‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 31 sur 87 · FUSILS DE CHASSE ET ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

FUSILS DE CHASSE ET ACCESSOIRES

238. On pourrait fort bien chasser avec le fu»il dont nous venons de donner la description ; mais U pèse trop aux mains de celui qui fait de la chasse un amusement : on a donc fait des fusils plus légers, d’un calibre moin£ fort, moins robuste dans tout leur ensemble, mais plus finis, plus maniables que les fusils de munition , ce sont ces fdüsils qu’on nomme fusils de chasse. - •

Ces fusils sont d’ailleurs composés de parties à-peuprès semblables, mais plus légères, et entrer dans le détail et la description de ces parties serait, à peu de chose près, répéter ce que nous venons de dire ; nous n’avons donc qu’à indiquer les différences et à extraire des ouvrages techniques la description des nouveaux procédés dans lesquels l’emploi de la poudre fulminante a remplacé l’amorce ordinaire.

Ainsi que les fusils de guerre , les fusils de chasse ont suivi une échelle de perfectionnemens successifs. Vers le milieu du 17e siècle, on chassait encore avec l’arquebuse à rouet (voy. ce mol ), malgré la gène que cette arme imparfaite devait causer au chasseur : cette mèche brûlant sans cesse, répandait une odeur qui avertissait le gibier, et devait être bien redoutable au milieu des chaumes et autres endroits où le chasseur se met à l’alfut. Quoi qu’il en soit, il fallait bien

3u’on s’en servît, puisque l’ordonnance de François Ier, e 1 5 1 5, range les escopelles et arquebulcs parmi les instrumens de chasse.

Les fusils doubles datent du commencement da i~® siècle,: il en a eu à rouet (voy. ce mot , 169, et au vocabulaire) ; mais les deux canons, au lieu d’ètre soudés ensemble, comme ils le sont aujourd’hui l’un à côté de l’autre, étaient seulement ajustés et maintenus par les queues des culasses. Plus tard on les assujètit le long de la monture par trois ou quatre goupilles,

f tassant à travers des tenons, situés l’un vis-à-vis de ’âutre, et faisant partie de l'un et de l’autre canon : il y avait une visière et un guidon' par canon, l’entredeux vide formait un angle rentrant en-dessus et endessous. Jean Leclerc fut le premier qui souda les canons doubles, à Paris, vers 1708 ; quelque tems * . après, en i"4o, la fabrication s’en fit plus en grand

dans la ville de Sl-Elienne.

*Cette manière plus simple, d’un emploi plus sûr et * plus facile , de mettre les deux fusils sur une même

ligne horizontale , ne fut pas trouvée tout d’abord , mais ne fut que le résultat de la co&paraison. Avant Jean Leclerc avaient paru" les fusils à deux coups tournans, et à une seule platine, les canons étaient situés l’un au-dessus de l’autre ; lorsque celui de dessus était déchargé , on faisait revenir endessus le canon du dessous, on armait de nouveau le chien et l’on tirait le second coup comme le premier; les deux canons étaient seulement rapprochés. On a fait des fusils à quatre, à sept, à neuf canons; mais le poids de ces armes s’est toujours opposé à ce qu’elles devinssent usuelles.

239. L’un des désagrémens qui doivent être le plus soigneusement évités dans le fusil de chasse , c’est le recul, et malheureusement nons n’avons pas de

règles fixes et invariable.s, autres qu% l’essai, pour déterminer quel fusil repoussera ou ne repoussera pas : on pare un peu à ce grave désagrément en épaulant bien le fusil, c’est-à-dire, en le faisant porter sur l’épaule dans toute l’étendue de la plaque de couche; . mais cela n’em pèche pas le fusil qui recule de produire un ébranlement qui nuit à la justesse du tir, non-seulement par l’effet du recul lui-même, mais encore par l’appréhension qu’il cause à celui qui va tirer le coup, et dont l’attention est involontairement

DE l’aBMCiIIeR. 203

détournée. Le plus sûr moyen est d’essayer le fusil et de rejeter celui qui recule ; car cet effet tient à j des causes qu’il n’est pas possible de définir, et parconséquent l’artistç ne peut corriger l’arme qui a ce défaut. On doit donc choisir le fusil qui a le moins de recul, nous disons le moins, car tous en ont, et cela tient tellement à la nature de l’arme qu’il est dilficile de prévoir comment il sera possible de l’en garantir. On a vu (177, § 2), parles expériences qui ont' été faites,' que la situation de la lumière ne fait rien au recul; mais on pense, avec quelque fondement, que le dressage parfait de l’intérieur du canon doit diminuer de beaucoup cet effet, ainsi que la pente de la poignée de la crosse; plus cette pente, dit-011, estinclinée , moins l’effet est sensible. Cet effet est dû à la résistance opposée par l’air et par le projectile à la force expansive des gaz dont la production instantanée forme l’explütion ; ainsi , plus le projectile sera pesant, plus l’air sera dense, plus le recul sera senti.

J 1 est à désirer qu’une suite d’expériences 6oit faite à cet égard avec le dynamomètre de M. Ilegnier, en ayant soin de peser les balles avant de les remployer. La mesure du calibre ne pouvant suffire, puisqu’en fendant plusieurs balles on remarque dans les unes ou dans les autres des souillures qui influent plus ou moins sur leur poids. Ces expériences devraient être faites à diverses époques lorsque l’air est extrême-* ment raréfié par la chaleur, et aux époques où il est le plus dense, par ce moyen, fln parviendrait peut-être à connaître le minimum d’effet auquel il est possible d’atteindre. Quant h la condition que le tube sera parfaitement calibré et lisse à l’intérieur, nous pensons qu’elle est essentielle pour qu’un canon ait moins’ de recul.

Un autre avantage résultant de cette dernière condition sera la rectitude du tir. Les Anglais, studieux, travailleurs, inventifs et grands chasseurs , ont porté sur cet objet, comme sur une infinité d’autres, une attention soutenue et dirigée par des essais; mais jusqu’à présent ils n’ont encore apporté aucun perfectionnement dans cette partie , et nos canons cylindriques sont préférés à leurs canons coniques à l’inté*

204 n «MAflÎJEL

rieur , qu’ils prétendent devoir porter plus loin et plus juste. Nous empruntons à l’auteur du Traité général des Chasses les réflexions suivantes sur ces canons à intérieur conique.

« II est saos douté vrai que le coup a d’autant plus «le portée que la charge de poudre est plus comprimée; en effet, la décomposition de la poudre par la combustion forme une quantité plus ou moins grande de gaz dont le volume est plusieurs centaines de fois plus considérable que celui de la poudre. L’espace qu’elle occupait n’étant pas assez grand pour la contenir, il se fait un effoij't en tous sens qui fait céder la partie la plus faible, et la charge est chassée au loin. Si donc, une quantité de poudre donnée doit, parla combustion , prendre un certain nombre de fois son volume, il est clair que, plus cette même quantité sera comprimée dans un petit espace, plus l’effort quelle fera en se dilatant sera virent. Delà, l’expulsion qu’elle communiquera à la charge sera plus vive , delà aussi , le mouvement du recul sera plus prononcé; mais, dans le cas présent, le rétrécissement du calibre vers l’emboucbure des canons anglais ne comprime pas la poudre elle-même, il serre seulement au passage la charge de plomb et les deux bourres, et présente une résistance quelconque plutôt propre à diminuer la portée qu’à l’augmenter, et surtout capable d’imprimer à l’arme une plus forte répulsion. 9

« Quant à l’écartemeot du plomb auquel on prétend remédier par le même moyen , noüs pensons que l’efiét contraire doit plutôt avoir lieu, et, en eflêt, si la charge de plomb, chassée par l’impulsion de la poudre, trouve d’un bout à l’aulre un calibre bien égal, il est vraisemblable qu’elle devra en sortir eu masse dans l’état où elle se trouvait dans le tonnerre , et par conséquent porter ensemble au but; au contraire, si cette même charge trouve, à mesure qu’elle avance dans 1e canon , une capacité plus étroite, il est clair que les grains de plomb, repoussés vers le centre, réagissent les uns sur les autres et, qu’au moment où ils sortent du canon, un reste de l’impuision , que chacup a reçue du resserrement du calibre, peut in-»

de l'armurier. 2o5

fluer sur leur direction et en provoquer l’écartement; c’est l’effet de plusieurs boules qui, heurtées l’une contre l’autre, se repoussent réciproquement et cha- •cune en raison de leur état de repos ou mouvement et de la force qui agit. »

« On a fait de nombreuses expériences pour constater l’influence que peut avoir sur le recul d’un canon la lumière placée plus ou moins près du niveau du bouton de culasse. Ces expériences ont eu lieu avec le même canon, chargé de la même manière, et ayant plusieurs lumières percées d’abord au niveau de la culasse, ensuite à deux lignes au-dessus, enfin à un plus grand éloignement. Les lumières qui ne devaient pas servir étaient exactement fermées par une vis. Ces épreuves ont donné, il est vrai, des différences peu sensibles ; cependant , en les comparant, l’avantage reste au canon dont la lumière est percée ail niveau de la culasse ; c’est aussi notre opinion, et l’invention des cula§ses chambrées, dont ndus parlerons tout-à-l’heure appuie ce sentiment (1). »

« Quant à la manière dont la culasse ferme le tonnerre, il nous paraît fort important qu’elle le fasse sans creux ou inégalité, les grains de poudre qui s’y logent s’enflamment les derniers et paraissent devoir occasioner une répulsion plus forte. »

« Nous pensons dune que, le recul d’un fusil sera d’autant moins sensible que le canon sera mieux dressé , que son calibre sera partout également le même, que la lumière communiquera le feu par le dessous de la poudre, que la culasse fermera le tonnerre sans inégalités, et qu’enfin, il sera chargé dans de plus justes proportions. 11 n’y a pas de doute aussi

que la manière dont i! est monté peut influer (2) sur M _________ •

( 1 ) L’auteur n'avait probablement pas connaissance des expériences rapportées p!us haut ( ijy, §. a ) ([ni son' précisés et laissent peu de cliose a désirer , si ce n’est relativement au poids des projectiles. il ne nous fait point connaître comment et avec ipicls instrumens ces expériences ont été faites ; et , comme il annoncé que les différences ont été peu sensibles , tout engage a accorder plus de confiance a celles qui ont etc faites, à f’aris , en présence d'hommes instruits, et qui onl e'tc parfaitement circonstanciées.

(a) Une pente raisonnable de la poignée qui ne nuise point à U solidité, / •.

aoff manuel

1b recul, nous dirons. plus loin quelle est la forme du bois la plus convenable poür parer à cet inconvénient. » .

a3o. « De quelque qualité que soient les canons de fusil, il parait çpi’ils ont une portée égale, pourvu, toutefois, qu’ils soient bien forés et dressés, que leur calibre soit égal , et qu’enfin ils -soient chargés de la même manière et avec les mêmes munitions ; observons, que nous entendons ici par portée la distance à laquelle peut atteindre le projectile lancé par la charge. Cependant, beaucoup de chasseurs trouvent qu’un fusil porte mieux qu’un 'autre , et souvent même ils font de la différence eutre les deux canons d’un fusil double; mais ils entendent par là qju’un fusil porte plus juste qu’un autre : ceci dépend de l’habitude qu’un chasseur prend en se servant toujours de la même arme , ou du plus ou du moins d’aisance qy’il trouve en tirant avecd’un des canous d’un fusil double. Nous pensons que, pour constater la portée, il faudrait faire des expériences qq^ fussent indépendantes de l’adresse du tireur; car, en principe général, le fusil qui porte le mieux est celui dont fait usage le meilleur tireur; et, cependant, quelque adroit que soit un chasseur, il est difficile de croire qu’il tire deux coups avec la même justesse, delà la presque impossibilité de constater de cette manière la portée de deux fusils. Les mêmes raisons existent pour la comparaison de la portée de deux canons d’un fusil double; mais, de plus, la manière dont ils sont soudés peut influer, non pas sur leur portée, mais sur leur justesse : nous en parlerons tout-à-l’heure. Nous persistons donc dans notre opinion ; en effet, si deux canons ont un calibre bien égal, si on les charge de la même manière, quelle raison peut-on donner pour qu’ils ne portent pas la même charge à la même distance ? La longueur même du tube n’y ajoyte rien , et les canardières n’avaient une plus grande portée, que parce que lç canon était plus étoffé et qu’on y mettait une plus forte charge.

La manière différente de charger un fusil , et une plus forte dose de poudre , comme aussi la grosseur du plomb, peuvent causer des variations sen-

DE l’a9»URTER. • 207

sibles dans la portée : un l'usil chargé d’une même quantité de poudre , mais bourré plus fortement , portera plus • loin qu’un fusil où la charge de. poudre n’aura été que • pressée ; une plus forte charge de poudre chassera la charge plus loin, et, plu» le plomb sera gros , à charge de poudre égale , plus il sera porté loin.

25 1. Maisll est une observation importante et sur laquelle on n’a pas , ce nous semble , assez insisté, c’est qùe la force delà poudre est d’autant plus grande que l’inflammation est subite, complète, instantanée. Cette force, ajoutée à la force ordinaire de la- poudre au moyen de sciure de bois et d’autres moyens constatés par les expériences faites à Munich , à Vincennes et ailleurs , n’est due qu’à la combustion plus rapide que ces corps étrangers facilitent én permettant l’introduction de l’air erftre ks grains de poudre. 11 résulterait de ces observations que la compression de la poudre, par la baguette que nous venons de prescrire, ne serait pas avantageuse ; à part le mauvais résultat provenant de ce qu’une certaine quantité de grains foulés contre les parois du tube , ou pressés Fortement dans les angles , ne s’enflammeraient pas avec la masse , ils priveraient l’explosion de leur concours : toute l’attention de l’armurier doit donc se porter sur l’obtention des moyens de rendre la combustion rapide,

23a. Des essais ont été faits à cet égard : on a invenjté les culasses chambrées. Le résultat de cette invention ne nous est pas connu ; on ne pourra en tirer une déduction fondée que lorsqu’une série d’expériences comparatives aura constaté l’avantage de ces culasses sur les culasses pleines : nous devons néanmoins les faire connaître aux armuriers. Les fig. 1, 2 et 3, pl. 3, offrent la coupe de trois culasses chambrées.

233. La culasse, fig. ire, est d’une construction facile, la chambre principale « est creusée d’abord avec un foret de la grandeur du conduit de communication existant à la partie centrale etinférieure de cett« chambre , puis le trou est agrandi et façonné à l’aide d’une mèche à conducteur d’abord, dont le téton s’engage dans le premier forage , puis enfin avec une

io8 MAHTJEL

fraise à pivot. Qnant au canal de lumière b , il se fait avec un foret ordinaire, en commençant par le côté c,„ et dirigé de manière à ce qu’il rencontre le premier forage et pdrvienne au point opposé où il forme la lumière ; on agrandit le trou avec une mèche à conducteur jusqu’à deux ou trois millimètres de l’orifice cUîla lumière d ; on passe ensuite un taraud dans l’entrée du trou et on bouche cette entrée avec une vis dont la tète est noyée et affleure l’arrasement de la culasse. La charge de poudre doit emplir les deux chambres jusqu’à la ligne f.

On conçoit que la poudre épanchée dans la cavité b ne pourra jamais être trop comprimée par les chocs de la baguette, que l’inflammation sera rapide ; mais n’aura-t-elle pas lieu ep deux tems , et l’explosion de . la poudre , renfer^iée^gdlans la première cavité , ne • chassera- t-elle pas celle de la seconde avant son inflammation ? L’expérience répondra sans doute à ces questions.

La figure 2 représente une culasse d’une confection plus facile et devant produire lés mêmes résultats : un foret de force moyenne fera le trou a qu’unè mèche à conducteur agrandira au diamètre b : un foret plus petit pratiquera fa lumière d qui viendra rencontrer le premier forage : cette culasse doit être promptement et facilement faite : son avantage est de communiquer le feu par le centre du-dessous de la charge.

La figure 3 est une autre manière de faire , plus préconisée que les deux autres par ceux qui l’ont fait connaître ; quant à nous, nous ne voyons pas en quoi elle doit leur être préférée relativement aux effets, .et nous serions bien embarrassés de dire comment elle se fait, à moins qu’on ait recours à l’emploi d’ustensiles nombreux , de fraises et autres moyens qui nous sont inconnus; l’élargissement de la chambre, après l’étranglement , sera sans doute un effet trèsdifflciie à obtenir , et nous aurions désiré -voir cette culasse exécutée car on fait en dessin tout ce que l’on veut, mais fl n’en est pas de même dans la pratique.

- 234. L’épreuve des canons d« fusils de chasse est

db l’ahmurîe*. ‘ 2Cgp

â-peu-près la même que celle des fusil» de munition ,, ( Voy. 204 ). La charge d’épreuve est d’une demionce de ‘poudre et d’une balle : cette épreuve est re-nouvelée avec une charge ‘moins forte, parce que la. première charge a pu disjoindre les molécules du fer,' sans le faire éclater, et qu’alors il se brise à la seconde épreuve. Les canons fabriqués à Pails sont essaye»avec deux gros ou deux gros et demi de poudre et deux onces ou deux onces et demie de plomb ; on éprouve une seconde fois avec la même charge et ce»s deux épreuves sont suffisantes.

Il y a bien quelques abus dans ces surcharges d’épreuves, car elles peuvent altérer un bon-canon qui .crevera ensuite dans les mains du chasseur et qui. n’aurait pas crevé , s’il n’avait pas été fatigué par l’épreuve ; mais il n’y a pas, jusqu’à présent, d’autres moyens d’épreuve, et, en attendant que l’industrie en découvre quelque autre, force est bien de se servir du seul moyen connu.

Quant à l’épreuve de la portée , elle se fait en chargeant le canon dans les justes proportions : ces justes, proportions sont celles que l’usage a fait connaître ;; c’est un gros ou tout au plus un gros et demi de poudre de bonne qualité et une once, ou une once un quart, de plomb, sauf à augmenter ce poids du plomb du quart en sus , lorsqu’on emploie dü n° a . ou autre gro's^ plomb. Ou bourre avec un papier brouillard fin et. roulé entre les doigts, en faisant en sorte qu’il bouchebien- le canon et forme une bourre égale. Le fusil ainsi chargé, on fixe une feuille de papier ordinaire sur uneplanche de sapin de six lignes d’épaisseur et l’on tireà quarante pas de distance. Si le fusil porte bien , on v doit placer dans le papier les deux tiers dû nombre des, grains dont se compose la charge ; ,ces graius doivent percer la planche. Le plomb doit bien garnir et ne doit point faire bouquet, ce qui est un mauvais sijpie..

a35. Le point de mire des fusils de chasse n’est point disposé comme celui des fusils ordinaires ; il est, situé sur la bande qui unit les dçux canons; à cefc effet, ils doivent être bien exactement parpllèles , et: l’un ne doit pas être plus élevé que l’autre. On dite; que les canons sont bridés lorsqu’ils sont trop, serré#»

210 'MANCEJ,

pardevant et cela nuit à la justesse du tir ; pour<§’assurer si les deux canons sont parfaitement sur une même ligne horisontale , on place sur les deux culpsses une Tègle bien dressée et un^ autre sur Feitrémité des canons; en mettant l’arme en joue, on s’aperçoit facilement de la moindre différence qui peut exister , paice que, alors, les règles se croisent plus ou* moins, selon que la différence est plus ou moins grande. Il faut de l’habitude pour tirer juste avec la mire ordinaire , c’est pourquoi on a fait des fusils à bande relevée ; cette construction empêche de tirer trop bas ; les Turcs ont quelque chose d’analogue dans le bourrelet ou anneau qu’ils soudent à la bouche de leurs fusils-: on conçoit en effet que, le canon étant droit à l’intérieur et incliné à l’extérieur , les lignes ne sont plus en rapport , et que l’on tirera certainement plus bas que le but, si l’on dirige suivant la ligne extérieure qui est inclinée de toute la différence qui existe entre l’épaisseur du tonnerre et celle de la bouche du canon. Le rele.vé de la bande doit compenser cette différence, et alors la ligne du tir est la même que celle de la direction de l’intérieur du canon.

206. La platine du fusil de chasse ordinaire ne diffère en rien, quant au mécanisme, çn général, de celle des fusils de munition : les seules différences qu’on y

Ïi eut remarquer sont dans les dimensions et dans les ormes des pièces qui sont plus? ornées , plus légères, plus ouvragées. ftous donnons, Gg, l\ , une platiné ordinaire vue à l’extérieur, et, fig. 7, la même platine vue à l’intérieur. On remarquera en a de cette dernière ligure que la griffe du grand ressort ne porte pas .immédiatement sur la griffe de la noix , mais qu’elle appuie sur une chaînette fixée après la noix. Il existe encore une-autre djfférence que’ nous ne ferons qu’indiquer et sur laquelle nous n’insisterons pas, c’est la petite roulette qu’on adapte, soit sur l’extrémité du ressort (h- batterie, à l’endroit du frottement , soit au bout eu talon de la batterie , à l’endroit où il pèse sur 1er* s.îort de batterie : parce moyen, on évite le dur du frottement et ie bassinet découvre mieux; mais ce dur, cette résistance, est utile pour que le choc soit, plus violent et qu’il y ait suffisante production d’étin-

celles ; ainsi donc, on devra donner au ressort plus de force, pour compenser la facilité que le jeu de la roulette donne au mouvement ; et d’ailleurs, le système de l’emploi des poudres fulminantes, qui parait devoir être généralement adopté, rend inutiles les détails dans lesquels nous pourrions entrer sur une fabrication qui est tous les jours de plus en plus abandonnée.

207. Nous allons passer en revue une partie des diverses formes données ai* platines par l«s armuriers, pour les armes amorcées par la poudre fulminante : l’accord de tous les chasseurs dans l’emploi de ces armes nous semble être la preuve de l’amélioration qu’ils w'çconnaissent : la mode seule 11e fixerait pas aussi inroriableinent leur choix, et surtout Ils ne continueraient pas à se servir de préférence des fusils à percussion, s’il n’y avait pas avantage réel. Non» ne ferons , nous , aucun choix : les armuriers sauront mieux que nous ceux qui mériteront la. préférence ; notre mission se borne en tout^è leur faire connaître l’existence des faits. Nous faisons précéder cette revue de la partie du rapport du Jury central sur les productions de l’industrie française, publié en 1828 par MM. Uéricard de Thury et Migneron. Les armuriers trouveront dans ces diverses citations les moyens de remonter aux sources et de se procurer les modèles dont ils pourraient avoir besoin.

Médailles d’argent.

M. Lepage , à Paris, rue de Richelieu , n° i3, (1)

A exposé nn grand nombre de belles armes à feu , parmi lesquelles on a distingué un fusil tournant, à quatre coups , qui présente une disposition nouvelle ; un fusil double qui porte une platine à l’abri du feu et de l’eau. Toutes ces armes sont fabriquées avec une rare perfection : elles sont , en général , à percussion, un seul fusil est à pierre, et son exécution ne laisse rien à désirer. *

M. Remette , à Paris , rue Popincourt, n° 60 ;

(1) Ces adresses ont pu changer depuis l’e'poque de la dernier* exposition. ( 1837 ).

Die

au .MANUKr,

A présenté six canons dè fusil doubles qui sont déliassés avec une parfaite régularité , et trois fusils ' doubles à percussion dont les canons sont égalenfent p damassés : ces canons, formés de rubans de fer et * d’acier , offrent une grande résistance à cause du soin * bt de l’adresse avec lesquels on dispose les lames de métal soudées ensemble pour les former : c’est à l’école de M. Renette que se #nt formés la plupart des fabricans de canons damassés. Dans les fusils qu’il expose , les canons recouvrent les platines , aGn que la flamme ni l’eau ne puissent y pénétrer par le bois.

M. Potbt-Deleusse, à Paris, rue de Seine , n° 56,

Neuf fusils et plusieurs paires de pistoleufl parmi ces ouvrages on a distingué un fusil à quatre coups dont lg tonnerre se relève par le moyen d’une charnière pour recevoir les quatre charges , et plusieurs fusils qui offrent des platines réduites à une grande simplicité. ^

Rappel de médaille» de bronze.

M. Prélat , à Paris , rue de la Paix , n° a6 ,

A exposé plusieurs fusils et pistolets à percussion , un nécessaire de pistolets et une carabine à double détente : ces armes sont d’une belle exécution et attestent que M. Prélat n’a pas cessé de mériter la médaille de bronze qu’il avait obtenue à l’exposition de i8a3 , et dont il lui est fait rappel.

M. Lamottk, à St.-Etieune (Loire),

A présenté une paire de pistolets , dans le genre oriental, garnis en or avec canons et platines ornés de ciselures sur acier : la bonne exécution de ces armes prouve que M. Lamotte mérite toujours la médaille de bronze qui lui fût décernée en iS23*

Médaille s de bronze.

M. Cessier, à Paris, boulevard Montmartre, n° ro,

A exposé trois fusils à percussion. L’une de ces armes est un fusil à la Pauly, établi avec des dispositions

{►articulières pour la communication de l’amorce avec a cartouche. Dans un autre fusil double les grands ressorts de la platiné sont combinés de manière à ne pouvoir altérer la force des bois,

dk e’armctrieh. ai3.

M. Deleboursk, à Paris, rue Coquillère, n° 3o,

' A exposé qaatre fusils tournant doubles à percussion : deux de ces armes ont des platines perfec-.. tionnées.

M. Le lyon, à Paris , rue de Richelieu, n° 67 ,

Plusieurs fusils à un seul canon à quatre coups avec cylindre tournant, des fusils doubles et un nécessaire d’armes artistement exécuté.

. Mentions honorables.

M. Prieur , à Paris, rue des Petites-Ecuries, n° 7 „

Plusieurs fusils dont les platines sont diversement combinées.

M. Albert-Bernard, à Paris, rue Rochechouart,

Plusieurs canons de fusil en damas et à rubans , dans l’un desquels les rubans croisés tournent , lun à droite et l’autre à gauche , avec une parfaite régularité.

M. Bernard , à Paris, rue de Grenelle-gros-Caillou, n° 6,

Canons de fusils doubles en damas et un canon simple à rubans croisés. •

M. Prévost, à Mézières ( Ardennes) ,

Canon de fusil double en damas d’un dessinrégulier. *

M. Lefaucheux, à Paris, rue J. -J. Rousseau, n.° 5*.

Six fusils doubles dont trois d’après le système, ordinaire et trois à la Pauly,

M. Rocssbao , à Chartres ( Eure et Loire ) ,

Fusil double et une paire de pistolets dans lesquels-, une chaînette lie une des branches du. grand ressorte avec le chien.

M. Mahiet ,. fils, à Tours (Indre et Loire ) ,

Un fusil double à canons damassés et un fusil à percussion richement orné.

M. le colonel d’EpiNAY St.-Denis , à Paris, rue basse du rempart, n° 43»

Un grand nombre d’armes de guerre disposées suivant des systèmes nouveaux et qui ont pour objet d’en, rendre la charge plus facile et plus prompte. '•

Diçjitoed by

2î4 MA NI EJ. ..

Citation s.

Le Jury a décidé que les fabricans dont les noms suivent seraient cités au rapport.

M. Lantdssa , à Paris, rue de Grenelle-St.-Germain , n° 4,

Pour un fusil à deux coups.

MM. Boche et Aubin , à Paris , rue Montorgueil , n° 84, ••

Pour des amorces et des poires à poudre.

M. Montangerand , à Joigny ( Yonne ) ,

Pour des capsules imperméables à l’usage des fusils à piston. *

MM. Leglay, frères, à la Chalade et aux Ilettes ( Meuse ) ,

Pour une petite pièce de canon en rubans de fer forgé , déposée au Musée d’Artillerie de Paris.

Quelques mots sur les systèmes.

a58. Dans le système de Prki.at, une cavité est réservée dans le chien : c’est dans cette cavité que l’on met une boulette de poudre fulminante enveloppée de cire. Le chien s’abat sur une éminence conique, portée par le tourillon et située à l’endroit où se trouve la lumière. Le choc fait enflammer l’amorce qui communique le feu à la charge.

* Système Rbnktte.

ibç). La cavité où est reçue la boulette d’amorce fulminante est pratiquée sur le tourillon ; elle s’enflamme par suite du choc produit parla chute du chien qui est façonné en piston.

i Système Potet-Cadet, rue de Seine, n° 79, à Paris.

240. Le chien agit horizontalement et vient frapper la boulette placée dans une cavité. L'écartement du chien , disent quelques chasseurs , rend l’usage du procédé moins commode, surtout dans les bois, à cause des branches d’arbres. Nous ne savons jusqu’à quel point cette observation est fondée. Dans tout système extérieur une branche interposée entre le chien et le tourillon s’opposera à l’effet.

DK L~RMÇRlfeH. — 21 5

Ces trois systèmes sont les plus simples, dit-on»

On objecte , confie eux que , lors de leur explosion , les boulettes qui servent d’amorce produisent des éclaboussures qui peuvent atteindre les yeux, et qu’en outre la cire, dont elles sont revêtues finit par s'encroûter sur l’arme : les armuriers jugeront la valeur -de ces objections.

Système Vavly , manufacture Moreau et Compagnie, * rue des.Trois-Frères. •*

24 >• Les culasses s’écartent assez au moyen de la pression faite sur un ressort pour qu’il soit possible d’introduire dans le tonnerre du canon une cartouche faite exprès , ayant une rosette en cuivre contenant l’amorce de poudre fulfninante qui s’enflamme par le choc du piston placé au bas de la«cul%sse mobile. Ce piston ne peut cependant agir que lorsque le canon est remis en place et que le tonnerre est fermé. Cette * méthode est très-avantageuse , mais exige une exécution précise et soignée ; nous reviendrons plus tard suc ce système qui a beaucoup de partisans.

Système Lepage.

a4a. Nous aurions peut-être dît commencer par

fiarler de ce système qui est l’un des plus anciens et ’un de ceux qui se rapprochent le plus du système ordinaire. , A la place du bassinet est une pièce en forme de vase qui renferme un ressort à boudin terminé par un piston. Legrain de poudre fulminante est placé dans ce vase : lors de la chute du chien qui tombe sur le piston , il se broie , s’enflamme et communique le feu à la charge.

Système PiriietBauchkron , rue de Richelieu, n° 64,

à Paris.

Il diffère du système Lepage, en ce que le ressort de batterie, conservé par ce dernier artiste sous le vuse- ' bassinet , est supprimé par MT. Baucheron. . •

Système Picbereau, rue de Sartine, n° 8, à Paris, .

Autrq modification du système Lepage : le vasc-

bassinet ne contient point de ressort à boudin , l’effet est , dit-on, plus sûr. •

Système Blamciiahd, rue de Cléry, n° 36 , à Paris. • Perfectionnement du procédé Renette, l'amorce est; «ouverte par un cylindre qui enveloppe la circonférence d’un barillet pénétrant dans l’intérieur* de la «banibre et sur lequel l’amorce est logée. Ce cylindve a une ouverture qui vient se placer précisément a * l’endroit où doit frapper le marteau du chien pour atteindre l’ansorce ; ce mouvement a lieu par une conversion d’un quart de cercle que le chien , en s’abattant, fait faire au cylindre par le frottement de la 'volute contre la volute du cylindre, lequel revient aussitôt à sa place. Ce système, composé d’un marteau, d’une enclume et d’un recouvrement mobile, semble réunir les avantages désirés sous le rapport de la sim- • plicité, de la sthelé d’exécution, et de l’emploi du chlorate de potasse; aussi, l’inventeur a-t-il nommé ses fusils, fusils à foudre ou bronlKjues : il prétend que les avantages qui résultent de sa méthode sont la promptitude avec laquelle le coup part sans jamais faire long leu et une. plus grande force d’impulsion, attendu qu’il s’échappe beaucoup moins de gaz par la lumière que dans les autres procèdes.

Système Mahis Gosskt, allée d’Antia, n° i â , aux Champs-Elysées.

243. Les pièces servant à l’inflammation du chlorate de potasse sont disposées derrière la culasse au delà de la sous-garde, l’amorce de forme lenticulaire est couverte d’un côté en plomb, et de l’autre en cuivre; elle se place dans une cavité couverte d’une pièce, sur laquelle le chien frappe et la fait enflammer. On reproche à ce procédé d’être un peu massif, ce qui lui ôte de l’élégance.

Système Lepage fils, rue de Richelieu , n° i3 , à Paris.

L’idée principale du système est la fusion de l’-anrien et du nouveau système , afin qu’il fût possible de faire usage à volonté ^de poudre à tirer ordinaire et de poudre fulminante. La mâchoire du chien peut alternativement recevoir une pierre ou un piston, Lors-

DE L ABMt’RIER. 21 y

qu’on emploie la poudre 'fulminante, le bassinet est garni d’une pièce en forme d’olive , qui 'y adhère pat une vis et fait détonner Pamorce après avoir reçu le choc du chien, On ôte cette pièce quand on veut se servir de poudre ordinaire. La batterie reste démontée dans le premier cas, et reprend ses fonctions dans le second.

Système Deboübert, rue du Helder, n° 16, à Paris.

C’est une modification de celui de Prélat , dont il nedifi’ère qu’en ce point, que la boulette d’amorce i au lieu d'être couverte de cire, a une calotte en cuivra que le chien écrase en s’abattant : ce moyen , dit-on, n% préserve pas encore des éclaboussures/

Système Püiforcat , rue Mandar , à Paris.

Perfectionnement du système Renette, consistant en une pièce à équerre, dont un des angles a un petit * chapeau qui recouvre l’amorce. Le chien , en s’abattant, appuie de son ventre sur un autre angle de l’équerre qui tourne et laisse à découvert l’amorce sur laquelle frappe le chien. Ce mécanisme est d’une ingénieuse simplicité.

Système à magasin d’amorces.

a45. Ces procédés ayant été jugés dangereux, noua n’en parlerons point , tout ingénieux que soient le» essais et les moyens employés par les artistes qui les « ont imaginés. Voici les noms et les adresses de

3uelques-uns des artistes qui se sont fait connaître ans la fabrication des armes amorcées par la poudre fulminante.

MM. Broutet, rue Bourbon-Villeneuve,* n° 19, à Paris,’ Pottet aîné, rue de Richelieu.

Boulet , rue de Richelieu, n° 87.

Prosper de l’Etang , rue de l’Orangerie, n° a8f à Versailles.

J. B. Cessicr , à Saint-Etienne, (Loire).

Romain Peurricre , idem.

Brunéet , rue Saint-Domÿaique, u° 16, à Lyon,

ai8 MANüEr,

246. Les fusils à percussion , surtout ceux à la Pauly, offriraient tous les avantages si l’emploi des amorces fulminantes ne présentait pas le grave inconvénient d’altérer promptement les parties avoisinantes et ne nécessitait point de fréquentes réparations des armes. Dans les fusils de prix cet inconvénient a disparu par la substitution du platine au fer, soit comme grain de lumière, soit comme doublure de bassinet, etc. {Voyez 227).

247. Le chlorate de potasse , employé pour amorce, reçoit plusieurs formes, dont les principales sont; i° en poudre milliaire ; 20 en grains de la grosseur du plomb n° 6; 3° en boulettes ; 4° eu pastilles. Chacune de ces amorces est différemment enveloppée de ciyï , de cuivre , de plomb , etc. , ( Voir , pour leur composition , l’article Poudres fulminantes , et celui relatif aux fusils à la Pauly) , on les met dans de petits instrumens qn’on nomme amorcctles.

248. La baguette de fusil de chasse est faite en balelpe ou avec des pousses de houx, de troène ou de micocoulier, en orme et autres matières flexibles et légères, le gros bout se termine par un cylindre de corne, d’ivoire ou môme de fer. Le petit bout est garni d’un feret fileté pour recevoir un tire-bourre, qui est quelquefois assez petit pour être fixé à demeure et passer avec la baguette parles douilles porte-baguettes.

a4g. La poire à poudre sert, ainsi que l’indique son nom, à contenir la poudre que le chasseur emporte pour sa provision de la journée. On en fait en carton , en corne , ou en métal. Celles en carton sont de si courte durée qu’on s’en sert peu. La transparence des

{)oircsà poudre en corne, qui permet de voir où en est a provision, les)a fait préférer long-tems. Cependant, on a remarque qu’elles étaient sujettes à se gonfler à la pluie, ou à se voiler au soleil, ce qui les fait disjoindre et occasione des jours par lesquels la poudre se perd; aussi, préfère-t-on généralement les poires à poudre en cuivre bruni, la poudre s’y conserve bien, et si on a l’attention de ne pas les bosseler, elles renflent un long service : leur seul inconvénient est leur odeur désagréable. Le couvercle contient ordinairement la quantité de poudre nécessaire à la

DR l’aBMDBIER. , 2 lf)

charge, il est gradué dans les poires à poudre deprix, de manière qu’on peut en augmenter ou en diminuer la capacité. On, fait des poires à poudre auxquelles le couvercle est adhérent, d’autres dont il se détache ; les uns le préfèrent à piston, les autres à genouillère ; nous n’entrerons dans aucun détail sur ces ustensiles dont la forme est tellement variée que chaque armurier a, pour ainsi dire, la sienne.

2.5o. Projectiles. Les fusils de chasse peuvent être chargés à balles; mais on en met rarement dans le canon, plus communément c’est du plomb à gibovcr , * dont on se sert. On entend, par ce mot, des balles de toutes grosseurs dont les plus fortes se nomment balles, chevrotines ou postes, et les plus petites, plomb, cenclrce, dragée. On a choisi le plomb pour faire les projectiles, parce qu’il est très-pesant, facile à fondre et à bon marché. On a essayé de faire de la grenaille en fer coulé, elle aurait coûté encore moins cher que le •* plomb ; mais elle a le grave désavantage de rayer et de détériorer l’intérieur des canons : il est douteux même qu’elle porte aussi loin.

On trouve dans le tome 45 des Annales des Arts et des Manufactures la description du procédé dfi M1NJ. Akermann et Martin, pour la fabrication du plomb de chasse pour laquelle ils avaient pris un brevet ; voici en quoi consiste ce procédé :

Page 1