‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 41 sur 87 · Q5 MA NOËL · texte numérisé non relu

Q5 MA NOËL

ainsi du charbon qui auiait déjà été allumé et éteint ne pourrait servir. Le vent doit ètcé donné sur le milieu de la lame et non sur ses extrémités.

La composition dans laquelle on trempe les lames pour leur donner le giohar peut servir pour un grand nombre de lames, elle est même meilleure quand elle est ancienne , seulement on a soin d’y ajouter quelquefois un peu de composition pour la tenir toujours au même point.

La lame s’étant un peu courbée pendant le chauffage, le maître fourbisseur la redressa et la passa légèrement sur une meule , puis il la polit en la frottant avec un morceau de bois imprégné d’huile et de poudre d’émeri, et fa brunit ensuite avec une hématite de fer; elle devint alors entièrement semblable à nos plus beaux sabres anglais. (1)

11 frotta alors la lame avec de la chaux en poudre pour absorber l’huile qui y était restée , en ayant soin de ne pas la toucher avec les mains, la netteté de la lame étant nécessaire pour qu’elle prenne bien le gioliar; euliu, pour achever de la nettoyer, il la frotta avec des cendres de tabac délayées dans l’eau (a).

(i) Il est à regrellcr que M. Barber, qui est entré dans des détails minutieux et nécessaires sur Pcrisemlile de l’operation, n’ait pas dit comment et par quel moyen le redressement a etc opéré. On sait qu’immédiatement après la trempe l’acier travaille encore quelques secondes ; c’est pour-cela que les ouvriers le fourrent dans le fraisil pour le soustraire à l’action de l’air et de la lumière ; nous nous sommes Lien trouves en trempant des aciers fondus vifs et sujets à la gerce , de les essuyer promptement en les retirant de l’eau et en les enduisant de suite avec, le doigt d'une couchi d'huile : on peut profiler de ce moment où l’acier n’est pas encore f*xé pour redresser une lame légèrement voilée , en la mettant entre deux planchettes dressées qu'on prend entre les mâchoires d’un ctau qn’on serre doucement et avec mesure ; mais celle operation doit être faite profnptemcflt et avec beaucoup de précaution , et encore n’csl-elle pas toujours assurée ; on redresse encore une lame voilée en la frappant doucement à petits coups , en travers, avec In panne d’un marteau , du côté concave. Il n’est pas dit non plus si le lirnlussoir a etc employé à sec ; ce qui est probaLle , mais qui , cependant , était utile à consigner.

(*) H frotta tnsuite avec de la chaux en prmdrc. Comment cette chaux «“tait-elle employée ? Etait-ce avec une brosse , avec tin linge ? La tourne observation est à faire pour l’emploi des cendres de tabac*

Gc

DE L*AHMrniER. *97

Pendant toutes ces dispositions, on remplit d’eau une grande auge , et on fit dissoudre dans un vase de plomb du zagli et de l’eau. Le zagh est un sel qui vient des montagnes des Druses où il se trouve sur les bords d’une source minérale près de Ghazir. On ne peut pas employer un vase d’autre métal que le plomb pour dissoudre le zagh ; mais on peut se servir d’une tasse de porcelaine ou de verre, (cette condition du vase de plomb prouve évidemment que le zagh est un sulfate qui se décomposerait dans un autre métal, ainsi que l’a constaté M. Barruel, qui a reconnu, comme nous l’avons dit ci-dessus , que le zagh était une décomposition naturelle de schistes alumineux et de pyrites formant un mélange de sulfata acide d’alumine et de sulfate de fer ).

Le fourbisseur, ayant trempé ses doigs dans la dissolution du zagh, en arrosa la lame avec rapidité d’une extrémité à l’autre aussi également qu’il lui fut possible; puis, de trois minutes en trois minutes, il plongea la lame dans l’eau de la grande auge et recommença ensuite à l’arroser avec Te zagh : ce qu’il répéta successivement huit ou dix fois jusqu’à ce qu’il s’aperçut que le giohar avait parfaitement pris partout; alors^ il frotta de nouveau la lame ; et, quand elle fut sèche, il passa de l’huile dessus. •

Lorsqu’on donne le giohar en hiver, il faut avoir soin de dégourdir la dissolution du zagh et de la ramener à une température moyenne.

Quant au glacé ou vernis que les Orientaux donnent à leurs canons de fusil, il s’obtient par un proqpdô différent. On frotte d’abord le canon de fusil avec un gros papier brun et du sable fin ou de la brique pil^e jusqu’à ce qu’il ait , pris partout la couleur métallique du 1er ordinaire. On met, à cet effet, dans le canon un bâton assez fort pouv qu’on puisse le tenir fortement sans être obligé d’y porter la main pendant l’opération.

On fait une pâte avec un peu d’eau, du soufre, du sel ammoniac et du sel commun, dans les proportions suivantes: soufre, i"5 grammes, muriate d’ammoniaque 1 1 , et muriate de soude i4, on ne verse d’eau que la quantité nécessaire pour faire du tout une pâte à la consistance de l’argile des potiers.

398 MArrcEti

On couvre le canon de cette pâte de l'épaisseur de 37 à 3o millimètres environ (1 pouce) , en ayant soin de l'appliquer de manière qu'aucun globule d'air ne puisse l’interposer, parce qu’alors le damassé ne prendrait pas. On expose le canon ainsi recouvert à l'humidité plus ou moins de tems, suivant la saison et l'état de l’atmosphère (1).

Enlin, au bout de vingt-quatre à trente heures, on découvre le canon , on le lave à grande eau, ou l’essuie et on passe l’huile dessus comme pour le giohar des lames damassées.

296. Les fleurets se tiraient autrefois de Solingen ; maintenant on préfère avec raison ceux de Klihgenthal ; cependant, tous ceux qui nous tombent entre les mains portent encore la marque Sotiugen , peut-être est-ce pour contenter le public routinier. Les bons fleurets doivent être roides et flexibles; ils doivent se redresser après, avoir été violemment courbés et ne

{joint conserver de courbure; ils doivent conserver ong-tems leur poli. La soie des fleurets est en fer, ainsi xjue Ips peignées. Les armuriers ne fabriquent point les fleurets, il&en font simplement la vente au

fmblic 4 ils les tirent à cet effet des fabriques qui les eur envoient, tout préparés. 11 en est de même des plastrons , masques, gants, sandales , paniers d’ espadon et autres objets garnissant la salle d’armes, l’armurier eja fait' la vente ; mais la plupart de ces objets se trouvent aussi chez le quincaillier, et nous n’avons pas à nous en occupe^.

§. IX. Fusils brisés , Fusils-cannes.

297. Tout le monde n’a pas son permis de port d’annOs, Du son terrain clos; or, la chasse est interdite à qui n’a pas part au port d’armes ; pour frauder ces droits , ij y a des braconniers , et ces braconniers , pour n’être point pris, ont été obligés d’inventer diverses sortes de fusils faciles à soustraire aux regards des gdns chargés de surveiller les chasses , des gardes ,

(1) t)n ne dit pas quel doit être cet état. Si l'on doit laisser à l'humidité plus long-tenu lorsque l’air est sec 1 1 chaud , ou si , au contraire, ou doit alors laisser la couverte moins long-tems , -il (allait déterminée, à -peu -pris 1a saison et l’étal de l'atmosphère.

• DE L'ARMORIER. 29g'

en un mot , les 'fusils brisés les plus simples sont ceux dont la crosse se met dans la poche et les canons sous la blouse ; ils ne diffèrent en rien des fusils ordinaires, les culasses ont des griffes recourbées qui s’engagent dans le lût: un tiroir lie le canon au fût ; tout le monde connaît cette construction. Le fusil-canne est tout différemment construit, le canon, recouvert d’une couleur , imite une canne de jonc. La crosse est un bec à corbin à charnière , avec un ressort qui le retient à 1 équerre. La platine, qui s’adapte au moyen d’un étoquiau et d’une vis i oreille , s’enlève facilement et se met dans la poche du gilet ; on voit de ces fusils très-ingénieusement fabriqués, mais presque tous différons d’exécution. L’amateur qui le commande fournit ordinairement lui-même ses idées à l’armurier qui les exécute, ou, s’il n’en a pas, il ne manque pas , de trouver un ouvrier habile qui lui en fournit bientôt. Il ne nous est donc guère possible de rien donner de fixe à cet égard, *et, quand nous donnerions le dessin d’un très-joli fusil du genre qu’on a mis !i notre disposition , nous ne ferions que donner une des lettres d’un alphabet imnftnse , et cette pièce isolée ne servirait û rien î un armurier, aimant mieux inventer que copier, ne suivrait point notre dessin qui serait dès-lors inutile; nous aurions néanmoins peutôtie cédé à l’envi de faire connaître ce inéêanisme ingénieux si d’ailleurs la place ne nous eût manqué, et si nous n’avions cru devoir consacrer nos figures à des choses d’une plus impérieuse nécessité.

§. X. Armes à air.

298. La poudre, en s’enflammant, produit des gaz élastiques qui, occupant, lors de leur dilatation, beaucoup plus d’espace que n’en occupait la poudre, se font jour par l’endroit faible et chassent avec violence devant eux les projectiles qui s’opposent à leur exjiansion. Les arme» à air sont établies sur le même principe. La compressibilité indéfinie de l’air permet d’en renfermer mie grande quantité dans un petit espace.. Lorsqu ensuite on vient à donner une issue à cet air ainsi comprimé, il s’échappe avec violence en tertu île sa force élastique et chasse devant lui le projectile

qui forme obstacle à sa mise en équilibre avec la masse générale de l’air. On fait, d’apres ce principe , des fusils et des cannes à air qui sont susceptibles de produire l’effet des fusils à poudre.

299. Les fusils à vent sont faits suivant plusieurs modèles. On eu voit beaucoup qui ont un double canon , non pas l’un à côté de l’autre , mais l’un dans l’autre; l’espace qui sépare les deux canons sert de réservoir d’air. Plus ordinairement le tube est simple et mobile; la crosse est en cuivre rouge recouvert d’une peinture lui donnant l’aspect du bois, c’est d^ns cette crosse creusée qu’est ramassé Pair destiné à souffler dans le tube. On emplit cette crosse au moyen d’une pompe foulante dont on tient le piston qui se termine en T sous les deux pieds, on insère la pompe dans la crosse qu’on tient dans les deux mains, et on pompe jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible d'y faire entrer d’air , on ajuste alors le tube sur la crosse. L’air est retenu dans la crosse par une soupape que la pression intérieure suffit pour tenir fermée. Lne platine, à-peu-près semblable à l’extérieur aux platines des fusils à poudre fulminante, sert à faire partir un ressort qui pousse la soupape et laisse passer dans le tube une quantité d’air suffisante pour chasser au loin le projectile. Une même charge d’air sert à lancer plusieurs coups , dont les cinq premiers ont à-peu-près la même force. On tire à balle et à plomb avec le fusil à vent; mais, dans ce dernier cas, il faut faire une petite cartouche avec le plomb.

000. Les cannes à vent sont des espèces de fusil sans • crosse , grosses comme l’index , elles ont une pomme de coco et un bout en cuivre comme les cannes ordinaires. Elles sont faites avec des tubes de enivre rouge recouverts extérieurement d’une peinture imitant le bambou et le rotin. Le tube extérieur contient le tube formant le canon qui peut avoir de huit à dix millimètres de diamètre extérieur, et six à huit millimètres de calibre. A côté de ce canon et dans le tube extérieur, on ménage une place pour la bagubtte , qui est faite en baleine ou en bois roide et léger. Le canon peut avoir cinq décimètres de longueur. La platine est courbe dans toutes ses parties et est placée à l’inté-

• * db l’armcrikr. . , Soi

rieur. U,n carré affleurant parait seul à l'extérieur ; c’est sur ce carré qu’on met une petite clé forée qui sert à armer; un bouton, affleurant également le dessus de la canne et de même couleur, est placé à quatre centimètres environ de ce carré et n’est nullement visible ; c’est sur ce bouton qu’on appuie pour faire partir la détente; quant au carré, il est très-peu visible. Au-dessus de la platine est le réservoir d’air, c’est un tube en 1er pouvant avoir en longueur six à sept centimètres et dont le diamètre extérieur remplit exactement le tube peint qui forme la canne. La pomme en coco qui couronne la canne est mobile : elle tient sur la tige du piston, et c’est avec elle qu’on lait mouvoir la pompe. Cette canne ne peut lancer que deux ou trois coups sans être chargée d’air, mais cette charge se fait très-facilement, en marchant même i il suffit de donner de teins à autre quelques coups de piston, ce qui se fait en tenant la canne à terre de la main gauche et en manœuvrant avec la n\ain droite.

L’ëlîet de ces cannes à vent d’invention récente est vraiment surprenant , elles portent de petites balles à une grande distance; la cendrée mise eU.cartouche atteint le gibier presque â la portée ordinaire ; elles sont légères et maniables et de beaucoup préférables aux fusils à vent.

INous avons vu de ces sortes d’armes dans leurs nlus grands détails , nous avons pris des informations auprès des mécaniciens ; trois points essentiels sont h constater^' faire les pistons ronds au lieu de carrés, comme on les faisait autrefois , ‘l’àlésage du rond est facile , les pistons ronds sont facilement iodés ; a° que le jet d’air soit prompteomme l’éclair. Si la soupape s’ouvre lentement , la portée ne sera plus .du tout la même, le coup du marteau sur la soupape doit être sec : plus il sera vif, plus l’anne portera; 3° on doit faire le piston double et même triple, s’il s’agissait d’un gros fusil. Avec un piston double on obtient des pressions bien plus fortes, on commencera à pomper avec le plus gros piston . puis , lorsqu’il ne pouh a plus marcher, on se servira du petit : ce piston plus petit, doit être contenu dans le plus gros qui devient alors

3oa makuel

la pompe. On parvient de la sorte à obtenir des 'effet* dont on n’a pas eu d’idée jusqu’à ce jour. J’ai *vu un réservoir de canne tellement chargé que la chaleur de la main a suffi pour le faire crever, c’esf pourquoi, on fera bien de faire ce réservoir en bon fer, et, s’il est possible, avec un bout de canon tordu , en surveillant bien la brasure des fonds qu-’on pourrait d’ailleurs renfoncer par des goupilles. Lorsque les réservoirs sont ainsi chargés, la soupape devient très-diffîcile à soulever, et l’on est, dans ce cas , obligé de donner plus de longueur au levier.

3oi. Nos lecteurs ont sans doute entendu parler des effets surprenans du fusil à vapeur de Perkins : cette arme terrible serait très-bonne pour la défense d’un rempart; elle ne peut servir en campagne, puisqu’il faudrait un grand nombre de chevaux pour traîner la machine, l’ean et le charbon nécessaires à son entretien, et que le premier conp.de canon viendrait tout briser et faire éprouver des pertes énovmes. X.es canons à. vapeur, essayés à Vincennes par ordre du Gouvernement, n’ont point paru produire tous les effets qu’on en attendait , et la dépense a été énorme. Nous né parlerons donc ni.dcs uns ni des autres, et nous nous contenterons d’extraire du journal le Tcrns l’article suivant qui pourra piquer la curiosité de nos lecteurs.

3o'a. Nouveau fusil à vent.

(Le Tems, a3 juin- iÇ3i.)

« On a fait, 41 y .a deux jours à Paris, en présence de M. le lieutenant général Pelet, directeur du dépôt de la guerre et de plusieurs officiers génér^p et supérieurs d’artillerie, l’essai d’un nouveau fusil à vent, apporté à Paris par M. Perrault de Rouen. C’est une arme terrible dont les effets , à une distance plus rapprochée, seraient infiniment plus meurtriers que ceux du canon.

Ce fusil est monté sur roulettes ou petits affûts, trois canons peuvent être adaptés sur chaque affût et obtenir une direction différente ; les coups partent au moyen, d’une roue qù’un enfant pourrait faire mouvoir. Chaque canon lance 5oo balles par minute , et peut eu lancer 5,ooo sans que la'masse d’air coin-

» de l’armcrikb. 5o3

primé ait besoin d’etre renouvelée ; tout l’appareil pour les trois canons peut être porté par un seul cheval ; on pourrait former une batterie d’un nombre indéterminé de ces fusils. Leur effet sur une niasse serait celui d’une scie , et tout corps qui lui serait opposé à la portée du lusil de munition serait coupé en deux comme une scie" couperait une planche. MM. les jplEciers d’artillerie, qui, depuis quarante ans, ont été fatigués d’inventions nouvelles dont l’application se trouvait impossible , n’avaient pas voulu d’abord que l’essai de ce nouveau procédé fût fait devant eux f c’est, grâce à un homme dont l’Empereur avait apprécié les vastes connaissances, au point de le charger d’établir à Paris , en i8i5, une manufacture d’armes à feu, par un procédé déjà ancien, mais oublié, (les canons de fusil en fil de fer ), que le corps d’artillerie et le ministère de la guerre ont été amenés à faire attention à une invention qui peut avoir pour la puissance militaire qui l’emploiera les plus étonnans résultats.

Le Gouvernement est, à ce qu’il parait , décidé à fane acquisition du secret de l’auteur; mais il le marchande, et l’inventeur, bon patriote, s’il ne peut obtenir du Gouvernement français ce qu’il désire, est fermement résolu à aller offrir aux Polonais le secours de son fusil à vent. »

§• il.

. Objets- divers.

5o3. Tournevis.. N Bus avons déjà donné (90) la description du tournevis ordinaire , il en est encore d’autres que nous ne ferons qu’indiquer le tourne vis à trois branches , dont deux plat^sv et une ronde, est assez commode dans l’emploi, mais difficile à serrer , vu sa forme et l’espace qu’il occupe ; M. Manceau, que nous avons déjà cité comme un artiste ingé-y nieux, fécond en idées utiles, vient d’offrir au public un tournevis très-commode, dont l’ensemble forme un petit nécessaire indispensable à celunqui veut entretenir ses armes en bon état. Le pr/x de ce petit nécessaire d’armes est tellement modique- que c’est absolument un tour dé force, une énigme industrielle.

Nous en donnons la représentajjjjon dans les fig. 56, pi. 5," qui est l’ensemble, et les fig. 5j, 58, 5g et 6o, qui* sont les détails. Le manche a dft lait eq tôle de fer, , il est creux , sur plan elliptique ; l’épaulenoent b , ainsi que le fonde, sont'Kîn fer forgé. L’un et l’autre sont brasés sur le manche a, qui forme étui. La partie inférieure c( , vue à part, fig/58;, fornie une petite fiole à huile , parfaitement appropriée à l’objet de son service. Cette fiole est bpuchée p’ar une vis à tête plate, vue à part , fig. 5 g; et, pour prévenir l’épanchement de l’huile, on y ajoute une petite rondelle de corne c, qui, appuyant sur le dessus^ bien dressé de la boite, et pressé par-dessus par l’embase delà vis ,

' forme, en raison de son élasticité, qui lui permet d’obéir à la, pression , un lut parfait qui garde bien l'huile. La lame du tournevis, vue à, part, fig. 5y , forme deux tournevis , un à chaque bout, l’un plus long que l’autre, mais d’égale épaisseur, afin que l’un ou l’autre puisse également *e placer dans une fente pratiquée à, chaud au milieu de l’épàulement b où cette lame tient assez solidement pour bien remplir ,son office. Cette lame d’acier trempé est encore vue, mise enf place dans la fig. 6o, qui représente une petite trousse de serge verte dans laquelle se trouve tourne- à-gauche cylindrique, une épinglette et un repoussoir, un chasse-goupille, etc., la trousse roulée doit entrer dans le manche du tournevis, qui se fehne avec la fiole à huile qui lui sert de Fond : dans

plus de place qu’un étui ordire est parfaitement bien entenil ne contient pas de monteressort; cette omission, qu’il n’a pas sans doute été possible d’éviler dans la construction de l’ensemble , est peut-être ce qui a empêché ce petit meuble d’ètre recherché avec autant d’empressement que son bas prix , sa bonne exécution et sa commodité sem- 'blàientle lui promettre. '

3o4. Mante-ressort. La fig. 6i représente le monteressort le plus ordinairement employé , il n’a point de forme arrêtée ; c’est toujours une vis en regard d’un point d’appuj; .et, lorsqu’on a un étau, le monteressort est' un Outil à-peu-près inutile : cependant.

cet état, ri ne tient pas naire, Cepélit|nécessai du,' malheureusement

, DH l’aRMCBIER. , 3o5

comme on ne peut porter un étau partout avec soi, on a fait entrer le monte-ressort dans la trousse de celui qui fait habituellement usage d’une- arme à feu : il fait partie du bagage du soldat,' auquel' il sert à ùlcr et. à remettre en place les ressorts de la platine, lorsqu’il veut la démonter, soit pour lanettoyer, soit poui faire là réparation de quelque pièce. C’est une tige de fer portant à son bout un mentonnet qui s’appuie sur quelque partie voisine et immobile de la platine, tandis que l’autre est un écrou traversé par une vis de pression, qui, comprimant lps branches du ressort sur, lui-rmème, l’empêche d’appuyer sur la pièce qu’il doit- faire mouvoir, donne le moyen de tirer la vis ou de dégager l’étoquiau qui retient ce ressort en place.

Quand la vis porte immédiatement sur le ressort, il se trouve poussé en un seul point et peut casser. On a obvié à cet inconvénient, en faisant porter la vis sur une branche de fer mobile traversée et soutenue vers son milieu par un pivot qui glisse dans une rainuée; les deux bouts de la branche un peu recourbés portant sur le ressort, il se trouve pressé en.deux points différens et assez éloignés.

Ce monte-ressort est composé d’une pièce principale, de la forme d’un petit crampon, ayant une patte repliée à angle droit pour appuyer, sur le ressort, et d’une autre partie aussi repliée à angle droit percée et taraudée pour recevoir une vis d.e pressjon. Dans le milieu du corps de cette pièce principale est pratiquée une mortaise d’une longueur déterminée sur laquelle joue à coulisse un étui a vis portant une branche transversale destinée à presser les branches mobiles des deux ressorts au moyen de la vis."

Pour démonter le grand ressort, on applique le monte-ressort de manière que la partie recourbée de la pièce principale ait son point d’appui sur la petite branche du ressort , à la hauteur du rempart de la batterie, et que la branche transversale se trouve placée par l’une de ses extrémités sous le derrière du ressort, et par l’autre, terminée par un petit crochet dans la griffe, alors on serre et l’on desserre la vis de pression selon qu’il est nécessaire.

■zG*

3o6 MARCEL DE l’aRMURIEH.

, Pour démonter le ressort de batterie, on place l’instrunient de façon qu’une coche faite dani la branche transversale corresponde à l’œil de la vis de ce ressort, et l’on fait agir la vis de pression comme pour le grand ressort.

3o5. Le tire-bourre est un petit instrument percé d’un trou taraudé, qui se visse au bout de la baguette ; il sert , ainsi que l’indique son nom , à retirer la bourre de dedans le fusil; il est composé d’une vis tirefonds et deux aiguilles robustes tournées en héliçe autour de laf vis tire-fonds ; ce petit ustensile se fait en fabrique, et se vend à très-bon compte; jl coûterait * Çrès-cher à un armurier qui le voudrait faire lui -môme. Comme il est connu de tout le 'monde , nous n’en dirons pas davantage sur ce qui le concerne.

, 3o6. Le baril à pqudfe sert au chasseur à contenir sa provision de poqdre. On en voit qui sont faits sur le tour ; ils sont fort jolis , mais ils sont moins bons <Jue ceyx faits par un tonnelier habile et intelligent ; les barils faits sur le tour, s’ils sont pris dans un rondin et foncés avec du bois en planche , sont également «très-bons , et peuvent valoir ceux faits en tonnellerie. Ce* qui fait que ces derniers sont d’un meilleur usage, c’est qu’ils présentent toujours le flanc du fil , tandis que les autres sont sujets présenter le bols en bout. Or, le bois en oout ne gpu’de pas l’eau, et 'n’est point hermétique, la poudre s’évente au moyen des- trous capillaires qui se trouvent dans le bois debout. On voit de ces barils qui ont une cloison! dans le milieu, et forment deux réservoirs, dont l’un est consacré à la poudre-fine , et l’autre à la poudre commune. Les fonds sonf percés d’un trou dans lequel on visse un bouchon d’ivoire, ou de coco, ou de tout autre matière dure, et on opère une fermeture hermétique en mettant une rondelle de liège ou de peau sur la vis du bouton. {F. 249, Poire à pouttre.) .

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