FUSILS DE CHASSE ET , ACCESSOIRES
dont nous venons de donner la ^description ; mais il pèse trop aux mains de celui qui fait de la chasse un amusement: on a donc fait des fusils ptus légers, d'un calibre moins fort, moins robuste d'ans tout leur ensemble; mais plus finis* plus maniables que les f usiis de munition , ce sont ces fusils qu'on nomme fusils de chasse.
Ces fusils sont d'ailleurs composé* de parties à-peuprès semblables , mais plus légères, et entrer dans le détail et la description de ces parties serait, à peu de chose près, répéter oe que nous venons de dire ; nous n'avons donc qu'il indiquer les différences et à extraire des ouy rages techniques, là description des nouveaux procédés dans lesquels l'emploi de la poudre fulminante a remplacé Pamorce ordinaire.
Ainsi que les fusils de guerre, les fusils de chasse ont suivi une échelle de perfectionnemens successifs. Vers le milieu du 17* siècle, on chassait encore avec l'arquebuse â rouet (voy..ce mot), malgré là gène que cette arme imparfaite devait causer au chasseur : cette mèche brûlant sans cesse, répandait une odeur qui avertissait le gibier, et devait être bien redoutable au milieu des chaumes et autres endroits où le chasseur se met à l'affût. Quoi qu'il en soit; il fallait bien 3u'on s'en servît, puisque l'ordonnance de François I e ** e i5i5, range les escopcttçs ttnrquebutes parmi le* instrumens de chassie.
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Les fusils doubles datent du commencement du
' 17» siècle : il en a eu à rouet (voy. ce mot, 169, et au
vocabulaire) ; mais les deux canons, au lieu d'être
soudés ensemble, comme ils le sont aujourd'hui l'un à
côté de l'autre, étaient seulement ajustes et maintenus
{>ar les queues des culasses. Plus tard on les assujétit e long de la monture par trois ou quatre goupilles, Ï tassant à travers des tenons, situés l'un vis-à-vis de 'autre, et faisant partie de l'un et de l'autre canon : il y avait une visière et un guidon par canon, l'entredeux vide formait un. angle rentrant en-dessus et endessous. Jean Leclerc fut le premier qui souda les canons doubles, à Paris; vers 17.38 ; quelque temt après, ey>74o> la fabrication s'en fit plus en grand dans la mte de S l -Etienne. o
Cette manière plus simple, d'un emploi plus suret plus facile , de mettre les deux fusils sur une même ligne horizontale, ne fut pas trouvée tout d'abord, mais ne fut que le résultat de la -comparaison. Avant Jean Leclerc avaient paru les fusils à deux coups tournans , et à une seule platine , les canons étaient «itués l'un au-dessus de l'autre; lorsque celui de dessus était déchargé » on faisait revenir endessus le canon du dessous, on armait de nouveau le chien et l'on tirait le second coup cornac le premier; les deux canons étaient seulement rapprochés. On a Cait des fusils à quatre, à sept, à neuf canons; mais le poids de ces armes s est toutou devinssent usuelles.
229. L'un des désagrémens qui doivent être le plus soigneusement évités dans le fusil de chasse, c'est le recul, et malheureusement nous n'avons pas de règles fixes et^ invariables, autres que l'essai, pour déterminer quel fusil repoussera ou ne repoussera pas : on paré un peu à ce grave désagrément en épaulant bien le fusil, c'est-à-dire, en le faisant porter sur l'épaule, dans toute l'étendue de la plaque de couche; mais. cela n'empêche pas le fusil qui recule de produire un ébranlement qui nuit à la justesse du tir, non-seulement par l'effet du recul lui-même, mais encore par l'appréhension qu'il cause à celui qui va tirer le coup, et dont l'attention est involontairement
est toujours opposé à ce qu'elles
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détournée. Le plus sûr moyen est d'essayer le fusil et de rejeter celui qui recule *, car cet effet tient k des causes qu'il n'est pas possible de définir, et par- • conséquent l'artiste ne peut corriger 1 arme qui a ce défaut. On doit donc choisir le fusil qui a le moins de recul, nous, disons le moins, car tous en ont, et cel* tient tellement à la nature de l'armé qu'U est difficile de prévoir comment' il sera possible de l'-en garantir. On a vu (177, $ *)» parles expériences qui Ont été •faites, que la situation de la lumière ne fait rien au recul ; mais on pense, avec quelque fpndemcnt, que le dressage parfait de l'intérieur du canon doit diminuer de beaucoup cet effet , ainsi que la .pente de la poignée de la crosse; plus cette pente, dit-on, est inclinée, moins l'effet est sensible. Cet.èffet est dû à la résistance opposée par l'air et par le projectile à la force expansive des gaz dont la production instantanée forine l'explosion ; ainsi , plus le projectile sera pesant, plus l'air sera dense , plus le recul sera senti. Il est à désirer qu'une suite d expériences soit faite à cet égar.d avec le dynamomètre dé M". Régnier, en ayant soin de peser les balles avant de les employer. La mesure du calibre ne pouvant suffire , fmisqu'en fendant plusieurs balles on remarqué dans les unes ou dans les autres des soufflures qui influent plus où moins sur' leur poids, tes expériences devraient être faites à diverses époques lorsque l'air est extrêmement raréfié par la chaleur, etaux époques où il e,st le plus dense , par ce moyen!, on parviendrait peut-être à connaîti» le minimum d'effet auquel il est possible d'atteindre . 0uant à la condition que le tube sera parfaitement calibré et lisse à l'intérieur, nous perfsons qu'elle est essentielle pour qu'un canon ait moin»
de recul. .
Un autres avantage résultant de cette dernière condition sera, la rectitude du. tir. Les Anglais, studieux, travailleurs, inventifs- et grands chasseur* , ont porté-sur cet objet, comme sur une infinité d'autres, une attention soutenue et, dirigée par des essais; mais jusqu'à présent ils n'ont encore apporté aucun perfectionnement dans cette partie, et nos canons cylindrique* sont préféré-s ù leurs canons coniques à 1 mté-
ao4 iiauon.
rieur , qu'ils prétendent devoir porter plus loin et pin» juste. Nous empruntons à Fauteur du Traite générât des Chasses les réflexions suivantes sur ces canons a intérieur conique.
« Il est sans doute Vrai que le coup a d'autant plus de portée que la charge de poudre est plus comprimée ; en effet, la décomposition de la poudre par la combustion forme une; quantité plus ou moins grande dé gaz dont le volume est plusieurs centaines de fois plus considérable que celui de la poudre. L'espace qu'elle occupait n'étant pas assez grand pour la contenir, il se fair'un effort en tous sens qui fait céder la partie la pi as faible, et la charge est chassée au loin. Si donc, une quantité de poudre donnée doit , parla combustion , jyendre un certain nombre de fois son volume, il est clair que, plus cette même quantité sera comprimée dans un petit espace , plus l'effort qu'elle fera en se dilatant sera violent. Delà, l'expulsion qu'elle communiquera à la charge sera plus vive , delà aussi,, le mouvement du recul sera prus prononcé; mais, dans le cas préseut, le rétrécissement du calibre vers l'embpuchuré des canons anglais ne comprime pas la poudre elle-même, il serre seulement au passage la charge de plomb et les deux bourres, et présente une résistance quelconque plutôt propre à diminuer la portée qu'à l'augmenter, et surtout capable d'imprimer à l'arme une plus forte répulsion. »
« Quant à l'écartement du plomb auquel on prétend remédier par le. même moyen * nous nènsons que l'effet contraire doit plutôt avoir Heu, et, en effet, si 1a charge de plomb, chassée par l'impulsion de la poudre, trouve d'un bout à l'autre un calibre bien égal, il est vraisemblable qu'elle devra en sortir en masse dans l'état où elle se trouvait dans le tonnerre , et par conséquent porter ensemble au but ; au contraire, si cçtte même charge trouve, à mesure qu'elle avance dans le canon, une capacité plus étroite, il est clair que les grains de plomb, repoussés vers le centre, Téagissent les uns sur les autres et , qu'au moment où Us sortent du canon, un reste de l'impulsion , que chacun a reçue du resserrement du calibre , peut in-
db l'armtjhiik. t 5
fliier sur. leur direction et en provoquer l'écartcment ; c'est l'effet de plusieurs boules qui , heurtées l'une contre l'autre , se repoussent réciproquement et chacune en raison de leur état de repos ou mouvement et de la forcé qui agit. »
« On a fait de nombreuses, expériences pour constater Pinfluence que peut avoir sur le recul d'un canon la lumière placée plus ou moins près du niveau du bouton de culasse. Ces expériences' ont eu lieu avec le même canon, chargé de la même manière, et ayant plusieurs lumières percées d'abord au niveau delà culasse, ensuite & tleux lignes *u-dessus, enfin* à un plus grand éloignement. Les lumières qui ne devaient pas servir étaient exactement fermées par une vis. Ces épreuves dnt donné . il«st vrai, des différences peu sensibles ; cependant, en les comparant, l'avantage reste au canon dont ta lufm^ère est percée au niveau de la cul dise \ c'est aussi notre opinion, et l'invention des culasses chambrées, dont, nous parlerons tout-à^l'heure appuie ce sentiment (îj. » .
« Quant à la manière dont la culasse ferme le tonnerre, il nbus^ paraît fort important qu'elle le fasse sans creux ou inégalité, les grains de poudre qui s'y logent s'enflamment les derniers et paraissent devoir occasioner une répulsion plus forte. »
« Nous pensons donc que,, le recul d'un fusil sera d'autant moins sensible que le canon sera mieux dressé, -que son calibre, sera partout également le même-, que la lumière communiquera le feu par le dessous de la poudre , que la culasse fermera le tonnerre sans inégalités, et qu'enfin, Usera chargé dans déplus justes proportions. Il n'y a pas de doute aussi que la manière dont il est monté peut influer (a) sur - • — — — — -■— — *— — • ; i i i — — -^-»~ — —
(i )' L'auteur n'avait probibfiment pas connaissance des expérience» rapportées plus bâu'l ( 177, £. à ) qui sont précises e,f laissent peu de chose a désirer , si ce n'est relativement am poids des projectiles. H ne nous, fait -point connaître comment et av*c quels instrumens res expériences ont été faites ; et , comme il annonce que les différences ont été peu sensibles , tout engage à- accorder plus de confiance à celles qui. ont été faites ,' à J>aris, en présence d'hommes in«truits« et qui «ni été parlement circonstanciées.
(*) Une pente ratioAnabie de la poignée, qui ne nuise point a U solidité. * * • . .' .
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le recul , wons «lirons plus loin quelle est la forme du bois la plus convenable pour parer a «et inconvé* nient. »
a3o. « De quelque qualité que soient les canons «âe fusil , il paraît qu'ils on* une portée égale, pourvu, toutefois, qu'ils soient bien forés et dressés, que leur Calibre, soit égal, et qu'enBn ils soient chargés de la même manière et avec les mêmes munitions; observons, que nous entendons ici par portée la distance à laquelle peut atteindre le projectile lancé par la •charge. Cependant, beaucoup de chasseurs trouvent qu'un fusil porte mieux qu'un autre , et souvent même ils font de la différence entre les deux canons d'un fusil double; mais ils entendent par là qu'un fusil porté plus juste qu'un autre : ceci dépend de l'habitude qu'un chasseur prend en se servant toujours de la ménfe arme , pu du plus ou du moins d'aisance qu'il trouve en tirant avec l'an des canous d'un fusil double. Nous pensons, que, pour, constater la portée, il faudrait faire des expériences qui fussent indépendantes de l'adresse du tireur ; car , en principe général , le fusil qui porte le mieux est cçlui dont fait usage le meilleur tireur; et, cependant, quelque adroit que soit un chasseur, il est difficile de croire qu'il tire deux coups avec la même justesse, delà la presque impossibilité de constater de cette manière fa portée de deux fusils. Les mêmes raisons existent pour la comparaison de la, portée de deux canons d'un FumI double; mais, de plus, la manière dont ils sont soudés peut influer* non pas sur leur portée, mais sur leur justesse : nous en parlerons tout-à-i'heme. Nous persistons, donc dans noire opinion; en effet, si deux canons ont *un calibre bien égal, si on les chaire de la même manière, quelle raison peut-on do. ut r pour qu'ils ne portent pas la même charge à la mekne distance ? La longueur même du tube n'y ajou'e ' rien , et les ca Mardi ères n'avaient une plus gr;u de portée que parce que le canon était plus étoile 1 1 qu'on y mettait une plus forte .charge.
\i{\ manière différente de charger un fusil, et une piûs \\):if', dose de -poudre, comme aussi la grosseur du plomb, peuvent causer des variations sen-
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libles dans la portée : un fusil chargé d'une même quantité de poudré , mais bourré plus fortement , portera plus loin qu'un fusil où la eharge de poudre n'aura été que pressée ; une plus forte charge de pondre chassera la charge plu» loin, et, plus le plomb sera gros , à charge de poudre égale , plus il sera-porté loin.
23 1. Mais il est une observation importante et sur laquelle on n'a pas , ee nous semble , assez insisté , c'est que la force dçrta poudre est d'autant plus grande que l'inflammation est subite, complète, instantanée. Cette force , ajoutée à la force ordinaire de la poudre au moyen de sciure de bois et d'autres moyens constatés par les expériences faites à Munich , à Vincennes et ailleurs , n'est due qu'à la combustion plus rapide que ces corps étrangers facilitent en permettant l'introduction de l'air entre les grains de poudre» Il résulterait de ces observations que la compression de la poudre, par la baguette que nous venons de prescrire, ne serait pas avantageuse; à part le mauvais résultat provenant de ce qu'une certaine quantité de grain» foulés contre les parois du tube , ou pressés fortement dans les angles , ne s'enflammeraient pas avec la masse , ils priveraient l'explosion de leur concours' : toute l'attention de l'armurier doit donc se porter sur l'obtention des. moyens de rendre la combustion rapide.
a3a. Dés essais ont été farta àcet égard : on a inventé, les culasses, chambrées. Le résultat de cette invention ne nous est pas connu ; On ne pourra en tirer une déduction fondée que lorsqu'une série d'expériences comparatives aura constaté l'avantage de ces culasses but les culasses pleines : nous devins néanmoins les faire connaître aux armuriers. Les fîg. 1, a et 3, pi. 3, offrent la coupe de trois culasses chambrées.
*33.La culasse, fig. i T % est d'une construction facile, la chambre principale a est creusée d'abord avec un foret de là grandeur du conduit de Communication existant à Ta partie centrale et inférieure de cette chambre , puis le trou est agrandi «t façonné à l'aide d'une mêchë à conducteur d'abord, dont le têton s'en-. Cage dans le premier forage, puis enfin avec un.c*
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fraise à pivot. Quant au canal de Jumière b, il se fait avec un foret ordinaire, en commençant par le côté e, et dirigé de manière à ce qu'il rencontre le premier forage et parvienne au point opposé où il forme la lumière ; on agrandit le trou avec une mèche à conducteur jusqu'à deux ou trois millimétrés de l'orifice de la lumière d ; on passe ensuite un taraud dans l'entrée du trou et on bouche cette • entrée avec une vis dont la tête est noyée et affleure l'arrasement de la culasse. La charge de poudre aoit emplir les deux chambres jusqu'à la ligne f*
On conçoit que la poudre épanchée dans la cavité t ne pourra jamais être trop comprimée par les chocs de la baguette , que l'inflammation sera rapide ; mais tf'aiira-t-elle pas lieu en deux tems , et l'explosion de la poudre , renfermée dans la première cavité » ne chassera-t-elle pas celle de la seconde avant son inflammation ? L expérience répondra sans doute à ces questions.
La figure 2 représente une culasse d'une confection plus facile et devant produire les. mêmes résultats : un foret de force moyenne fera le trou a qu'une inêcheà conducteur agrandira au diamètre b ; un foret plus petit pratiquera la lumière d qui viendra rencontrer le premier forage : cette culasse doit être prompte ment et facilement faife : son avantage est de communiquer le feu par le centre du-dessous de la charge.
La figure 3 est une autre manière de faire , plus préconisée que les deux autres par ceux, qui l k ont fait connaître ; quant à nous, nous ne voyons pas eo quoi elle doit leur être préférée relativement aux effets > et nous serions bien embarrassés de dire comment elle se fait , à moins qu'on ait recours à l'emploi d'ustensiles nombreux , de fraises et autres moyens qui nous sont inconnus ; l'élargissement dé la chambre > après l'étranglement, sera sans' doute un effet trèsdifficile à obtenir , et' nous aurions désiré voir cette culasse exécutée ; car on fait en dessin tout ce que l'on veut, mais il n'en est pas de même dans la pratique.