‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier: ou Traité complet et simplifié de ces arts (volume 2)Chapitre 16 sur 58 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

AftMIS BLANCHES OFFENSIVES.

i±8. On appelle armes blanches délies autres que les ewmes à feu» L'épée , le sabre , le poignard', la lance et la pique > sont ides armes blanches ; fl en est de même de la bayonnette , . qui se met au bout du fusil , qui devient alors une lance avec laquelle on attaque l'ennemi corps à corps.

1 ao. L'épée ou le glaive était l'arme principale des anciens et des guerriers du moyen âge , on ne la porte

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plus à la guerre ; les officiers la portent encore en terni de paix ; mais, en campagne , ils ont le sabre d'ordonnance. Elle est souvent l'arme de cette guerre individuelle que nous nommons duel. Sa forme actuelle est à-peu-près fixée , c'est un trois-pans cannelé , on un méplat; mais», avant d'arriver à ce degré de simplicité , cette arme a subi bien des changemens de forme.

i3o. La figure 16 représente Vépèe antique à deux tranchans. Quelques auteurs prétendent que les vélitet romains en prirent l'usage des Espagnols; cette prétention n'est guère admissible, on retrouve cette forme dansies monumens grecs antérieurs aux Romains, et il n'est pas certain que les Romains l'adoptèrent dès le principe. Cette épée avait une pointe excellente ; mais nous pensons qu'elle devait porter des coups de taillant bien moins assurés que ceux de-pos sabres. Nous n'entrerons daus aucuns deuils sur cette arme qui n'est plus en usage que sur Je théâtre,, l^ous nous contenterons de donner plusieurs modèles d'anciennes poignées , les lames étant toutes , à peu de différence près 9 semblables à celle représentée fig. 17, si ce n'est qu'elles sont plus longues et beaucoup moins larges et moins épaisses.

i3i. La fig. 17, dont nous venons de parler, représente l'épée à l'espagnole^ La figure ao y la poignée d'une estocade, c'est la longueur de la- lame qui détermine le genre. Fig. 21 , épée de rencontre, Fig. a a-, épée à ta suisse, Fig. a3, poignée d'espadon. Fig. a4 » poignée d&braquemart , épée courte et de poignard. La figure 3i fait voir en* détail comment se monte une poignée d'épée. La ligne ponctuée indique la punition de la soie ; le crochet *a fait ressort et est arrêté sous le pommeau b ; la soie e^t rivée par-dessus. •

i3a. Les. lames î d'épées se forgent dans l'étampe {V. ce mot à, la table et les fig. la et i3,pl. n« ); on les composait jadis, de fer écrojii mêlé avec des lames d'acier, mélange qui prenait le nom d'étoffe ; maintenant elles sont plutôt tout en acier. Les épée* d'étoffe 80 nt par fois excellentes , elles sont dures , flexibles et très-difficiles- à rompre. Cette fabrication n'a plu* la même extension qu'autrefois , lorsque tout

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Je monde portait l'épée ; les formes de la coupe des lames étaient variées à l'infini , et nous aurions pu donner plus de soixante profils diffère ris. Nous avons

Îiréféré en choisir une domaine parmi les plus usités ; esfig. 37 — 48> pi. a, les feront connaître, dans les plus usuels sont ceux représentés par les Çg. 58 , 3g , 43 , pour les ëpées , 47 * 4$ » pour les fleurets, qui sont des sortes d'épées dont nous parlerons dans la 4 e partie, armes de fantaisie. La fig 4^ » cannelée angulairernent sur le dos , est plutôt une lame de sabre qu'une lame d'épée. . -,

r i33. La trempe des lames d'épée est faible ; on fait revenir bleu et bleu clair si on emploie l'acier pur, afin d'obtenir la flexibilité qui est une des conditions de la bonté d'une lame , le dur de la pièce doit être le résultat de la bonté de la matière et de l'écroûissage.

i34. ' Le sabre, L'épée ne sert plus maintenant qu'à porter des coups de pointe. Le sabre doit aussi servir à cet usage , mais il doit en outre porter des coups de son tranchant ; c'est 'lft, même , sa principale fonction. Le sabre est l'arme actuelle de la cavalerie. Les sabres qu'on laisse maladroitement aux fantassins les embarrassent plus qu'ils ne leur servent , c'est une parure du soldat désarmé. L'entêtement de l'administration à cet égard est inconcevable. Si le soldat a besoin d'une arme court* pour se défendre, lorsqu'il est pris au corps après que l'ennemi a évité l'atteinte de sa bayonnette » ce ne devrait être* qu'une* espèce de .poignard ou de braquemart pendu à sa ceinture , ou collé le; long de la cuisse droite. Le sabre pendant s'embarrasse dans les Jambes; en ligne, il gêne les conversions , et , pour peu que l'homme marche vite, il lui faut mettre une main sur la poignée , afin que son arme ne le fasse pas tomber. C'est un poids de plus ajouté au poids de l'équipement , et, au moment du danger, il arrive rarement qu'il soit dégainé assez tôt pour pouvoir être utile à la défense. Le sabre du fantassin ne lui sert qu'au cabaret et dans les mauvais lieux, là où justement il ne devrait point lui servir. Ce que nous, disons ne fera pas ouvrir les yeux ai

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Pouvoir ; d'illustres généraux , des écrivains, recomniandables , qui ont traité de l'armement des troupes, les journalistes, enfin, lorsqu'ils racontent les catastrophes produites par l'emploi du sabre , et les duels dont il facilite la multiplicité , l'ont dit avant , et plus haut que nous ; mais ,-nous devons le dire aussi , pour l'acquit de notre conscience , advienne que pourra.

i55« Le sabre a reçu des noms divers suivant sa forme : le cimeterre pu coutelas était un sabre lourd et très-tranchant ; les fig. 3o, 3a, pi. a, offrent lès formes de deux cimeterres choisis entre beaucoup d'autres ; ces armes ne servent plus à la. guerre , si ce n'est peut-être en Turquie. JC ous parlerons de ces sprtes d'armes dans l'article Damas , 3* partie ; nous devons maintenant nons contenter de parler dés armes de guerre. Là fig. 33 est un' modèle d'une poignée de cimeterre dont la garde est formée par un serpent^

i36. Les sabres de cavalerie affectent des qoms divers, selonles corps auxquels ils sont destin es: le sabre des hussards et chasseurs , dit bancal, çst recourbé ; celui -dès cuirassiers , dès grenadiers à cheval , des dragons, des gendarmes,, dit latte, est tout droit. Nous reproduirons ici un tableau des dimensions des sabres qu'on a déjà donné dans plusieurs ouvrages , parce qu'il est encore en xnajeare partie suivi dans les fabriques.

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