ARMES DEFENSIVES ENCORE EN USAGE
166. Le casque, est encore porté par les dragons , les cuirassiers, les carabiniers, les pompiers ; mais ce o est pl us l'aimarièr qui est chargé de sa fabrication.
DE l'aAMMUBA. 119
Les anciens, les chevalier», attachaient arec raison uofï haute importance à cette noble partie de V armure : chez les premiers , c'était un dieu qui avait fabriqué les casques d'Achille, d'Enéeet des héros demi-dieux ; chez les modernes, c'était l'œuvre d'un enchanteur; les uns et les autres n'accordaient qu'avec peine i la main d'an mortel l'honneur de cette illustre fabrication. De nos jours les choses ont bien changé , et , il faut bien se résoudre aie dire, c'est un chaudronnier qui emboutit la calotte qui est faite en tôle, d'acier, de fer, de cuivre ou de plaqué, suivant le grade. Qu'eût dit Lancelot qui faillit mourir de honte pour avoir été en charrette 1 La visière n'est point mobile , c'est assez souvent un avancement en cuir bouilli, bordé quelquefois de cuivre , comme cela se pratique* pour les schakos , d'autres fois c'est une peau tigrée qui enveloppe tout le casque et forme une zone d'un décim. environ de hauteur. Les omemens, les écailles des jugulaires sont faites en fer- blanc mince où en cuivre laminé et enlevé sur les feuilles par un décoùpoir ou emporte-pièce, pressé par le balancier. Le chapelier garnit ensuite l'intérieur chine coëffe, double les jugulaires, place. les crinières et les aigrettes. On appelle jugulaires ces- brides qui retiennent le casque et qui garantissent les joues et les oreilles des coups de sabre. Les écailles dont elles sont; composées , représentées fi g. 6a et 63, pi. a , sont placées alternativement et cousues avec de petites bandes de fer-blanc qui «ont recourbées en dessous du cuir .sur lequel ellea sont assemblées et qui est lui-même doublé d'une étoffe ou d'une peau plus fine: Elles se recouvrent l'une sur l'autre de manière à cacher le lien transversal qui les attache. '
On fait maintenant de très-beaux casques qui sont é?un poli brillant. . .- - -•
167, La- cuirasse qui fait l'armure de nos cuirassiers n'est point non plus semblable à la cuirasse antique ; il s'en faut de beaucoup qu'elle soit aussi artistement travaillée et Qu'elle se dessine aussi bien sur le corps, niais elles sont plus sûres.. Elles sont composées de deuj^ parties façonnées en coquilles dont Tune enveloppe le devant et l'autre le derrière du corps eu lai-
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gant le mouvement de la tête , des bras et des caisses parfaitement libre. Chacune de ces coquilles faites d'acier ou de fer battu est polie en dehors et doublée d'étoffe en dedans : elles se réunissent en se croisant sur les épaules et sous les bras au moyen d'agraffes. La coquille de devant présente un angle saillant et curviligne correspondant au milieu de PeStomac , qui lui donne tout -à-la- fois de la force et une disposition telle que tous les coups directs sont réfléchis a droite et à gauche : elle est d'ailleurs à l'épreuve des balles de fusil. On la fait ordinairement d'acier, afin qu'étant plus mince et plus légère elle conserve néanmoins toute la force nécessaire. La coquille de derrière , qu'on regarde comme moins importante, est faite avec de la tôle de fer.
Leur fabrication se fait par estampage , soit sous le mouton, soit sous un très-fort balancier. Les feuilles de métal destinées à cette fabrication doivent être sans défauts et d'une dimension donnée ; chauffées presqù'au blanc dans un four à réverbère , elles sont portées l'une après l'autre c^ans cet é<£t sous le mouton ou sous le balancier où quelques coups suffisent pour leur faire prendre la forme des matrices. Le reste du travail regarde le polisseur d'acier.
Les matrices dans- lesquelles on bit prendre aux coquilles la foiyne nécessaire sont ed fer et d'un travail très-difficile en ce point qu'il ne souffre aucune imperfection. Gomme oes matrices sont composées de deux parties , Pune en creux , l'autre en relief, il faut que les pleins se rapportent exactement aux creux à peine de voir s'éclater la majeure partie des* feuilles métalliques, qui seront soumises à leur pression. La moindre déviation dans les courbes entraine la perte du travail,
168. Les troupes allemandes n'étaient plastronnées que par-devant , et l'on à long-tems agité la" question , qui n'est pas encore résolue, de savoir si cette méthode n'est pas préférable en ce qu'elle charge moins le cavalier ; car, telle mince que soit la cuirasse, son poids varie entre onze et quinze livres. Je crois qu'on pourrait résoudre la question à l'avantage de la méthode française. Un cuirassier me raconta que, dans
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un combat nocturne qui eut lieu la Teille ou la sur* veillé de la bataille de liatisbonne, un régiment de cuirassiers français se trouva mêlé pendant la nuit avec un régiment de cuirassiers autrichiens : on se battit long-temps dans les ténèbres ; mais enfin, chacun risquant de tuer ses camarades et la moindre interpellation attirant sur-le-champ sur celui qui la faisait une «pèle de coups, on garda d'un consentement tacite unanime le silence le plus absolu ; chacun attendant qu'un raypn du jour vint lui montrer si son voisin était ami ou ennemi, et si, dans cette- horrible mêlée , la mort avait plutôt moisonné d'un côté que de l'autre. Aux premiers rayons du jour, tous remarquèrent que le nombre des Autrichiens morts Ou blessés était plus considérable, et il Tétait tellement que les survivans furent obligés de mettre has les armes. Les Français s'accordèrent tous pour attribuer leur avantage à leur cuirasse du dos qui les avaient garantis de ce côté j tandis que l'ennemi avait eu beaucoup des siens de tués par des coups de pointe qui avaient pénétré dans le dos et entre les côtes. Nous consignons ce fait dont on tirera d'ailleurs telle conclusion qu'on jugera convenable , mais qui nous semble établir que 1 avantage pour la conservation de l'homme résultant de la cuirasse devant et derrière est plus grand que ne l'est le désagrément causé par l'augmentation du poids de l'arme.