‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 5 sur 281 · partie de sa gloire. Aïnsi, allier les méthodes générales · texte numérisé non relu

partie de sa gloire. Aïnsi, allier les méthodes générales

modernes avec les descriptions particulières de Wins-

low, me parait le véritable moyen de donner une

idée exacte et précise des diverses parties de l'Anatomie,

On trouve dans le Traité d'Anatomie de M. Boyer un

modèle en ce genre , à la fin du volume de Myolosie,

sous le titre de Myologie analytique.

Quoique mes propres travaux m'aient été d'une as Ja ; VE

grande utilité pour lPOuvrage que je publie, et que j'aie

scrupuleusement vu et vérifié par moi-même lout ce à | A ne RE Ur OS? MT

qui y est contenu, je n'ai point négligé de consulter

cs ouvrages des anatomistes modernes, et de profiter

\ INTRODUCTION. FA des lumières qu'ils n'ont fournies. De plus , dix-huit années employées en partie à l'étude de cette science , en partie à son enseignement, doivent me mériter la

confiance de ceux pour qui cet Ouvrage est destiné.

Dans l'étude, comme dans l’enseignement de l’Anatomie, il y a la science et l’art. La première ) qui touche à la perfection ; se trouve exposée avec la plus grande exaclitude dans des ouvrages qui jouissent d’une juste célébrité. L'art des dissections, au contraire, quoique cultivé avec beaucoup de succès dans ces derniers tems, ne se trouve écrit nulle part d’une manière méthodique ni assez détaillée. Il est vrai que les personnes attachées aux travaux anatomiques dans les amphithéâtresparticuliers , possèdent cet art au plus haut degré de perfection; mais le plus grand nombre des élèves en ignore les principes. Rebutés par les difficultés dont se trouve hérissée la dissection de PAnatomie, souvent ils en abandonnent lPétude, et leurs progrès dans les autresbranches de la médecine en souffrent singulièrement. C’est pour eux spécialement que

j ai composé ce Traité.

Je me suis dispensé d'indiquer ces préparations si soignées , fruit de la patience et du tems, qui flattent

l'œil et n’en sont pas plus insiructives; nécessaires

ke, { L'F xxviij : INTRODUCTION. t/

quand il faut les offrir à la vue d’un nombreux auditoire, ou quand elles sont destinées à l’ornement des

Ne DN 7 \

cabinets d'anatomie , dans lesquels elles doivent être conservées, mais inutiles à l'élève qui travaille pour lui seul, Je me bornerai donc aux détails indispensables, On trouvera en tête de la Myologie des notions préliminaires sur l'art de la dissection, dont l'élève

pouvait se passer pour l'étude de l'Ostéologie.

DE

EXPOSITION PRÉLIMINAIRE

pe de l’homme se compose de trois branches distinctes d’une même science. La première a pour objet la connaissance des parties constituantes de l’économie animale : c’est l'anatomie proprement dite; comme science descriptive, elle appartient à l’histoire naturelle. La deuxième s'occupe de l’étude des phénomènes et des actes de la vie; ces derniers portent le nom de fonctions , et la science qui en résulte, celui de physiologie. La troisième cherche à connaître les dérangemens qui surviennent, ou dans l’exercice de ces fonctions: c’est la physiologie médicale ; ou dans les organes qui les entretiennent : c’est l'anatomie pathologique. De ces trois branches, la première seule m’occupera.

Elle se divise en squelétologie et en sarcologie : cette dernière elle-même se subdivise en myologie, en splanchnologie, en angéiologie, en névrologie, et en histoire des vaisseaux lymphatiques. La squelétologie comprend l’histoire des os , des cartilages, des ligamens, du périoste , des prétendues glandes synoviales , de la synovie, de la moëlle et du suc médullaire.

Le premier soin de lélève qui veut étudier l’anatomie, est d’avoir un squelette et des os séparés, Pour se procurer les derniers, il faut, s’il est possible, les préparer soi même : l’arran-

2 MANUEL gement méthodique des os, pour en former an squelette, exige quelques soins que nous indiquerons plus bas.

Tous les cadayres ne sont pas également favorables pour en conserver les os; il y a du choix et de la préférence : sans cette précaution , on court les risques d’employer beaucoup de tems en pure perte. Pour les obtenir tels qu’on les désire , il faut choisir un sujet adulte, de vingt-cinq à trente ans, d’une stature de cinq pieds quatre pouces au moins, infiliré , s’il est possible , ou qu’une longue maladie a conduit lentement à la mort , Sans difformités apparentes, et dont aucun virus connu n’a altéré l'intégrité des tissus. La préparation des os exige qu’on les dépouille d’abord, et avec précaution , -de toutes leurs parties molles, et qu’on les sépare de leurs articulations : frottés rudement avec un linge sec et grossier , ou une brosse , ils sont ensuite plongés dans l’eau , que l’on renouvelle de tems en tems; on les retire au bout de deux ou trois mois, pour les exposer pendant quelques jours à l'air libre, . et ensuite au soleil , si cela est possible. Les vertèbres, les os du bassin, les côtes et le sternum ne doivent pas rester plongés dans l’eau aussi longtems que les autres os, parce que leur tissu s’altère et se détruit par une trop longue macération : le sternum luimême ‘exige qu’on l’enlève avec les cartilages intercostaux , près de leur union avec les côtes, et qu’on le fasse sécher sans le soumettre à la macération.

Un moyen d’avoir encore plus promptement des os tres-blancs, c’est de laisser manger une partie des chairs par les vers. Lorsque les o$ sont à-peu-près dépouillés, on les fait macérer pendant un mois environ ; ensuite on les retire de l’eau pour les laisser sécher.

On emploie un procédé encore plus expéditif dans nos amphithéâtres. Après avoir grossièrement enlevé une partie des chairs, on met le tout , Le sternum excepté, dans une chaudière remplie d’eau , que l’on fait bouillir six à sept heures. Les os, retirés successivement , sont à l’instant même complètement débarrassés des parties molles qui les recouvrent encore. Plongés ensuite dans de l’eau ordinaire pendant sept à huit jours, on les retire de nouveau pour les laisser sécher.

On peut également parvenir à avoir des os très-blancs, et même

à les avoir très promptement, par des procédés différens de ceux que je viens d'indiquer; c’est, lorsqu'on les fait bouillir, dy ajouter de la chaux, de la potasse pure ou du savon ; maïs ces prépa-

rations demandent une main exercée, ainsi que la connaissance

des ingrédiens et des doses que l’on doit employer. Je crois devoir passer sous silence ces détails, qui, sans être étrangers à mon sujet , le sont au moins au plan que je me suis tracé.

Les os bien macérés et ayant été suffisamment exposés à l'air, on peut s’en servir pour monter un squelette, ou les garder ainsi isolés pour les étudier séparément. L’art de monter un squelette suppose la connaissance parfaite des os, sans laquelle on ne peut les mettre dans le rapport respectif que la nature leur a assigné. Ce travail exige du soin, de la patience, de l’adresse et une certaine dextérité que tous les élèves n’ont pas ; c’est pourquoi je leur conseille d’avoir recours , pour cet objet, à ceux de leurs camarades qu’ils savent s'occuper de ces sortes de travaux.

Mais il ne faut pas se borner , quand on veut étudier l’ostéologie , à n'avoir qu’une seule espèce de squelette; il’est nécessaire de joindre à celui dont nous venons de parler , et qu’on nomme squelette artificiel, un autre de même grandeur, mais dont toutes les pièces soient maintenues entre elles par les liens que la natüre elle-même a disposés; on appelle celui-ci squelette naturel: enfin, il est à propos d’avoir , pour remplir le même objet , un squelette de fœtus , d’enfant et de vieillard. Si on avait du goût pour l’anatomie comparée, il faudrait se procurer des squelettes de quelques animaux, pour faire avec celui de l’homme des rapprochemens dont on retire toujours de grands avantages. Je ne manque point, autant que cela se peut, d’avoir égard à cette circonstance dans mes cours d'anatomie. Plusieurs faits en physiologie seraient encore inconnus sans le secours de l’anatomie comparée. ,

Le squelette naturel n’exige pas autant de soins et ne e demande pas autant de items pour sa préparation que le squelette artificiel. Pour le premier , on choisit un cadavre qui remplit les mêmes conditions que lorsqu’on veut en faire macérer les os. Il suffit alors

de le débarrasser de toutes les chairs qui l’environnent , en respec- a P %

4 LS MANUEL Ë tant les articulations. Apres l'avoir fait sécher, on passe à plu- &ieurs reprises nne couche de vernis sur Pensemble des parties , et -ou les conserve pour l’étude.

On se sert plus généralement de jeunes sujets pour en faire des squelettes naturels. Mais quel que soit l’âge de ces derniers, la manicre de se débarrasser du cerveau diffère de celle que l’on emploie pour le squelette artificiel. Comme le grand trou occipital n’est poiat mis à découvert dans le squelette naturel , et qu’il ne faut point toucher aux articulations, on ne peut évaguer le cerveau par. celte ouverture; mais on y parvient facilement en enlevant sur les parties latériles du crâne deux portions en lozange , de devant en arrière, à une distance de deux travers de doigt l’une .de l’autre ; pour ménager la tente du cerveau. La masse cérébrale évacuée, on disposé, en conservant l'intégrité des meninges, quelques fils d’archal pour assujétir les deux pièces qu’on a enlevées; ce qui dunñe la facilité de découvrir à volonté l’intérieur du crâne.

Pour les fœtus dont on veut faire: des squelettes naturels, on se -débarrassé de la masse cérébrale, par l'écartement des pariétaux à l’endroit de leur suture, ou par lune des fontanelles,

On édère dans les os une EE externe et une structure. interne. ; pe :, A ba conformation externe comprend :

. Le nom. Quoiqu'il ne soit pas toujours en PR avec pe qu’il représente, il faut le conserver cependant , sans quoi Lo science serait un chaos.]! nous suffira d'indiquer le nom de chaque 05, à mesure que nous ea traiterons.

2°, Le nombre. I] est absolu ou relatif. Le nombre absolu des os se compose de tous ceux qui forment le squelette ; il est communémeni de 240. On les compte de la manière suivante :

A la têle. le frontal, les pariétaux, l’occipital , les temporaux, l’ethmoide ct le sphénoïde, pour le crâne; les os maxillaires, de Ja pommette, propres du nez, unguis, cornets inférieurs, palatins, le vomer et la mâchoire inférieure, pour la face : on y ajoute les trente-deux dents et l’os hyoïde.

Au tronc. Vingt-quatre vertèbres, pour la colonne vertébrale;

vingt-quatre côtes, dont douze de chaque côté, pour la poitrine ; les deux os coxaux , le sacrum et le coecix, pour le bassin. |

Aux membres supérieurs. L'omoplate et la clavicule , pour Pépaule; lhumérus, pour le bras; le cubitus et le radius, pour l’'avant-bras; les huit os du carpe, sous les noms de scaphoide, semi-nulaire , pyramidal et pisiforme, pour la prer:ière rangée; de trapèze, trapézoïde, grand os et os crochu, pour Fa seconde rangée; des cinq os du métacarpe , et des cing doig's, composés chacun de trois phalanges , excepté le pouce , qui n’en a que deux , pour la main.

Aux membres inférieurs. Le fémur, pour la cuisse; le tibia et le

‘’«péroné, pour la jambe; la rotule, pour le genou; les sept os du tarse , qui sont: le calcaneum , l’astragal , le cuboïde ; le scaphoide et les trois cunéiformes ; Les cinq os du métatarse, et Îles cinq doigts ou orteils, composés chacun de trois phalanges , excepté le pouce , qui n’en a que deux , pour le pied.

Le nombre relatif a rapport à la place que les mêmes os occupent dans le squelette; en conséquence , ils sont pairs où impairs : les derniers occupent constamment le centre du squelette ; ils sont réguliers dans leur conformation , et représentent parfaitement à droite les objets qui sont à gauche : divisés dâns feur parte moyenne, ils sont alors parfaitement semblables aux os pairs placés sir les parties latérales. Ceux-ci, qui se touchent quelquefois, comme les pariétaux, les os palatins, eic., le plus souvent sont séparés par les os émpairs, et se trouvent même à des distances considérables, comme les os des membres.

3. La pesition. Elle est absolue ou relative: la première indique d’une manière générale la place qu’occupe los dans le. squelette; la seconde en détermine les rapports. Æxemple de la p'sition absolue : le coronal, ou frontal, est situé. à la tête. Exemple de la position relative : le frontal est placé devant les pariétaux , au-dessus des os maxillaires supérieurs , ete. Pour bien saisir la théorie de la position des os, il faut supposer le squelette entouré de sept lignes ou plans, qui sont : l’antérieur , le postérieur , les deux latéraux , le supérieur , Pinférieur , et un seplième

qui, passant par le sinciput , et traversant directement le squelette de haut en bas, irait tomber entre les deux pieds. Selon qu’un os, ou une partie d'os , se rapproche davantage d’un de ces plans , on ajoute à la dénomination de la partie décrite le mot d’antérieur, de postérieur , etc.

4°. La grandeur. Parmi les os, les uns sont grands , les autres sont petits, d’autres enfin participent des premiers et des seconds ; on les appelle os moyens : mais les dénominations de grand et de petit sont des abstractions, et supposent toujours que plusieurs objets de grandeur différente , mis en rapport , sont comparés entre eux. Aïnsi , quand on dit que le fémur est un grand os, c’est que, dans le même instant, on le compare en idée à d’autres os du squelette qui ont des dimensions beaucoup moins étendues, et que, pour cette raison, on appelle os moins grands, moyens ou petits. Ë

D'après ce raisonnement , les grands os du squelette sont le fémur , le tibia , le péroné, l’humérus et les os des hanches ; les os de l’avant-bras, les côtes , les grands os du crâne, le sternum, l’omoplate et la clavicule sont des os moyens; et on range dans la classe des petits os tous ceux qui ne sont point compris dans les deux premières.

5°. La figure. C’est à l’aide de la géométrie qu’on a déterminé la figure particulière de chaque os ; ils sont, d’après cea, carrés, triangulaires, prismatiques, cubiques, longs, courts, plats, etc. Cette figure se tire aussi de la disposition générale de leur conformation extérieure et de l’arrangement particulier des objets qu’on y remarque : ainsi les os impairs sont appelés réguliers ou syméiriques , pour les raisons que nous ayons énoncées plus haut , et le contraire a lieu pour les os pairs.

6°. La direction. Il en est de la direction des os comme de tous les autres corps de la nature; en conséquence , ils sont dans une direction verticale, horizontale ou oblique. Les grands os des membres sont dans une direction verticale; les clavicules, dans uue direction horizontale ; les côtes, le sternum, dans une direction oblique , etc. Chaque partie d’un os, isolée et distincte, peut aussi affecter une direction particulière, indépendante de

DE L’'ANATOMISTE. y celle de l’os lui-même. Exemple : la mâchoire inférieure est dans une direction horizontale ; mais son apophyse coronoïde affecte la verticale.

Indépendamment de ces considérations générales, les os présentent à leur surface extérieure des enfoncemens ou cavités, des élévations ou éminences : les premières sont articulaires ou non articulaires ; les articulaires sont profondes ou superficielles. Les profondes portent le nom de cavités cotyloïdes ; les superficielles, de glénoides.

Les cavités non articulaires reçoivent les noms de fosses, dé trous, de conduits, de gouttières , de sinus , de sillons, de sinuosités , de canaux , d’aqueducs , etc. , selon que les cavités des os se rapprochent davantage de celles que je viens d'indiquer, et quelquefois d'apres des conventions assez arbitraires, mais consacrées par l’usage.

Les éminences sont de même articulaires ou non articulaires : les premières sont appelées têtes, quand leur surface est parfaitement arrondie ; et condyles, quand elles sont applaties dans un sens et ri dans l’autre. ;

Les éminences non articulaires portent le nom d’épines, de crêtes , d’'éminences coracoïdes, coronoïdes , mastoïdes , styloides, odontoides , clinoïdes, etc., quoique très-souvent il n’y ait pas la moindre D ch entre telle éminence et le corps connu auquel on la compare. |

B. La structure interne des os comprend :

1°, Leur couleur. Elle diffère dans les divers âges de la vie. Plus foncée et rougeâtre dans les jeunes sujets par la surabondance de tous les fluides , elle pälit à mesure qu’on avance en âge, et devient blanche dans la vieillesse ; elle est d’un blanc mêlé de gris chez l'adulte, Les os des femmes sont plus blancs que ceux des hommes. Les os des individus morts à la suite d’une longue maladie sont moins foncés en couleur que les os de ceux dont une mort violente et subite a terminé les jours.

2°, Leur densité et épaisseur. L’une est toujours en raison inverse de l’autre. La première est pen prononcée dans les os des jeunes sujets; mais la seconde est considérable : c’est le eonirai

chez les vieillards. La densité étant le résultat de l’union intime et très-serrée des lames osseuses , doit être , pour ainsi dire , nulle chez les très-jeunes sujets, puisqu’alors leur tissu est facilement pénétré par une infinité de vaisseaux qui y versent des torrens de fluides de toute espèce. Avec l’âge, les élémens osseux deviennent surabondans Une grande partie des vaisseaux comprimée, identifiée avec l'os lui-même, ne reçoit plus de fluides , et tout concourt à donner aux os &es personnes âgées une densité remarquabie, et à diminuer leur épaisseur.

Dans les os longs, la deusité est au centre , et l'épaisseur aux extrémités ; dans les os plats, il en est de même pour la densité, mais l'épaisseur est à la circonférence : dans les os courts, cette disposition n’est pas aussi uniforme. On observe seulement que la plus grande densité de ces os se trouve aux endroits qui supportent le plus d’efforts.

3°. Leurs élémens. Nous renvoyons les détails de cet article à celui du développement.

4. Leurs cavités et vaisseaux. Quoique la faiblesse de nos sens et l’imperfection de nos instrumens ne nous permettent pas de voir et de suivre tres-loin les cavités et les vaisseaux des os, cependant nous n’ignorons pas que leur tissu , quelque serré qu’on Île suppose , n’est qu’un réseau que pénètre une quantité incalculable de vaisseaux de tout genre : la sensibilité que manifestent les vieil. lards, même les plus avancés en âge, lorsque quelques maladies aflectent ces organes , ou qu’on y pratique quelques opérations, me laissent aucun doute à cet égard.

En n’examinant ici que ce qui est bien convu et avoué de tous les anatomistes , on admet trois sortes de cavités pour les os, et un nombre égal de vaisseaux qui les pénètrent. J’en excepte la grande cavité des os longs. Ou donne à ces cavités les noms de première , seconde et troisième espèces. Dans les grands os longs, et dans les os plats, les cavités de la première espèce se voient sans peine ; elles se trouvent à quelque distance du centre de l’os : ce sont elles qui donnent passage aux vaisseaux nourriciers par excellence. Les cavités de la deuxièine espèce occupent les extrémités des os fongs , la circonférence des os plats, et toute la surface

D L'ANATOMISTE. 9 extérieure des os courts. Les cavités de la troisième espèce ne paraissent pas pénétrer dans l’intérieur de l'os : dispersées et disséminées à leur sufarce externe , ces cavités sont très-multiphiées, et les vaisseaux qui s’y rendent très-déliés.

C. Développement des os. D'abord pulpeux, el comme mucilâägineux, les os sont confondus avec le reste des parties, et ne peuvent pas en être distingués ; cet état dure au moins les sept premiers jours de la concéption , après lesquels chaque système d'organes semble s’isoler, et présente des différences quant au mode daccroissement. Avant de devenir cartilagineux, les os ont passé par l’état gélatineux , et ils le sont encore au vingtième jour de la première formation de l’embryon. Après vingt jours, les os

passent rapidement de l’état cartilagineux à celui d’osseux : et à

six semaines , les clavicules, les côtes sont déjà osseuses : les os du crâne , ceux des membres suivent cet accroissement rapide des clavicules ét dés côtes. Quelques os de la face, les vertèbres , le sternum , ceux du bassin, les os courts de la main et du pied sont les plus lents à s’ossifier , et n’y parviennent même qu'après la naissance. Entre quinze à vingt ans, tous les os sont entierement développés ; mais leur accroissement, qui ne se fait plus en longueur ni en épaisseur , continue d’avoir lieu cependant, et se prolonge même jusque dans la vieillesse la plus reculée. Le mécanisme du développement des os est celui-ci: — Lorsque l’embryon a acquis un certain degré de force, ce qui arrive vers le quarantième où cinquantième jour de la grossesse, la nature transmet alors dans les vaisseaux qui se rendent aux os , une matière solidifiante, à laquelle on a donné le nom de terreuse , calcaire , de phosphate calcuire enfin. Cette matière terreuse , destinée à donner la force et la solidité aux os, se dépose d’une manière uniforme sur un point déterminé du cartilage. À ce premier point osseux viennent se rendre de nouvelles quantités de phosphate calcaire, qui, placées de proche en proche, et toujours d’une manière uniforme, finissent par envahir Le cartilage et Le font disparaître entièrement. Le phosphate calcaire qui, dans l’âge adulte , forme la majeure partie de chaque os, n’y est donc pas déposé de première origine; il n’y vient que second.iremeut , et il est reçu dans les iuterstices

du réseau cartilagineux. Cette vérité est pleinement démontrée par les expériences de Hérissant, qui consistent à plonger un os, ou portion d’os , dans de l’acide nitrique affaibli, et à le laisser ainsi jusqu’à ce qu’il devienne flexible , et, pour ainsi dire, cartilagineux : il reste aa fond du vase une substance terreuse , qui n’est autre chose que le phosphate calcaire que l’acide nitrique a précipité.

Trois substances particulières semblent être Le résultat du développement des os et de la distribution particulière de la matière solidifiante ; mais en y faisant une scrupuleuse attention, on voit qu’il n’y en a que deux, la gélatineuse et la terreuse. La première conserve toujours la forme et la figure particulière de l'os luimême ; c’est le rudiment de l'os : la seconde n’est que déposée, et peut , pendant la vie ou après la mort, en être séparée : les urines en sont quelquefois singulièrement chargées.

Dans l’ordre naturel, voilà comment la partie solidifiante s’idenüfie à la partie gélatineuse , alors sous forme de cartilage. Dans les os longs , elle se montre d’abord dans le milieu de l’os , comme un petit anneau qui, prenant tous les jours plus d’extension, finit par envahir la presque totalité du cartilage. Il se passe un phénomène a-peu-près semblable aux extrémités de l'os ; chaque point osseux avance l’un vers l’autre , et ils s'arrêtent pendant quelque tems à Pendroit qui réunit les têtes au corps de l'os: c’est ce qui constitue les épiphyses. Par un nouvel effort d’accroissement , les épiphyses disparaissent , et à vingt ans il n’en existe plus dans aucun point de la charpente osseuse.

Les choses se passent autrement dans les os plats ; le premier point osseux se montre dans Le centre , et par des irradiations gagne de proche en proche la circonférence.

Dans les os courts, le premier point osseux paraît à un endroit indéterminé de leur surface, et s'empare successivement de leur totalité, ‘ |

De l’arrangement particulier du phosphate calcaire et du degré différent d'adhésion de ses molécules , résultent les substances compacte , spongieuse et réticulaire. La première se voit dans tous les os ; elle en occupe prineipalement l’extérieur : abondante dans

la partie moyenne des os longs , elle est plus rare à leurs extré- - mités , où la substance spongieuse prédominue. Elle forme dans Îles os plats deux ames, entre lesquelles se trouve la spongieuse, qui porte le nom de diploé aux os du crâne. Dans les os courts, elle est réduite à une enveloppe très-mince, ces os étant presqu’en totalité formés de substance spongieuse. La réticulaire n’existe que dans les os longs, et elle en occupe l’intérieur.

D. Connexion des os. Deux choses constituent les connexions des os : l’articulation et la symphyse. La première est le mode d'union ; la seconde, le moyen. L’articulation n’est autre chose que le rapprochement de deux ou de plusieurs os, par des surfaces qui doivent continuellement être en rapport; la disposition particulière de ces surfaces, leur degré de rapprochement, la manifestation plus ou moins grande du mouvement déterminent les genres et les espèces particulieres d’articulations. En les considérant dans leur ensemble, deux points essentieis fixent Pattention et permettent d’en former deux classes bien distinctes : l’immobilité forme le caractère de la première; la seconde a la mobilité pour apanage. Examinons d’abord cette dernière ; l’autre ensuite nous occupera. |

a°. Articulation mobile, Celle-ci peut être à surfaces continues ou contiguës. La première forme l’amphiarthrose ou l'articulation mixte des anciens. On en voit des exemples dans l’articulation des vertèbres et des os du bassin entre eux. Cette espèce d’articulation ne permet point le glissement des surfaces ; et le mouvement, quoiqu’obscur , a lieu dans la propre substance du cartilage interarticulaire. Lorsque , dans la vieillesse , le cartilage intermédiaire se durcit ou s’ossifie , le mouvement cesse.

L’articulation par continuité est plus variée, et d’après le mouvement plus ou moins étendu que la disposition des surfaces permet d'exécuter, on la divise en articulation en tout sens ou vague, et en articulation alternative ou ginglyme.

La première se compose de l’énarthose quand une tête est reçue dans une cavité , et de l’arthrodie quand les surfaces sont à-peuprès planes. L’articulation de la tête du fémur avec la cavité coty-

12 MANUEL loïde des os des hanches est une énarthrode , et celle du tibia avee le fémur , une arthrodie.

Le ginglyme est angulaire ou latéral ; le premier est parfait ou imparfait, selon que les os se reçoivent mutuellement ou non. L’articulation du cubiius avec l’humérus fournit l’exemple d’un ginglyme angulaire parfait; et la mâchoire inférieure , dans son mouvement d’abaissement et d’élévation, celui d’un ginglyme angulaire imparfait.

Le second est simple quand les os ne se touchent que par nn

“endroit, et double quand ils se touchent par deux. L’articulation

de Poccipital avec la première eervicale fournit l’exemple d’un ginglyme latéral simple ; et celle du radius et du cubitus, d’un ginglyme latéral double. |

2°. Articulation immobile. On lui donne le nom de synarthrose. Les os du crâne offrent seuls des exemples de cette espèce d’articulation. Elle porie le nom de surure quand les os sont unis par des engrenures profondes ; d’Aurmonie , Quand ces engrenures sont à peine sensibles ; d’écailleuse, quand un des bords de l'os s’ap-

plique sur l'os voisin , comme les écailles de certains bivalves ; de

gemphose, quand un des os est reçu profondément dans un autre. Les pariétaux s’articulent par suture, les os unguis par harmonie, la portion large des temporaux par suture écailleuse, et les dents par gomphose.

La symphyse peut être cartilagineuse, membraneuse , ligamen-

teuse ou musculeuse. La première porte le nom de synchondrose ;

la deuxième, de synévrose ; la troisième, de méuingose ; et la quatrième, de syssarcose. |

DE LA SQUELÉTOLOGIE.

Le squelette se divise communément en tête, en tronc et en extrémités ou membres.

: La tête se divise en crâne et en face.

M. Chaussier divise le squelette en tronc et en membres. Le

DE L’'ANATOMISTE. 13 tronc offre une partie moyenne et deux extrémités, l’une supérieure céphalique , ou la tête; Vauire inférieure pelvienne , ou le bassin. Les membres sont distingués en thoraciques ou supérieurs , et en abdominaux ou inférieurs. Quoique nous ne suivions pas cette division de M. Chaussier, nous n’en avons pas moins fait usage de sa nomenclature dans tout Le cours de cet ouvrage, en la faisant concorder avec l’ancienne.

RRRS LR BAS Re LRR RL RL LD LR LR RL D LVL RE RS AR À, RE D LU D DUR ER DR PSS

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