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entre les combattans. Quant à la matière dont ili étaient construits , elle dépendait de la force de celui 4)ui portait Parme ; ç'étaieut des cuirs de bœuf recouverts de tôle, de cuir bouilli ; te plus ordinairement ils "étaient faits avec un bois léger et souple, recouvert de peau ou de toile peinte , et Ton prétend que c'est de cette coutume de peindre diversement les boucliers, que sont venues les armoiries.' On porta encore des boucliers jusqu'à l'an i5aS, depuis lors on n'en rencontre plus de mention historique. Une ordonnance de Jean V , duc de Bretagne , publiée en cette année ,
porte ee qui suit : • Voulons et ordonnons que
des gens du commun de notre pays et -duché, en outre les nobles, se mettent en appareil prompt ein en t et «ans délai , savoir : de chaque paroisse, trois ou quatre, cinq- ou six au plus, selon le grand ou qualité de 1» paroisse ; lesquels, ainsi choisis et élus, joient garnis
d'armes et'habillemens qui en suivent Ceux qui
sauraient tirer de l'arc, qu'ils aient, arc, trousse, capeline, coustille, hache ou. mail de plomb, et soient armés de. forts jaques garni*? dé* laisches , chaînes ou m ailles pour couvrir le bras.*, . avec ce ayant panier de tremble, ou autre bois plus convenable qu'ils pourraient trouver, et soient les paniers-assez longs pour couvrir haut et bas » Or , ces paniers de tremble étaient les boucliers des piétons. On les appelait paniers, parce qu'en dedans, ils étaient creux et faits .d'osier ; 1 osier •était couvert de bois de tremble ou de peuplier noir , qui est un bois blanc et fort léger'; ils étaient assez longs pour couvrir tout le corps du piéton.
126. Telles furent à-peu-près les armes défensives dont l'usage a passé ; quant aux armures dont on recouvrait les chevaux , elles consistaient , ainsi que nous l'avons dit ,~ dans le chanfrein et les fûmeois. Nos lecteurs ne seront pas fâchés de trouver ici l'extrait de ieilles chroniques , qui leur donnera une idée supercielle , mais suffisante , de ces armes maintenant 3 usitée^ . Les chevaux furent d'abord couverts de cuir t quelquefois d'une housse de mailles ; dans la suite, n mit seulement du fer pour garantir la tête, et l'on e vêtit les flancs de cuir bouilli. On voit de ces chevaux bardés dans les anciennes tapisseries et dans
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quelques bas-reliefs de vieux monumens. Cesinard dit u'en l'an 1296 les chevaux de bataille étaient revêtus e couvertures faites , comme les haubers , en mailles de fer , mais cela n'était pas général. Par une lettre de Philippe le Bel, du 20 janvier i5o3, an bailli d'Orléans , il est ordonné que ceux qui avaient 5oo livres de revenu en terres aideraient d un gentilhomme bien armé et bien monté d'un cheval de 5o livres tournois et couvert de couvertures de fer ou couvertures de pourpoint. JEt le Roi Jean, dans ses lettre* d'août i353, écrit aux bourgeois et aux habitans de Nevers , de Cbau- * mont en Bassigny et autres villes , qu'ils' eussent à envoyer à Compiègne, à la quinzaine de Pâques, le plus grand nombre d'hommes et de chevaux couvert» d» •maillet, qu'ils pourraient , pour marcher contre le rot * d'Angleterre. Il est fait mention de cettf^arraure dans une ordonnance de Henri II : «Ledit homme d'armes sera tenu de porter arme petit et grand , garde-bras , cuirasse, cuissots, devant de grèves, avec une grosse et forte lance ; il entretiendra quatre chevaux et les deux de service pour la guerre , dont l'un aura le devant garni de bardes avec le chanfrein et les flancoii, et , si bon lui Semble, aura un pistolet à l'arçon de la selle. Les seigneurs ornaient souvent ces flancols , qui étaient de cuir bouilli , de leurs écussons. Les rois les semaient de fleurs" de lis ou d'armoiries de pays conquis.
137. Le chanfrein était de métal ou de cuir bouilli ; il couvrait la tête du cheval par devant ; c'était comme une espèce de masque qu'on y ajustait.' Sur le milieu d'un cnanfrein , conservé dans le miisée. d'artillerie a Paris, et qui est de cuir bouilli ? se trouve un fer rond et large et qui se termine en pointe assez longue ; c'était pour percer tout ce qufse rencontrerait [et tout ce que la tête du cheval choquerait. L'usage de cette' armure du cheval était contre la lance* et, depuis, contre le pistolet. Les seigneurs français se piquaient fort de magnificence sur cet article. Il est rapporté , dans ^histoire de Charles Vit, que le comte de S*-Pol, au siège de Harfleui ^ l'an i449> ava * t nn chanfrein à son cheval de bataille estimé trente mille écus; il fallait qu'il fût non -seulement d'or , mais encore mer-
veilleusement travaillé. 11 est encore marqué, dans l'histoire du même roi, qu'après la prise de Bayonoc par l'armée de ce prince, le comte deFoix, en entrant dans la place, était monté sur un .cheval dont la tête était couverte d'un, chanfrein d'acier, garni d'or et de pierreries que l'on prisait quinze mille écua d'or; mais communément ces chanfreins n'étaient que de cuivre doré ponr la plupart , ou de cuir bouilli , ainsi qu'on le voit par un compte de 1 3 16 à la chambre des comptes de Paris, où il cit. dit, entre autres choses, étant deux chanfreins dorés et un de cuir» On trauve, dans le traité de la cavalerie française de M. de Mont- , gommeri , qu'on les donnait encore de son teins, c'est-à-dire, du teins de Henri IV. La principale raison de cette armure des chevaux n'était pas seulement de les^onserver et d'épargner la dépense d'en acheter d'astres , mais c'est qu'il y allait souvent de la yie et de la liberté du gendarme même ; car, comme ces gendarmes étaient très-pesamment armés, s'ils tombaient sous leur cheval tué ou blessé, ils étaient eux-mêmes tués ou pris , parce qu'il leur était presqu'impossible de se tirer de dessous le cheval. Cette armure du cheval a cessé* d'être en usage lorsque la lance dont elle était destinée à parer les atteintes a été elle-même abandonnée.