DE L'A S MOI III
saisi dans l'échancruré^de l'ètau, le compagnon frappe de la tête de son marteau à panne sur le dos delà courbure de la plaque , d'abord, un peu de biais pour amener de la matière en' dehors du pied du coude r ensuite il frappe d'aplomb pour aplatir la plaque. Dans la deuxième chaude, on continue à préparer la plaque qui doit former la douille, en réservant, au travers du milieu , de la matière pour former le bourrelet qui sera l'embase de la virole; On en réserve aussi aux deux angles qui se .trouveront à la partie, inférieure de la* douille, parce que ces deux angles rapprochés, quand on roulera et soudera là plaque, formeront l'éminence dans laquelle on doit pratiquer le pontet qui sert de passage au tenon du fusil. ™.
La chaude suivante n'est donnée qu'au rouge-cerise ; elle n'a pour objet que de chahfreiner les bords de la plaque pour lea disposer a être soudés : cette opération se fait , ou directement sur l'enclume, ou surl'étampe. La -pièce remise au feu et chauffée au rouge-cerise , il s'agit dérouler la plaque pour lui donner ïa forme de douille. A cet effet-, le forgeur porte la. pièce dans les mâchoires £ demi-ouvertes de J étau , et donne quelques coups de la panne de son marteau au travers de la plaque , et la fait plier ; il porte la pièce sur l'enclume, et continue de l'arrondir avec la tète de son marteau , en y passant le plus petit de ses mandrins , et ayant soin de faire croiser les .bords chahfreinés d'environ 18 millimètres (8 lignes ), il finit cette opération sur l'étampe^et laisse la pièce se refroidir dans cet état pour être continuée dans la troisième époque du travail.
Troisième époque. Trois chaudes suantes sont employées à souder la douille.: la première pour souder l'extrémité supérieure, la deuxième pour l'inférieure, et la troisième pour compléter la soudure ; c'est le forgeur seul qui fait cette opération, en passant chaque fois la douille surie mandrin que porte le tas , comme sur une bigorne, pour rapprocher, à petits coups, les deux parties qu'il s'agit de souder. Il passe le second mandrin à main dans la douille , et laisse le travail dans cet état pour continuer à souder les autres douilles.
Il8 MANUEL
Quatrième époque. La douille s£ trou ve terminée dans cette dernière division du travail. Il s'agit de porter le corps de la douille à sa longueur et d'y façonner le bourrelet , d'en bien dégager le coude, et de former l'éminence qui deviendra le pontet. La pièce, chauffée au demi-blanc , est mise et frappée entre les étampes qui doivent, former le bourrelet, Avant cela , on a eu soin d'introduire dans la douille le mandrin à main de moyenne grosseur. Les trois chaudes suivantes ont le même objet , fc en faisant, à la dernière, passer le plus gros mandrin et façonnant le pontet. La troisième et dernière chaude n'a pour objet que de recuire la pièce, qui, ayanfesubi un martelage continu , serait trop dure pour Top £ ration de Valèsage. Les deux orifices de la douille étant dressés à la lime , le maître applique son poinçon au coude et livre au magasin.
Dans les ateliers du Gouvernement , le contrôleur des armes noires examine l'intérieur de la douille pour s'assurer si la pièce est sans défaut dans cette partie > ou si les défauts qui y restent sont dans le cas d'être emportés par l'àlèsoir. Il examine ensuite si -chaque partie a la forme, et la dimension prescrites. S'il s'y trouve des défauts irréparables , il met la pièce au rebut. Lorsque le défaut peut se réparer , il fait sur l'endroit, à la craie ou avec son marteau , une inarque convenue qui indique son espèce.. Les pièces de rebut sont cassées ; celles qui peuvent se réparer sont re-
Ïiortées au maître , qui y fait le travail nécessaire , et es soumet de nouveau à l'examen du contrôleur. Les douilles reçues sont marquées à froid , sur la masaelote , dû poinçon du contrôleur.
i5i. Alésage des douilles. On passe dans chaque douille six alésoirs différens ( Voyez 82 , 84 , 85 , 86 ) , depuis le diamètre de i4 millimètres jusqu'à aa, au plus gros bout. Deux enfans, l'un emploie à mettre de l'huile et l'autre à faire mouvoir le chariot qui porte la douille, en alèsent 200 dans la journée, après celte opération, elle passe encore à l'examen du contrôleur qui applique son poinçon au coude des douilles lorsqu'il les trouve définitivement bonnes.
i5a. Fabrication des famés. Il faut au forgeur de lames de bayonnettes une forge à-peu-près semblable.
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ii celle du forgeur de douilles et outillée de même à l'exception des étampes qui sont différentes et en plus petit nombre. Il n'en faut ici que deux de dessous dont une sert à former l'épaulement de la lame à sa base 9 et l'autre à mouler l'arête du dos. Les dessus sont des chasses emmanchées ( Voyez 10 $ 8, étampes). dont la convexité de la tête est plus ou moins forte afin de pouvoir varier la courbure de la concavité de la fade opposée. L'acier employé à cette fabrication est le même que celui employé pour la fabrication des lairies de sabres. (i38) Le' calibre le plus convenable est de 1-4 a 18 millimètres , il en faut % hectogrammes (6 onces et demie) pour chaque lame ; et, comme un forgeur peut en faire et souder trente*!* à quarante dans sa journée, la quantité à lui fournir par jour sera de sept et demi à huit kilogrammes ( i5 à 16 livres. )
Procédés du forgeur de lames. Son, travail se divise en neuf parties, tiombre des chaudes qu'il est obligé de donner pour finir .une lame. Plusieurs baguettes d'acier sont mises au feu à-la-fùis,' et il prend toujours Aile •qui est la plus près du vent aussitôt qu'elle- est suffisamment chaude pour son opération. Dans la première chaude, il ét^re l'acier,' prépare l'amorce qui doit être soudée à la masseiotte de la douille et coupe le morceau d'environ a décimètres (7 pouces) destiné à faire une lame, c'est ce qu'on nomme une maquette; le compagnon les pèse et en fait trots tas , l'un de celles qui pèsent juste 2 hectogrammes (-6 onces), un autre de celles qui pèsent uri peu plus, et le troisième de celles qui pèsent moins. Les douilles étant distribuées de la même manière, les maquettes légère? sont mises avec les plus fortes douilles et vice versa, de sorte qu'il en résulte une espèce de compensation qui amène chaque bayonnette a avoir, le. poids exigé, bien que chaque élément ne fut pas exactement juste. '
La deuxième chaude a pour objet de faire la soudure ; à cet effet les deux pièces sont chauffées,ensemble, et, quand la chaleur est jugée suffisante, le maître prend une pièce dé chaque main et les applique 1 une sur l'autre sur l'enclume, le compagnon frappe aussitôt à petits coups et vit© jusqu'à ce. que
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la soudure sort faite. Alors on forge carrément environ le tiers de la longueur de la Lame :- dans ce moment, engageant la douille et je coude dans le dressoir fixe, et avec le tourne-à-gauche à main que le maître applique tout près, il tord la maquette de manière à placer un des angles vis-à-vis la douille» Cet angle, * par la suite. du travaille trouvera applati,maia l'angle opposé formera l'arrête du dos de la lame* On commence <Jp suite sur l'étampe , disposée pour cela , à former là base de la lame en appelant , par des coups de marteau donnés de biais, de la matière aux angles.
A la troisième chaude on finit d'étirer carrément le reste de la lamé.
Les, quatrième et cinquième chaudes sont employées à former sur l'étampe l'arrête du dos de la lame depuis la naissance jusqu'à la pointe. On ne fait point encore usage des étam'pes de dessus; c'est au marteau frappant directement qu'on exécute se travail. On a soin de graisser souvent l'étampe avec de l'h#le de navette et du saindoux et de nettoyer avec une lame aiguë l'angle rentrant du fond de l'étampe.
A la sixième chaude on perfectionne le travail précédent, en appliquant successivement les quatre dessus d'étampe qui doivent former la concavité de la face intérieure ; s'il se découvre quelque paille on aura -soin de les retirer avec la lime ou le burin avant d'appliquer le dernier étampage. •
Les septième , huitième et neuvième chaudes, sont employées. à perfectionner. le travail et à parer l'ouvrage avec la plus petite etampe. Toutes les lames terminées de cette manière sont portées au magasin pour y être examinées une à une par le contrôleur des armes noires qui applique son poinçon sur celles qu'il ju£C préférables.
i53. Trempe. Nous rappelons ici sommairement quelques-unes. des propriétés de l'acier auxquelles il faut faire attention quand on trempe. Si un acier est mai affip-é ou d'un grain inégal, il se touftnentera à la trempe et sa dureté ne .sera qu'accidentelle. Un morceau d'acier chauffé inégalement, fut -il d'ailleurs de la meilleure qualité, ne prend pas une égale dureté a la trempe. Du bon acier chauffé k un degré conve-
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nable, découvre à la trempe, et prend de la couleur au recuit. Celui qui n'a été blanchi ni à la meule, (1) ni à la lime prend successivement en s 'échauffant les couleurs suivantes ( Voyez i43 et i44) » l0 I e jaunâtre, couleur dé paille, a° le bleuâtre,' 3° le grisâtre cendré. On arrête le recuit au degré qu'on veut, en retirant la pièce-du feu et la plongeant dans l'eau : c'est . d'ayès ces propriétés que le trempeur en général se dirige.
Dans le cas dont il s'agit ie trempeur doit avoir une forge large au moins de cinq pieds en tous sens , recouverte pour pins de'propreté de tables de fer fondu. La tuyère, qui est ensuivre rouge, a son-orifice en demicercle afin de donner au foyer une grande étendue. Le trempeur ne se sert que de charbon" de bois de hêtre {Voyez i4'i > i4 2 J« La consommation de charbon est d'un panier d'un mètre cube pour cent bayonnettes. 11 peut en tremper 5oo par. jour. L'auge dans laquelletl plonge les lames a deux mètres de longueur sur trois décimètres environ de largeur et. 65 centimètres de profondeur; il lui faut 'd'ailleurs les autres accessoires dont nous avons parlé plus haut pour la trempe des lames de sabres. •
La hayon nette étant bien dressée , le trempeur la présente au feu , la douille en haut ; il rai donne des mon veméns. d'avant et arrière pour que la chaleur se répande partout également sur la lame. Quand elle est à son point de chaleur , rouge cerise , il la retire , et passé deux fois l'arrête du dos dans les écailles d'acier mouillées dont nous avons pai^ (»45) qui se trouvent amoncelées sur une petilt^planche placée auprès de l'auge. Alors il plonge la^àme dans l'eau en lui conservant la même position' où elle se trouve,
( i)j£eci est CMitre l'usage reçu pour faire revenir la trempa, et , afin d'avoir des couleurs plus vives, plus tranchées, plus appréciables , on eclaircJl l'acier. Dans le cours de celle déni on stra lion r il y a plusieurs choses de peu d'importance' qui ne sont pas conformes à l'observation journalière ; mais nons aurions trop risque en cherchant à changer une démonstration d'ailleurs' très-bien faite et sur des matière* qui nous sont en. parlie inconnues ; peut-être ta qualité de l'acie^ peut-être cette sorte de fabrication exigeaient-' elles qu'il en loit ainsi,
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l'arête do dos en bas, en commençant par la pointe et tirant à lui.
Si l'aciei découvre, il recuira jusqu'à la couleur bleuâtre , sinon il ne recuira que jusqu'au jaunâtre couleur de paille ; mais , comme cela indiquerait uo acier faible, il chaufferait la pièce suivante un peu 'plus, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ait atteint le degré de chaleur qui mettra la pièce dans le cas de bien découvrir , et c'est à ce degré qu'il se fixera pour tôxites les autres pièces , qu'il recuira alors jusqu'au bleuâtre. On ne recuit jusqu'au grisâtre cendré- que les aciers d'une dureté excessive. La bayonnette étant trempée, il s'agit de la recuire. Là bonne méthode pour cela est de ne passer la lame que sur le charbon allumé et non pas an travers. Le trempeur la retire aussitôt que la couleur qu'elle a prise lui paraît être celle qui convient. Si elle s'était tourmentée il la redresserait pendant qu'elle est chaude au moyen d'un marteau à panne et. sûr une enclume. *
i54. Aiguisage. Ce travail se divise *en trois teins, l'aiguisage à la meule , le polissage à l'émeri et le brunissage au charbon. Il faut distinguer aussi le travail particulier à faiie sur le dos de la lame et sur sa face extérieure.- L'aiguiseur opère ordinairement sur cinquante ou soixante bayonnettes qui doivent être l'ouvrage de deux journées de lui et de son aide.
11 commence par mettre la lame à la longueur juste en usant la pointe sur l'un des côtés plats de la meule, il aiguisera eu travers et carrément les deux bords de la lame ; il blanchit l'arête du dos, et forme la pointe en usant les tfjR faces, il ne manque pas de vérifier les largeurs en présentant au foureau. Il passe à la meule canelée pour aiguiser en long sur les canelures le creux du dos et les pans de la lame, en observant la courbure de chacune de ces parties. Il termine ce travail tant sur les faces du dos que sur la face intérieure, en travers , sur des meules d'un très-petit diamètre qui, toutes, sont mues par un moteur quelconque, ( foy. i45 et les fig. 5a — 61 de la planche a), quand les pièces s'échauffent trop il les plonge dans l'eau.
1 55. Le polissage se fait à l'émeri sur une grande meule de bois de 80 centimètres envirAi de diamètre
de l'aemurier. Il3
qui porte sur son champ les cannelures nécessaires pour enlever l'huile de dessus la pièce. Le polisseur la saupoudre de sable fin ou de cendre et lapasse à seo sur les cannelures de la meule.
i56. Le brunissage se donne également sur une grande meule de bois disposée à cet effet. On frotte «à circonférence en mouvement avec un charbon d'aune ou de hêtre , et on polit ensuite avec l'agate ou la pierre de sanguine dure. Tout ce travail étant terminé, chaque pièce est soumise à l'examen du contrôleur d'arrhes blanches qui applique son poinçon sur celles qu'il juge bonnes. •
1 5 7. Virole et vis. La virole est faite avec de là verge de fer mâché au martinet du poids ^environ un kil. la verge d'un mètre 536 millimètres { 4 pieds ). Une virole se forge en cinq chaudes , ordinairement par le* ouvriers limeurs. Dana une chaude, le même ouviier force quatre vis,
fi reste , pour terminer la bayonnette , à limer la douille , la virole et la vis. Ce travail n'a rien aV particulier; il s'exécute par des limeurs ordinaires en observant d'imiter rigoureusement le modèle de chaque chose : on commence par faire rougir les douilles pour enlever l'huile qui a pu s'y attacher pendant le polissage de la lame , et pour adoucir la matière. Pour pratiquer l'entaille , on commence par entamer dans Téminence réservée pour le ponte* l'échancfure qui doit donner , passage au tenon, et on continue à faire l'entaille avec un burin et un mandrin armé d'une échoppe de la grosseur même du tenon» Une bayonnette finie jloit peser à-peu-près neuf onces.
Epreuves de l'èpêe , 'du sabre, et de ta bayonnette.
i58. L'épreuve de Cépée se fait par le pli , en fixant la pointe dans une planché posée a terre, et en Courbant violemment la lame ; la courbure doit présenter l'aspect du/;, si elle avait lieu au-dessus de lapointe plus qu'à cette pointe, nféme , cela serait une preuve que la lame n'a pas été bien filée , ou qu'elle a été inégalement trempée ; après, avoir plié dans un sens ou plié dans l'autre \ la secousse que donne ' lame an poignet en se redressant doit être vive et for
la lame doit redevenir parfaitement droite lorsque la pression a xessé ; an beau poli bien pur est une prévention favorable de la qualité de l'acier qu'on ne peut d'ailleurs parfaitement reconnaître que lors de l'aiguisage. Cependant, si l'épée j frottée contre les pavés, fait jaillir de vives étincelles, on peut estimer qu'elle a été faite de bonne matière.
159. L'épreuve de ta baïonnette se fait en prenant la lame à la. main , et en frappant de la douille , tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, contre un billot de bois dur planté en terre.
160. Toutes le* lames de sabre , excepté celles d'artillerie à pi^d, d'artillerie à cheval et des grenadiers, subissent deux épreuves. On les plie dans les deux sens opposés d'une quantité convenue, et on- les fouette sur le billot. Les trois sortes de lames courtes dont il vient d être question ne subissent que la deuxième épreuve. Pour plier les lames longues , on les piqne à terre sur une planche, comme nous venons de le dire en parlant des épées, on les tient un peu inclinées, ou appuie doucement et on ekami'.e si la courbure est régulière et suit depuis la pointe jusqu'à la base sans former de
{'arrêt, on pousse la courbe bien plus fort que dans 'épreuve des épées, et jusqu'à ce que la flèche ait de a4 à 27 centimètres. Cette latitude qui laisse quelque chose d'arbitraire n'a aucun inconvénient dans les mains des contrôleurs -dont la grande habitude tient lieu de méthode. L'amplitude de la courbure n'est pas la seule chose à régler dans cette épreuve, la vitesse du mouvement et son uniformité sont aussi des élémens essentiels. Après avoir plié la lame dans un sens on la plie dans l'autre. Il faut qu'elle revienne parfaitement droite et ne se brise point.
Le billot sur. lequel on fouette les lames est de bois de chêne très-uni , c'est un cône tronqué de 84 centimètres de haut portant à sa base 49 "centimètres environ «t 3a centimètres et demi à sa partie tronquée. Le contrôleur étant debout devant ce billot donne à sa lame une inclinaison de 4$ degrés au moment où il frappe» Pour les lames longues il faut que la pointe aille toucher le billot ; mais pour les lames courtes il n'y a pas d'autres règles que de frapper à tour de bras.
de i/abmoiikh. i>5
On répète cette épreuve deux fois de chaque côté pour chaque lame, et l'on peut compter, s'il y a quelque défaut Caché, qu'il sera découvert.
s- iv.
1 6 1 . Le poignard n'est plus une arme de guerre pour les nations de l'Europe , nous en pfrlerons dans la 4 e partie (armes de fantaisie), tes Turcs, et les peuples d'Asie et d'Afrique, font encore un usage fréquent du poignard, ils en portent à lame, de damas avec dés poignées enrichies de perles et de diainans ; mais il n est pas-probable que les armuriers français pour lesquels nous écrivons soient appelés à en fabriquer , Ce serait /^ailleurs pour eux la moindre des choses, remplacez la douille d'une bayonnette par une soie et vous aurez la lame d'un poignard. Aiguisez un tronçon d'épée et vous aurez encore un poi- Î'nard , on en trouve d'ailleurs de tout fabriqués dans e commerce de la quincaillerie qui se vendent aux graveurs sous le nom de grattoir* ; œs outil» qui ont, quatre côtes évidées et tranchantes sont les poignards les pluseffrayans qu'on puisse imaginer. Nous donnons, fig. 29 , pi. 2 , le dessin d'un poignard antique qui
fioùrrait servir de modèle, s'il en était demande pour e théâtre , et noua renvoyons) pour le surplus , a la quatrième partie.
16a. La lance est l'arme le plus anciennement conn ue, elle n'a jamais été totalement abandonnée ; depuis les dernières guerres, elle a repris faveur , et nous avons maintenant des régi m eus de fonciers. Dans le principe , ainsi que nous l'avons dit au commencement de cet ouvrage , la lance n'était autre chose qu'un long bâton pointu auquel on ajouta un os pointu , puis un dard d airain durci, ou un fer aplati et pointu, et enfin un fer garni de crochets et semblable aux fers de flèche ( Voyçz fig. 19, pi. 2 ). De nos jours, les lances des cosaques ne sont armées, le plus souvent , que d'un long clou de fer appointi ; Us les lancent et atteigne leur ennemi d'assez loin > ils les retirent ensuit'
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moyen d'une courroie dont ils retiennent le bont. Dans le moyen âge, les cavaliers nommés estradiots étaient armés d'une arzegaie ; c'était une espèce de dague longue de six à sept pieds , et armée des denx bouts d'une pointe de fer qu'ils lançaient contre l'ennemi ; la fig. 26 , pi. 2 y représente cette espèce de lance, qui était l'arme det simples soldats. Il y avait , dans le même tem», des piquiers ou hallebàrdiers fantassins qui portaient des lances de huit et même de douze pieds de longueur. Ces troupes de lanciers à pied formaient alors la meilleure infanterie ; la lance du premier rang était de buit pieds , celle du second de dii pieds, celle du troisième de douze. Les coups en avant étant alternés, il s'ensuivait qu'il nV avait point d'intermittence entré les charges , et qu'il était fort difficile d'entamer les corps serrés ainsi armés. Notre bayon nette seule,. et sans le secours du fusil , ne serait pas comparable à cette lance ainsi employée ; aussi, voyons-nous , dans les guerres de l'indépendance de la Suisse , des braves se dévouer pour qu'il devînt possible d'entamer des colonnes ainsi organisées, l'un, ea réunissait sur sa poitrine une brassée de lances, d'autres en faisant baisser les lances avec une lance en travers. L'atteinte de la lance était tellement funeste, que c'était principalement pour s'en garaptir que les chevaliers se couvraient de fer. l^ous pensons que l'emploi de la pique a été trop négligé , et que , dan* ce moment , on le corps des soldats est livré sans défense à ses coups , la pique ferait de grands ravages: elle atteint déplus loin que la bayonnette, elle se manie plus aisément , elle serait toute puissante contre la cavalerie. La fig. 37. ni. 2 , représente une pique ou lance , suivant la forme la plus ordinaire.
i63. Quant à la hallebarde ou pertuisane, fig. 28,
{>1. 2 , on neja voit plus que dans les musées et entre es mains des suisses d'église. Le fer est d'un forgeage très-difficile. Il est probable que les anciens s'en servaient non-seulement, pour porter des coups de pointe, mais aussi comme d'une hache ou d'une masse d'armes ; la pesanteur du fer devait rendre les coups mal assurés, et, une fois à terre, il devait être difficile de la relever; aussi , peusons-nous que l'usage de cette arme e*t passé sans retour.
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164. Quant à la pique simple, G g. 27, on la fabrique de deux manières : à douille pleine, ce qui vaut beaucoup mieux , ou à douille débouchée. La douille pleine se forge d'abord plate, on la replie dan* l'étau , on la soude à chaudes portées sur une bigorne. L'autre douille se fait sur un mandrin ; elle est bien plus proroptement faite, mais, nous le répétons, elle est foin de valoir la douille pleine. On peut aciérer la lame de la pique en y soudant de l'acier, mais on les fait ordinairement en fer.
i65. Les lances dont se servent nos lanciers sont faites en acier par le bout ; la douille est .fendue en deuc sur la plus grande partie de la longueur, et forme deux .pattes qui se fixent sur le fût à l'aide de rivures. Ces lances, qu'on fait mouvoir avec le pied, sont légères et bien construites. La fig. »5, pi. 1, donne l'idée de ia'manière dont sont faits les fers. Après denx cents ans d'abandon, la lance a été reprise dan» la cavalerie française en 1607. Voici sa description d'à* près le modèle 1816.
• Modèle de 1816.
La lance est en acier à deux marques ayant trois faces èvidéés ;.sa longueur est de i35 millimètres ( 5 pouces ) ; la douille et ses branches sont en fer , ainsi que le sabot, ses branches et les vis ; la hampe est en bois de frêne noirci avec un acétate de fer * r son plus grand diamètre qui correspond à l'extrémité de la grande branebe du sabot est de 33 millimètres ( 1 pouce 2 lignes 6 points) et sa longueur de 2 met. 568 (7 pieds 10 pouces 7 lignes) ; le centre de gravité est placé à 974 milim. (3 pieds) de l'extrémité inférieure du sabot.
Les branches de la lame et du sabot sont arquées à leur naissance près des douilles. Le fanon est fixé sur le haut de la hampe au moyen de trois vis. La longueur totale de cette, lance est de 2 mètres 84a ( 8 pieds 9 pouces ) ; elle coûte 9 fr. 98 cent, non compris le fanon» -' •
On éprouve les branches de lame de lance en les rapprochant l'une de l'autre et en les écartant em légèrement ; cette épreuve a pour objet de recon
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si les branches de la laine sont bien soudées ; on éprouve de même les branchés du sabot , mais on les écarte moins que celles de la lame.
On s'assure avec la lime si la lame est d'acier ; si elle a été trempée comme H convient ;' on examine aussi si elle n'a pas de criques, principalement sur les côtés, ni des pailles pénétrantes : il est essentiel que le bois soit sec avant d'être mis en œuvre , sans nœuds nuisibles, et de fi.l sur toute sa longueur.
La machiné à éprouver les lames montées consiste -en un plateau de bois dur portant un appui et un arrêt dans lequel est pratiqué un évidement triangulaire , dont la base est dans le plan de la surface supérieure du plateau. Le devant de' l'arrêt et l'extrémité du plateau sont garnis d'une plaque d'acier ; l'arrêt etia partie supérieure de l'appui sont aussi en acier.
La hauteur de l'appui est de 162 millim. (6 pouces) et les distances du milieu de cette'pièce du devant de l'arrêt et à l'extrémité du plateau sont l'une et l'autre de un métré 14 centim.. (3 pieds 6 pouces). On engage la lame dans l'évidementpratiqué à l'arrêt en plaçant la hampe sur. l'appui et on fait' effort potir la ployer jusqu'à ce que son extrémité touche à l'angle du plateau. Cette épreuve se répète trois fois en diffé-rehs sens.
La lance est portée dans une botte en cuir noir , de la forme d'un cornet sans fond et renforcie en haut et en bas par une courroie en cuir dite blanchet , cousue à l'en tour et assez longue pour qu'elle puisse embrasser la baguette de l'arcade de l'étrier et à laquelle elle est fixée. Il y a vers le milieu de la hampe une courroie dans laquelle passele bras droit du cavalier et qui la maintient par le haut.