‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier: ou Traité complet et simplifié de ces arts (volume 2)Chapitre 8 sur 58 · OÙ MARCEL · texte numérisé non relu

OÙ MARCEL

en fer ( Voyez fie. 96) ,xiont les angles sont reco orbes et forment grilles ; ces angles, sous la pression de la vis c, pénètre ni 1 dans le dessous de la table de l'établi, et, l'était est fixé invariablement. Ces' étaux ont en outre une commodité qui les distingue, c'est un petit tas d'acier e plante au milieu de la patte b , et qui sert à forger et » redresser des petites pièces.

48. Quand on achète un étau à griffes, il faut faire les mêmes observation» que pour l'étàu à pied , mais en outre faire attention à son ouverture ; elle doit être facile ,t t i'écartement.des mâchoires doit être le plus grand possible. Nous insistons sur ce point , parce que» tout récemment, on vient deïépandre dans lé commerce une c grande quantité de ces étaux qui ont un aspect brillant et des formes élégantes, mais qui sont tellement mal conçus qu'à peine -s'ils ouvrent d'un

Eoucc ; Y aciérage , la mise d'acier , n'en vaut- rien, a vis c doit également -fixer l'attention ; les filets doivent être profonds et vifs. Si , quelque jour, les fabricans avaient l'heureuse -idée de faire cette vis à pas carrés , ce qui ne donnerait pas plus de peine, et n'-occasionerait aucune augmentation de dépense > ces étaux vaudraient beaucoup mieux. Dans l'état actuel de la fabrication , l'acheteur 'veillera à ce que cette vissoit bien ajustée rtans son ècrou , sans y balloter uniquement. Quant à La vis principale et aqx autres parties de l'étau , nous renvoyous à ce que nous avons dit plus haut (4<>).

49.- h'êiau à main , autrement dit ,. tenailles avis , diffère des deux premiers en ce point que, destiné à être tenu dans la main- pour limer en arrondissant , il n'a ni pied ni agraffe. La fi g. 99 représente un de ces étaux-; il n'est composé , comme on peut le voir, que de deux branches , d'une vis et d'un ressort facilitant l'écartement. H v a de ces étaux de toute taille : ceux dont les armuriers font usage sont de moyenne force, et affectent, à-peu-près, la forme dessinée. Les horlogeçs en ont de fort petits emmanchés sur un manche long et cylindrique destiné à être tourné entre le» doigts', et à faite de cet étau un suppléant de la

J rince a goupilles. Cette pince ne serait pas inutile à 'armurier j meus je n'en ai point tu entiç leurs mains.

DB l'AIKOBIKI. Si

Les Tenailles.

5o. Tout le monde connaît cet outil , qui «crt à arracher les clous , a retirer les goupilles ; nous n'en «vous pas môme donné la figure. On n'aura que trois conditions à ohlerver pour qu'elles soient d'un bon usage , qu'elles soient solides dans le nœud , tories de» branches, qui doivent résister à de fortes pressions , et enfin aciérees dans les mords.

Les Tenailles ou Pinces à chanfrein.

Si. Cet outil n'est pas aussi connu , patee qu'il ne sert pa» à des, usages aussi multipliés que là tenaille Ordinaire; sa fonction est spéciale et déterminée ; il sert à limer des surfaces qui doivent. être inclinées a 45 degrés ', et qui forment le biseau sur la rived'uue planche métallique qnelconque ; la fig. 28 en offre le dessin en profit* La. pince à chanfrein se place dans Tétau a pied qni en fait joiddre les mâchoires. C'est un outil cher, peu commode, d'un usage borné * mai» dont on n'a pu, jusqu'à présent, se passer, parce qu'il m'y avait aucun moyen connu -de se passer de son service.

JStaux mobiles.

5*. Nous Avons pris brevet d'invention pour l'appli- * Cation que nous avons faite de l'appareil $ connu dan* les arts sous le nom de genou , aux étaux.a griffes ordinaires ; il n'y a eu qu'une voix sur Futilité" de cette découverte , et la Société d'Encouragement , aprè* examen et rapport , eh a ordonné l'insertion , avec , fignre, dans le N° de juillet i83o de son Bulletin. Au moyen de cet appareil très-simple et peu coûteux { voir lés prix ci-après ), toute personne ayant un étau a grific' ordinaire, vieux ou neuf, pourra rendre cet étau mobile et tournant en lous sens. Les Mécaniciens, les Horlogers, les Opticiens, les Gainiers, les Serruriers, les Ferblantiers, les Bijoutiers, les Orfèvres* les Ciseleurs, les Planeur?, les ARMURIERS , les Tourneurs , les Luthiers , les Couteliers , les Taillap diers , les Graveurs sur bois et sur métaux , et général les ouvriers de toutes les professions où Vi

5a MAKOBt

est mis en usage , trouveront un avantage immense a

s'en servir.

Cet appareil se pose facilement «près Un établi , en dessus ou en dessous de la lable , selon la hauteur qu'on ▼eut donner à l'étau ; il se pose également sur le champ de cette table , à l'un de ses coins. H peut être aussi placé après l'appui et même le dormant d'une croisée» après une traverse quelconque fixée dans le mur, être pris dans un gros étau , et enfin être mis dans une infinité d'endroits où. les étaux ordinaires ne peuvent trouver place. 11 peut être, posé avec des vis par simple approche , ou bien avec entaille et encastrement. L'ouvrier en chambre qui n'a point d'établi , peut s'en servir comme s'il avait un établi. Le serrurier qui va poser de l'ouvrage peut le placer partout, sur une marche d'escalier, sur une rampe en bois, sur un plan incliné , etc.

L'étau monté sur eet appareil devient mobile à volonté'; il tourne sur lùi r même horizontalement ; il tourne verticalement, il tourne incliné à tous les degrés ; et, au moyen d'une pression facilement efr promptement donnée, il acquiert, dans toute position qu'on lui a fait prendre, une immobilité aussi constante, plus constante même , que celle qu'il possède lqrsqn'il est posé à demeure sur un établi. Si l'on donne seulement une pression moyenne (un huitième de. tour de manivelle) , on obtient une force telle que l'étau devient " susceptible de prendre toutes tes inclinaisons , sans qu'il abit nécessaire de faire mouvoir la vis de pression 4 chaque changement de position , et la force' résultant de cette pression moyenne est encore suffisante aux besoins ordinaires » à L'effort des limes . aux petits taraudages, etc. Un coup de main suffit toujours pour fixer invariablement l'étau dans la position voulue , et le rendre tellement solide qu'il cassera plutôt que de tourner.

Tout étau à patte, vieux ou neuf, quelle que soit aa forme , peut être monté sur cet appareil et être surle-champ converti en un étau tournant plus solide que ceux qui coûtent a5o fr. , et ayant des mouvemens

S lus prompts et plus variés, sans être, comme ces eroiers, sujet k de fréquentes et difficiles répara-

bb l'aihuiiei. 53

fions : l'étau , en sortant de dessus l'appareil , peut être replacé à demeure sur l'établi : sa forme n'étant nullement altérée.

Les avantages qui résultent de cette faculté de se mouvoir en tout sens sont innombrables. Les' biseaux, quelles' que soient leur longueur, leur inclinaison , la largeur et l'épaisseur des pièces sur lesquelles ils doi- Tent être pratiqués, se font sur l'étau mobile, avec la plus grande facilité. On a l'avantage de pouvoir les dresser en les tirant de longueur, et de pouvoir les mettre d'épaisseur en les prenant par devant; avantages que n'offrent point les pinces à' chanfreiner qui sont coûteuses'; peu solides, qui n'offrent qu'une seule» inclinaison, celle de 45 degrés , et qui rie peuvent saisir que des pièces -de peu de largeur et de faible épaisseur. On limera aisément, l'outil tenu horizontalement', toute planche métallique, quelles que soient sa configuration et sa grandeur , quel que soit son peu d'épaisseur. Si cette épaisseur était tellement réduite que la feuille métallique n'eût plus la force de se supporter, on parviendrait encore à la limer en la supportant avec une planche quelconque ,«priae* avec die entre les mâchpires. Aucun moyen connu dans les arts ne présente cette facilité. On pourra scier, buriner, graver , découper tout objet f racé ou dessiné en tournant l'étau de manière que la partie tracée soit toujours éclairée. On fera toutes sortes de forages avec la plus grande facilité, la disposition de cet étau permettant d'exposer dans une position horizontale , ou inclinée à volonté,- à l'action de. la mèche verticale d'une machine à percer, torites les faces de la pièce prise entre les mâchoires , etc. , etc. , etc.

Enfin y cet appareil tiendra lieu d'un frrand nombre d'outils et d'ustensiles dont on pourra désormais se. passer.

54 HAlfUU,

Paris, le 17 mari i83o.

Le Secrétaire de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale , à M. Pàclik-Desormeàux (1)» Mécanicien»

Monsieur, la Société d'Encouragement avait chargé «on cpmité des arts mécaniques de l'examen de l'appareil que vous avez imaginé,' dans le but de donner aux étaux à griffes la faculté 4ê pouvoir être placés dans 'toutes les positions possibles.

. La Société, Monsieur, a vu, avec bien de l'intérêt, les efforts que vous avez tentés , et elle applaudit aux résultats tres-satis faisans que vous avez obtenus. Pour vous donner un témoignage de sa satisfaction , elle a ordonné que le rapport, dont je vous envoie une copie, 4 ferait inséré dans son bulletin.

Je suis bien flatté d'avoir à voua exprimer la bonne opinion que .là Société a- conçue ne vos travaux ; trouvez bon , je vous prie , que je joigne à ce suffrage l'expression des sentiniens d'estime avec lesquels j ai l'honneur d'être, etc. Signé Cu-Antaelme COSTAZ.

Extrait du procès- ter bal de la séance du Conseil d'Admis nist'ration, du 10 mars i85o. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Benoit lit le rapport suivant :

Messieurs , vous avez chargé votre .Comité des arts mécaniques d'examiner l'appareil imaginé par M. Paulin Desormeaux, dans le but de donner immédiatement aux étaax à griffes la faculté d'être placés dan» toutes les positions possibles autour d'un point d'attache de ces étaux à un corps fixe.

(1) Auteur de l'art du tourneur, de l'art du menuisier, et ri* dacteur» propriétaire, du Journal dt% Ateliers, rue des Grex-$or« bonne , M* 10,

de l'aimuiïsh. 55

Votre Comité a vu avec intérêt l'invention de M.

Paulin Ûesormcaux. (Soit la description de l'appareil.)

. L'inventeur, qui est parvenu, à l'aide de cet appareil, à remplacer, sans aucun travail ultérieur, les mécanismes cbmp ligués , et par conséquent coûteux ( a5o à 3oo fr. ), dont on s'est servi jusqu'à ce jour dans les arts, mérite les encouragemens de la Société. Je viens, en conséquence, au nom de votre Comité des arts mécaniques, vous proposer, Messieurs, d'approuver l'invention, déjà brevetée, de M. Paulin Desormeaux, <^nt l'adoption Contribuera à" rendre plus faciles â exécuter des travaui pour lesquels les ètaude mobiles auraient déjà été employés, si leur prix élevé ne s'y était opposé. J'ai l'honneur de vous proposer encore, au nom de votre Comité, de remercier M. Paulin Desormeaux de sa communication, et dé publier, par la voie de votre; bulletin, la description, avec gravure, du mécanisme qui i'ait l'objet du présent rapport.

Le Conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions. '

Pour copie conforme :

Cl.'Arth. COSTA'Z, Secrétaire.

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