‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 32 sur 87 · I.re Opération · texte numérisé non relu

I.re Opération

Mettez fondre un mille de plomb doux dans une chaudière de fer, lorsqu’il est fondu, semez dessu£, mais seulement autour des bords de la chaudière, ayant soin de laisser le centre bien net, environ deux

Eellées de cendre de charbon ou de terre, mettez dansi partie du milieu non couverte de cendre, vingt livres d’arsenic qui seront amalgamées avec leplomb. Couvrez la chaudière avec un couvercle de 1er , fermez hermétiquement le couvercle avec du mortier ou du ciment pour empêcher l’évaporation de l’arsenic ; faites ensuite un bon feu sous la chaudière ' 9

pendant deux ou trois heures, après quoi, coulez le tout dans des moules ou un lingots, ayant eu soin,..

avant de le couler, de le bien écumer pour retirer la cendre ou la terre mise sur les bords du plomb fondu. t

m II.e Opérât ioA. •

Prenez un mille de plomb doux, faites le fondre dans une chaudière en fer ; après qu*il est fondu , mettez-y une barre ou lingot dé la composition cidessus, et quand le tout est fondu et mêlé, prenez-en dans une écumoire et en laissez tomber quelques gouttes dans Peau : si elles, ne sont pas globuleuses , ajoutez une autre barre ou lingot de la première composition , et répétez l’essai jqsqu’à ce que les gouttes tombent en globules parfaits : alors ce métal est dans la perfection.

Ayez une, plaque de fer percée de trous du calibre dont vous voulez que soit le plomb à giboyer, mettez dessus de l’écume de plomb et applatissez cette écume avec l’écumoire , et après , versez dessus le métal qui tombera par les trous dans l’eau que vous placerez dessous. Lorsque cette plaque percée reçoit le métal, il faut qu’elle soit élevée au-dessus de l’eau d’environ trois pieds pour le plomb le plus menu, et beaucoup plus pour le plomb le plus gros.

• Après quoi, il faut retirer le plomb de l’eau et le faire sécher sur un feu modéré, ayant soin qu’il ne fonde pas. Quand il est sec, passez-le au tamis de fil de laiton pour que les diverses grosseurs se séparent. S’il s’en trouvait qui ne fussent pas parfaitement ronds, on peut les séparer en mettant ceux dont on , doute sur une surface très-polie. Quand on incline cette surface le plomb qui est parfaitement rond tombç, et celui qui ne l’est pas s’arrête; on peut achever de polir le plomb en le roulant dans un baril où l’on ajoute un peu de mine de plomb noire.

Le plomb a l’avantage d’être parfaitement rond et plein ; au reste , si l’on voulait essayer d’en faire soimême par ce moyen, nous devons observer qu’il faut être très-prudent en opérant le mélange du plomb et de l’arsenic ; car ce dernier dégage un gaz d’odeur aliacée, qui est de l’acide arsénieux capable de donner la mort à celui qui le respirerait. Quelque promjSteîpent domc que l’on opère, on fera bien de faire le

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mélange au grand air, en ayant soin de se placer au- -dessus du venj. ,

Le plomb , mélangé avec de l’arsenic dans la proportion que nous avons indiquée plus haut, et précipité d’une grande hauteur , se divise très-bien et tombe en grenaille. C’est la base du procédé employé à la tour S’i.-Jacques-la-Boucherie, où on ne le coule pas dans l’eau. Le «plomb d’inégale grosseur est ramassé et passé dans des cribles dont les trous ont un diamètre proportionné aux numéros du plomb qu’ils doivent retenir. Ces cribles sont placés les uns audessus des autres, les plus Cns cn-dossous ; chaque numéro est ensuite lissé comme nous l’avons dit toutà-l’beure.

On distingue la grosseur du plomb par le numéro. 11 y en a de neuf sortes: le n" î est le plus gros; le n° 9 est le plus fin. On compte tien encore des n°* io, 1 1 et 12 , mais qui sont tellement fins que leur usage es% très-peu fréquent. . ' 4?

Les n°‘ î et 2 ne sont guère en usage, à moins qu’il ne s’agisse d’atteindre de fort loin ; ils portent trèsbien de î îo à 1 20 pas.

Les n"‘ 3 et 4 portent très-bien de 90 ù 100 pas.

Les n0’ 5,6 et 7 portent très-bien de 60 à 70 pas.

Les nos 8 et 9 portent très-bien de 55 à 45 pas.

Manière de charger le fusil.

a5i. « Pour charger le fusil, on met le chien au repos , on ferme le bassinet , on pose l’arme à terre, la sous-garde tournée vers la cuisse gauche , le canon appuyé contre l’avant-bras gauche , placé à quelques pouces au-dessous de l’embouchure. Dans cette position, les deux mains sont libres. On prend la poire à poudre , on en tire un coup dans la calotte , que l’on renverse dans le canoif, en ayant soin de maintenir celui-ci autant droit que possible, pour que la poudre 11e forme pas bec de llftte , on met une bourré pardessus ( Voyez a34, §. 3), que l’on enfonce alvee la baguette, et on bourre deux fois sans y mettre 'de force. On sait que la pUudre trop bourrée s’écrase, se tasse, prend feu plus difficilement, et fait reciiler l’arme davantage. On retire ensuite la baguette , que

S22 jiAnrüït . •

l’on remet à sa place, on prend le sac h plomb , on en tire la charge, on la verse dans le' canon, et on mefc# une bourre par-dessué, quffl’on a soin d’appuyer légèrement , mais sans frapper , pour éviter qu’il s’écarte trop et porte mal"; on-laisse la baguette dans le canon chargé, et on charge le second canon de la même manière, ensuite on remet la baguette à sa place. L’arme étant chargée , on la saisit de la main gauche qui l’élève, et on fait passer la crosse sous Te bras droit ; on découvre le bassinet de droite , on examine si la

Îjoudre y a jeté quelques grains ; dans ce cas, on verse 'amorce et on abat la batterie. Si la poudre du canon n’a pas communiqué avec le bassinet, on passe l’épinglette dans la lumière avant d’amorcer; on amorce ensuite le bassinet gauche de la même manière, et en inclinant un peiyl’arme à droite. On voit beaucoup de personnes amorcer avant de charger; nous n'approuvons pas cette méthode , parce qu’elle nous paraît dangereü* ; il peut arriver que le chien , ri}%l assuré au repos, s’abatte pendant que l’on charge , fasse partir le coup, et que l’on s’estrùpie ; ensuite, on voit mieux, en amorçant en dernier, si la poudre de l'intérieur communique avec le bassinet.

Quelques personnes ont l’habitude de mettre tout de suite les deux charges de poudre et ensuite les deux charges de plomb ; cela est plus expéditif, mais il faut faire attention à ne pas mettre deux charges , ce qui peut arriver ; dans ce cas, une double charge peut faire crever un fusil.

Nettoyage du fusil de chasse.

252. Nous aurions peu de chose à dire sur ce sujet qui ne fût la répétition de ce que nous avons déjà dit (320) à propos des fusils de- guerre , nous ferons observer seulement que le cîlnon' du fusil de chasse doit être plus souvent nettoyé que celui de l’autrefusil , parcc*que l’encrassement du canon nuit beaucoup à la justesse du tir et oecasione un recul qui fait manquer le but ; on fera donp bien de nettoyer son canon lorsqu’il aura tiré trente ou quarante coups. Cette opération est facile, on ne doit point, pour la faire , dé- * cujasser le’ canon ; après l’avoir enlevé de dessus le

fût, on le met* le tonnerre en bas, dans une terrine où l’on a versé de l’eau tiède , on prend un lavoir ( F", ce mot au vocabulaire ) dans l’œil duquel on passe an chiffon qui remplisse bien éxactement le canon ; en faisant glisser, en montant et en descendant, ce chiffon • dans le tube , il fait piston de pompe , et l’eau de la terrine s’introduit dans le canon par la lunnèfe, et en est repoussée de même. De cettes façon , le canon se lave très-bien, on le fait égoutter, on passe dedans un linge sec, on le met sécher près du feu ou au-soleil , et on passe ensuite dedans, à l’aide du lavoir, un chiffon gras; on l’essuie bien à l’extérieur , on l’huile un peu, et on le remet sur son fût. Pour le nettoiement de la platine , on peut consulter ce qui a été dit plus haut.

a53. Nous terminerons cette seconde partie, en donnant quelques descriptions de? procédés et systèmes dont il a été fait rapport à la Société d’Encouragement, et pour lesquels il y a été pris brevet d’invention. Les bornes de cet ouvrage s’opposent à ce que nousrapportionstoutesles tentatives etdécouvertes qui ont été laites à ce sujet; nous prendrons doac celles qui nous paraîtront , nous ne dirons pas les meilleures , ‘ nous ne serions pas dans le cas de prononcer avec connaissance de cause, mais celles qui. nous paraîtront moins difficiles à comprendre ; cellés qui nécessiteront le moins de figures pour l’intelligence du texte ;, nous prévenons d’avance le lecteur , et nous insistons formellement sur ce point , qu’il ne doit point du tout conclure de l’omission d’un procédé, que nous l’avons trouvé moins bon que téj autre que nous aurons rapporté : nous le répétons encore, nous n’avons point fait de choix, et nous.n’avohs pasmême choisi d’après le jugement des autres à défaut de notre jugement personnel ; nous avons transcrit ,, comme nous venons de le dire , ce que nous avons le* mieux compris. Quant à l’ordre que nous avons suivi, c’est l’antériorité de date qui l’a donné, èt aûski ua peu l’arrangement des figures sur notre planche. •

. FÜS1LS PRÉLAT.

a54- Rapport fait par M. Benjamin Delksskrt à ta

Sùciêtc cl’ Encouragement , sur une nouvelle platine de

fusil exécutée par M . Prélat , armurier à Parie.

' M. Prélat , armorier fort habile et intelligent , demeurant rue Pagevin, n° 7, a exécuté une nouvelle platine.de fusil d’après un modèle qui a été apporté Il y a quelque lems d’Augleterre.

Dans cette platine, qui a un mécanisme entièrement différent de celle en usage actuellement, la pierre à feu est supprimée ainsi que le bassinet, et, par un mouvement très-facile et prompt, led’usil est immédiatement amorcé.

, Voici les principaux avantages de cette invention :

i° L’humidité et même la pluie ne peuvent jamais empêcher le coup de partir, et il partirait même si le fusil était plongé dans l’eau ; «

20 L’arme est beaucoup plus promptement amorcée ;

3° Lapoudre-d’amorce étant d’une composition particulière, elle s’enflamme plus rapidement et le coup pai^t plus vite que par l’ancienne méthode;

4° Énfin , l’inflammation de la poudre ayant lieu dans l’intérieur du ffisil et nullement à l’extérieur , la personne qui tire n’est point exposée à recevoir le feu et la fumée dans la figure , ce qui souvent l’empêche de tirer juste et de voir l’effet de son coup.

Je vais donner une description succincte de cette nouvelle platine.

Le chien ordinaire est remplacé par une espèce de chien pareil à celui du fusil à vent, n, fig. i4> planche 3, qui part comme dé coutume au moyen d’une détente ; la place du bassinet est occupée par un tambour où pièce d’acier, 6, mobile sur un tourillon / fixé au côté de la platine; lorsqu’il est disposé pour tirer, son sommet est incliné de manière qu’en partant le c^iien frappe exactement dessus; on a pratiqué dans ce fambour et en dessous du tourillon , un canal d’une

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ligne et demie de diamètre, qui aboutit au centre du tambour :'ce canal sert de réservoir pour la poudre d’amorce, «jui est d’une composition parliculièaè , il en contienl4»ssez pour vingt-cinq amorces.

Du côté opposé à ce réservoir, le tambour-est percé d’un autre canal darft lequel glisse une broche d’acier, c , n’ayant qu’une ligne de jeu de haut eh bas et débordant un peu le sommet du tambour , c’est sur cette broche que frappe le chien. Le tourillon sur lequel tourne le tambour est percé d’un très-petit trou où tombe l’ainorce et qui communique à la lumière; l’extrémité inférieure de l:f broche frappe sur Pamorce, et c’est la percussion et la compression de l’air entre la broche et l’amorce qui y mettent le feu.

Actuellement que nous avons décrit les principales pièces de celte platine, nous aljons en indiquer l’usage. '

On cwnmence par charger lç fusil avec de la poudre ordinaire, ensuite, pour amorcer, on fait faire un demi-tour au tambour , le réservoir d’amorce étant alors au-dessus de la lumière, elle se remplit de quelques grains de poudre fulminante: on retourne le tambour, et, le réservoir se trouvant, par cette manœuvre , placé au-dessous du tourillon, la*petite broche d’acier qui traverse le tambour est dirigée immédiatement au-dessus de la lumière; on arme le fusil, on lâche la détente et le chien frappe avec force sur la broche d’acier placée sur la poudre , et le coup part.

La poudre d’amorce est composée de muriate de potasse oxigéné , de soufre et de charbon ; il faut observer que c’est la compression de l’air, ainsi que la percussion , qui lui lait' prendre feu.

Je supprime beaucoup de petits détails et de perfectionnemens imaginés par M. Prélat, pour rendre l’usage de cette platine plus commode; l’expérience de plusieurs chasseurs qui se servent de ces fusils prouve que sa construction actuelle est assez parfaite pour qu’il ne puisse arriver aucun accident.

M. Prélat a obtenu du Gouvernement un brevet d’importation , et il a déjà un grand nombre de ces. fusils de commandés; cet habile ouvrier est connu pour faire des armes parfaites-, il y a*long-tcms qu’il a .

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adapté à ses canons le procédé Manton, pour entailler la culasse et conduire le feu de l’amorce au milieu de la charge, ce' qui contribue à une rapicrf explosion. 'Ce procedévest décrit dans le n° 92 des%nnales des Arts et Manufactures.

Ces nouvelles platines pourront servir à toute espèce d’armes à feu ;'je crois qu’elles pourront être particulièrement utiles aux canons placés dans des casemates et surtout aux canons des vaisseaux. Les amorces dont on se sert habituellement ne tardent pas à réiïiplir les batteries et Iqp entre-ponts, de fumée et de feu, d’où résulterit souvent des accidens graves : cela gène d’ailleurs le service , en empêchant qu’on puisse voir ce qui s’y passe, et on ne peut, dans ce cas, pointer

1*uste. 'Au moyen des nouvelles platines, on supprimera outes ces mèches, il n’y aura plus de fumée dans les batteries, et le service ge fera. avec, plus de précision , d’exactitude et de célérité ; on emploie déjà ftord de quelques navires et particulièrement des corsaires, des platines adaptées aux canons, dont l’usage est général sur les navires anglais; mais ces nouvelles platines seront bien plus avantageuses.

Explication des fgurcs 4» i5, 16, 17, de la planche "b. Fig. 4, platine rue à l’extérieur.

a, chien. , •

• bb , tambour mobile sur le tourillon, e.

c, broche d’acier sur laquelle frappe le chien. di vis percée dans laquelle glisse la broche. q, ressort qui sert à tenir le tambour en place.

Fig. i5, coupe du tambour.

e, broche, d , vis, ff, deux vis qui, en tournant, poussent un peu de pommade contre le tourillon, r, afin de faciliter le mouvement du tambour, o, réservoir d’amorces fermé en mparlin bouchon de liège m : l , /,

f>ivot et vis servant à fermer la petite ouverture par aqUellc on remplit le réservoir.

n, n, deux rainures pour empêcher la communication de la poudre entre la lumière et le réservoir d’amorces. * - ■

• DF. I.’aHMÜRIER. 227

Fig. 1 6, détails de la broche.

d , "vis, c, broche, /> , ressort à boudin, entourant la broche et qui sert à la faire remonter.

Fig. 17, tourillon vu séparément.

g , vis dans laquelle est percée la lumière.

i , issue de la lumière sur laquelle frappe la broche.

c, partie du tourillon sur laquelle tourne le tambour. (1)

( Bulletin de la Société d’ Ëncouragcmeut , 9* * année, page 49, mars 1810.)

(1) Ce même système se trouve encore décrit avec quelques changemens dans le tonie 5 de la Description des machines et procédés spécifiés dans Us brevets d'invention dont la durée est (xpirce , pl. 17 et page lyo du texte.

Le ay juillet 1818, M. Perlât a pris un nouveau brevet pour cinq ans pour un autre fusil a percussion dont la dèseription se trouve dans le tome 10 de l’ouvrage précité, page 23j , pi. aa ; nous allons donner une idée des objets qui forment la matière de ce brpvel : le grand nombre des figures s’est opposé à ce que nous transportions l’enseinblc dans notre ouvrage.

Platine de fusil à percussion.

Le mécanisme intérieur de celle pkuine est le même que celui tics platines de fusil ,à pierre , mais à l’extérieur elle ne représente qu’un marteau qui remplace le chien des platines ordinaires et une petite enclume voltaïque solitaire. Le rtarleau , qui est mis en mouvement de la même manière que le chien des fusils ordinaires , fait à-la-fois le service de chien et relui de bassinet. Par ce moyen, on fait disparaître les bassinets, batteries, ressorts de batterie , vis et accessoires. C’est dans la tête conçavc de ce marteau qui est d’une seule pièce que se troflve le foyer d’amorce, dans lequel on la peut introduire de deux manières. La première en y déposant avec les doigts un grain de poudre de mercure préparé a cet effet, et la seconde par l’intervention d’un amorjoir dont on présente le col a l'orifice du foyer; cet amorçoir , dont on va voir la descripfion, contient dans son magasin la poudre de mercure cl la dépose dans la cavité qui doit la recevoir. Un fouloir disposé à l’cxtrémili^de cet instrument est destiné à comprimer la poudre d’amorce dans le foyer , afin d’en assurer l’effet. Après avoir ainsi placé l'amorce , ce qui se fait en un instant, on arme comme dans les autres systèmes, ensuite on presse la détente , le marteau s’échappe , va frapper la petite enclume voltaïque surmontée d’un piston creux de forme conique qui s’introduit dans le foyer d’amorce. La chute dti marteau fait enflammer la poudre par la pression ; le feu passe avec la plus grande rapidité dans le conduit sinueux de l’ enclume, et, se portant

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