Les oiselets f poinçons. Les oiselets sont de petits
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outils tranchans par un bout et arrondis de l’autre : c’est sur ce dernier bout qu’on frappe avec un marteau pour ciseler, évider des mortaises, percer des rainures ; ils doivent tire faits debon acier et trempés bleus. Les figures 55, 56, 5j et 58, donnent l’idée de ce que sont les ciselets, poinçons, burins-bédanes, et autres petits outils de cette nature, dont les formes sont três-multipliées , mais que noûs ne pensons pas devoir reproduire, les quatre que nous donnons devant suflli e.
60. Les matloirs. Ces petits outils sont de même nature que les ciselets, à cette différence près qu’ils ne sont pas coupans , mais bien carrés, ronds ou méplats par le bout : on les trempe plus durs que les ciselets ; les figures 7>ç) , 4o et 4 i en fourniront une idée. Ils servent à refouler , à enfoncer les tôles et le cuivre en planche.
6 1 . Grattoirs , pointes à tracer , brunissoirs. Les fig. 49, 5o, 5i , 52 , 55, 54 , 55 , 56, 57 et 58 , .donneront une idée suffisante de ces outils , sur lesquels nous n’avons rien de particulier à faire remarquer.
62. Les rabots. Tout le monde connaît le rabot : cet outil du menuisier est également utile à l’armurier ; nous n’en donnerons pas la description ; nous renvoyons à cet efl’et au Manuel du 'Menuisier-Ebéniste.
-65. La même observation sera applicable aux ciseauæ à bois.
64. On appelle indifféremment burin ou ciseau ùfroid une petite bandelette de bon acier trempé , très-dur , affûtée par Un bout et sur laquelle on frappe par son bout arrondi. Ce ciseau est , à proprement parler , un ciselet , mais plus grand et plus dur , servant à couper le fer.
65. La p.'-.inc ou couteau à deux manches sert à dresser les bois, à les aplanir, à les arrondir grossièrement ; cet ontil est plus particulièrement employé par les tonneliers. L’inspection de, la figure 97 sera suffisante pour en donner une juste idée : c’est d’ailleurs un outil connu de tout le monde.
Depuis quelque temps on sc sert dans les ateliers de facteurs de pianos, ébénistes et autres, d’une plane dont l’emploi serait très-favorable aux armuriers : on la pomme plane enfutéç, ou, plus communément, bas-
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fringue : c’est une petite plane dont les bras ne sont pas terminés par des boutons en bois comme dans les planes ordinaires , mais par des parties cari ées destinées à traverser le fût. Ce fût est un morceau de bois qui se termine par les deux bouts en deux poignées, et qui, dans le milieu, est percé d’une lumière semblable à celle des rabots dont la plane forme le fer. On vend ces outils tout préparés ; l’intérèssant est d’en constater l’existence. *
66. La fig. 33 représente un outil faisant partie d’une série d’outils semblables qui portent indifféremment le nom de bultoir ou pousse-avant , mais plutôt ce dernier ; ce sont des outils en acier solidement maintenus dans des manches courts et arrondis, devant se placer dans la paume de la main , les uns affectant la forme de gouge , les autres celles de ciseatt»- * . ' plat, les autres sont angulaires, ils s’aifùtent trèsfriands. Ils sont destinés à sculpter le bois et principalement à fouiller daus les creux. Les guimbardes sont
des espèces de petits rabots avec conducteurs qui servent à aplanir le fond des creux où elles font le service du rabot ; ces outils sont quelquefois employés par l’armurier ; mais ils n’appartiennent pas positivement à sa profession, ils appartiennent plutôt au sculpteur et au graveur sur bois , auxquels l’armurier trèsoccupé confie les sculptures à faire sur les fûts des armes de prix. Nous nous contenterons donc de les indiquer sans entrer dans de plus grands détails sur ce qui les concerne. Tous ces petits outils seront d’ailleurs . cités dans le Vocabulaire qui suit l’ouvrage.
OUTILS SEHVÀNT A FORER, A PERCER, A ALÉSER,
A FRAISER.
67. Les outils compris sous ce titre sont très-nom* breux ; aucun , à l’exception des vrilles dont les armuriers ne se servent pas , parce qu’elles sont sujettes à faire fendre le bois et que d’ailleurs elles n’avancent que lentement , aucun, disons-nous, n’est mu parla main sans intermédiaire ; et, soit que l’on fore , que l’on alèse ou que l’on fraise un, trou , on est obligé d’employer un porte-mèche ou porte-foret qui permette d’appuyer plus ou moins fort, selon la résistance
des matières à percer , et de donner en même tems un mouvement de rotation. Plusieurs porte-mèches ont été inventés ; nous ne parlerons pas de ceux compliqués mis en usage dans les grandes manufactures : ils sont mus par les moteurs généraux ; ces moyens se rencontrent rarement dans l’atelier de l’armurier ; ceux dont il fait usage sont : l’étrier mobile ou à potence, le vilebrequin, l’arççn, le touret. Nous examinerons chacun ne ces quatre moyens.
68. On appelle étrier mobile un cadre en fer surmonté par le haut d’une vis en fer à pas carrés dont le bout inferieur est aciéré et appointé et dont la tête est traversée d’un trou dans lequel passe une manette semblable à celle des vis d’étau. Les deux montans de ce cadre sont prolongés par le bas en dehors du cadre et reçoivent dans des mortaises pratiquées à leur extrémité inférieure des coins ou clavettes en fer qui servent à fixer l’ensemble sur un banc destiné à le porter ; la traverse inférieure du cadre, celle qui pose sur le banc, est fendue dans une partie de sa longueur de chaque côté, à partir du milieu qui reste plein ; au centfe de ce plein est un trou qui sert à livrer passage au foret on à la mèche, lorsque l’objet à percer est traversé. Cet objet est maintenu pendant qu il est soumis à l’action de la mèche par deux mâchoires taillées et trempées comme les mâchoires d’étaux ordinaires.; ces mâchoires sont mobiles , elles glissent dans les fentes ou rainpres de la traverse inférieure au moyen de deux vis de rappel dont les têtes ou poignées sont saillantes en dehors du cadre de chaque côté. Le vilebrequin qui reçoit la mèche est en fer , il est pointé par le haut et forme une crapaudiue dans laquelle s’engage la pointe de la vis qui domine l’appareil ; l’objet étant pris entre les mûoboires et posé au centre, on pose dessus la mèche , on fait descendre la vis de •pression dans le pointage du vilebrequin qu’on tourne d’une main, tandis que l’autre, appuyée sur la vis, la fait descendre en la tournant à mesure que la mèche ou le foret pénètre dans lamatière. Cet appareil appartient plutôt à la boutique du serrurier qu’à celle de l'armurier néanmoins il se rencontre assez souvent dans l’atelier de fabrication en grand.
de l’armuiueb. 65
69. L’ètricr on potence diffère de l’étrier mobile , d’abord par la forme, et ensuite en ce point qu’il est posé à demeure dans un endroit quelconque d’où il ne p; ut être transporté. Son nom lui vient de sa forme. On place cette potence contre un poteau à demeure entre deux pitons sur lesquels elle tourne à droite et à gauche: au moyen d’un demi-cercle avec vis de pression, on la fixe à l’endroit convenable. La traverse du haut forme une coulisse dans laquelle glisse une barre dont l’extrémité antérieure est façonnée en forme d’olive. Cette olive est traversée par un trou taraudé qui est l’écrou dans lequel s’engage la vis de pression qui domine l’étrier, qui est absolument faite comme celle de l’étrier mobile , qui sert au même usage et se manœuvre de la même manière. Mais, comme cette barre , qui glisse dans la coulisse, pourrait reculer ou avancer pendant le travail , ce qui dérangerait la posi- • lion absolument verticale du vilebrequin , elle est ellemême réglée dans son mouvement de tiroir par une vis de pression qui la fixe invariablement à l’écartement convenable ; lorsque l’étau à pied dans lequel on prend l’objet à percer (cette sorte de tiroir ne pouvant servir isolément et sans le secours d’un étau) est luimême à demeure , l’instrument est beaucoup plus simple, puisqu’alors on peut se dispenser de pratiquer la coulisse dont nous venons de parler, et que l’écrou peut être taraudé à l’extrémité de la barre supérieure elle-même. On ne fait la coulisse què lorsqu’il s’agit d’étendre ou de restreindre le rayon du cerclejde portée de la potence pour aller chercher la perpendiculaire de l’étau. Quant à l’usage et à la manœuvre, cet étrier est le même que celui que nous avons décrit (68) , mais il a moins de force. Il est souvent plus commode à placer et ne demande pas autant de frais de fabrK cation.
70. Après ces moyens assez compliqués vient le vilebrequin ordinaire , mu aussi à la main , mais poussé par l’estomac : c’est celui dont les menuisiers , les serruriers et autres font usage. Le vilebrequin est en fer. Sur le milieu de la partie coudée est une pomme mobile, ordinairement en bois, mais mieux en fer, qui facilite la manœuvre. Cet ustensile étant connu , nous
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n’en dirons rien de plus , la figure fera le reste : a , fig . 5 9, la(poignée ; è, la pomme mobile ; e, la boîte ; dy la vis de pression. Il sert principalement à percer le bois.
71 . L’arfon et la boîle à forets sont plus spécialement employés pour les menus forages des métaux ; c’est un moyen commode en ce sens qu’il est portatif. Ce moyen de percemeqtse compose, i° de fa botte à forets ; 20 de l 'archet ou arçon qui la fait mouvoir ; 3® dü plastron ou conscience, qu’on applique sur l’estomac ; 4° enfin , dans la majenre partie des circonstances , d’un moyen quelconque de maintenue de l’objet à forer, étau , presse , valet , etc. La boite à forets est un arbre en fer, appointé rond par un bout, carré dans son milieu pour recevoir une bobine en fer ou en bois dur, foré par l’autre bout d’un trou quelquefois rond, le plus souvent carré, dans lequel s’engage la soie du foret et où elle est parfois maintenue par une vis de pression. Cette partie de l’arbre, qu’on nomme aussi la tête, mais plus souvent la botte, affecte des formes diverses ; parfois le trou est pyramidal et alors on ne met point ne vis de pression ; la force d’impulsion suffit pour fixer le foret ; d’autres fois on fait une mortaise transversale servant de dégagement , et utile lorsqu’il s’agit de retirer de la boîte, la soie d’un foret rompu , qu’on n’en pourrait extraire sans ce moyen. "L'arçon est une lame de fleuret ou d’épée plate faisant le crochet par le bout, emmanché solidement et ayant un crochet ou un piton pris dans le manche , pour arrêter la corde , qui n’est autre chose qu’une lanière de cuir cru, ou une corde de boyau recouverte de fil de fer : cette corde doit faire un tour ou deux sur la bobine et forme l’arc avec la lame de l’arçon. Lep/astron, ou conscience, est un morceau d’acier dans lequel sont pratiqués des trous peu profonds destinés à recevoir le bout pointu du porte-foret et à former crapaudine. Ce morceau d’acier est fixé sur un morceau de bois ayant une légère courbure , afin qu’il puisse mieux prendre la forme de l’estomac sur lequel il lient à l’aide d’un cordon passé sur le col.
La figure 69 représente un porte-foret ordinaire : a , es* la pointe ; b, la bobine ; c, la boîte à forets ; d, la vis de pression j c,~ un foret pris dans la boite.
de l'armorier.. v
La fig. 67 représente l’arçon : a est la lame ; b , la corde ; c, le manche ; d, le crochet ou piton où passe la corde. .
La fig. 68 est le plastron ou conscience ; a , la planche en bois; 6, le morceau d’acier foré ; cc, les cordons.
72. Le touret, fig. 64, est aussi un porte-foret qu’on fait mouvoir avec l’archet ; mais il diffère de la boite ordinaire en ce qu’il est fixé à un endroit déterminé et que l’objet à forer est tenu dans la main de l’ouvrier. La très-faible pression que peut exercer cette main, comparativement à celle qu’on donne dans les étriers au moyen des vis de pression avec le vilebrequin et avec l’arçon au moyen de la pression du corps , fait que le touret ne peut être employé que pour le forage des petits trous ; mais il remplit admirablement bien cet office et perce très-droit et très-promptement.
On trouve ces tourets tout faits chez les marchands d’outils à des prix très-modérés. On les prend dans l’étau, ou bien, on les visse sur l’établi au moyen de la vis a ; on met la corde de l’archet sur la bobine b ; la vis de pression c sert à prévenir les ballotemens en poussant le collet de l’arbre qui est conique dans une bague de cuivre, formant coussinet, renfermée dans la poupée de devant. La boîte est garnie d’une petite vis de pression d qui assure l’immutabilité du foret e.
Mèches, forets , ècarrlssoirs , atésoirs, fraises, tournevis.
73. Les mèches servent ordinairement à percer le bois ; mais on donne aussi ce nom à de gros forets plats servant à percer des trous dans les métaux, elles prennent alors le nom de mèches à conducteur : nous n’en parlerons point, parce qu’il n’est pas à notre connaissance que l’armurier en fasse usage : bous ne considérerons les mèches que comme des outils servant à percer le bois.
Les mèches sont de deux espèces , plates ou rondes. Les plates servent plus particulièrement dans les bois en planches , les rondes avancent bien plus aur le bois en bout. *
74. Les mèches plates, autrement dites mèches d trois pointes , mèches anglaises, sont de plusieurs sortes :
68 MAIîO’BL
nous n’entrerons dans aucun détail sur ce qui les concerne ; on les achète toutes faites chez le marchand ; l'usage enseignera à reconnaître celles qui doivent être préfëVées par l’acheteur ; l’armurier doit en avoir un assortiment. Cette sorte d’outil a l’avantage de percer très- droit et très-régulièrement, et de ne point faire fendre le bois.
j5. Les mèches rondes ou à cuiller se trouvent également toutes fabriquées dans le commerce : elles affectent à-peu-près la forme d’une vrille qui n’aurait pas de vis d’appel ; l’armurier doit en avoir une série. La fig. 6 1 représente une de ces mèches : il y en a de toute force.
76. On appelle forçts des outils d’acier trempé plus dur que celui des mèches , et qui servent à percer les métaux, l’ivoire, la corne et les autres corps durs et tenaces : il y a des forets de plusieurs espèces. Comme l’ouvrier fabrique lui-même ces outils, qu’on ne trouve dans le commerce qu’en petit nombre et de mauvaise qualité , et simplement comme garniture des tourets , nous sommes contraints de donner quelques détails sur ce qui les concerne.
7 7. Le foret proprement dit est représenté par la %• 65 : il est destiné. à percer dans le fer des trous de deux à sept millimètres de diamètre ; plus petits , les trous sont plus facilement percés par le foret langue de carpe dont il sera parlé plus bas ; plus grands , c’est la mèche à conducteur qui remplit cette fonction. Ainsi qu’on le voit dans la ligure, ce foret , étant à biseaux contraires, ne coupe que dans un sens de rotation, il ne produit que la moitié de son effet lorsqu’on le fait tourner à l’aide de l’archet qui va et vient et produit à chaque coup des retours pendant lesquels l’outil cesse de couper ; ces forets avancent donc beaucoup mieux par un mouvement de rotation continu, tel que le vilebrequin ou les tourets mus par une corde sans fin. Comme les biseaux ne coupent que d’un côté, ifs sont plus friands que les tranchans formés par la rencontre de deux plans inclinés , comme cela a lieu p.our les langues de carpe : ces derniers ne font que gratter, tandis que les premiers enlèvent un copeau ; ainsi donc, les (brets à biseaux contraires ne seront pa^
DK l’aRMCRIER. 69
aussi communément que les autres mus par un arçon. On les lait avec un bout de Cl d’acier qu’on équarrit par un bout, si la boite à l'orets est carrée, ou qu’on laisse rond en l’ajustant au creux de la boite et en 1 aplatissant un peu par l’autre pour lui donner de l’entrée. On fait les deux biseaux à la lime ; on trempe dans toute la force de l’acier ; on fait revenir paille, si l’acier est faible, et rouge d’or si l’on a employé l’acier iondu. On affûte les biseaux sur la pierre à l’huile en conservant le côté plat bien droit et bien vif.
78. Le foret langue de carpe se fait de la même manière, avec le même acier et reçoit la même trempe ; quant au tranchant, il diffère en ce point qu’on fait de chaque côté un biseau arrondi qui lient toute la largeur du foret, ainsi que le fera comprendre la fig. 66 ; ces lorets peuvent être capillaires et parvenir à la même lorce que les forets à biseaux contraires ; et, comme ils coupent en montant et en descendant, ils sont plus propres à être maintenus dans les porte-forets qui sont mus par l’archet , puisqu’ils coupent également, soit qu’on pousse, soit qu’on retire le bras; cependant , comme ils ne font que gratter , ils n’avancent pas autant que les autres forets lorsqu’ils sont mus avec la pression et dans les circonstances qui leur 6ont propres.
79. Le foret langue d’aspic sert plus particulièrement à percer le cuivre ; il est affûté des deux côtés et se termine eu pointe ; il y a encore quelqu’autre espèce de forets, mais dont les armuriers ne font point usage.
. 80. Les écarrissoirs , fig. 61 , 62, qu’il ne faut pas confondre avec les alésoirs , comme cela a lieu assez souvent dans la dénomination technique, sont des outils qui servent à agrandir des trous faits dans les métaux. On les fait à quatre et à cinq pas , quelquefois à six ; ils affectent tous une forme pyramidale ; ils doivent être faits en acier de première qualité et , autant que possible , en acier fondu ; car ils sont sujets à casser, s’ils sont trempés trop durs, et ils blanchissent et s’arrondissent promptement, s’ils sont mous. C’est ce qui fait qu’on emploie l’acier fondu, afin qu’il soit possible de les faire revenir bleus et qu’ils
JO M A NUE t
soient encore assez durs pour conserver la rive arête de leurs angles. La trempe des éçarrissoirs demande quelque précaution , Toutil étant sujet à se voiler lors de cette opération, et. devenant par là même, et à part tout autre considération!, plus sujet à casser. Après les avoir mis au feu, on Jesprésente à l’eau dans une position verticale , ,1a pointe en bas : il faut que l’eau soit profonde, afin qu’il soit possible de plonger; mais, comme ordinairement on ne trempe point la soie , on a soin de tenir cette partie moins chaude. Quelques ouvriers ne trempent point cette soie : ils la tiennent au-dessus de l’eau ; c’est une mauvaise manière ; il vaut mieux laisser aller au fond jusqu’à submersion : le refroidissement est plus instantané, surtout pour les gros éçarrissoirs qui échauffent l’eau ; et, comme on risque de les faire voiler en les promenant à droite et à gauche, il vaut mieux les laisser plonger. S’il arrivait que la soie fût trempée , on la ferait revenir davantage que le reste de l’outil, en faisant porter le coup de feu de son côté : il est même , dans tous les cas , prudent d’en agir ainsi , la pointe étant sujette à revenir plus promptement qu’on ne voudrait.
81- Les éçarrissoirs carrés coupent mieux que ceux à cinq ou à six pans , niais sont plus sujets à s’égrener ou à blanchit,' sur les angles : presque tous les éçarrissoirs du commerce ont cinq pans ; ceux que les ouvriers font eux-mêmes sont plutôt quadrangulaires , forme qui est plus facile de fabrication. Ces outils s’adaptent dans le vilebrequin et y sont maintenus par une vis de pression entrant dans une entaille pratiquée sur la soie.
8a. Les a/csoirs sont des outils également d’acier bien trempé à l’aide desquels on dresse l’intérieur des tubes et généralement tous les trous qui ont besoin d’être parfaitement droits et ronds. On les nomme trous ou tubes alésés lorsque l’alésoir y a passé. Nous ne pouvons parler que très-sommairement de cet outil important, dont la description complète nécessiterait un ouvrage spécial. Les Anglais onr imaginé des alésoirs très-commodes à l’aide (lesquels ils alèsent l’intérieur des cylindres à piston. L’industrie française n’est point
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restée en arrière sur ce point et les a même surpassés, il nous est donc impossible de rapporter ici tout ce qui a été dit sur les alésoirs : on peut consulter , à cet égard, les écrits techniques. L’armurier n’a jamais besoin d’aléser des tubes plus gros que le canon d’un fusil : nous devons donc nous contenter de lui parler des petits alésoirs qui diffèrent en tous points de ceux destinés aux fortes pièces.
83. Le petit alésoir ordinaire diffère peu de l’écarrissoir ; la différence est peu sensible , mais elle est cependant importante : l’alésoir ne grandit pas ie trou, elle légalisé , le calibre, le rend égal de diamètre dans toute sa longueur. L’alésoir doit avoir un peu d’entrée , mais il ne doit point être pyramidal , il doit être cylindrique par le haut , il ne doit que couper faiblement et avoir des parties rondes qui appuient sur la paroi du trou à aléser et conservent le rond; nous donnons ici, fig. 98, Ja figure d’un alésoir ordinaire : c’est un cylindre d’acier dont on a enlevé un segment ; la fig. 98 le représente en élévation vu du côté du côté plat ; la coupe est à côté et accolée.
84. On lit dans le tome Ier, Journal des ateliers , pag. 384 (0? “ Tous les ouvriers savent que les alésoirs de coupe pentagonale , tels qu’on les trouve dans le commerce, ont le défaut de ne pas aléser trèscorrectement, surtout lorsque les trous sont pratiqués dans des planches métalliques de peu d’épaisseur. Le mouvement du vilebrequin n’est jamais assez assuré pour que les trous alésés ne soient sensiblement évasés par leur orifice supérieur. Pour parer à cet inconvénient, les mécaniciens tournent leurs alésQirs ronds et les liment ensuite en laissant une partie ronde, ainsi qu’on peut le voir par la coupe fig. iot : la partie a réservée ronde appuie contre la paroi du trou et sert •le conducteur , tandis que l’angle aigu b coupe vivement la matière et que l’angle obtus c , qui vient ensuite , adoucit et redresse. Cette coupe d’alésoir est
(t) Le Journal des Ateliers , T. i ( le» snivans n’ont pas encore paru ) , un vol. in-8tf , avec la planches gravées : prfx 6 fr. A Paris , chez Roaet f Libraire, rue liaulefeuille . au coin <i* celle du Battoir.
-2 * MANÜKL
sans doute préférable à toutes celles précédemment mises en usage ; mais on y a reconnu un inconvénient. Si un copeau, ou quelque partie de limaille, vient à s’introduire entre la partie ronde a et la paroi du trou, l’angle b est poussé en avant et le trou n’est plus régulier'. Pour éviter ce désagrément, M. L préfère
donner à ses alésoirs la forme indiquée par la fig. 100. 11 a trois parties rondes qui lui servent de conducteurs. La matière n’est coupée que par des angles obtus ; mais, au moyen de ce qu’ils sont multipliés, la marche dit- l’outil est, à peu de chose près, aussi prompte que celle de l’autre alésoir et bien plus assurée. Ces alésoirs sont d’une confection infiniment plus facile que celle des cinq et six pans qu’on trouve dans le commerce. »
85. Nous ajouterons que la dernière forme, celle fig. îoo, est incomparablement plus sûre et d’une exécution plus facile. Plus sûre, parce qu’elle a trois conducteurs qui, formant les angles d’un triangle équilatéral, ne peut souffrir aucune inexactitude. Plus facile à exécuter , parce que l’angle aigu b de la figure 101 , pour qu’il se trouve à la circonférence , exige une main très-exercée, ePque d’ailleurs, au premier affûtage, cet angle se trouvera en dedans de la circonférence et ne coupera plus. Ce qui rend les alésoirs à pans d’une exécution peu facile , c’est de faire porter le carré , le pentagone ou l’hexagone par tous leurs angles à la circonférence du trou : dans les alésoirs carrés surtout il n’y a assez souvent que deux angles qui coupent ; les deux autres ne touchent pas : dès-lors il y a irrégularité dans l’opération. L’alésoir fig. îoo nous semble donc présenter seul toutes les garanties d’un bon service.
86. On trouve encore dans l’ouvrage cité, pag. a3 , la description d’un alésoir plus commode, plus facile à faire et d’un effet bien plus assuré ; mais, comme il ne nous paraît pas absolument propre aux besoins de l’armurier, nous nous contentons de renvoyer le lecteur qui voudrait en prendre connaissance à l’ouvrage même. Nous aurons d’ailleurs encore l’occasion de revenir sur cet outil important : celui que nous indiquons peut suffire à l’ouvrier ; les autres, plus compliqués.
de l’armurier. ~Z
employés dans les fabriques, seront compris dans l’explication des fabrications spéciales.
Fraises.
87. Yoici encore un nom qui , dans le langage technique, s’applique à plusieurs outils déformé et de destination très-différentes; nous ne l’appliquerons, en armurerie, qu’à deux sortes d’outils, i° l’outil qui sert à évaser l’orifice supérieur d’un trou livrant passage à une vis, lorsqu’on veut que la tète de cette vis ne forme aucune saillie en dehors ; i° l’outil qui sert à dégraisser , à aplanir et à dresser en dessous les têtes de vis qui doivent être saillantes au-dessus du niveau des plaques dans lesquelles elles sont enfoncées : cette dernière fraise pourrait être rangée dans une classe autre que celle des outils servant à forer , fraiser, etc. ; cependant, cnnrn: l’ifeage du vilebrequin s’y rattache, et qu’elle trouve ici naturellement sa place, nous avons cru devoir en parler de suite.
88. La figure 60 représente une fraise ordinaire telle qu’on les rencontre le plus souvent dans le commerce. 11 y en a beaucoup qui dillèrent de cette forme , et qui même , à notre avis, sont plus avantageuses ; 011 en voit chez les serruriers qui sont simple- . ment en pyramide à quatre pans renversée ; mais on •
11e les rencontre pas communément dans la boutique des armuriers, qui se servent plus volontiers de celle que nous avons dessinée. Ils l'achètent toute faite.
Pour s’en servir, on la place comme une mèche dans la boîte à forets, dans le vilebrequin ou dans le touret ; un introduit la pointe obtuse qui la termine dans le trou à fraiser , et l’on tourne en appuyant jusqu’à cequ’elle ait pioduit une noyurc, partie de cône renversée , suffisante pour recevoir en entier la tête de la vis.
89. L’autre fraise est un cube d’acier percé de part en part , et au milieu , d’un trou de calibre avec la vis
dont on veut que la tête soit fraisée en dessous : ce . - i
trou doit être percé parfaitement d’aplomb. La surface supérieure du cube , celle au centre de laquelle est percé le trou, ne doit point être plane , elle doit être convexe, afin quç la vis en reçoive en dessous une
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