Platine
Elle diffère de la première en ce qu’au lieu d’un conduit sinueux disposé sur le conduit de la lumière ordinaire , on a substitué un conduit direct pratiqué dans la culasse. Par ce moyen, les enclumes destinées à conduire le feu de l’amorce dans la charge sont supprimées et la lumière se trouve sur la culasse au lieu dlêtre sur le côté. Le foyer d’amorce est placé dans la tête du chien comme dans le système de la première platine. La manière d'amorcer et la poudre dont on fait usage sont aussi les mêmes ; cependant, dans le système des deux premières platines , on peut encore amorcer à l’aide d’une capsule en cuivre rouge , emboutée , de la forme et de la capacité du piston.
La pondre d’amorce dont on se sert pour charger ces capsules est préparée exprès et ne peut servir qu’a leur usage : on en déposa dans le fond de la capsule une quantité suffisante pour une aniorcè, et on la place ainsi chargée sur le piston qu’elle coiffe parfaitement juste. La poudre d’amorce se trouve immédiatement placée sur. la lumière. La chute du marteau, en enflammant la pôudre K ocradone la défection de la capsule qui se déchire et tombe ensuite par fraginens.
On se sert pour confectionner ces capsules d’une feuille de cuivre rouge très-mince, pour que le déchirement soit plus facile, de façon, cependant , tjue le crachement de l’amorce soit imperceptible.
Cette dernière manière 3’araorcer est particulièrement destinée à être appliquée aux pistolets et particulièrement à ceux de poche.’»
Troisième platine.
.. Celle-ci est le système renversé de \i deuxième platine , c’està-dire, que le foyer d’amorce, au lieu de se trouver daiis la’lcle dû chien, est pratiqué sur la culasse même du canon, et un piston plein, au lieu d’être creux , est placé à la tête du chien ; c’est lui qui va frapper le grain d’amorae imperméable qui bouche hermétiquement la lumière et qui empêche l’eau de s’y introduire, quelque chose qu’on fasse. » * n
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230 MAKüKt :• (
M. Prélat a fait , il y à quelque tems , une nouvelle platine de fusil , sur un modèle importé d’Angleterre. Dans cette platine, l’amorce qui est de poudre composée par M. Bertholet , où le muriate sur-oxigéné de
l , fr - ' -
«Tons ces pistons se démontent et se changent h volonté au moyen d’un tournevis particulier que l’on peut emmancher par un Lout ou par l’autre , suivant le besoin, et qui sert pour toutes le* autres. pièces de l’arme. ■<
Quatrième platine.
„ Cette platine diffère beaucoup des trois précédentes : elle prétente sur le devant une petite enclume inclinée qui reçoit et supporte uff recouvrement rendu mobile par l’action d’un ressort à roulette sur lequel il circule quand le rec.ouvrement s appuie sur 1 enclume : il a , à sa face extérieure , un sinus triangulaire qui se prolonge horizontalement jusqu’à l’entrée de la lumière du capon et y correspond ; ce sinus est destiné à recevoir l’amorce. La face supérieure du recouvrement présente une ouverture rectangulaire qo\ le traverse de part en part. Le chien , ou marteau , a la tfle en forme de tenon delà dimension de l’ouverture rectangulaire dans laquelle il s’introduit lors de sa chute pour opérer la compression et fa combustion de l’amorce. “ .
.. .. L’amorce , qui est inaccessible a la pluie , et qui ne peut s enflammer que par la chute du marteau , a la forme d un peut saucisson. C’est un tube de métal qui renferme la poudre d amorce : il ïi’â besoin d’autre intervention que celle des doigts pour elre introduit dans le ifinus destiné à le recevoir ; lorsqu on 1 y place , on doit l’introduire dans la lumière du canon disposée à cet effet. Le recouvrement le relient fixé sur l’enclume avec la mâchoire tnancufaire où le marteau , en tombant , le comprime et enflamme la ‘ poudre qu’il contient en lui fermant tout passage extérieur et ne Fui laissant d’autre roule à suivre que celle <jui conduit vers ta • ‘charge et d’autre issue que le canon.
Description d'un amorçoir a poudre imperméable.
« Cet instrument présente dans son ensemble la forme d’un ' disque dont le pourtour est divisé en petites cellules contenant chacune un grain de poudre imperméable. suffisant pour une amorce. Au moyen d’un ressort à cliquet disposé en dedans , on fait tourner l'intérieur sur lui-même à droite et à gauche , à volonté, en appnvanl le pouce sur la fraise dil bord supérieur, pour le faira tourner d’un cran. A chaque fois, il se présente un grain a l'embouchure du conduit pratiqué sur le côté. Lorsque l’araorçotr est vide, on le rempli! par le même procédé , c’est-à-dire en introduisant la poudre d’amorce grain à grain par le conduit et faisant tourner d’un cràn, à chaque grain qu’on.introdnit jusqu’à l’extrémité du cercle dont le commencement est indiqué par un petit liouton. Le manche de cet amorçoir e»l un réjerv <ûr qui peut çou-
CB l’armurier. 201
potasse 'remplace le nitrate de la pçutïre ordinaire, s’enflamme par le choc d’un pistou sur lequel s’abat la pièce qui fait les fonctions du'chien {V. 254).
M. Lepage a voulu vaincre les difficultés qui s'op-
Î osaient à l’usage des atnorceS de poudre inflainmale par le choc , amorces dont les avantages sont si bien développés dans le rapport de M. Delessert, et il a composé dans cette vue une nouvelIe,platine , où il s’est efforcé de conserver les formes et les commodités des platines à poudre ordinaire. Lès figures de cette platine et leur explication éont à la fin de ce rapport.
Dans la platine de M. Lepage, chaque amorce ^e met dans le bassinet avec une petite poite à poudre dans laquelle une petite coulisse règle la quantité qui doit en sortir chaque fois, et qui est d’un centigramme. Cette quantité suffit pour tous les effets que nous ayons obtenus dans, les épreuves suivantes que nous avons fait subir à des armes munies des nouvelles platines de M. Lepage. .. - 1 ,
Le 29 juillet dernier, M. Lepage a mis à notre disposition deux fusils de munition , un neuf et l’autre ayant déjà servi ; toutes les parties de la platine du
tenir denx cents grains d’amorcç : on le ferme au moyen d’un bouchon à vis. Cet instrument s'adaple'au manche au moyen d’un» tige taraudée. >■ . »
Poudre imperméable.
•< Les grains de cette poudre ont la forme et la grosseur d'un petit ■ pois ; un seul grain suffit pour une amorce. On 1rs appelle imperméables , parce qu’ils sont inaccessibles a l’effet de l’eau , puisqu’il* résistent à l'action du fett de la poudre ordinaire , et que , dans le cas même où l’nn de ces grains placé daus le milieu d’une grande > quantité d’autres grains viendrait à recevoir une commotion assex forte pour s'enflammer, les autres n’en seraient ni altérés, ni fatigués : l'enduit dont ils sont garnis les garantit également de l’un •. «t de l'autre de ces dangers. Ponr s'en assurer ; on peut Ptcr' un de ces grains dans un verre d’eau et l’y laisser séjourner aussi longtrms que l’on voudra , ensuitr le piacer dans le foyer d’amorce , il s'enflammera aussi promptement que s’il n’avait pas subi l’opération. Il n’éprouvera pas plus d’altération en passant par l'épreuve de la poudre ordinaire : si l’on place un de ces grains au centre d’un las de poudre auquel on met le feu , apres la combustion de la poudre, on retrouvera ce grain intact et aussi propre- à servir qu’auparavant. ' *
( Description des machines et procédés , T. X, pag. a3i , pl. aa.)
a5a MANUEL
premier étaient neuves, entièrement terminéeset trempées; le second avait sa vieille platine, de laquelle on avait seulement enlevé la batterie, pour y substituer un couvre-feu à piston, et l’on avait remplacé la pierre et la mâchoire du chien, par une masse d’acier, maintenue par la vis de la mâchoire : aucune des pièces nouvelles de rette platine n’était encore trempée.
On a chargé ces armes avec de la poudre de guerre; ch,aque charge était celle d’une cartouche ordinaire, diminuée de la quantité de poudre qu’on a coutume d’employer à l'amorce.
On a tiré cent trois coups de chaque fusil , sans autre interruption que celle nécessaire , pour que la chaleur de l’arme diminuât seulement au point de pouvoir y toucher, pendant le tir, sans se brûler . On tirait trois et quatre coups par minuté.
Les dix premiers coups ont été tirés à balle, et de suite, avec le vieux fusil, to’usles suivansà poudre seule.
On n’a. jamais nettoyé les canons , ni aucune partie des platines.
Lorsque chaque aripe eut tiré soixante coups , la , saleté du canon ne permettait plus au papier de la cartouche d’y gliSser, et l’on a tiré sans bourre.
Après quatre-vingt-cinq coups de chaque fusil, la couche de crasse dans le canon était si épaisse , que la 'baguette même ne pouvait plus y entrer, et qu’on a continué de tirer, en se contentant de secouer le fusil, pour y faire descendre la poudre.
'Dans toutes les épreuves ci-dessus, nous n’avons pas eu un seul raté.
• On a chargé et amorcé un des deux fusils , tellement échauffé par le tir, qu’on se brûlait en y touchant, çt on l’a laissé refroidir ; le, coup est parti avec la même vivacité que les précédons , on les a rechargés cr amorcés , l’un et l’autre sans les nettoyer, et après avpir. tiré les deux cent six coups, et on les a abandonnes pendant deux heures , puis on les a tirés avec le ni éme succès.
Quoique la lumière de ces platines ne se fût jamais engorgée, et que rious n’eossions pas eu un seul fauxfeu, nous pourrions néanmoins craindre que, dans le service habituel de J’arme, quelques corpuscules étran-
J) K l’ahmuiuer.' 235
gers , introduits dans le(canon ou dans le bassinet, ne vinssent obstruer la lumière , et- cet inconvénient eût été d’autant plus grave dans la platine nouvelle , qu’elle ne permet pas d’épingler la lumière; mais la vivacité avec laquelle l’amorce lançait son feu par la lumière nous lit penser qu’elle serait assez puissante pour chasser Jes obstacles qui s’opposeraient à son effet, même lorsque, la charge, fortement comprimée contre la lumière, rendrait plus difficile l’expulsion de ces obstacles. Eu effet , l’expérience suivante que nous avons répétée six fois ne laisse plus la moindre inquiétude à c*t égard. Nous avons démonté la platine du fusil neuf et en avons entièrement bouché la lumière du côté du canon, avec un fragment d’ardoise tendre, après y avoir introduit et comprimé de la poussière de cette même ardoise. Le fragment débordait la lurqière,de la platine, et éprouvait nécessairement une forte compression des botds de la lumière du canon , lorsqu’on remontait la platine. Nous avions, en outre, l’attention de bourrer fortement la poudre ordinaire, dont on chargeait le fusil à cbaq.ue expérience. La communication du feu a toujours été aussi vive, et le coup est parti aussi net que si la lumière' eût été absolument libre.
Le résultat de ces expériences était bien en faveur des platines de M. Lepage; mais, plus l'inflammation réussissait parfaitement, plus il nous sembla dangereux ; car, cette poudre était exposée dans le transport à des chocs et à des frottemens imprévus et fréquens, elle pouvait être sujette à s’enflammer, comme dans les platines que nous venons d’éprouver. Nous fîmes part de cette reflexion à M. Lepage, qui nous assura que le danger disparaissait si l’on évitait le choc très- fort de corps très-durs ; et, pour appuyer i son assertion*» il enferma devant nous i5o grammes de la même poudre dans un baril d’environ un déjci-, mètre cube de capacité ; il fixa ce baril sur une planche, sous laquelle étaient cloués quatre tasseaux en travers; il fit attacher à cette planche une corde trèslongue, au moyen de laquelle un jeune homme la iraina avec une grande vitesse sur un terrain très-iné-
■ • « SàT * -4:
• a34 MAHtKl
gai,' dans une longueur d’environ 600 mètres. Ot| répéta la même expérience après avoir introduit avec la poudre douze balles de plomb, du poids d’environ 17 grammes chacune; enfin, le baril étant chargé des mêmes balles, un lé fit jeter deux fois d’une hauteur d’environ douze mètres sur un terrain très-dur; dans aucune de ces épreuves, il n’y a eu inflammation.
La poudre retirée du baril s’est trouvée échauffée à un degré très-sensible à la main , elle était en grande
{)artie réduite en p.ulverin ; mais elle n’avait pas perdu a propriété de s’enflammer sous le choc des corpstrèsdurs , car elle a parfaitement détonné dans la platine de M. Lepage.
11 paraît donc qu’avec quelques précautions dans l’usage delà poudre de muriate sur-oxigéné , et surtout quelques changemens dans sa confection, elle sera de la plus grande utilité pour les amorqes des armes à feu, et, d’après les expériences dont nous venons de vous rendre compte , et l’examen détaillé que nous -avons fait de la platine de M» Lepage, soit avant, soit après les épreuves, nous croyons que cet habile arquebusier a atteint le but qu’il s’était proposé; que la platine sera d’un service durable, certain et sans danger, et nous proposons à la Société d’en don- ■ ner la description et les dessins dans le prochain n° de son bulletin.
Adopté en séance, le 28 avril 1810. — Signé Gkhg embjik , rapporteur.
Expliêation des fig. 20 , 21 , 22 , 23 et 24 de la pl. 3.
Fig. 20, platiné de fusil de chasse, vue à l’extérieur. a, chien en forme de marteau ,.6 tube ou couvrefeu , c piston d’acier mobile dans le tube et portant sur la poudre le choc qu’il reçoi| du chien.
. Fig. 21, plqtine du fusil de munition, vue exté*rieurement, leçhien'de cette platine est 8’unedimen- •ion plus forte , et le couvre-feu a la forme d’une tulipe.
Fig. 22, coupe du piston, du couvre-feu et du bassinet, d lumière percée en équerre et communiquant dans l’intérieur du canon; e bassinet dans lequel on, place un centigramme d’amorce, f ressorts à boudin, servant à relever le piston;
DE I/’aRHORIER. 233'
Fig. a3 , poire à poudre du fusil de chasse, * coulisse qui règle la sortie de la poudre, / ressort dp la coulisse, m embouchure de la poire à poudre.
Fig. a4 , poire à poiÜre du fusil de munition, en. forme de canon. • * ,
Les mêmes letflfes indiquent les mêmes objets , dans les figures 20, 21, 22 (1). • * .
» * ' t / Carabine à piston , de M. Gos&et.
256. Rapport de M. Regnier, sur une nouvelle carabine, exécutée par M. Gosset, arquebusier, à Versailles.
La carabine présentée à la Société , par M. Gosset , est conforme aux carabines ordinaires, elle n’en diffère que par la platine destiûée à enflammer l’amorce par la pèrcussion d« chien sur un poinçon, d’acier qui pénètre dans la culasse; par celte disposition*, . il a supprimé le bassinet et la batterie.
Le chien qui fait partie de la noix* est logé dans l’intérieur du bois, en sorte qu’il n’y a d’apparent que le corps de platine et le méèanisme du poinçon , •que l’on soulève pour amorcer et qu’on abat ensuite sur l’amorce. . . * '
M. Gosset, ppur amorcer sa carabine , ctnploie l’ingénieuse poire à poudre de M. Lepage , qui donne avec précision la petite quantité de poudre néces'saire pour communiquer le feu à la charge dircanon. * *■
La disposition de la lumière, percée verticalement sur le 'tonnerre du canon, est ce qui distingue Parme de M. Gosset de celles qui ont été soumises à l’examen de la Société ; mais cette disposition de la lumière ,
(1) Les armuriers qui voudraient faire une étnde plus particulière du système Lepage pourront consültcr le T. 5 de la Description des, machines et procédés spécifiés dans les brevets d’invention dont la durée est expirée , publié par ordre du Gouvernement et déposé dans les hiblio^ëques publiques .de Paris et des déparlemens : ilslrouvel*out a lPplanche 17 de ce volume la figure de plusieurs platines Lepage et celle Prélat , avec'renvois au texte ; nous a’avons point extrait çes articles, parce qu'ils ne font que reproduire avecq>ius de de' t ai! s ce qu’on a vu dans le Bulletin de la Société d'encouragement ( foir la note , page a5i ).
qui facilite l’épitaglage au hesnin , fait craindre que la pluie' n’y pénètre trop facilement. En effet , l’eau qui découlerait du canon pourrait s’introduire dans l’amorce et empêcher l’arme dalpartir. Or, le projet de M. Gosset conviendrait mieux aux pistolets d’arçoù, où l’ojn n’a pas à craindre cet inéonv(feient. D’ailleurs, l’ouvrage, est d’une bonne exécution, et prouve de l’intelligence dans son guteur. Si l’on ne compare pas son fusil avec ceux des arquebusiers qui l’ont précédé, c’est qu’il faut laisser l’expérience prononcer sur cette question. Quant à moi, Je suis persuadé que, si la chimie p'éut procurer de bonnes poudres d’amorce, l’art1 de l’arquebusier parviendra au degré de perfection que l’on désire dans les armes à feu portatives. • Le fusil de M. Pauly nous donne beaucoup' d’espoir à cet égard j aussi , je répéterai ce que j’ai déjà dit en plusieurs occasions qu’on pourra regarder un jour nos platines à silex comme on voit aujourd’hui, par curiosité , nos anciennes platines à mèches et à rouets. • .
Mais, avant d’employer à la guerre les nouveaux fusils, il faut nécessairement que nos poudres d’a-, morce réunissent plusieurs qualités essentielles ;
i° Qu’elLes soient d’une préparation^acile , et point dangereuses dans le transport ; . •
a°, Qu’ellès n’oxident point les armes, comme le font celles qui sont composées de muriate sur-oxigéné de potasse ;
3° Qu’elles ne soient point susceptibles de prendre l’humidité de l’atmosphère, comme celle d’argent détonnant. ‘
En attendant la foudre d’ampree convenable au service des armées , il faut accueillir favorablement tout ce qqi nous sera présenté;^ ce sujet, et des différentes idées qui se succéderont naîtra l’arme simple qui convient à la guerre.
Le soldat , daqs *la chaleur du combat , est b:en différent de l’homme de sang-fro^d qui s’mmise à l’exercice du tir, ou de celui qui se promme à la chasse : c’est pourquoi, les armes de troupes doivent être essentiellement simples et d’un entretien facile; le-Gouverncmcnt , économe dans les dépensés , saura
DE jf* ARMORIER.
aussi calculer les frais de fabrication* qui ne doivent pas excéder ceux des fusils ordinaires.
Ainsi , la carabine de M. Çosset , et les autres fusils cîe guerre, présentés à la Société-, n’auront dé succès que lorsque 1,’expérience aura démontré , par un usagé habituel, les avantages, que l’on désire’ dans le fusil du soldat. ’ *
'Adopté en séance, le 11 novembre 1812. — Signé E. Regmer, rapporteur.
(Bulletin de la Société d’ Encouragement , 11e année, n° 101 , page 260. ) -, ,
FUSILS PÀULY.
257. Notice sur de nouvelles armes à feu inventées par M. Pacly , ancien officier d'artillerie.
« Les armes à feu ont subi, depuis leur invention jusqu’il nos jours, diverses modifications sous le rap-
Jiort delà légèreté et.de l’élégance, mais non sous ceui bien plus important de la portée et de. la manière de charger: en sorte qu’un fusii.de guerre Ordinaire n’est toujours que le tube plus ou moins parfait dur premier inventeur, qui, pour mettre un fantassin quelques instans dans un état de semi-défense , l’expose , l’arme étant ir gauche , le bras droit levé, la cartouche ou la baguette à la inaîu , aux atteinte^ meurtrières deia cavalerie, qui sait si habilement ■ profiter de ces momens par des chargés hardies.
De même , le fusil de chasse force Te chasseur de. s’arrêter dans sa course pour le1 chargement de soft arme, qu’il ne peut effectuer sans un repas et dés inouvemens qui donnent l’éveil au gibier, et le tems ,• de se soustraire aux coups qu’il lui prépare.
D’après ces considérations, M. Pauly croit devoir appeler l’attention sur les armes de son invention, -dont le mécanisme et l’usage offrent de très-grands avantages, comparativement aux autres agens de destruction de l’espèce dont il s’agit.
Le Fusil de guerre dé M. PauLy a pour qualités principales : •
i° De porter la balle à une distance double des fusils ordinaires ;
a38 ■> manüèi»* -,
20 De pouvoir tiref dix à douze coups par minute , sans passer L’arme à gauche, sans sortir de la ligne horizontale parallèle à la ligne d’en-joueet sans solution dfe continuité , exercice que l’inventeur.a rendu facile et beaucoup mords fatigant que celui usité ; 1“ en substituant au porte-giberne une* ceinture de cuir garnie d’une plaque en métal au milieu de laquelle', est une cheville servant à fixer la crosse du fusil et à rendre le choc , en quelque sorte , insensible en même tems qu’elle sert de point de résistance dans l’usage que le soldat fait de sa bayonnette ; 2° en composant cette ceinture de plusieurs courroies , dans lesquelles glissent à volonté des boîtes extrêmement légères , contenant des cartouches, que, par ce moyen, le combattant a sous sa main ;
3° De n’exiger ni baguette , ni pierre , ni tire-bourre, ni épingle ttfc ;
' 4° De rendre l’infanterie presque inattaquable par la cavalerie, au moyen de bayonnettes , qui , allongées Ou raccourcies, toujours d’une manière solide et à volonté pour les soldats des second et.troisième rangs, présentent le premier rang défendu par cette arme meurtrière; v \
• 5° D’offrir les mêmes avantages, dans les retraites Ips plus précipitées , par la facilité qu’a le soldat de charger, soit en marchant, soit en courant, l’arme étant placée horizontalement sur l’épaule , le bras appuyé sur la crosse,- de manière qu’il ne lui reste à faire qu’un demi-tour, en portant le pied gauche en arrière, ppur faire feu avec autant de promptitude et de justesje que s’il tirait de front ; à plus forte raison, le tirailleur peut-il effectuer sa charge dans telle position qu’il se trouve , debout, bouché , ou étroitement embü§qué ; ' *
6° Ce fusil de guerre, comme celui de chasse, exempt de tout long-Teu, insensible aux effets de la pluie sur la poudre, n’a plus, comme les fusils ordinaires, ces jets de fumée, si incommodes en bataiHe et à la chasse , ppisqu’il n’y a pas de lumière ; son effet ne pent être paralysé faute de pierre, de baguette, ou d’instrumens d’amorce, non plus qu’être dangereux sous le rapport des doubles et triples charges, si com-
V DK l’aRMCRIEK. ~ „ 2Ï9
munes dans les feux de file , attendu qu’il esf impossible de les effectuer ; • • • - *
7° Enfin, il est aussi facile de charger la nuit sans lumière qu’eu plein jour et sans aucun danger, avan> tage inappréciable, sans doute, pour les cas de surprise et d’attaque nocturnes, danilesquelles celui qui a à se défendre ne peut renouveler la charge des armes ordinaires, sans y voir et sans des lenteurs qui souvent lui coûtent la vie.
Le fusil dé chasse de M. Pauly peut également tirer dix à douze, coups^par minute ; il u’exige ni baguette, ni pierre, ni boîtes à plomb et à poudre, ni outils d’amorce , ni tire-bourre , et le chasseur ne peut être arrêté par la crainte d’une double ou fausse charge. Le canon sur son bois est le seul instrument du chasseur, si on en excepte les cartouches qui, Laites par un procédé uniforme , économique et hors des atteintes de la pluie, préviennent le désagrément des long-feux et des ratés.
Le pistolet de guerre et. de combat de M. Pauly est carabiné comme son fusil de guerre, il en partage toutes les propriétés, sous le rapport de la vitesse du tir , il peut êt»e chargé six fois plus promptement que le pistolet ordinaire, sans que le cavalier arrête sa course en fondant sur l’ennemi sans quitter la bride: ainsi, la cavalerie peut imiter le feu d’infanterie. Le chargement s’opère sans baguette ni maillet, et il est physiquement impossible que la secousse du cheval lasse descendre la balle dans les fontes, et paralyse ainsi l’effet des armes, comm%il arrive souvent dan» celles en usage aujourd’hui.
Les cartouches appropriées aux armes inventées par M. Pauly. sont d’une composition particulière et économique : elles ne'laiSscnt point échapper, comme Celles employées aujourd’hui, une enveloppe ou bourre enflammée, dont les effets sont désastreux, on n’est point obligé de les déchirer pour la communication delà poudré, et la charge ne peut être affaiblie par la perte de cette matière, qu’oGcasionent toujours le déchirement qui là met à découvert, et son introduction dans le canon. Ces cartouches nouvelles portent avec elles une rosette d’amorce ou double culasse
Dig
mobile qui sert de dépût au résidu. de, la poudre , et, celle rosette étant renouvelée à. chaque chargement, les aimes sont aussi propres après un long service qu’auparavanC
Rapport faii par M. le baron Delessert, sur le nouveau fusil de f invention de M. Paülv.
J’ai, eu l’honneur de présenter à la Société d’Encouragement, au mois de mars 1810, un fusil à poudre de muriate oxigéné, exécuté par M. Prélat, d’a-
firès un modèle apporté d’Angleterre : ce fusila éveillé 'attention de plusieurs armuriers distingués, et votre bulletiu contient la description de fusils analogues , fabriqués parM. Lepage et Deboubcrt. (F. a54.)
Aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous présenter un fusil qui est très-différent des précédons, et qui a de grands avantages sur. tous ceux connus jusqu’à ce jour. ^ -
Ce fusil a été imaginé par M. Pauly , qui a pris un brevet d’mvqption : il s’est associé , pour l’exécution , à M. Prélat , armurier , dont vous connaissez dé« jà les talens eh œ genre.
C’est un fusil qui se charge par la cqjasse , et dans le canon duquel on introduit en même teins la charge et l'amorce réunies dans une cartouche préparée d’une manière particulière: le feu prend, comme dans les premiers fusils de M. Prélat , au njoyen de la percussion de la pondre fulminante, placée au cenlre de la charge. Le service en est extrêmement commode et prompt; on peut fyilement tirer dix à douze coups par minute.
L’amorce prenant feu dans le centre de la chafge^le coup part bien plus promptement, et la poudre •tétant enflammée tout-à-la-fois , une demi-charge suffit pour faire le même effet qu’une charge cntitge dans les anciens fusils. .
Ces fusils ont l’avantage de ne point craindre l’humidité, jni même la pluie, ie ne presque-jamais rater, ni faire long-feu, leur charge ne peut point se déranger^ et, comme il est impossible démettre deux ou trois charges , çebi prévient beaucoup d,’accidens, l’inflammation de l’ainorce ée faisant dans le canon,
.DK L’ARMURIER. 241
le feu ni la fumée de l’amorce ne dérangent point celui qui tire, on peut ajuster avec plus de précision et mieux observer l’effet du coup.
La charge étant contenue dans une cartouche dont on enlève facilement les restes après le départ de chaque coup, l’âme du fusil est toujours propre, et l’on peut tirer beaucoup plus long-tems sans le nettoyer.
On n’a plus besoin de baguette pour bourrer, soit la poudre, soit le plomb; et, comme on met la charge et l’amorce en ihême tcms , on cohçoil avec quelle célérité on peut charger.
Le fusil que je vous présente a tiré trois cents coups sans faire long-feu ni rater une seule fois.
M. Pauly adapté également son mécanisme aux fuâils de guerre, aux carabines et aux pistolets.
11 est aisé d’en sentir les avantages, surtout pour la cavalerie; le mouvement du cheval fait souvent tomber la charge; il est difficile de bourrer lorsqu’on est à cheval, et, comme on n’a plus besoin de baguettes, on peut charger aussi promptement a chevai qu’à pied. On peut charger aisément en présentant la bayonnette, sans changer de position, et même couché par terre. •
Lorsqu’on fera ces fusils en fabrique, ils ne coûteront pas plus que les autres; et, comme iisto’exigent que demi-charge, on pourra supprimer la moitié de . la poudre, dont le transport est si coûteux, 3i embarrassant, et surtout si dangereux.
M. Pauly ayant pris un brevet d’invenlion, s’étant établi avec M. Prélat pour la fabrication de ces nouvelles armes, ils m’ont ihvité à lés présenter à la Société d’Encourageuient , comme le moyen le'plUs sûr de les faire connaître : je le fais avec d’autant plus de plaisir, que ce sont des artistes très-ingénièux et intelligens, et qui méritent d’étre accueillis avec bienveillance. Leur atelier est rue des Trois Frère* >
... . • •- •. .ïü, ... .«a
( Bulletin de la Société d’ Encouragement , il* année 1 . Septembre 1812, n* J99, page 2o3. )
258. Rapport fait à lù Société d' Encouragement pour • l'industrie nationale, par M. Brillât de Savarin , au nom d’une Commission spéciale , sur des fusils perfectionnés par M. Paoly, ( i5e année , avril i8i4> n° nS, Société d’Encouragement. )
Le Conseil d’Administration nous ayant chargés, MM. Bardel, Regnier, Huinblot, Mol.ard et moi, de vérifier les nouveaux perfectionnemens faits aux armes de l’invention du sieur Pauly, breveté, je vais lui rendre compte du résultat de notre examen.
Ces armes ont déjà été l’objet d’un rapport fait par notre estimable collègue M. le baron Delessert, n° 99, ae année, pag. ao5, qui vous en ‘a expliqué le mécanisme ; cependant, pour l’intelligence de ce qui va suivre, il est indispensable de vous en donner de nouveau une description sommaire..
Ces fusils, dont la construction est aussi ingénieuse que solide , ont la culasse mobile , ce qui permet de 'Jes charger par le tonnerre.
La dfcarge est renfermée dans une cartouche montée £ur un culot de cuivre percé dans son centre et creusé de manière à recevoir une amorce de composition muriatique, sur laquelle vient frapper un barreâu de fer mu parle grand ressort ; la poudre frappée détonne, l’étincellè qui en résulte enflamme la .poudre et le coup part avec une extrême rapidité.
Tout le mécanisme employé à cette opération est renfermé dans la monture, de manière à être à l’abri de la pluie et de j'humidité.
Les perfectionnemens qui ont été ajoutés à ces .fusils consistent : i° dans une nouvelle direction donnée au chien ,. qui permet d’introduire la cartouche avec beaucoup de facilité. .
2° Eu une machine qui donné aux culots une uniformité plus invariable.
3° Dans une construction des cartouches plus parfaite et mieux entendue.
En un mot, en comparant les fusils tels qu’ils sont confectionnés maintenant avec celui pour lequel le Brevet d’invention a été obtenu , on voit que presque
toutes les pièces qui en forment l’ensemble ont été perfectionnées et surtout simplifiées.
Je dois prévenir le Conseil que ce n’est que transitoirement que nous avons examiné les fusils Pauly, comine pouvant être employés à la guerre , soit parce que les circonstances ne nous paraissent point propres à une innovation qui nécessiterait le renouvellement de tous les fusils de l’armée, soit parce que le Gouvernement ne pourrait jamais se déterminer que sur des expériences faites spécialement p^pr son ordre; et cependant, nous en avons vu assez pour penser qu’il y aurait un très-grand avantage dès-àprésent à mettre les fusils Pauly entre les mains de quelques compagnies d’élite, et même de tous les sous-officiers des régimens.
Au surplus, l’Empereur de Russie a fait faire par ses Généraux des expériences dans la manufacture Pauly; un fusil de munition a tiré cinq cents coups de suite sans crever, <jt l’Empereur l’a fait aphqter.
Je passe maintenant aux expériences que nous avons laites et qui ont eu pour témoins plusieurs officiers généraux et un grand nombre d’amateurs de la cbasse.
Notre attention s’est d’abord portée sur l’amorce, parce qu’on paraissait craindre qu’elle ne pftt s’enflammer spontanément et donner ainsi lieu à divers accidens.
En conséquence, nous en avons placé une parcelle sur un étau de fer, et, l’ayant frappée d’un ooup secet violent avec un marteau de fer, elle s’<St enflammée avec détonation. ’ %
Nous l’avons frappée de même , p}iée dans du papier, et le cboc a produit la détonation. •
Nous l’avons frappée avec force égale avec un marteau de fer sur du bois, et avec un marteau de bois sur du fer, la détonation n’a pas eu lieu.
Nous avons froissé et pilé la composition avec un marteau de fer sur un étau de fer, mais sans employer la percussion , l’inflammation n’a pas eu lieu.
Enfin , nous avons serré avec forcé plusieurs amorces entre les mâchoires d’un étau, et elles sont restées entières. ,
D’où nous avçns conclu que, la détonation exigeant absolument une percussion assfez forte et brusque entre deux pièces de 1er, elle ne peut pas avoir lieu par hâsàrd, ce qui rend l’usage de oes amorces sans aucune espèce d’inconvénient.
La compagnie PAULv-ne fait point un secret de cette composition, et, quoiqu’elle remette aux acheteurs des amorces toutes prêtes, elle leur en communique aussi la recette, afin qu’ils puissent les renouveler euxmêmes (i).
Le piston qui sert à la percussion, passant dans une boîte à cuir , sert aussi d’obturateur pour empêcher l’effet corrosif du gaz muriatique sur-oxigéné , qui ne se trouve ainsi en contact qu’avec le culot de cuivre et le papier de la cartouche, de sorte, que le canon ne peut pas en souffrir. Nous avons fait cette observation sur un fusil qui sert tous les jours dans la manufacture jet qui a déjà tiré plusieurs milliers de coups.
La manière-dont se chargent les fusils Pauly leur
(i) Voici la recette de cette composition : ' .
Prenez : i once de mnriate de potasse sur-oxigéné , 3 onces de Heurte soufre le plus pur, a onces de charbon de bois léger, les trois quarts d’un flacon d'eau de Cologne , (on emploie l'eau de Cologne pour accélérer la dessication de la poudre ), mêlée avec les Yiotif seizièmes de flacon d’eau de fontaine ou de rivière. A défaut d'eau de Cologne , op emploie moitié eau-de-vie, moitié eaa de rivière , avec une demi-once de gomme arabique.
Ecrases le charbon de boit en poudre aussi 6ne qu’il es: possible. ,
Arrose* le mpriate , la fleur de soufre et le charbon avec l’eau de Cologne mèlee avec l’eau de fontaine ou de rivière ,( il ne faut pas toucher au mnriate ni le remuer avant de l'avoir arrosé, comme il est indiqué ci-dessus).
• Mêle* ensemble le mnriate , la fleur de soufre et le charbon sur tin marbre «ni sur un ..morceau de glace.
-Remuez le tout avec une spatule de bois , jusqu’à ce que ces trois substances soient parfaitement mélangées.
Broyez le tout avec une mollette de bois dur, de buis ou de gayac , pour en faire une pâle, lllant broyer jusqu'à ce qu’on «'aperçoive aucune partie de soufre de nuiriale et de poussière de charbon.
Passez cette pâte à travers une planche de cuivre percée de trous, que vous poserez sur un morceau de cuir. Pour retirer les grains o’amorce de cette planche de cuivre , on le* laisse sécher au soleil, au feu , au poêle.
DE l’aRMCBIBR. *45
donne plusieurs avantages marqués sur toutes le» armes connues jusqu’ici.
Le premier est de ne pouvoir jamais charger deux coups dans le même canon.
Le second est une très-grande facilité d’ôter la cartouche, soit qu’on veuille changer de charge, soit qu’on, ne veuille pas rentrer chez soi avec son fusil chargé.
• La troisième consiste en ce que le mécanisme qui sert à la détonation est entièrement caché dans l’intérieur, ce qui fait que, malgré le brouillard et même la pluie, le coup part aussi sûrement et aussi vite.
Le quatrième est de ne pas exposer le chasseur aux accidens assez nombreux qui arrivent quand ou charge à la baguette sans avoir. eu l’attention de désarmer son fusil.
Le cinquième est qu’on charge très-vite et en marchant, ce qui est très-avantageux quand on chasse en ligne ouen battue ; dans ces deux cas, on n’a pas besoin de mener avec soi un domestique , et on est aussi prêt à tirer que si l’on avait plusieurs fusils à sa disposition.
Un amateur a bien voulu se charger de l’expérience confirmative dé ce qui précède , il a marché au pas ordinaire et a tiré huit coups dans une minute; ainsi, après avoir déchargé ses deux coups, il n’a attendu <pie quinze secondes et n’a fait que vingt pas avant d’être prêt à tirer de'nouveau.
Nous avons fait diverses expériences comparatives sur la rapidité de la détonation et elles nous ont toutes donné le même résultat, savoir : qu’elle se fait bien, plus vite par la mécanique à muriatè que parles battèries à silex : ce qui doit être d’un grand avantage toutes les fois que la ligne que parpourt le gibier fait un. angle quelconque avec la ligne de jir, ce qui, en terme de chasse, s’appelle tirer en travers.
Diverses expériences que nous avons faites pour vérifier la direction de la dragée n’ont donné aux fusils Pacly aucun avantage remarquable; ils garnissent le coup tout aussi bien que ceux des 'meil- . leurcs manufactures, et, en tirant à quarante pas, nousavons toujours mis de trente à quarante grains dans une feuille de, papier gris.
Mais les fusils Pally portent certainement plus.
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loin que tous les autres avec lesquels nous les avons comparés.
Nous avons tiré et fait tirer un grand nombre de coups dans des mains entières de gros papier brouillard. Les fusils ordinaires perçaient quatorze et quinze feuilles, ceux de Pauly en perçaient yingt-urne et vingt-deux, ce qui fait un tiers de force de plus et donne au chasseur l'avantage de tirer plus loin à • dragée égale, ou de se servir de dragée plus petite; par ce moyen, le coup est plus garni et moins de pièces de gibier échappent. •
La dragée dont nous nous sommes servi est du n° 5, ou, pour parler plus exactement, de 200 grains à l’once.
Cet avantage, aussi précieux qu’incontestable, tieut à deux causes :
La première est l’addition de force qui provient de la détonation de l’amorce qui, seule, peut envoyer à plus de dix pas une bourre de papier placée au bout du canon.
La seconde\jest la manière dont cette amorce détonne dans la cartouche, il en sort une aigrette de feu qui pénètre en tous sens la pou'dre à canon et rend l’effort plus vif et plus simultané.
Par une conséquence nécessaire de ces deux causes, la charge des fusils Pauly exige un sixième en moiqS de poudre queles fusils ordinaires ; cette circonstance, qui parait de peu de considération relativement à la chasse, prendrait beaucoup d’importance si ces fusils étaient employés à la guerre; et d’ailleurs, daus tous les cas, le canon se salit beaucoup moins.
Les fusils Paüly partagent avec les autres fusils à batterie muriatique l’avantage de ne faire jamais ' longrfeu,-ce qui doit être grandement apprécié par les chasseurs; car, clans les platines à silex , sur vingt coups , il y en a au moins quatre à cinq qui ne partent qu’avec une lenteur relative , et ces coups sont presque toujours perdus.
Nous avons fait plusieurs expériences pour fixer le poids et les proportions de la charge , et il nous a paru . que celle qui convenait le mieux se composait de 60 grains pesant de poudre marquant i6,degrés à l’é« peouvette de Regnier, et d’une once de plomb.
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Nous avons aussi été tentés de croire que les fusils Pacly ont moins de recul que les autres, ce qui serait dû à ce queTaniorce est placée sur le derrière de la charge; mais , n’ayant pas pu vérifier le fait au moyen de la macifline ingénieuse que notre collègue Regnier a inventée à cet effet, et qu’il 11 ’a pu déplacer, nous ne donnons potre avis que comme conjoncture.
De tout ce qui précède , et d’après les diverses expériences faites sous ses yeux , votre Commission a conclu :
Qu’<^i envisageant les armes de l’invention Pauly sous le rapport militaire , il n’y a nul doute que les troupes qui en seraient armées 11’eussent sur l’ennemi des avantages incontestables, puisqu’elles pourraient charger et tirer sans ralentir le pas , tirer plus vite, atteindre de plus loin, employer moius de poudre, et faire feu malgré la pluie.
E11 examinant les mêmes armes relativement à leur utilité pour la chasse , votrç Commission a pensé que l’usage de la composition sur-oxlgénée , au moyen de laquelle elles sont anjorcées, ne présente aucun danger ni dans la manière de s’en servir, ni en la portant sur soi ;
Que les fusils Pauly partagent avec tous ceux qui détonnent au moyen du muriale l’avantage dè ne jamais faire long-feu et de consommer moins de poudre, et qu’ils ont sur toutes les armes connues les avantages suivans :
De ne pouvoir jamais recevoir deux charges dans le même canon ;
De se charger très-vite et sans qu’il soit besoin de s’arrêter ;
De présenter une grande facilité pour changer et retirer la charge ; •
De la conservera l’abri du brouillard et de la pluie ;
De préserver le chasseur du danger qii’il peut courir par hasard ou par distraction en> chargeant avec la baguette ; ,
Et, toutes choses égales,, d’avoir une portée plus longue.
D’après ces considérations , votre Commission a pensé que les fusils Pauly doivent être placés au
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premier rang parmi les armes de chasse connues jusqu’à ce jour, et qu’il y a lieu de les mentionner de nouveau dans le bulletin (1).
Adopté en séance, le 20 juillet 1S1 4-
Signè Brillât de Savarin.
(1) La manufacture des «fusils Pauly , dont les jyopriélaircs actnels sont MM. A. Moreau et H. Roux, est située rue des Trois Frères , n° If, Çhaussée-d’Antiu.
aSg. 29 septembre îBi 2. — Brevet d’invention de 10 ans pour un nouveau fusil de guerre et de chasse, un nouveau pistolet de cavalerie à piston et des cartouches de composition particulière , au $r Pauly, à Paris.
Explication des figures.
Planche 3, Gg. 38, proül du fusil, Gg. 39, coupe de proül.
. Fig; 4u 1 plan de la platine montée sur le canon et munie de sa bascuie. '
a, bascule que l’on voit fermée dans les Gg. 38 et 39; elle fait charnière en 6, où elle s’élève verticalement lorsqu’on veut charger l’arme. Cette bascule se ferme à l’aide d’un verrou ajusté dans l’intérieur de la crosse, coimne'on lé voit en c , Gg. 39.
d , Gg. 39, piston avec son ressort de reculement e. f, la noix} #4platine: on la voit,.Gg. 4i) appliquée - contre la bascule a. ^
; h , grand ressort de la platine ; i , gâchette ; A, ressort de gâchette.
I j Gg. 58 , levier de repos servant à tendre le ressifrt. *
Fig. 4* } coupe par le centre de l’extrémité du canon du côté de la culasse.
m j emplacement de la charge; n, tourillons du canon ; a , Gg.'ôp et 43, cartouche portant la rosette d’aqiprcep, en cuiv.re et sa charge.La rosette d’amorce contient un grain de poudre sur-oxigénée qui eu- • flamme la cartouche comme un éclair.
Le fusil de guerre, établi sur ce principe, porte la balle à une distance double des ftfsils ordinaires. 11 peut tixGc dix à douze coups par minute , saus qu’on soit
»e l’arbiürikr. a4t> a
obligé de passer l’4ririe à gauche sans sortir de la lignu * tl’cnjvue et sans discontinuer.
Pour rendre l’exercice de celte arme plus facile eÇ beaucoup moins fatigant que celui usité , je substitue au baudrier de la giberne une ceinture de cuir garnie d’une plaque métallique, au milieu de laquelle est une cheville servant à Gxer la crosse du fusil et à rendre le choc, en quelque sorte, insensible, en même tems qu’elle sert de point de résistance dans l’usage que l’homme de guerre fait de la bayonnette.
Cette ceinture est composée de plusieurs courroies . dans lesquelles glissent à volonté des boîtes extrêmement légères contenant des cartouches.
Cette arme n’exige ni baguette, ni pierre . ni tireboujre, ni épinglette ; elle rqpd l’infanterie presque inattaquable par la cavaléric, au moyen de bayopnettes qui s’allongent et se raccourcissent d’une manière solide et à volonté.
La charge peut se faire en marchant et même en i courant, etc. , etc. (C. ci-dessus, pour les avantages ).
Le pistolet de guerre , représenté fig. 44* jouit des mêmes avantages que le fusil , et peut être chargé six fois plus vite que le pistolet ordinaire, sans baguette ' ni maillet , etc. ..