‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier: ou Traité complet et simplifié de ces arts (volume 2)Chapitre 2 sur 58 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Jt n'existe aucun traité spécial sur l'art de l'armurier- fourbisseur, mais des articles publiés dans les diverses encyclopédies et dictionnaires technologiques qui nous fourniront des notions sur les phases de l'art, et nous serviront à constater à quel état de perfection il se trouvait à telle ou telle époque. Depuis la publication des encyclopédies , l'institution .vraiment nationale de l'exposition périodique des produits de l'industrie , la loi sur les brevets d'invention , les longues guerres de la révolution et de l'empire , la paix qui a ensuite permis à nos artistes de visiter l'Angleterre » qui avait aussi fait des progrès de son côté , et qui a produit un flux et un reflux dans les deux pays des armes de prix de l'une et de l'autre fabrication ; toutes ces circonstances ont opéré un changement total dans l'art de l'armurier, principalement sous le rapport des formes, de la qualité et de la bonne exécution; d'une autre part, la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale, qui doit toujours être placée en tête lorsqu'il s'agit de publications utiles, et ensuite une foule d'écrits périodiques estimables, mais dont la carrière a été moins longue , parce qu'en France les entreprises de cette nature, ne sont pas assez encouragées , ont fait connaître de»

a ÀVAKf-PROfcOS. *

procédés , des inventions utiles , qui n'ont produit que peu de bien ; parce que ces matières, qui se présentaient de loin en loin au milieu de faits relatifs à d'autres professions , n'offraient point aux manufactures d'armes , aux armuriers, un aliment assez soutenu pour qu'ils devinssent tous souscripteurs à ce 9 publications. Il en résulte que plusieurs artistes, en des lieux divers, se sont livrés, en même tems, a des travaux longs et pénibles pour arriver à un résultat déjà obtenu , mais ignoré; et qu'ainsi de louables efforts, un tems précieux ., ont été consommés, nous ne dirons pas inutilement, mais sansa vanta ges marquons; inconvénient qui n'aurait pas eu lieu, si les essais de chacun eussent été mieux connus. Tous les travaux postérieurs auraient alors été dirigés vers un but progressif, vers des routes nouvelles. Quoi qu'il en soit, et ainsi que nous venons de le dire, l'art de la fabrication des armes a fait d'immenses progrés, et ce sont ces progrès qu'il s'agit de recueillir et de constater : tâche nouvelle que nous nous imposons dans l'ardent désir qui nous consume sans cesse de nous rendre utile aux producteurs , et de payer ainsi notre dette ù la patrie, en concourant, selon nos faibles moyens, au perperfectionnement général dont dépendent sa gloire et sa prospérité.

Nous appelons nouvelle la tache que nous 'allons nous efforcer de remplir; parce qu'aucun traité spécial n'est encore venu recueillir dans cette matière les faits passés, et qu'il ne

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s'agit pas seulement maintenant de les reprendre au point où un prédécesseur les aurait laissés pour les ramener jusqu'à notre époque; mais qu'il faut remonter à la naissauce de l'art , et jeter les fonde mens de l'ensemble ; qu'il faut feuilleter et compulser les •vastes répertoires techniques que le bulletin de la Société d'Encouragement 9 la publication annuelle des brevets d'invention dont le terme est expiré (i) 9 et autres ouvrages nous offrent,

(î) Les découvertes qui ont fait l'objet de brevets d'invention rentrent dans le domaine pqblic à l'expiration des brevets ; c'est la condition de la protection que la loi accorde au breveté pendant la durée de sa jouissance. Sans cette clause, la loi serait fatale à l'industrie et au perfectionnement général des arts ; elle établirait un privilège , et un privilège est nuisible partout , parce qu'il étouffe la concurrence , qui est la source de tout progrés. Pour éviter que l'iuventeur ne fit on mystère d'une découverte utile qui serait morte avec lui, et perdue pour la Société , la loi lui a imposé la condition de la faire connaître , et lui a concédé en retour le droit d'eu jouir seul pendant un certain laps de teins. En cela elle s'est montrée sage et protectrice des intérêts de chacun ; mais son effet salutaire serait absolument annihilé, il n'en resterait qu'une entrave pour le bien public, si une seule de ces deux conditions, celle de la protection accordée au breveté* était observée , et que l'autre , celle de la prise de possession par le public à l'expiration du terme prescrit, n'eût pas Heu; Aussi, le législateur a-t-il pris toutes les précautions qui dépendaient de lui pour que cette indemnité donnée en paiement d'un privilège» temporaire, il est vrai , mais cependant onéreux., ne fût pas une chose illusoire. L'art. i5 du décret de l'Assemblée nationale, du 3i décembre 1790, couv.eUi eu loi le 7 jaavier suivant , ordonne que l'objet

j} 4.VÀNT- PROPOS.

afin de présenter dans un seul volume tout ce qui a paru d'important dans cette matière, enfin , qu'il faut recueillir chez les armuriers et entre les mains des particuliers les procédés divers et nouveaux actuellement mis en pratique.

Notre traité ne sera nullement didactique, il sera tout descriptif ; nous nous bornerons à la constatation des faits existons, sans y joindre les résultats de notre expérience , qui seraient nuls, ce genre de travaux n'étant pas celui auquel nous nous soyons spécialement livré. Les armuriers seuls ont fait leur art tel qu'il est aujourd'hui sans le secours de la mu-

de la découverte qu de l'invention sera rendu public par la voie de l'impression.

L'art. 16, §. 1 et a, dit t que tout inventeur , con- » vaincu d'avoir , en donnant sa description , recelé

• ses véritables moyens d'exécution., ou de s'être tervi 9 de moyens secrets qui n'auraient point été détaillés » dans sa description , et dont il n'aurait pas donné la

* déclaration , etc. , sera décbu de son brevet »

La loi du 17 vendémiaire an 7 « charge le Ministre

« de l'Intérieur de la publication des brevets expirés, 9 texte et dessin s....,, »

Nous devons le dire , ces précautions ne sont pai suffisantes dans la presque totalité des cas.

Plusieurs industriels et technologues ont reconnu, avec nous , que l'explication contenue dans la demande de brevets et dans la figure, lorsqu'il y en a de jointe , est rarement , très-rarement , suffisante pour que l'invention ou la découverte entre en réalité dans le domaine public. Ce défaut d'explication peut avoir, le plus souvent, pour causes » i° le peu d'habitude j|ue l'inventeur a d'écrire, et la difficulté , bien <onnne , des descriptions écrites d'iostriunens cqhu

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