‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier: ou Traité complet et simplifié de ces arts (volume 2)Chapitre 31 sur 58 · Platine : c'est celle qui vient d'être décrjte · texte numérisé non relu

Platine : c'est celle qui vient d'être décrjte

a. Plaline. < •

Elle diffère dé la première en ce 'qu'au lieu d'an conduit sinueux disposé sur le conduit de la lumière ordiuaire , on a substitué nn conduit direct pratiqué dans la culasse. Par ce moyen,' les^enclnmes destiaéestà conduire le feu de l'amorce dans la charge sont supprimées et la lumière se trouve snr la calasse au lieu d'être sur le côté. Le foyer d'amorce est placé dans la tête du chien comme dans le système de la première platiné. La manière d'amorcer etJa poudre dont on fait usage sont aussi. les mêmes ; cependant, dans le système des deux -premières platines, en peut encore amorcer a l'a»4e d'une capsule en enivre rouge , emboutée,, de la forme, et de la capacité du piston. .

La. poudre d'araorce^dottf on se sert pour charger ces capsules est préparée exprès et ne peut servir qu'à leur usage : on en déposa dans le fond de )a capsule une quantité suffisante pour une amorce, el on la place aûisichargée sur le piston qu'elle coiffe parfaitement juste. La poudre d'amorce se trouve immédiatement placée, snr la • lumière. La chute diMnafteau, en enflammant la poudre, occasions la défection de la capsule qui se déchire et tombe ensuite par' fragmens.

On se sert pour confectionner ces capsules d'une feuille de cuivre

tire appliquée aux pistolets et particulièrement à ceux de poche, m

. Troisième platine.

« Celle-ci est hs Système renversé de la deuxième platine , c'està-dire, que le foyer d'amorce, au lied de se trouver dans la\ête oS*. chien, est pratiqué sur la culasse même du canon f et un piston plein , au Ueii d'être creux , est placé à la tête du chien ; c'est lut qui va frapper le grain d'amorce imperméable qui bouche hermétiquement la lumière et qui empêche l'eau cl «S s'y introduire, quel* que chose qVo.n fas-jt. » ■■-».»

ao

M. Prélat a fait, il y a quelque teins , une nouvelle platine de fusil , sur un modèle importé d'Angleterre. Dans cette "platine , l'amorce qui est de poudre composée p(i M. Bertholet , où le muiiaie sur-oiigèné de

- CclU piétine lîifftf [ »(>dtOop lici

flpnif mr le de*em une pelilB enclume i-.-. .--- .,-. .-,— . — ■ — ri

un rtcouirenient «nnr mohileper l'eclioa d'un roueri a idvIfDc sur lequel il cïtcuIb qaend leaeecouï renient l'appui* tur l'ee-

et y correipund" i cb ainu» ni destiné a recevoir l'amorce- La lac* siiur'riB.re dn rtco*<remem présente ne nuriTIUr* rectwEnleirt ouï II traitCie Je pirl b. p. ri. Le cbirn , i™ mer»» , ■ ta Ifte m forme de l»on delà dimmiion de l'ouverture rectanfuleii* dau l.„ ]0 illB il l'iBimduillorf de la cbulé pour -opérer le compttUM.il . l'amorce . oui en inacrjeiiible 1 la pluie ■ el oui ■* pe.t .'.». ilimner nue ptr le chnle ni rOarte.u , e le forme d'un petit eeedjjoa. C'eiliinlubt de rnBÏal oui renferme la poudre d **o.rc* : i n'a 1-elol* d'entre inlerventida qui celle du doijll pour (In mlro-

'l"!tl'[nlrodnire diui le lumière dû tW Jlt»j*e e* ; a t ettu. tel

l.,'i"l, r itiem'd™"lrc° I o"' » " ol " e *"'* "' l * q,lL "■*«> ™ "»

- Cet tnilrunienl présente déni ion eniemllo le forent J'en

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st l'ahmt/hiii. a3t

potasse remplace le nitrate de la poudre ordinaire, s'enflamme par le choc d'un piston sur lequel s'abat la pièce qui fait les fonctions du chien (K 2 54).

M. Lepage a voulu vaincre les difficultés qui s'opposaient à 1 usage des amorces de poudre inflammable par le choc , amorces dont les avantages sont si bien développés dans le rapport de M. Delessert , et il a composé dans cette vne une nouvelle platine , oit il s'est efforcé de conserver Tes formes et tes commodités des platines à poudre ordinaire. Les figures de cette platine et leur explication sont à la fin de ce rapport.

Dans la platine de M. Lepage , chaque amorce se met dans le bassinet avec une petite poire à pondre, dans laquelle une petite coulisse règle la quantité qui doit en sortir chaque fojs, et qui est d'un centigramme. Cette quantité suffit pour tous les effets que nous avons obtenus dans les épreuves suivantes que nons avons 1 fait sabir à des armes munies des nouvelles platines de M. Lepage.

Le 29 juillet dernier, M. Lepage amis à notre disposition deux fusils de munition, un neuf et l'autre ayant déjà servi ; toutes les parties de la platine do

tenir déni cents grain* d' amorce i on lt ferma an moyen d'un bonebon à vis. Gel instrument s'adapte an manche an moyen d'âne) tige taraudée. <•

Poudre ùnpeméaMr.

- Les grains de cette poudre ont la forme et fa grosseur d'an petit fois : un seol grain suffit pour une amorce. On les appelle bÀpef~ méakUs , parce qu'ils sont inaccessibles a l'effet de l'eau „ puisqu'ils résistent à l'action du feu de la poudre ordinaire , et que , dans lt cas même où l'un de cei g rai ru placé dans le milieu d'une grands quantité d'autres grains Tiendrait à recevoir une commotion assea forte pour s'enflammer , les autres n'en -seraient ni altérés , ni fatigués : l'enduit dont.Us sont garnis les garantit également de l'un et de l'autre de ces dangers, Pour s'en assurer , on peut jeter un de ces grains dans un Terre d'eau et l'y laisser séjourner aussi longteins que l'on voudra , ensuite le placer dans le foyer d'amorce , il s'enflammera aussi promptement que s'il- n'avait pas ssbi l'opération. ïl n'éprouver? pas plus d'altéralromen passant par IVpreuv* de la poudre ordinaire : si l'on* place un de ces grains au -centra d'os taf de -poudre auquel on met le feu , après la corobustieja de, b poudre, on retrouvera ce grain-intact et' aussi propre a servir qu'auparavant,

( Description des machines et procédés , T. X , pag. »3 1 , pi. ».)

premier étaient neuves, entière m en l termir. ées et trempées ; le second avait sa vieille platine, de laquelle un avait seulement enlevé ta batterie , puur y substituer un couvre-feu il piston, et l'un avait remplacé la pierre ri la mâchoire du .chien , par une masse d'acier, maintenue par ia vis de la mâchoire : aucune des piècea nouvelles de celte platine n'était encore trempée.

On a chargé ces armes avec de la puudre de ptene; chaque charge était celle d'unn cartouche ordinaire, diminuée de la quantité de puudre qu'on a coutume d'employer i l'aniorci'.

On a tiré cent trois coups de chaque fusil , sans autre interruption que oelle nécessaire, pour que la chaloir de l'arme diminuât seulement au point de fournir y toucher, pendant le tir, tant se brûler.

On lirait trois et quatre coups par minute.

Les dii premiers coups ont été tirés a balte , et de suite, avec le vieux fusil, tous les auivans à poudre seule.

On n'a jamais nettoyé les canons , ni aucune pa^ie

Lorsque chaque arme eut tiré Boitante coups , la ■ li-té du canon ne permettait plus au papier de la cartuucbe d'y glisser, et l'on a tiré sans bourre.

Après quatre-vingt-cinq coups de chaque fusil, la iruche d* crusse dans le canon était si épaisse, que la baÇMtU même ne pouvait plus y entrer, et qu'on a continué de tirer, en se contentant de aeconeHe fusil, pour y faire descendre la poudre.

Dans toutes les épreuves, ci-dessus, nous n'avons

On a chargé et amorcé un des deux fusils , telle-

. et on l'a laissé refroidir ; le coup est parti avec la même vivacité que les précèdi-ns , on les a recharges et aroorcéa,l'un et. l'autre sans les nettoyer , et après avoir tiré les deux cent six coups, et on les a mdunnés pendant deux heures , puis on les ■ tirés avec le même gu< ;ces.

Quoique la J in jire de ces platînea ne se fnt jamais enpvjrgée, et „ „„«» n'eussions pas en un seul fara- 'cu, nous pou,? 7 e B nratinioins craindre que, dans te Mivicohabit,, S J<* i'jtii";,1uclquescorpusculesétran-

BË l'aHMITRIBB. j3$

gers , introduits dans le canon on dans le bassinet , né vinssent obstruer la lainière , et cet inconvénient eût 'été d'autant plus grave dans la platine nouvelle , qu'elle ne permet pas , d'épingler la lumière; mais fa vivacité avec laquelle l'amorce lançait son feu par la lumière nous fit penser qu'elle serait assez puissante pour chasser les obstacles qui s'opposeraient à son effet, même lorsque la charge, fortement comprimée contre la lumière, rendrait plus difficile 1 expulsion de ces obstacles. En effet , l'expérience suivante que nous avons répétée six fois ne laisse plus la moindre inquiétude à cet égard. Nous avons démonté la platine du fusil neuf et eq avons entièrement bouché la lumière du côté du canon^ avec un fragment d'ardoise tendre , après, y avoir introduit et comprimé de la poussière de cette même ardoise. Le fragment débordait la lumière de la platine, et éprouvait nécessairement une forte compression des bords de la lumière du canon , lorsqu'on remontait la platine. Nous avions , en ontre , l'attention de bourrer fortement la poudre ordinaire , dont on chargeait le fusil à chaque expérience. Là communication du feu a toujours été aussi vive,' et le coup est parti aussi net que si la lumière eût été absolument libre.

Le résultat de ces expériences était bien en faveur des platines de M. Lepage; mais, plus l'inflammation réussissait parfaitement, plus il nous sembla, dangereux ;.car, cette poudre était exposée d a Us le transport a des chocs et à des frottemens imprévus et fréquens, elle pouvait être sujette à s'enflammer, comme dajis les platines que nous venons d'éprouver. Nous finies part de cette réflexion à M. Lepage,' qui nous assura que le danger disparaissait si l'on évitait le choc très-fort de corps très-durs ; et, pour appuyer son assertion, il enferma devant nous i3o grammes de la même poudre dans un baril -d'environ -un décimètre cube de capacité; il fixa ce. baril sur une planche , sous laquelle étaient cloués quatre tasseaux en travers.; il fit attacher à cette planche une corde très-' longue i au moyen de laquelle un jeune homme la traîna avec une grande vitesse sur un terrain très-iné*

l34 MAIfCIL

gai, dans une longueur d'environ 600 mètres. On •jj répéta la même expérience après avoir introduit avec

la poudre douze balles de plomb , du poids d'environ. 17 grammes chacune ; enfin, le baril étant chargé des mêmes balles, on le fit jeter deux fois d'une hauteur «3 d'environ douze mètres sur un terrain très-dur ; dans

f aucune de ces épreuves , il n'y a eu inflammation.

y . La poudre retirée du baril s'est trouvée échauffée

$ a un degré très-sensible à la main , elle était en grande

f- partie réduite eo pu! vérin ; mais elle n'avait pas perdu

\\ fa propriété de s'enflammer sous le choc des corps très-

''] durs , car elle a parfaitement détonné dans la platine

tj- de M. Lepage.

-;' II paraît donc qu'avec quelques précautions dans

',' l'usage de la poudre de muriate sur-oxigéné , et sur-

•* tout quelques changement dans sa confection, elle

î. % sera de la plus grande utilité pour les amorces des ar-

mes4 feu, et, d après les expériences dont nous venons de vous rendre compte , et l'examen détaillé que nous avons fait de la platine de M. Lepage, soit avant t soit après les épreuves , nous croyons que cet habile arquebusier à atteint le but qu'il s'était proposé; que la platine sera d'un service durable 9 certain et sans danger, et nous préposons à la Société d'en donner la description et les dessins dans le prochain n° de son bulletin.

Adopté en séance, le 28 avril 1810. — Signé Gshcbmb&b, rapporteur.

Explication des fig. 20 , 21 , 22 , ri et 2^ de fa pi. 5.

Fig» 20, platine de fusil de chasse, vue, à l'extérieur.

«> chien en forme de marteau, b tube on couvrefeu , e piston d'acier mobile -dans le tube et portant sur la poudre le choc qu'il' reçoit du chien.

Fig. 21, platine du fusil de munition, vue extérieurement, le chien Qe cette platine est d'une dimension plus forte , e* I e couvre-feu a la forme d'une tulipe.

Fig. aa, coup* 5 du P**toh, du couvre «feu et du bassinet, <* lumière f>etcèe en éouerrè et communiquant dans Tintérie 5 W canon J e bassinet dans lequel on Place un o«^ r *fl> mt ^amorce, /"ressorti à boudin, •errant àîJJj^fJ ^

db l'aamoiixi. a35

Fig. *5 , poire à poudre du fusil de chute, * coulisse qui règle la. sortie de la poudre, L ressort de la coulisse , m embouchure de la poire à poudre.

Fig. a4 » poire à poudre du fusil de munition , en forme de canon.

L»e» m êjnes lettres indiquent les mêmes objets » danj les figure* 20, 2\ } aa (i).

Carabine à piston , <fo If. Gosset. . ■

356. 'Rapport do M. Régnier , eur une nouvelle carabine , exécutée par M. Gôssbt, arquebusier, à Versailles.

lua carabine présentée à la Société, par M. Gosset , est conforme aux carabines ordinaires, elle n'en diffère que par la platine destinée à enflammer l'amorce par la percussion du chien sur un poinçon, d'acier

a ni "pénètre dans la culasse; par cette dispositions a supprimé le bassinet et la batterie.

Le chien qui fait partie de la doix est logé dana l'intérieur du bois , en sorte qu'il n'y a d'apparent que le corps de platine et le mécanisme du poinçon , que l'on soulevé pour amoscer et qu'où abat ensuite sur l'amorce.

M.- Gosset , pour amorcer sa carabine , emploie l'ingénieuse poire à poudre de M. 'Lepage , qui donne . avec précision la petite quantité de poudre nécessaire pour communiquer le feu à la charge du canon.

La disposition de la lumière, percée verticalement sur le tonnerre du canon, est ce. qui distingué l'arme de M. Gosset de celles qui entêté soumises à. l'examen de la Société ; mais cette disposition de la lumière ,

(i) Les armuriers qui vendraient faire une, étude pins particulière do système Lepage pourront consulter 1*T, S de la Description ëes\ machines et procédés spécifiés dans les brevets d*ineéntion dont te émrée est expirée , publié par ordre du Gouvernement et déposé" dans les bibliothèques publique» de Paris et des départemens : H» trouveront à la planche 17 de ce volume Ufefurede plusieurs piahnet Lepage ci celle Prélat , a*ec renvois eu texte ; «ou» u'âvops nom» extrait ces arliclës, parce qu'ils ne font que reproduire avec plu* détails ce qu'on a »u dans le Bulletin de la Sodélé d encow memt ( Voir la nota , page a5 1 )*

qu

facilite l'épinglage an besoin , fait craindre qoeli

ie n'y pénétre trop facilement. En effet , l'eau oui

oulerait du canon pourrait s'introduire dans l'a-

dé

rc* et empêcher farine de partir. Or ,1e projet de

€oa*et" conviendrait mieux aux pistolet! d'arçon,

l'un n'a pas a craindre cet inconvénient. D'ailleurs,

vrage est d'une bonne exécution, et prouve de

stqu'il faut laisser, l'expérieacsi pro poncer sur celle cjncstion. Quant à moi, je uns persuadé que, li I» chimie peut procurer de bonnes poudres d amorce, l'.itt de l'arquebusier parviendra au degré de perfection que l'on désire dans les armes à feu 'portative*. Le fusil de "M. Fauly nous donne beaucoup d'espoir ii i et égard; aussi, je répéterai ce que j'ai déjà dit M plusieurs occasions qu'on pourra regarder un jour nus platine* à silçi cummc on voit aujourd'hui, pat curiosité, nus anciennes platines à mèches et i

Mais, avant d'employer à la guerre les nouveaar. fusils, il Tauf nécessairement que nos poudres d"s-

i ° Qu'elles soient d'une préparation Facile , et point ■ livreuses dans le transport ;

f Qu'elles n'oiident point lés armes, comme le font relies qui sont composéesde mnria'e sur-ciigcci:

fin attendant ta poudre d'amorce convenable an ici- vice des année*, il faut accueillir favorablement '■ut ce qui nous sera présenté a ce sujet, et des dilft- *i'ies idées qui se succéderont naitra l'arme simple

Le soldat, rjgos la chaleur du combat, csl bien ifT-rent de J'J^mme ne sang-froid e ! -"-

1 ti 0° *'* ce ' u " 1"' se P rorn * nf '• , . r » -^oi,'" armes de r - J :

; ><■ "**uSpW*? aimpl" et d'un entre.

DB l'aHMCHIKH. 3^7

aussi calculer les frais de fabrication, qui ne doive ut pas excéder ceux des fusils ordinaires.

Ainsi , la carabine' de M. Gosset , et les autres fusils de guerre, présentés à la Société, n'auront de succès que lorsque l'expérience aura démontré , par un usage habituel, les avantages que l'on désire dans le fusil du soldat. •

Adopté en séance, le 11 novembre i$ia. — Signé E. Begkjkh, rapporteur.

{Bulletin de la Société d'Encouragement, n* année, n* 10 1 , page 260.)

FCSILS PAOLY.

%5j. Notice sur de nouvelles armes à feu inventées par M, Pjluly , ancien officier d'artillerie.

• Les armes à feu ont subi , depuis leur invention jusqu'à nos jours, diverses modifications sous le rapport de la légèreté et de l'élégance, mais non sous celui bien plus important de la portée et de la manière de charger : en sorte qu'un fusil de guerre ordinaire n'est toujours que le tube plus, ou, moins parfait du premier inventeur/ qui, pour mettre un fantassin quelques instans dans un état de semi-défense , l'expose, l'arme étant à gauche , le bras droit levé, la cartouche ou la baguette à la main , aux atteintes meurtrières de la cavalerie , qui sait si habilement profiter de ces momens par des charges hardies.

De mène, le fusil de chasse force le chasseur de s'arrêter dans sa course pour le chargement de son arme, qu'il ne peut effectuer sans un repos et des. mouvemens qui donnent l'éveil au gibier, et te te m s de se soustraire aux coups -qu'il lui prépare. '

D'après ces considérations , M. Pauly croit devoir appeler l'attention sur les armes de son invention, dont le mécanisme et l'tisage offrent dé très-grands avantages, comparativement aux autres agens de destruction de l'espèce dont il s'agit.

Le fusil de guerre de M. rauly a paur qualité» principales: '

i° De porter la balle à une distance doublé des fusils ordinaires ; # f

ï38 nuni

2° De pouvoir tirer dix a dôme coup* pir minute , nul paner l'ara»- a gauche , sans sortir de la ligne I lu izonlale , parallèle a la ligne d'en-joye et sans solution de continuité , exercice que l'inventeur a rendu f.icile et beaucoup moins fatigant qne celui usité; i- ea substituant au pnrtcTgiberne une ceinture de fuir garnie d'une plaque en nierai au milieu de la-

Me] est une cheville servant à fiieria crosse du fn-

sil et a rendre le choc , en quelque sorte, insensible on mime tems qu'elle sert de point de résistance dans l'usage que le soldat Tait de ta baïonnette ; a* en M imposant cette ceinture de plusieurs courroies , dar& li squelles glissent à volunté des boites eil reniement 1< "'gères, contenant des cartouches, que, parce moyen, le combattant a sous sa main^

5° De n'exigerai baguette , ni pierre ,-ni tire-bourre, ni , pinglettf ;

4" De rendre l'Infanterie presque inattaquable par l.i cavalerie, bu moyen debsyonnettes, qui , allongées ou raccourcies, toujours d'une manière solide et à vuluitU pour les soldats des second et troisième rangs. Présentent lé premier rang défendu par cette arme

5° D'offrir les mêmes avantages, dans les retraites le; plus précipitées, par la facilité qu'a le soldat de charger, soit en marchant, soit en courant, l'arme élant placée horiiontalement sur l'épaule, le bras

i uyè sur ta crosse, de manière qu'il ne lui reste • faire qu'un demi-tour, en portant le pied gauche en arrière , pour faire feu avec autant de promptitude et de justesse que s'il tirait de front ; a plus forte raison, le tirailleur peut-il effectuer sa charge dans telle position qu'il se trouve, debout, couché, ou Étroitement

G' Ce fusil de guerre, comme celui de chute, en-mpt de tout long feu, insensible aux effets de la pluie sur fa poudre, n'a plus, comme les fusils Ordinaires, ces jet | je fumée, si incommodes en bataille et ii lâchasse, rm/SI 11 ^ n 'ï * P" ^ e lmrilérej son effet ■ P"'t élre pJl i *•* flulF de P ierre > de baguette, on ■Wnuneni , ri. iio<* e > n0 ° P 1 "' V' ètn uangerem """ J ««pii 0r | a^jou» 1 *" tl triple* charges, ai com-

DE î/lRMUfilIH. a5o

cnunei dans les feux de file , attendu qu'il est impossible de les effectuer ;

j° Enfin , il est aussi facile de charger la nuit sans lumière qu'en plein jour et sans aucun danger , avantage inappréciable, sans doute, pour les cas de surprise et d'attaque nocturnes, dans lesquelles celui qui a à se défendre ne peut renouveler la charge des armes ordinaires, sans- y voir et sans des lenteurs qui souvent lui coûtent la vie.

Le fusjl de chasse de M. Pauly peut également tirer dix à douze coups' par minute ; il n'exige ni baguette, ni pierre, ni boites à 1 plomb et à poudre, ni outils d'amorce , ni tire-bourre , et le chasseur ne peut être' arrêté par la crainte d'une double .ou fausse charge. Le canon sur son bois est le seul instrument du chassefer , si on en excepte les cartouches qui* faites par un' probédé uniforme , économique et hors des atteintes de la' pluie , préviennent le désagrément des long-feux et des ratés.

Le pistolet de guerre et de combat de M. Pauly ept carabiné comme son* fusil de guerre , il en partage toutes les propriétés, sous le rapport de la vitesse du tir 9 il peut être chargé six fois plus promptement que le pistolet ordinaire, sans que le cavalier arrête sa course en fondant sur l'ennemi sans quitter la bride: ainsi, la cavalerie peut imiter le feu d'infanterie- Le chargement s'opère sans baguette ni maillet , et il est

Ï physiquement impossible que la secousse du cheval àssè descendre 'la balle dans les fontes, et paralyse, ainsi l'effet de» armes , comme il arrive souvent dans celles en usage aujourd'hui.* . .

Les cartouches appropriées aux armes invefltéespar M. Pauly sont d'une composition particulière et économique : elles ne laissent point échapper , comme celles employées aujourd'hui, une enveloppe pu bourre enflammée, dont les effets sont désastreux, on n'est

S oint oblige de les déchirer pour la communication • e la poudre, et la charge ne peut être affaiblie. par }a perte tic cette matière, qu'qccasionent toujours le déchirement qui la met à découvert , et son introduction dans le canon. Ces cartouches nouvelles perte' avec cites une rosette d'amorce ©a doubla car

*4o IfÂNUSL

mobile qui sert de dépôt au résidu de la poudre , et , cette rosette étant renouvelée à chaque chargement , les armes sont aussi propres après un long service qu'auparavant»

Rapport fait par M. te baron Delessert , sur le nouveau fusil de f invention de M* Pacly.

J'ai eu l'honneur de présenter à la Société d'Encouragement, au mois de mars i8io> un fusil à poudre de muriate oxigéné , exécuté par M. Prélat , d'a- λrès un modèle apporté d'Angleterre : ce fusil a éveillé 'attention de plusieurs armuriers distingués , et votre bulletin contient la description de fusils analogues» fabriqués par M. Lepage et Dcboubert. [V. 254*). ' Aujourd'hui, -j'ai l'honneur de Vous. présenter un fusil qui est très-différent des précédons, #t qui a de grands avantages sur tous ceux connus jusqu'à ce jour. '.

Ce fusil a été imaginé par M. Pauly , qui a pris tin brevet d'invention ; il s'est associé , pour l'exécution , à M. Prélat » armurier \ dont vous connaissez déjà les talens en ce genre.

C'est uu fusil qui se charge par la culasse , et dans le canon duquel on introduit en même tems la charge et l'amorce réunies dans une cartouche préparée d'une manière particulière : le feu prend, comme dans les premiers fruils de M. Prélat , au moyen de la percussion de la poudré fulminante , placée au centre de

,1a charge. La service en est extrêmement commode et prompt; on peut facilement tirer dix à douze coups par minute.. •

L'anforce prenant feu darl»le centre.de la change, le coup part bien plus, prompte m en t , et la poudre étant enflammée tout-à-la-fois, une demi-charge suffit pou% faire le même effet qu'une charge entière dans les anciens fusils.-

Ces fusils ont l'avantage dé ne point craindre l'humidité,, ni même l^pluie, de ne presque jamais rater» ni faire long-feu, leur charge ne, peut point se déranger ; et , comme il est impossible de^nettre deux ou trois . charges , cela prévient beaucoup d'accidens,

4'ianammation de l'amorce se faisant dans le canon ,

db l'armcbikb. a^i

Je fen ni la fumée de l'amorce ne dérangent point celui qui tire, on peut ajuster avec plus de précision et mieux observer l'effet du coup.

La charge étant contenue dans une cartouche dont on enlève facilement les restes après le départ de chaque coup,, l'âme du fusil est toujours propre, et l'on peut tirer beaucoup plus. Ion g-tems sans' le nettoyer.

On n'a plus besoin de baguette pour bourrer, soit la poudre , soit le plomb; et, comme on met la charge et l'amorce en même tems , on conçoit avec quelle célérité on peut charger.

Le fusit que je vous* présente a tiré trois cent* coups sans faire long-feu ni rater une seule fois.

M. Pauly adapte également son mécanisme aux fusils de guerre, aux carabines et aux pistolets.

11 est aisé d'en sentir le* avantages , surtout pour la cavalerie; le mouvement du cheval fait souvent tomber la charge; il est difficile de fourrer lorsqu'on est à cheval, et, comme on n'a plus besoin de baguettes , on peut charger aussi promptément à cheval qu'à pied. On peut charger aisément en présentant la baïonnette, sans changer de position, et même couché par terre.

Lorsqu'on fera ces fusils en fabrique, ils ne conteront pat» plus qu,e les autres ; et , comme ils n'exigent que demi-charge, on pourra supprimer la moitié de la poudre ç dont le transport est si coûteux, si embarrassant , et surtout si dangereux.

M. Pauly ayant pris un brevet d'invention, éts'étant établi avec M. Prélat pour la fabrication de ces nouvelles armes, ils m'ont in vite à les présenter à. la Société d'Encouragement, comme' le. moyen le plus sûr de les faire connaître : je le fais- avec d'autant plus déplaisir, que ce sont des artistes très-ingénieux et intelligent, et qui méritent d'être accueillie avec bienveillance. Leur atelier#cst rue des Trois Frères, n° 4* » •

(Bulletin dé la Société d'Encouragetnent , i» # année* Septembre i$i2j n* 199, page 20b.)

258. Rapport fait à la Société d'Encouragement pour ('industrie nationale, par M. Brillât de Savarin , au nom d'une Commission spéciale, sur des fusils perfectionnés par M. Pauly, ( i3 e année, avril iSii, »• 1 18, Société d'Encouragement. ) -

Le Conseil -d'Administration nous ayant chargés , MM. JBardel, Régnier, Humblot, Molard et moi, de vérifier les nouveaux perfectionnemens faits aux armes de l'invention du sieur Pauià, breveté, je vais lui rendre compte du résultat de notre examen..

Ces armes ont déjà été l'objet d'un rapport fait par notre estimable collègue M. le baron Delessert, n* 99, 2» année , pag. ao5 , qui vous en a expliqué le mécanisme ; cependant, pour l'intelligence de ce qui va -suivre, il est indispensable de vous en donner de nouveau une description sommaire.

Ces fusils, dont la construction est aussi ingénieuse que solide , .ont la culasse mobile, ce qui permet de les charger par le tonnerre.

La charge est renfermée dans une cartouche montée sur un calot de cuivre- percé dans son centre et creusé de manière à recevoir une amorce de composition m uri&tique, sur laquelle vient frapper un barreau de fer mu parle grand ressort ; la poudre frappée détonne* l'étincelle qui en résulte enflamme la poudre et le coup part avec une extrême rapidité.

Tout le mécanisme employé a cette opération est renfermé dans la monture, de manière à être à l'abri de la pluie et de l'humidité.

Les perfectionnemens qui ont été ajoutés à ces fusils consistent: 1 6 dans une nouvelle direction donnée au chien , qui permet d'introduire la cartouche avec beaucoup de facilité.

2° En une machine qui donne aux cnlots une uni* formi té plus invariable. i a>

3° Dans une construction des cartouches plus parfaite et mieux entendue.

En ud mot *>f* comparant les fusils tels qu'Us sont confectionna*' aintenaut avec celui pour lequel le brevet <Ti|| v 'CjÀ a *** obtenu > on voit q«* presque

bb l'abmchieh. a45

toutes les pièces qui en forment l'ensemble ont été perfectionnées et surtout simplifiées.

Je dois prévenir le Conseil que ce n'est que transi* toïrement que nous avons examiné les fusils Pauly, comme pouvant être employés à la guerre , v soit parce que les circonstances ne nous paraissent point propres à une innovation qui nécessiterait le renouvellement de tous les fusils de l'armée , soit parce que! le Gouvernement ne pourrait jamais se déterminer que sur des expériences faites spécialement par son ordre ; et cependant , nous en avons vu assez -pour penser qu'il y aurait un très-grand avantage des-à* présent a mettre* les fusils Pauly entre, les mains de quelques compagnies d'élite, ej même de tous les sous-officiers des réçimens.

' Au surplus , l'Empereur 4e Russie a fait faire par ses Généraux des expériences dans ja manufacture Pauly; un fusil de munition a tiré cinq cents coups de suite sans crever, et l'Empereur l'a fait acheter.

Je passe 'maintenant aux expériences que nous avons faites et qui ont eu pour témoins plusieurs offi- ' ciers généraux et un grand nombre d'amateurs de la chasse. .

Notre attention s'est d'abord portée sur Parooree , parce qu'on paraissait craindre qu'elle ne put Renflant mer spontanément et donner ainsi lieu à- divers accidens.

En conséquence , nous en avons placé une parcelle sur un étau de fer, et, l'ayant frappée d'un coup sec et violent avec uivinarteau de fer, elle s'esf enflamméeavec détonation.

Nous l'avons frapnée de même, pliée dans du papier , et le choc a produit la détonation.

Nous l'avons frappée avec force égale avec un marteau de fer sur du bois , et avec un marteau de bois sur. du. fer y la détonation n'a pas eu lieu.

Nous avons froissé et pilé ta composition avec un marteau de fer sur un étau de fer, mais sans employer la percussion > l'inflammation n'a pas eu lieu*

Enfin , nous avons ftersé avec force plusieurs amorce» entre les mâchoires d'un étau, et elles sont resU entières.

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D'où nous avons conclu que» la détonation exigeant absolument une percussion assez forte et brusque entre deux pièces de fer, elle ne peut pas avoir lieu par hasard , ce qui rend l'usage dé oes amorces sans aucune espjspc d'inconvénient.

La compagnie Pacly ne fait point un secret de cette composition, et, quoiqu'elle remette aux acheteurs des amorces toutes prêtes, elle leur en communique aussi la recette, afin qu'ils puissent les- renouveler euxmêmes (1). . •

Le piston qui sert à la percussion, passant dans une hoîre à cuir, sert aussi d'obturateur pour empêcher l'eff: l corrosif du gaz inuriatique sqf-oxigéné , qui ne se trouve ainsi en contact qu'avec le fculot de cuivre et ie papier de la cartouche, de sorte que le canon ne peut pas en souffrir. Noffcs avons fait cette observation sur uii fifeii qui sert tous les jours dans la manufacture et qui a déjà tiré plusieurs milliers de coups. la manière dont se chargent les fusils Pauly leur

( i) "Voici la recette de cette composition :

Prenez : K once de mnriate de potasse sur-oxigéné , 3 onces de fleur de vonfre le plus pur, a onces de charbon de bois léser, les (rots quarts .d'un flacén d'eau d* €olosne , ( on emploie l'eau de Colufjpe pour accélérer la dessication de la poudre), mêlée avec les nt'.t seizièmes de flacon d^eau dé fontaine ou de rivière, A défout d'eau de Cologne, on emploie moitié eau-de-vie, moitié eau d* rivière , avec une demi-once de gomme arabique. ( Ecrases If «fearbonde bois en puudre aussi fine qtr*H est possible.

Arrosez le «nuriate , la -fleur de soufre elle charbon avec l'eau de Cologne mêlée avec l'eau de fontaine ou de rivière , (iï ne faut pas toucher aumuriate ni le remuer avant de l'avoir arrosé, comme il est indiqué ci-dessus).

Mêlez ensemble te muriate , la fleur de soufre et le charbon sur un marbre ou sur un morceau de glace.

Remuez le tout avec une spatule'de bois, jusqu'à ce que ces trois substances soient parfaitement mélangées. '

Broyez le tout avec une mollette de bols dur, de buis ou de gayac, pour en faire une pâte. Il fa«t. broyer jusqu'à ce qu'on » aperçoive aucune partie o> soufre de muriate et de poussifere de charbon.

Passez cette pâte à travers une planché de cuivre percée de trous,

3 ne vous poserez sur un morceau de cuir. Pour retirer les grains amorce de cet te' planche de cuivre , on lf* laisse sécher au soleil, ■u feu., au poîUe.

m* l ai«c«isbv 945:

donne plusieurs avantages marqués sur tontes les» armes connues jusqu'ici.

Le premier est de ne pouvoir jamais charger deux coups dans le même canon.

Le second est une très-grande facilité d'ôter la car* toucbe, soit qu'on veuille changer de charge, soit qu'on, ne veuille pas reptrer chez soi avec son fusil chargé.

La troisième consista en ce que le mécanisme qui. sert à la détonation est entièrement caché dans l'intérieur, ce qui fait que, malgré le brouillard et mêmela pluie, le coup part aussi sûrement et aussi vite.

Le quatrième est de ne pas exposer le chasseur aux., accidens assez nombreux qui arrivent quand on charge a la baguette sans avoir eu l'attention de désarmer, son fusil.

Le cinquième est qu'on charge très-vite et en mar-. chant, ce qui est très-avantageux quand ou ohassc et*, ligne ouen battue ; dans ces deux cas, on n'a. pas besoha.

rger de 1 expérience conûrmàtive do.ee qui précède, il a marché au pas, ordinaire et a tiré .huit coups dans une minute; ainsi», après avoir déchargé ses deux coups , il n'a attendu

2ue quinze secondes et n'a fait que vingt pas avant 'être prêt a tirer de' nouveau.

Kous avons fait diverses expériences comparatives^ sur la rapidité de la.détonation- et elles nous ont toutes., donné le même résultat , savoir. : qu'elle se fait bien*. plus vite par la mécanique à muriate que parles batteries à silex : ce qui doit être d'un grand avantage toute», les' fois que la ligne que parcourt le gibier fait un angle quelconque avec la ligne de tir, ce qui, en termes de chasse, s'appelle tirer en travers»

Diverses expériences que nous avons faites pour vérifier la direction de la dragée n'ont donné aux fusils Paul? aucun avantage remarquable; ils garnissent le coup tout aussi bien que ceux des, meilleures manufactures, et, en tirant a quarante pas, nous; avons toujours mis de trente à quarante grains dans» une feuille de papier gris.

Mais les fusils Tauly, portent certainement plu*

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g£6 VARTKL

loin que tons les antre* avec lesquels nous les àTons comparés.

Nous avons tiré et fait tirer un grand nombre de coups dans des mains entières de gros papier brouillard. Les fusils ordinaires perçaient quatorze et quinze feuilles, ceux de Pàuly en perçaient vingt-une et vingt-deux, ce qui fait un tiyers de force de plus et donne au chasseur l'avantage de tirer plus loin à dragée égale , ou de se servir de dragée plus petite ; par ce moyen, le coup est plus garui et moins de pièces de gibier échappent»

La dragée dont nous nous sommes. servi est du n° 5, ou, pour parler plus exactement, de soo grains à l'once.

Cet avantage,aussi précieux qu 'incontestable, tient à deux causes :

La première est l'addition de force qui provient de la détonation de l'amorce qui, "seule, peut envoyer a plus de dix pas une bourre de papier placée au bout du canon.

La seconde est la manière dont cette amorce détonne dans la carte ucbe ,. il en sort une aigrette de feu qui. pénètre en tous sens la poudre à caaon et rend l'effort plus vif et plus simultané.

Par une conséquence nécessaire de ces deux causes, la charge des fusils Pauly exige un sixième en moins de poudre que les fusils ordinaires ;-cette circonstance, qui paraît de peuvde considération -relativement k la chasse , prendrait beaucoup d'importance, si ees fusils étaient employés à la guerre; et d'ailleurs, dans tous les cas , le canon se salit beaucoup moins.

Les fusils Paitly partagent avec les autres fusils a batterie muriatique l'avantage de ne faire jamais long-feu, ce qui doit être grandement apprécié par les chasseurs ; car , dans les platines à silex , Bar vingt Coups , il y en a au moins quatre à cinq qui ne partent qu'avec une lenteur relative, .et ces coups 'sont presque toujours perdus.

Nous avons fait plusieurs expériences pour fixer le poids et les proportions de la charge , .et il nous a paru que celle qui convenait le mieux se composait de 60 grains pesant de poudre marquant 16 degrés à l'éprouvette de Régnier > et d'une once de plomb.

si l'abmcbiib. 347

Noos avons aussi été tentés de croire que les fusils Pai'ly ont moins de recul que les autres, ce qui serait dû à ce queTamorce est placée sur le derrière de la charge ; wms , n'ayant pas pu vérifier le fait au moyen de la machine ingénieuse que notre collègue Régnier a inventée à cet effet , et qu'il n'a pu déplacer , non» ne donnons notre avis que comme conjoncture.

De tout ce qui précède', et d'après les diverses expériences faites sous ses yeux , votre Commission a conclu :

Qu'en envisageant les armes de l'invention Pauly sous le rapport militaire , il n'y a mil doute que le* troupes qui en seraient armées n'eussent sur l'ennemi des avantages incontestables, puisqu'elles pourraient charger et tirer sans ralentir le pas , tirer plus vijte , atteindre de plus loin, "employer moins de poudre » et faire fen malgré la*pluie.

Bu examinant les mêmes armes relativement à leur utilité pour la chasse , votre Commission a pensé que l'usage de la composition sur-oxigénée , au moyen de laquelle elles sont amorcées, ne présente aucun danger ni dans la manière' de s 'eu servir , ni en la portant sur soi ;

Que les fusils Pauly partagent avee tous ceux qui détonnent au moyen du rouriate l'avantage de ne jamais faire long- feu et de consommer moins de poudre , et qu'ils ont sur toutes les armes connues les avantages stiivans :

De ne pouvoir jamais recevoir deux charges dans le même canon ;

De se. charger très- vite et sans qu'il soit besoin de s'arrêter ; «•

De présenter une grande facilité pour changer et retirer la charge ;

Delà conserver à l'abri du brouillard et*de la pluie ;

De préserver le chasseur du danger qu'il peut courir par hasard ou par distraction en chargeant avec la

baguette ; • »•

Et , toutes choses égales , d'avoir une portée plus

longue.. ' m

D'après ces considérations 1 votre Commission a pensé que l^s fusils Pauly doivent être placés ait

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premier rang parmi les armes de chasse connues jusqu'à ce jour, et qu'il y a Heu de les mentionner de nouVeau dans le bulletiu (i). «

Adopté en séance, le 20 juillet 181 4. *

Signé BlHLLAT DE SAVABIIf.

( 1 ) La manufacture des fnsife Pauly , àom\ les propriétaires actuels tont MM. A. Moreau e\ H, Roux* est litftée rue» des Trpis Frères, n° 4 » CUauâsée-d'Aaûn*

359. 29 septembre 181 2. — Brevet d'invention de 10 ans pour un nouveau fusil de, guerre et de chasse, un nouveau pistolet de cavalerie à piston ft des cartouches de composition particulière , au S r Pauly, à Paris,

Explication des figures.

Flanche 3, fig; 58, profil du fusil, fig. 39 , coupe de profil. .

Fig. 4o ; plan de la platine montée sur le canon et munie de sa bascule.

a, bascule que Ton voit fermée dans les fig. 58 et 3^ ; elle fait charqiére en b ,. ou elle-s/élève verticalement lorsqu'on veut charger l'aune. Cette baçctrie se ferme à l'aide d'un verrou ajusté dans l'intérieur de la crosse , comme on le voit en c , fig. 39.

d, fig. 39, piston avec «on resttort derèculement e.

fy la noix ; g , platine 1 on la voit, fig. 4i> appliquée contre la bascule a. . . x

h + grand ressort de la platine ; t , gâchette ; k , ressort de gâchette;* v ' 1 .

/, fig. 58, levier de repos servant a tendre le ressort» s ••

Fi g- 4? 9 coupe par le centre de l'extrémité du canon du côté de la culasse.

m , einpfccemetit de la charge ; n, tourillons du. canon ; o , fig. 39 et 43, cartouche portant la rosette d'amorce/?, en cuivre et sa eharge. La rosette d'amorce contient un grain de poudre sur-oxigénée qui enflamme la cartouche comme un éclair.

Le fusil de guerre, établi sur ce principe, porte la balle à une distance double de» fusil* ordinaires. 11 peut tirer dix à douze coups par minute , sans qu'on soit

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obligé de passer l'arme a gauche sans sortir de la lignai d'enjoué et sans discontinuer.

Pour rendre l'exercice de cette arme plus facile et beaucoup moins fatigant que celui usité , je substitue au baudrier de la riberne une ceinture de cuir garnie d'une plaque métallique, au milieu de laquelle est une cheville servant à fixer la crosse du fusil et à rendre le choc , en quelque sorte , insensible , en môme teins qu'elle sert de point de résistance dans l'usage que l'homme de guerre fait de la bayonnette.

Cette ceinture est composée de plusieurs courroie* dans lesquelles glissent à volonté des boîtes extrêmement légères contenant des cartouches.

Cette arme n'exige ni baguette, ni pierre , ni tirebourre , ni épinglette ; elle rend l'infanterie presque inattaquable par la catalerie, au moyen de bâyoïvnettes qui s 'allongent et se raccourcissent d'une manière solide et à volonté. - ^ •

La charge peut se ftùre en marchant et même en? courant, etc.», etc. (Vi ci-dessus, pour les avantages).

Le pistolet de guerre , représenté fig. '44 » jouit des mêmes avantages que le fus.il , et peut être chargé six „ fois plus vite que le pistolet ordinaire, sans baguette t ni maillet, etc..

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