissé-

quer celle-ci dans toute son étendue > afin de pouvoir mieux poursuivre les nombreux filets des deux cutanés; le médian se reconnaît à sa grosseur , à la place qu’il occupe au milieu des autres , AINSI qu’à sa terminaison qui $e fait aux quatre premiers doigts. On ohservera également que Le médian ne fournit point de branches jusqu’au pli du bras. |

Le cubital, destiné pour les deux derniers doigts, marche à la partie interne du bras , se place derrière la tubérosité interne de l’humérus. Rien de plus facile que la dissection de ces nerfs, quand on les a bien reconnus à leur origine , et ce serait abuser du tems et de la patience de l'élève, que de lui indiquer minutieusement le mode de préparation de chacun des nerfs du bras. Je crois donc pouvoir men dispenser , et passer de suite à leur description.

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