‹ Manuel de l'apprenti compositeurChapitre 35 sur 57 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Pour corriger, on fait un trait de plume sur le mot ou la lettre à changer, et l'on reproduit ce trait en marge comme signe do renvoi. Si la ligne comporte plusieurs corrections, il faut varier légèrement ces signes de renvoi, comme on le voit ci-contre, afin d’éviter toute erreur.

Les corrections ne doivent Jamais être faites entre les lignes dans le corps de l'épreuve, mais être indiquées sur les marges extérieures, 1a première to>t]ours à partir du texte, en regard do la ligne à laquelle elle appartient.

Pour demander une lettre ou un mot en grandes capitales, il faut souligner trois fois ce mot ou cette lettre, comme ci-dessous :

a b Paris César

Pour les petites capitales, on ne souligne que deux fois :

m p Homère Plaute

Pour Titalique, il suffit de souligner une seule fois.

B ^ Cinna Les Horacea

La similitude de forme entre la vitale et l'apostrophe pouvant amener qitelque confusion, on distingue cette dernière par un trait vertical placé au-dessous, comme nous l’indiquons ici | .

LA GOUIILCTION.

il ne re^sulte qu'une différence minime en moins sur la justification, et qu’elle n'oblige pas à clianger toutes les espaces contenues dans la ligne, on diminue alors de préférence les espaces déjà plus fortes qui peuvent s'y rencontrer, ou celles qui avoisinent une lettre ronde ou une virgule, cette dernière portant un léger blanc avec elle.

Pour corriger, on se sert de la pointe ou de la pince; l’usage de cette dernière est pernicieux pour le caractère, parce que peu de personnes savent s’en servir assez adroitement pour ne pas endommager l’œil de la lettre; aussi nous n’bésitons pas à en proscrire l’usage et à lui préférer celui de la pointe, qui n’est pas non plus sans inconvénients dans des mains inhabiles.

On rencontre des compositeurs assez adroits pour ne se servir ni de l’une ni de l’autre, ou tout au moins pour n’y avoir recours que dans des cas exceptionnels. Cette excellente habitude ne .saurait être trop encouragée.

LES TABLEAUX

On appelle tableau tout travail disposé en colonnes séparées par des filets, que ces colonnes soient formées par du texte, par des chiffres, ou même qu’elles soient blanches, comnie dans les registres, par exemple.

Parmi les divers travaux de la composition, les tableaux sont considérés, avec raison, comme étant de ceux qui offrent les difficultés les plus sérieuses; aussi ne peuvent-ils être confiés- qu’aux ouvriers expérimentés. Leur nature et leur forme offrent de telles variétés, qu’il est presque impossible d’établir des principes fixes à leur égard. Il y en a de trèssimples comme de très-compliqués. Nous n’indiquerons donc ici que d’une façon sommaire comment

LES TABLEAUX

on procède ordinairement pour les établir, et pour nous rendre plus compréhensible, nous supposerons que l’élève devra composer, sur la justification de cette page, le petit tableau manuscrit dont la copie se trouve à la fin de ce chapitre :

On compose d’abord une ligne complète de cadratins de six, que l’on divise en autant de colonnes provisoires qu’il s'en trouve dans le modèle, en plaçant entre chaque division un bout de filet de la force de celui qui devra séparer les colonnes; puis on tient compte, à chaque extrémité, du filet d’encadrement, comme on le voit par la ligure ci-dessous :

Lij^

TmT: i i i ni

Il est facile de comprendre que la largeur A donner à chaque colonne est déterminée par la ligne la plus longue qui s’y rencontre; s’il se trouve quelques colonnes qui puissent être resserrées, c'est à elles que l’on fait supporter une réduction. On verra, par l'exemple que nous donnons plus loin, que c’est la deuxième colonne qui commande les autres. Dans tous les cas, il est essentiel de s'attacher à donner aux colonnes, et plus particulièrement à celles qui sont formées de chiffres, une justification correspondante à un nombre de

Il'2 LES TABLEAUX.

cadratins, afin de faciliter l’opération et de lui donner plus de justesse.

Les divisions de la largeur totale étant fixées, il reste à trouver la hauteur des têtes; on compose alors la tête qui contient le plus de mots ou de lignes, on y ajoute le blanc nécessaire et le filet hoiizontal qui doit la séparer du texte; la hauteur des autres têtes est subordonnée à celle-là.

Lorsqu'on s’est assuré de l’exactitude de ces mesures, on compose d'abord toutes les têtes, pour lesquelles on n’est pas sans quelque liberté, en raison de l’exiguïté de la justification ; ainsi l’on peut faire une ligne d'un seul mot, ou même d’une fin de mot, en l'isolant au milieu de la justification ; ces têtes se font tantôt en petites capitales, tantôt en bas de casse; tantôt aussi elles se placent verticalement. On s’occupe ensuite des colonnes de texte; lorsque ces deux parties essentielles sont composées, c’est alors qu’il y a lieu de dresser, ou, comme on dit, de mouler le tableau, en commençant par la première tête, que l’on fait suivre de son te.xte; puis l’on recouvre cette première colonne du filet vertical qui doit la séparer de la seconde, on donne à ce filet la longueur voulue, et l’on continue ainsi pour chaque colonne.

Quand le tableau est achevé, qu’on s’est assuré que toutes les colonnes sont d’une longueur iden-

LES TABLEAUX

tique, enfln qu’il est bien justifié dans toutes ses parties, on passe à son encadrement.

Les filets d’intérieur doivent être tenus légèrement plus courts que les colonnes de texte, dont ils n’ont pas l’élasticité; tous les filets, coupés d’abord à l’aide du couteau et du marteau, sont ajustés ensuite avec la lime ; les filets de cadre sont limés en biseaux pour se rencontrer et se joindre parfaitement aux angles. Une des qualités essentielles d’un tableau, c’est la parfaite jonction des filets, à laquelle ou doit particulièrement s’attacher.

Les filets de cadre, en hauteur et en largeur, doivent être coupés un peu plus longs que le tableau qu’ils sont appelés à encadrer, parce que, dans les deux sens, ils le dépassent de leur épaisseur même.

Le tableau ci-après, placé en regard de la copie, fait voir quel parti le compositeur a su tirer du manuscrit, et l’intelligence qu’il a montrée en simplifiant les têtes, pour éviter la répétition du mot Débit.

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