‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 78 sur 281 · ABDOMINALE CUTANÉE OU SUPERFICIELLE · texte numérisé non relu

ABDOMINALE CUTANÉE OU SUPERFICIELLE

Muscles du bas-ventre.

Les muscles de cette région sont : le grand oblique, le petit oblique, le transverse , Le muscle droit et le pyramidal.

Administration anatomique. :

Si c’est le même cadavre sur lequel on à préparé les muscles: de la partie postérieure du tronc, qui serve à Pétude de ceux de

DE L'ANATOMISTE. 146 la partie antérieure, on peut, en le retournant, continuer les incisions transversales, de manière à découvrir les muscles du basventre, que l’on doit préparer les premiers après ceux de la partie postérieuré du tronc. Cette manière d'enlever les tégamens, a même, pour les muscles de la partie antérieare du tronc, un avan= tage que ne présente pas la méthode ancienne. Si l’on procède gomme je viens de le conseiller, il faut, en enlevant la peau, avoir la plus grande attention de ne point laisser de graisse ou de tissu cellulaire sur les muscles de l’abdomen ou leurs aponévroses : cétte faute une fois commise, ne peut être réparée, tant il est difficile de revenirsur son premier travail. I s’agit done d’aller avec lenteur et de porter très-exactement le scalpel entre le muscle grand oblique et la peau, en ayant soin de tirer for tement sur celui-ci, jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la ligne blanche, qu’il faut ménager et laisser intacte. On peut alors, si l’on veut, garder les lambeaux en place ou les enlever , pourvu qu’on en conserve une portion pour couvrir les parties mises à nu , quand on cesse de travailler, rien n’altérant la beauté d’une préparation, comme le contact immédiat de Pair. fl est des sujets chez lesquels la graisse est extrêmement abondante entre les muscles de labdomen et la peau qui les recouvre ; cette circonstance , qui rend plus difficile encore la préparation de ces muscles, ne doit pas cependant autoriser l’élève à en laisser sur ces parties.

Si on préfère la méthode ordinaire de diviser les tégumens du bas-ventre , on s’y prend comme je l’ai indiqué à l’article de Pouverture de cette cavité (page117), et que lon peut consulter ; mais je dois faire observer qu'ilest difficile, en procédant de cette dernière manière , d'enlever exactement toule la graisse et. le tissa cellulaire , qui se trouvent à l’endroit des premières incisions ; inconvénient qu’on n’a pas à craindre en enlevant les tégumens par la partie postérieure. Dans tous les cas , les lambeaux supérieurs doivent être détachés tres-haut , de manière à mettre à découvert une grande partie des muscles de la poitrine , parce que ceux du bas-ventre, le grand oblique surtout, et le muscle droit, ont leurs points d'insertion supérieurs jusque sur la septième côte. Quand , au contraire, on. enlève les tégumens par la parlig pos-

46 MANUËL térieure , on voit très-bien les muscles de l’abdomen dans toute leur étendue dans ce sens; mais quand on le fait par l’ancien procédé , il est rare qu’en ait l’attention de poursuivre assez loin en arrière la dissection de la peau, parce qu’il faut absolument mettre le cadavre sur le côté. Aussi on ne voit jamais bien Îa partie postérieure de ces muscles, et la plupart des élèves n’ont qu’une connaissance imparfaite de la manière dent la partie postérieure du muscle grand oblique surtout, s'unit et confond ses dentelures avec celles du grand dorsal ; par le procédé que j’indique , rien n’est plas facile, au contraire. Quoi qu’il en soit, la longueur de la préparation , sa grande difliculté, l'obligation continuelle . de porter ses regards, tantôt en devant, tantôt en arrière, pour voir les muscles dans toute leur étendue, l'union intime de leurs aponévroses, feront toujours de la dissection des muscles du bas-ventre un travail très-pénible pour quiconque veut les bien préparer.

Je passe à leur préparation particulière.

De l'oblique externe. La dissection de la peau et le soin particulier qu’on a pris de ne laisser aucune trace de graisse ni de tissu cellulaire en enlevant les tégumens de la partie antérieure de l'abdomen, montre à nu, dans toute son étendue, l’oblique externc ou grand oblique. Indépendamment des préceptes généraux indiqués pour la préparation de ce muscle, on doit de plus avoir l’attention de ne point intéresser les aponévroses ;: qui le forment en grande partie, et de bien isoler le cordon des vaisseaux spermatiques, qui, de l’intérieur du ventre, va se rendre aux testicules par une ouverture qu'offre ce muscle inférieurement. Chez la femme il ne sort de cette ouverture , beaucoup plus petite que chez l’homme, qu’un cordon assez mince , qui exige encore plus d’attention : chez l’un et l’autre sexe, il importe de bien conserver la ligne blanche qui s'étend de lappendice xiphoide jusque dans les environs du pubis. A-peu-près à sa partie moyenne se voit la cicatrice ombilicale, qu’il faut ménager et laisser en place, étude de ces parties devant se faire avec celle des muscles de l'abdomen. Tous les muscles, et ceux du bas-ventre en parüewiier, sont immédiatement recouverts par une pellicule mince,

fortement collée à leur surface extérieure son donne avec raison le précepte de l'enlever avee la peau; nulle part elle ne doune autant de peine à disséquer qu'aux muscles de l’abdomeu ) Ce qui doit faire redoubler d'attention pour la comprendre dans la dissection de la peau ; sans cette précaution, la p'éparation de ces muscles est toujours manquée : On s'eforce en vain de vouloir l'enlever après coup, jamaiselle ne peut l’être en totalité, et pour un inconvénient on en à dix.

De l’oblique interne. Pour mettre à nu celui-ci ; il faut nécessairement enlever le grand oblique, qui le recouvre dans sa presque totalité. Lieutaud et les autres anatomistes conseillent de détacher le grand oblique de ses points d'insertion aux côtes et à la crête de los des iles; préparation très-défectueuse. Que signiïe, en effet, un muscle quand il ne tient plus aux parties auxquelles il s'attache ? L'essentiel, au contraire, est de conserver ses points d’insertion pour en bien voir l'étendue, la direction, et prendre par là une connoissance plus exacte de ses usages. Une bonne préparätion ne pasiera jamais pour telle, qu'autant qu'elle rendra l'étude des parties plus précise et plus facile; en conséquence, je crois que Le grand oblique doit être enlevé de la manière suivante : faites une première incision transversale de derrière Ds , au milieu de l’espace compris‘entre la crête de l'os des îles et les fausses côtes, jusqu’à l'endroit où les aponévroses de tous les muscles abdominaux se confondent , ce qui correspond au bord externe du muscle droit ; prolongez une deuxième incision de l’appendice xipboïde à l’épine anté rieure el supérieure de l'os des îles, en portant Pinstrament de préférence sur les fibres charnues. Les deux lawbeaux externes sont renversés , l’un en bas et l’autre en haut ; l’interne ne doit ètre détaché que jusqu'a la gaine du muscle droit : de celte manière, on couserve toutes les attaches du’ grand oblique, on met le petit oblique à nu, ainsi que les six dernières côtes et les muscles intercostaux corréspoudans. La couche de tissu cellulaire, interposée entre les grand et petit obliques, est si mince, qu'on ne peut prendre trop de précautions en séparant ges deux muscles : le plus difficile , il est vrai, est de commencer

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celte séparation, carune fois qu’on peut saisir l'intervalle des deux muscles, le Sn. du travail devient assez aisé, et même facile , si on ne veut pas aller trop vite. Je n’ai pas besoin de dire qu'il faut toujours laisser l’un des deux muscles en place, et même n’enlever Pautre qu'après avoir pris une bonne idée de leurs rapports respectifs, surtout pour ceux qui ne sont séparés que par de très-pelits intervalles, comme les muscles du bas-ventre.

IN. B. En disséquant de nouveau ce muscle, j’ai vu qu’on pouvait, sans inconvénient, le détacher comme Lieutaud le conseille. ‘On peut ainsi employer l’un et l’autre procédés.

Du transverse. On ne peut avoir une connaissance exacte de ce muscle , qu’en mettant à nu en même temps le muscle droit, qui‘est enveloppé dans les aponévroses du grand, et même du petit oblique ; mais pour ne point giter son travail, 1l faut d’abord se borner à mettre la portion charnue du transverse à découvert , ce qu'on obtient.en faisant au petit oblique une incision transversale sur toute l’étendue de la portion charnue, et en renversant les lambeaux , Pun en haut, jusqu'aux fausses côtes, l’autre en bas, jusqu’à la crête de l’os des îles. Je conseille de ne point toucher aux aponévroses, dont la dissection ne ferait que compliquer le travail, sans lui donner plus d'intérêt ; il suffit

. des fibres du transverse , et de remettre la préparation de toutes les aponé-

de prendre une connaissance exacte de la

vroses après Pétude du muscle droit. Cette manière west pas trop méthodique, peut être, mais elle est la seule que puisse mettre en usage l'élève qui commence,

Du muscle droit, Ce muscle ne peut être bien préparé qu’autant qu’on enlèvera les feuillets des aponévroses qui l'enveloppent : cette dissection est toujours difficile et désagréable, parce que ces aponévroses sont fortement unies aux intersections tendineuses qu’il faut conserver; on doit donc se contenter de les enlever daus les intervalles des intersections, et mettre de cette manière la totalité du muscle droit à découvert. A sa partie inférieure, on rencontre ordinairement un très-pelit muscle, appelé pyramidal, qu’il faut laisser en place et étudier conjointement avec le muscle droit; mais on doit savoir que le pyramidal

| DÉ L’ANATOMISTE. 149 manque quelquefois d’un eôté ou même des deux à la fois : la petitesse du muscle rend cette circonstance assez peu importante.

Quant aux aponévroses de tous les musclés du bas - ventre , dont j’ai renvoyé la préparation à la fin de cet article, je dois fairé observer qu’on ne peut pas les préparer de manière à les voir aussi bien que les muscles auxquels elles appartiennent. La partie postérieure de ces aponévroses se confond tellement avec celles du grand dorsal, du sacro-lombaire et du long dorsal, qu’il est impossible de les isoler : ce n’est qu’à Paide d’une longue macération où de l’immersion des parties dans Peau chaude, qu'on pourrait y parvenir, et Îles avantages qu’on en retirerait ne compeénseraient pas la peine et le travail que cela coûterait. Il n’en est pas ainsi de la partie antérieure ; avec un peu de patience on peut les suivre devant et derrière le muscle droit, et prendre une idée assez exacte de leur distribution. L’aponévrose du grand oblique ét le feuillet antérieur du petit recouvrent le muscle droit en devant, qui est appliqué en arrière sur le feuillet postérieur du petit oblique et l’apofévrosé du transvérse :; mais toutes ces aponévroses passent devant ce muscle à son tiers inférieur, et le laissent aïnsi à nu sur le péritome : en le coupant à sa partie supérieure, et en le renversant en bas, on voit assez bien cet arrangement. En général , il est nécessaire de jeter de tems en tems un coup d’œil sur la description des parties, à mesure qu’on les dissèque , surtout quand on éprouve de la difficulté à bien saisir l’ensemble l’une préparation,

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