LA JUSTIFICATION
esl trop largo. Pour évilor ce double inconvénient, on place entre la clavette et les interlignes un petit morceau de papier, dont répaisseur suffit pour obtenir exactement le jeu nécessaire à l'entrée et à la sortie des interlignes.
^ous avons dit que la longueur ou dimension d'une ligne quelconque, quand elle est déterminée et arrêtée dans le composteur à l’aide de la clavette mobile, prend le nom jastilicaiiüii. Mais ce mot a une seconde acception.
Quand on a terminé une ligne, ou mieux quand on a composé autant de mots qu'elle peut en contenir, il s'agit de la justifier, c'est-à-dire d'en fixer les lettres de maniêic à les arrêter solidement dans le composteur; pour cela, il importe qu'elles soient toutes placées dans un sens perpendiculaire : sur rétendue de la justification, elles offrent une certaine élasticité dont il est bon do se défier, car la dernièi’e lettre ne doit trouver place dans le composteur qu’à l'aide d'un petit effort; cette légère résistance indique que le but est atteint. C'est de la mesure constamment régulière de cet effort que résulte la bonne justification. Posséder la délicatesse de main, le tact nécessaire pour bien justifier, est un avantage précieux qu’il faut chercher à acquérir le plus promptement possible.
LA jrSTIFlC ATION
Justifier est donc l'action qui consiste à donner à la longueur des lignes une précision rigoureusement uniforme'; et, de toutes les lois qui régissent la composition, la plus impérieuse, celle dont l'inobservation entraîne les plus fAclieuses conséquences, c’est la justification. Elle ne saurait être à peu près exacte, elle doit l'être absolument; sans elle, il n'est pas de traAaux possibles, puisque tous demandent une précision mathématique. Les accidents qui peuvent résulter de l’absence de cette condition sont malheureusement sérieux et fréquents. Aussi dit-on de lignes plus ou moins bien justifiées : C’est une bonne ou une mauvaise composition.
Souvent le compositeur rencontre une difficulté soulevée par le texte même : tantôt un mot trop court se présente à la fin de la ligne et la laisse inachevée, tantôt un mot trop long n’y peut trouver place.
Il est trois moyens d'échapper à ces difficultés : dans le premier cas, on augmente le blanc ou l'espace qui sépare chacun des mots ; dans le deuxième, on le diminue; si ce dernier moyen
1. Cc3 mots justification , justifier, out perdu leur véritable signification en devenant des termes techniques. En imprimerie, ils veulent dire ; ajuster, donner de la justesse, rendre juste , dans le sens de précision.
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est insulïisani, on coupe le mol final en deux parties, à l’aide d'un trait d'union, (]ui prend le nom do division, et l'on reporte le complément du mot à la ligne suivante.
Avant de justifier, il est un soin que lout ouvrier jaloux de faire un bon travail ne doit jamais négliger : c'est de lire très-attentivement la ligne composée et d’en faire disparaître sur-le-champ toutes les fautes qui auraient pu s’y glisser. A ce moment, cette 'rectiücation est facile à exécuter; négligée, elle devient jiliis tard difficultueuse et préjudiciable : il faut donc se faire une loi de contrôler sévèrement la ligne composée avant de la justifier. Lue comiiosition liien faite de premier jet est infiniment prélérable à celle qui subit de nombreuses retouches après coup, puisque c’est loiijours aux dépens de la régularité de l'espacement et de la justitication que ces corrections sont exéciili'os. Supposons, par exemple, que dans une page régulièrement espacée et justifiée il y ait lieu d'introduire un mot omis; pour lui faire place, il faudra nécessairement resserrer l'espacement des mots qui précèdent ou qui suivent; si, au contraire, il s'agit de faire disparaître un mot surabondant, répiMé plusieurs fois, la suppression de ce mot laissera un vide à combler, et c’est encore à l’espacement qu’on aura recours. Dans ce cas, on élargit le