DE L'AUTO*»*. S
n'a rien de particulier , c'est usez ordinairement an compas en fer, dont les pointes sont en acier. On reconnaît qu'un compas ist bien fabriqué lorsque lea branches, en 80 rapprochant , ne sont nullement dissemblables. On l'ouvre et on le ferme plusieurs fois ; s'il a des forts et des faibles , c'est-à-dire, s'il s'ouvre plus' facilement à certains éçartemens qu'à d'autres» il doit être rejeté, et l'on doit préférer celui qui, depuis sa fermeture exacte jusqu'àson plus grand écartement, s'ouvre seus la même pression et sans secousses. Les compas avec quart de cercle divisé et vis de pression sont sans doute plus chers, mais ils rendent un meilleur service sous le rapport de la précision. On fait aussi des compas à pointas de rechange ; l'armurier se contente ordinairement d'un compas ordinaire. Cet instrument est tellement connu , que nous ne croyons pas nécessaire d'en parler plus au long , ni même den donner la figure.
, 17. Les compas courbes sont de diverses espèces, la compas à branches courbes avec quart de eercle divisé et via de pression , le 8 de. chiffre ou compas* d'épaisseur, le maître à danser, dont les branches sont courbes d'un, côté et droites de l'autre» Nous allons examines chacun de ces trois compas.
18. La fig. 79 représente le compas courbe le plus simple et le plus aisé à faire. Qn courbe les branches d'un compas droit ordinaire, et .on a un compas qui peut servir dans un grand nombre de circonstances : mais les résultats fournis par l'emploi de ce compas ne 'sont pas assurés. ,11 plie facilement sur le rond et peut faire commettre des erreurs en moins; à un grand écarte ment, son effet est presque joui. On lui préfère donc avec raison le compas dont nous allons parler, encore bien qu'il soit d'une fabrication plus compli-
Suée, et qu'il soit par conséquent d'un prix plut evé*
19. La fig. 77 représenta ce compas qu'on fait ordinairement en acier, l'écartement est réglé par le
3uart de cercle a, et la vis, de pression b, ce qui onne la facilité en écrivant ou en se rappelant le. nombre dés degrés , de retrouver lçs -grosseurs des cylindres , ajor* mante que Je compas a servi à d'autres
usages, commodité qui ne se retrouve que dans Ie9 compas divisés.
26. Le 8 de chiffre, fig. 78, est aussi nommé corn* pas d'épaisseur , parce qu'indépendamment du service qu'il peut rendre, comme compas courbe ordinaire, il sert encore à faire connaître l'épaisseur précise des pièces courbes, comme cuvettes et atitres dont les bords plus épais île permettraient nullement de connaître la force de la partie la plus mince sans le secours de ce compas. On le fait communément en cuivre ; les plus estimés sont en acier. On adapte également à ce compas un quart de cercle divisé, avec vis de pression. On reconnaît qu'un 8 de chiffre est juste lorsqu'après avoir fait tourner les branches en tous sens , elles arrivent toujours également en contact des deux côtés, et lorsqu'à divers écartemens qu'on «prorivè, la distance entre les branches est toujours bien exactement la même.
21. Le maître à danser, fig. 80, est ordinairement fait en cuivref, mais ceux confectionnés en acier s'Ont pins chers et plus estimés. On met aussi à la partie courbe du maître à danser un quart de cercle divisé, avec vis de pression. Il sert particulièrement à mesurer les ajustemens des cylindres dans les tubes ; à prendre toutes -mesures intérieures et extérieures des parties rondes ; il. est utile pour vérifier si un tube est parallèle dans .sa partie intérieure à la partie extérieure, et. pour évaluer de combien ces deux surfaces s'éloignent du parallélisme. Un maître. à danser est bien fabriqué quand, à tout écarteinent, l'extérieur des pieds a est absolument égal en grandeur à 1'espacg compris entre les- extrémités dea branches courbes b; pour s'en assurer, on prend des bpîtes fermant à pression exacte, comme tabatières et autres , ou mesure intérieurement le couvercle avec la partie droite du- compas, qui doit alors 'embrasser exactement par l'extrémité de» branches courbes la gorge de la botte. On éprouve d'ailleurs te maître à danser comme le 8 de chiffre, en le- faisant tourner etle changeant de côté.
22. On a récemment inventé un, compas servant à la fois de calibre , de maître à danser , d'équerre à tra.
DS t*ABMHHBB. S*,
Tcrse et d'équerre ordinaire. Mous en avons donné la description dans le Journal des Ateliers, T. I , Juillet 1839, pag. 179, fig. 16 et 17; mais, comme il n'est
(>as encore répandn dans le commerce et nue, d'ail* eurs, les armuriers ne l'ont pas encore adopté, en qu'ils feront infailliblement lorsqu'ils en auront connaissance , nous ne le rangeons, pas parmi les outils dont ils se sérient habituellement. *
*3. Indépendamment de ces divers eotnpa* , le laboratoire doit encore être garni de. régies d'acier, équerrëà chapeau -y rapporteur , pointes à tracer, et autres ustensiles servant à dessiner.
34. Les calibre».. On appelle ainsi plusieurs ustensiles différens. Les calibres pour forger sont de diverses natures : ce sont ordinairement des morceaux de tôle échançrés selon la grosseur des pièces; ils servent particulièrement lorsqu'il s'agit d'étirer de* barres- à une grosseur déterminée : dans ce cas, îe compas dont nous venons de parler (aa) est d'un trèfc~ bon usage/ et est d'autant plus utile qu'il forme calibre universel pouvant servir à' calibrer selon toutes les dimensions. On a aussi des calibrés qui servent à arrondir» à dégraisser le dessous des têtes de vis,' (on entend par ce mot aviver l'angle rentrant formé par la tige et la tête) : nons en parlerons à l'artiofe fraises,
a5. Quant aux calibres en bois, ils ne sont -autres que des planchette» en noyer taillées en patrons qui serverit à conserver les formes des fûts jugés les plus élégans. ■
Les Filières,
26. Deux outils portent ce nom : les uns, .dont nous né parlerons pas 1 " r parce qu'ils ne servent plus depui» long-tçms aux armuriers, sont des planches d'acier Percées de trous coniques qui servent , à l'aide du banc à tirer, à amoindrir le diamètre des fils métal-» Hques. Maintenant c'est le tireur-tréfileur qui se charge spécialement de ce soin , et qui vend le fil aux divers artisans qui l'emploient t l'artourier le lui achète comme les autres. Ndus -passerons donc sous silence ces instrumens anxqnels il a d'ailleurs été apporta dernièrement d'importans changement f
4û MANUEL
37. Maie ce qui doit surtout fixer notre attention , c'est la filière à coussinets ; parce qu'il y en a une espèce qui, bien que servent dans beaucoup d'autres professions , est spécialement adoptée par les armuriers, et est connue dans le commerce suus le nom de filière d'urmurier. Elle se compose d'un encadrement en fer qu'on nomme fût, et de pièces mobiles en acier qu'cm nomme cïtussinets*, ( Voyez fig. 81 . )
Le fnj se compose de deux parties : l'encadrement, la vis de pression. L'encadrement a dans son ouverture et sur ses longs côtés une coulisse , que l'on fait de deux manières , au choix de l'ouvrier; tantôt c'est un angle de 90 degrés , saillant , sur lequel les coussinets se placent à cheval au' moyen d'un angle de tnême Valeur pratiqué &uxt>outs de chaque coussinet. Ainsi sont faites les filières du commerce. Lorsqu'un ouvrier fait lui-même sa filière, il préfère se donner un peujplus de peine et suivre l'autre méthode, qui consiste à remplacer l'angle saillant par une rainure bien dressée ,. dans laquelle s'engagent des tenons pratiqués aux bouts des coussinets. Les filières faites ainsi sont d'un meilleur usage* que les premières. La vis de pression 'entre dans l'encadrement au moyen d'un trou. placé au milieu du bout, en regard du bras opposé : cette vis* qui affecte elle-même la forme d'un bras , est percée d'un trou transversal pratiqué dans son renflement; c'est par ce trou quon passe une broche ou levier, à l'aide duquel on fait tourner cette vis. Elle doit être à pas profonds et peu inclinés; l'écrou, ou oeil du fût, par lequel elle passé, doit être exactement taraudé. On préfère avec -raison les filières dont l'œil est profond,
28. Les coussinets sont des morceaux d'acier ajustés dans le fût , et y glissant avec effort au moyen de la pression de la vis, formant le bras mobile du fut. Indépendamment de la rainure ou du tenon des bouts» selon la méthode adoptée * ces coussinets sont encore entaillés au milieu dé leur longueur d'une échancrure semi-circulaire qu'on fait avec la queue de rat s devant correspondre avec une échancrure pareille, pratiquée dans le coussinet suivant , et devant former à elles deux un trou circulaire ou plutôt elliptique.
DE l'aIMOITKB. 4l
Ces échancrares soft quelquefois unies à l'intérieur, la paire de coussinets compose alors un rodoir avec lequel on arrondit les tiges des vis ou des goupilles; mais ce n'est pas là leur mission spéciale, presque toujours elles sont elles-mêmes entaillées de rainures angulaires "décrivant une portion d'hélice, et c'est de l'effet simultané de ces deux portions d'hélice que se forme la vis.
99. Pour former régulièrement. cette hélice intérieure , on emploie un outil qu'on appelle taraadméré ou simplement mère. C'est un cylindre d'acier, d'une grosseur déterminée par la force des. vis qu'on veut faire et sur lequel sont imprimées des vis matrices,, coupées d'espace en espace dans le sens delà longueur du taraud,*pour qu'il y ait dégagement de copeaux et que ces tarauds-mères aient du mordant. Quand il s'agit d'imprimer en creux dans les coussinets les hélices saillant gtir la mère , <m prend cette mère*entre les deux coussinets préalablement détrempés et recuits , on serre la vis de pression , formant l'iu» des bras , et l'on tourne la filière <en montant et la. descendant tenue dans la position la plus horizontale possible. Au fur et à mesure que l'hélice s'imprime, on serre la vis, et ainsi de suite, jusqu'à ce que les filets de la mère aient plongé de-toute leur hauteur dans l'acier des coussinets.- On trempe ces coussinets qui deviennent alors propres à former eux-mêmes. des vis, soit sur le fer , soit sur lé cuivre. -
3o. La filière fait les vis, les écroux dans lesquels ces vis doivent s'engager sont faits- à l'aide d'un cylindre d'acier fileté et trempé, qu'on nomme taraud.
Le taraud peut être .fait avec la- filière double, on prend un morceau d'acier, que Ton arrondit dans toute la partie qui doit être filetée et quei'on tient carré ou aplati par l'extrémité supérieure. C'est par cet endroit qu'on pince le taraud pour le 'tourner, Souvent on se contente de prendre le taraud dans l'étau et de tourner dessus la pièce qn'on veut tarauder; mais, lorsqu'il n'est pas possible d'en agir ainsi , et que c'est la pièce qui doit être tenue immobile, on prend le taraud dans un instrument qu'on, nomme tournê-à*
jfl MÀNCEL
gauche, ou même entre deux coussinets plats de la filière destines à cet usage.
II semble, au premier aperçu, que rien ne soit plus facile à Caire qu'un taraud: cependant cette opération exige quelques soins et des précautions dont l'omission aurait des racorivéniens.
Il y a deux espèces de tarauds. Les uns 'sont coniques , les autres cylindriques. Les tarauds coniques ne sont pas coniques dans toute leur longueur : un tiers envû'on de la longueur, vers le haut , «st cylindrique. Le reste va en diminuant de diamètre vers la ÏKÛnte, cette diminution né doit point être telle que é plein du taraud en suit trop appauvri, on doit faire en sorte que l£ total de la différence soit un peu moins de la profonduur d'un filet entier.
* Les tarauds coniques servent à tarauder les trous qui traversent de part en part ; lorsque le trou ne traverse
1)as, en se sert du taraud conique pour commencer 'écrou, puis on fait agir le taraud cylindrique qui atteint 411s qu'au fond, ou à-peu-près.
Pour faire un taraud cylindrique, on place dans Téta u le morceau d'acier qu'on veut fileter; on le filète avec la filière, en la tournant en- montant et descendant dans toute la longueur du taraud, et en serrant la vis de pression d'une manière uniforme , à chaque départ ou a chaque retour. Pour faire le taraud conique , on serre la vis tous les deux ou trois tours en descendant, en remontant on la desserre également tous les deux ou trois tours, le tout à partir de l'endroit où commence la partie conique.
Lorsque le filet est bien formé, on doit enlever avec une lime l'arête des filets , car cette arête est souvent formée* par la rencontre des bavures occasionées par le refoulement de la matière : ces bavures s'éclateraient à la trempe et le taraud serait promptemént altéré. Après avoir ôté ces bavures , on passe de. nouveau la filière jusqu'à ce que le filet ait repris son vif.
Lorsque. le taraud est dans cet état, il ne s'agit plus que.de lui donner le dégagement qui doit le rendre coupant et diminuer les frottemens. "Ce dégagement 0e donne 'selon la force des tarauds, et aussi selon 2*
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matière dans laquelle il doit opérer. Pour le cuivre et le fer doux on fait les tarauds triangulaires et carrés, pour le Ter <J ar et l'acier on les lime à cinq pans » néanmoins ces formes s'emploient assez ordinairement indifféremment pour toutes les matières. Les tarauds triangulaires criupent mieux, mais sont plus sujets à casser ; ceux pentagones sont plus résistans % mais -coupent' moins.
Les tarauds d'acier sont trempés simplement , d'abord peu secs > puis peu revenus ; on ne trempe pas dans toute la force de l'acier , parée que l'acier, tourmenté par le taraudage et ayant d'ailleurs par suite 4e la forme ondulée une plus grande étendue de surface , et présentant des angles, est sujet à- se fendiller, à se gercer lorsqu'ils sont trempés trop chauds : les, bons tarauds sont cènx qui sont revenus au degré bleu de l'acier fondu. Poiir obtenir ce degré , et attendu le peu de force de la trempe primitive , on fait revenir h la couleur gorge de pigeon, où même rouge d'or, selon la qualité de l'acier.
5 1 . Quand les tarauds sont gros et robustes , il vaut bien mieux employer le fer pour leur fabrication* sauf à les tremper ensuite au paquet. Le fer qui convient le mieux est celui qui est doux et a desgrains fins et brillans. On dit que le 'fer aigre prend mieux la trempe en, paquet : cela paraît confirme par l'expérience ; mais* comme le fer aigrit toujours lots de cette opération , il convient mieux de prendre du fer doux , le fer primitivement aigre devenant trop cassant.
Les tarauds de fer trempés en paquet ont un avantage signalé sur les.tarauds d'acier : c'est qu'étant fer dans le milieu et n'étant recouverts que d'une couche d'acier, plus ou moins épaisse selon qu'on les laisse plus ou moins long-tems dans le .paquet, ils sont beaucoup, plus résistons aux efforts qui tendent a les rompre, et qu'ils sont en outre plus dursj et parconséquent moins sujets à s'émousser et à blanchir, parce
Sue la couche d'acier qui les recouvre , étant trempée ans tout son dur et sans qu'il soit besoin de faire revenir, a un mordant qu'on ne pourrait donner aux tarauds tout acier , qui se briseraient en éclats s'il étaient tenus aussi fermes, les armuriers se servi
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plus volontiers de tarauds cylindriques, afin d'avoir toujours des écroux de diamètre égal.
3a. ^es mères et les bons tarauds ne sont pas faits a> la filière, c'est sur le tour et avec les* peignes, qui coupent la matière sans la refouler et sans la tourmenter, qu'ils sont confectionnés ; -mais les armuriers font rarement eux-mêmes leurs tarauds , et ce que nous venons de dire de .cet important outil sera suffisant pour ce qui lès concerne.
33* Indépendamment des filières doubles, 1* armurier doit avoir plusieurs filières simples; on appelle ainsi des plaques, d'acier qui sont percées de trous de calibres divers , dans - lesquels on a passé des tarauds qui y ont imprimé des-., filets et en ont formé des écro^x qui ^ étant trempas, servent à former des vis. La filière simple fait la vis d'un seul coup : elle est plus éxpédhive que la filière double; mais elle fait moins bien-, «lie. tourmente > tord et fatigué le fer ou le cuivre qu'elle filète , et la vis en sort assez ordinairement #a«c/ie, surtout si elle est longue ; les pas «ont moins réguliers et moins profonds. Néanmoins la filière simple est bonne pour les petites vis, on les achète à tant le trou , celtes de Lavousi et de Latard sont les plus estimées.
Les tarauds de ces filières ne diffèrent en rien de ceux des filières doubles.
Les Pinces*
34. Les pinces de l'armurier n'ont rien de particulier qui les distingue de celles employées dans les autres professions : nous avons représenté, fig. 8a, 83, 84, 35 , 86, quelques-unes des principales pinces dont il fait.usage. La fig, 83 est la pince plate ordinaire ; il y en a de plusieurs formes,, les unes plus camuses, lea autres dont les mords sont plus allonges. On doit, en les achetant, veiller à oe qu elles soient solides dans le nœud et bien ajustées, a ce que les mords aient a l'intérieur une denture fine et régulière, et à ce que les branches soient robustes, afin qu'elles ne s'écrasent pas dans là main sous les 1 fortes pressions, ce qui a or* dinairemeut lieu si l'on n'y fait pas attention, et ai d'ailleurs elles ont été mal trempées.
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35. La figure 85 représente la pince nommée Uc, elle sert à recourber des fils métalliques : on doit veiller à la cambrure des beps qui doit être régulière et s'assurer si ces becs sont bien trempés ; car c'est presque toujours delà que la pince manque.
36. La figure 84 est la pincé à coulant ; elle remplace, dans certaines circonstances, et pour les petits objets, l'étau à main, fig. 29, a est le coulant, c'est en le faisant descendre vers l'extrémité des branches qu'on opère ime pression permanente des mords, qui est très commode .lorsqu'il' s'agit d'arrondir avec la lime des pièces délicates. La pince à coulant sert encore dans une infinité d'autres circonstances.
37. La figure 85 représenté la pince d goupilles, on en tait de toutes formes ; celle que nous avons dessinée est la plus usitée. Cette pince est d'une grande utilité pour diminuer. les fils métalliques à. la grosseur donnée d'une goupillé quelconque : a est un manche de bois bien arronjli et aune forme facile a faire mouvoir entre lès doigts : &est une tige d'acier dépassant le ni anche des deux côtés, et qui. est forée, dans tonte sa longueur, d'un trou de calibre a recevoir les diâerens fils métalliques qu'on veut employer pour la façon dés goupilles. Cette tige est fendue dans le sens de sa longueur dans le bout qui dépasse le manche par-devant : c est un coulant en cuivre ou en acier qui sert à fajfe fléchir les deux branches de la tige b , et à opérer une pression sur le fil métallique dd : au moyen de cette pression, on peuj limer et arrondir ce fil à volonté -pour atteindre la grosseur de la goupille qu'on veut faire; après l'avoir coupée à la longueur requise, on desserre le coulante, en le faisant remonter du côté du, manche a, on fait sortir le fil de la longueur qu'on veut donner à la nouvelle goupille, et, après avoir serré en poussant le coulant en avant, on recommence a limer , et ainsi de suite jusqu'à ce' que tout le fil soit employé. C'est dans cette faculté que gît le grand avantage de ces pinces.
38. La fig. 86 est une autre espèce de pince que l'on nomme coupe-net: Elle sert , ainsi que l'indique son nom , à couper les fils métalliques ; \\ y en a de deux sortes ; les unes droites, c'est celte que no"
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avons représentée, les autres* dont les couteaux sont tournés de côté ; elles portent alors le nom de coupe* net de côté. Ces sortes de pinces sont indispensables , on doit les- choisir robustes et faire attention à la trempe des couteau* , car c'est toujours par là qu'elles cessent leur service. Ou les couteaux sont meus, et alors ils blanchissent prdmptement et ne tranchent
Elus le métal , ou ils sont très-durs et sont sujets à s'érêcher souvent , et se brisent à la» moudre chute et au premier choc ; il convient doue d'apporter beaucoup de soin dans le choix de cCs pinces qui coûtent fort cher , Vu leur prompte destruction : il Faut les prendre dans le mç&zo-termine , elles rendent alors un service prolongé.
Les Etaux.
39. Les armuriers emploient toutes sortes d'étanx; mais il en est un, Cet au à pied, qui est disposé différemment que ceux dont il est fait usage dans les autres professions , et qui sont connus dans les arts mécaniques sous le nom d'ètattx d'armurier. Nous devons nous étendre un peu sur ce oui le concerne;
40. L'ètau â pied d*armurier diffère des étaux à pied Ordinaires en ce qu'il tourne sur lui-même dans le sens horizontal. Ce mouvement est indispensable dans bien des cas , et nous nous étonnons'qu'il ne soit -pas adopté par les serruriers , couteliers et agtres artisans auxquels il serait également commode.
«Tout le monde connaît un étau à pied ; il n'est paa nécessaire d'en Taire une description verbale, la fig. a5 le représeute fixé après l'établi. Si le pied de l'étau est trop long, on le rogne , s'il est trop court, on met dessous Une cale a sur laquelle il appuie. L'étau à pied présente cette différence avec l'étau à griffe ou à . attache dont il va être parlé, qu'au moyen de ce pied qui appuie contre terrç, il offre un contre-coup lorsqu'il s'agit de forger ou même simplement de river une pièce prise entre les mâchoires. Les étaux sont vendus à tant le kilog. ; les étaux d'armurier étant plus ouvragés coûtent 3 et 4 fr. le kilog., les autres ne coûtant que 2 fr. à s fr. 10 cent. , 2 fr. 20 cent. Quand on achète un étau , ondoit d'abord faire attention à Ja
DE L'AMfrifBI. 47
ris , .s'assurer si elle est régulièrement filetée , si les pas en sont profonds et vifs., on doit visiter la botte : c'est ainsi qu'on nomme Fécroa, pour vérifier si le pas le parcourt dans toute sa profondeur. Assez souvent le fabricant n'a mis que quatre ou cinq filet» par devant , c'est une mauvaise construction et l'on doit préférer ceux dont l'hélice remplit toute la boite : on doit examiner si la brasure a été bien faite, si la partie postérieure de cette botte , soit qu'elle forme épaule* ment, soit qu'elle soit à etoquiau, comme cela a le plus souvent lieu , est-bien solide ; car c'est assez souvent de-4à que l'étau vient à manquer. Lorsque tout , ce qui concerne la vis et l'écrou a étç vérifié , on doit faire attention aux mords , s'assurer s^ils sont bien et profondément taillés, s'ils sont durs, bien trempés , ni mous riicaasans : vérifier s'ils ferment bien parallèlement et se rencontrent exactement , si, en s 'ouvrant , la mâchoire mobile conserve autant que possible le niveau de la mâchoire fixe. Apres ceavérifi» cations, on examine si lia»'/ de la mâchoire mobile est robuste ; car c'est aussi assez souvent dans cet endroit que les étaux manquent. L'œil d'un étau à pied doit avoir été percé à chaud et être un peu ovale, ce qui facilite le grand écartement des -mâchoires. On doit d'ailleurs, pour le bas de l'étau et particulièrement pour le pied, le prendre évidé etle plus léger possible, sans que cependant cela nuise à sa* solidité ; mais en général les fa bric ans font cette partie peu ouvragée forte et massive pour donner du poids, à l'étau * et cependant ce n'est pas absolument de4 à que dépend sa force. Le ressort et l'attache doivent aussi appeler l'attention de l'acheteur. -
Ces observations s'appliquent 'à .tous, les étaux.
4-1. Nous venons de dire que l'étau "d'armurier doit tourner sur lui-même ; ce mouvement a lieu au moyen d'un collier brisé, en fer, oui embrasse la branche-fixe de l'étau , et qui est solidement attaché par des*vis , soit dessus la table de l'établi , soit mieux, et ainsi que nous l'avons dessiné , sur une plus grande échelle, fig. 26 et 27 , sur le champ antérieur de cette table. La fig. a6 représente lé collier entier vu par-dessus; a est la partie fixe qui s'attache aprfe» le chamn
de Tétabli par encastrement et avec des vis à tête fraisée ; 6 est la partie mobile tenant à la partie fixe au moyen de la charnière c : une vis de pression-, à oreilles , ou à tête forée d opère la fermeture du collier. La partie antérieure b est percée d'un trou uni pour livrer passage' à cette vis de pression qui s'engage par sa partie filetée dans l'écrou'rf de la partie fixe a, vue en élévation , fi g. 2j , dans laquelle les mêmes lettres indiquent les mêmes, objets.
4a. Pour que ce collier embrasse exactement l'étau, il faut que la branche postérieure soit parfaitement
• ronde, aussi le collet est-il fait sur le tour; ce qui n'est
Eas une opération facile, vu les difficultés du pointage, es bornes restreintes de cet ouvrage s'opposent à ce que nous entrions dans lés détails de cette opération. Presque toujours l'armurier achète sonétau tout fabriqué ; nous devons donc nous renfermer dans la description , sans .entrer dans les faits qui concernent la fabrication. *
43. Lorsque le bras de l'étau est pris dans le collier , et que le pied , arrondi par le bas, tourne dans une crapaudinea, ng. a5, de cuivre ou de gayac, l'étau devient mobile; on le fait virer à volonté, lorsqu'on a desserré la vis de pression </, on le fixe, dans là position voulue en serrant fortement cette vis qui fait adhérer le collier sur le collet. '
44- h'ètaa à griffe ou, à attache diffère de l'étau à pied en ce qu'il ne porte pas sur un pied , mais qu'il est suspendu après l'établi au moyen <}'une pâtre pardessus et par-dessous d'une vis de pression assez ordinairement garnie d'une- manette, levier qui sert à la faire mouvoir. La table de l'établi se trouvant pressée entre cette patte et fa vis de pression , l'étau est invariablement fixé.
45. Il y a deux sortes d'étaux à griffes, les uns communs , nommés indiffère friment ètaux d'Allemagne, êtaux français , ètaux ferrailles. Les autres
* plus soignés, nommés ètaux d* horloger, êtaux anglais, ètaux suisses , etc. v
46. Les ètaux d'Allemagne., dont nous ne donnerons pas la figure , parce que l'armurier préfère ordinairement les beaux étaju, qui sont d'ailleurs incompara-
blement plus solides. Les étanx d'Allemagne différent de ces derniers en ce que la patte ne fait point partie de l'étau , qu'elle s'y insère au moyen d'un tenon qui est retenu à l'intérieur par une clayette. Cette patte , ordinairement trop faible , est -située sous la boite, et tient après l'établi au moyen de deux replis de ses angles formant griffes et qui entrent dans le bois.
Ils différent encore en ce point que ta vis de pression ne passe pas par un talon long et fort , comme dans les étaux de prix ; mais que ce talon est formé par le prolongement , recourbé d'équerre , de la branche fixe. Ce prolongement étant aplati , Pécrou qu'il forme n'a que deux pu trois filets , et , à la moindre pression ,
I effort fait ouvrir ce prolongement ; ce qui donne a l'étau une fausse position, et lui Ole la fixité, qui est une des .condition» indispensables de son bon service*
II arrive encore assez souvent, dans ces sortes d'étaux, que c'est la patte oui plie ou qui se rompt dans le tenon ; Us n'offrent donc pas de sécurité,' et c'est avec raison que les- armuriers les dédaignent , encore bien qu'ils soient moins chers que les étaux fins»
47. Les' étaux d'horloger ressemblent , par leur partie antérieure , à ceux à pieds ; ils en différent par la * •griffe ou attache ,' k l'aide de laquelle ils sont fixés sur l'établi. Pour, ne point -multiplier inutilement les figures, nous nous servirons de l'étau mobile dont il sera parlé pins bas, en ne faisant maintenant mention que «e l'étau , et en négligeant l'appareil. La fig. -87 . représente un.étau d'horloger ;'b est une patte rohtàto faisant partie de l'étau ; elle est ordinairement séparée en queue de poisson; on la fixe sur l'établi, soit à l'aide de vis passant par des trous pratiqués à l'extrémité de chacune des deux parties contournées de cette queue, et- indiquées sur la- figure, soit à l'aide de pointes saillantes en dessous ; maïs cette dernière manière de fixation est moins* commode et moins sûre que la première : a est "un fort talon- rapporté après la branche fixe a laquelle il tient par deux fortes rivures. Ce talon à forme, l'écrou de la vis de pression <c qui' est mue par uqe manette d ; au sommetae cette vis c , oa réserve un tourillon qui entre à pression dans an trou de calibre c' pratiqué au centre d'unepiece triaogultûr