Chez nous le poignard est l’arme de la tra
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DR l’aRMURIER. 295
Bison. Les Français n’en portent point sur eux ; on en montre dans lès cabinets de Curiosités : ces armes viennent d’Asie , d’Afrique , ou de la Turquie d’Europe, où les Musulmans les portent encore à la ceinturç. Tant que les Turcs n’auront pas adopté la bayonnette, ils seront obligés de conserver le poi-
fjnard qui leur devient très-utile dans la mêlée, lorsque es combattans se prennent corps-à-corps. Nous n’avons donc que peu de chose à dire de cette arme dont le nom est toujours chez nous pris en mauvaise part, et emporte toujours avec lui l’idée du crime.
Un poignard est un coutean non fermant , il affecte toutes sortes de forme, et sa confection appartient plus à l’art du coutelier qu’à celui de l’armurier. ( F oyez d’ailleurs ci -dessus , 161 ).
agâ. Le stilet est un petit poignard très-aigu qui se cache dans la manche de l’habit ou sous les plis du manteau, qu’on lance de cinq à six pas sur son adversaire : la manœuvre de cette arme du guet-apens exige une habitude, un mouvement du bras droit, que fort heureusement nous ne connaissons pas en France, et, comme il est douteux qu’on vienne jamais commander un stilet à un armurier, nous croyons inutile d’en pailer, d’autant plus que le premier poinçon peut servir de stilet. • «
§. VIII. S a Ores et Epées, Fleurets , Damas..
294. Ce que nous avons dit des sabres et épées d’ordonnance peut s’appliquer aux sabres et épées de luxe ou de fantaisie, seulement ces derniers semt ordinairement plus ornés dans leurs poignée's et fourreaux et les lames en sont plu$ fines. L’acier oriental , ou damas, dont ces lames sont ordinairement faites, se fabrique maintenant en France. Paris, Marseille, Klingenthal et autres lieux, sont renommés pour leurs lames qui ne le cèdent en rien à celles des Orientaux , si l’on en excepte celles de vieille fabrique faites par des procédés qui sont maintenant perdus dans les lieux même où ils étaient autrefois employés. Les artistes français ont fait faire beaucoup de progrès à l’art de la fabrication de l’acier, et l’on trouvera dans la collection précieuse des Bulletins de la Société d’En-
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couragcmcnt pour l’industrie nationale des notices très-intéressantes sur cette matière, dues entr’aulres au savant zélé M. Héricart de Thury, à l’occasion des essais de Sir-Henry et autres expérimentateurs laborieux. 11 nous est impossible, quelle qu’en soit d’ailleurs notre envie, d’aborder cette partie de l’art, il n’y a pas de terme moyen à prendre, ou il faudrait tout dire, ou il faut garder un silence absolu, les demi-notions dans ce cas étant plus nuisibles qu’utiles, et un traité complet pouvant fournir la matière d’un très-intéressant, mais très-gros volume. C’est une monographie à faire ; faisons des vœux pour que le savant que nous venons de nommer y consacre ses loisirs. On trouvera, dans l’année i85o de la collection que nous venons d’indiquer, la description de cylindres propres à laminer les lames de sabres et d’épées dont nous avons parlé plus haut, (277, dernier alinéa de la note). Nous empruntons cependant à cet ouvrage l’extrait suivant qui pourra être utile à ceux d’entre les armuriers qui se livrent spécialement à des recherches sur l’objet qui nous occupe.
aç)5. Procédé des Orientaux pour donner et renouveler sur leurs sabres le giohar , aspect glacé , brillant et métallique , qui est un des principaux caractères des lames orientales, dont la connaissance est dite à M. 15 au k. kh , Consul général d’Angleterre à Alep , extrait de. l'A'nnual Régis 1er.
Ayant acheté, dit M. Barker, deux sabres deCaramanie, et reconnu que, dans quelques places, ils avaient dcS taches de rouille qui les déparaient, j’employai un maître fourbjsseur-armurier pour renouveler leur giohar. L’opération fut faite en ma présence avant le lever du soleil, précaution nécessaire , selon lui, parce que, disait-il , une trop forte lumière aurait empêché de reconnaître si la lame était egalement chauffée, et si elle avait partout la même nuauce de rouge, circonstance essentielle pour assurer le succès de l’opération.
Il remplit uni* auge de bois de la longueur des lames et de a4o centimètres environ de largeur et de profondeur,- d’une composition liquidé faite avec une-
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SE l’armbrier. 21)5-
quantité d'huile de Sezame, de suif de mouton, de cire-vierge et de naphte , ou plutôt de la lie de ce bitume (huile minérale), le naphte pur étant trop cher*
Il fit ensuite un feu de charbon de bois disposé en tas; et, quand il fut bien allumé, il étendit ce charbon sur la t,erre selon la grandeur et la figure d’une des. lames, et il mit des pierres autour de ce foyer pour le. tenir rassemblé-, puis il soufila sur le charbon allumé avec un éveptall de plumes jusqu’à ce qu’il lut rouge au vif.
Ayant un peu plié Ja soie de la lame pour la mieux prendre avec des tenailles , il la plaça sur le feu et la couvrit avec du charbon non allumé, et il continua de souffler avec son éventail jusqu’à ce que ce nouveau charbon fût aussi rouge que le premier.
Quand il crut que la lame avait le degré de chaleur suffisant (ce que l’expérience seule peut apprendre), pour être plongée dans la composition contenue dans l’auge, il saisit le moment pour faire l’opération : c’est de cette condition que dépend tout le succès ; car, si la lame reste un peu trop long-tems dans le feu, le giohar ne prend pas, et si elle n’est pas assez chaude,, il est inégal. Lorsque la lame fut retirée du feu pour être plongée dans l’auge elle me parut' chauffée au rouge cerise.
L’immersion dans la composition fut faite subite-, ment et de toute la longueur de la lame à-la-fois en la plongeant par son tranchant. Cette seconde condition est essentielle et même indispensable. La lame resta dans l’auge le tems nécessaire pour son refroidissement qui eut lieu en quelques secondes.
Ayant été retirée de l’auge, elle fut mise de nouveau sur les charbons pour en détacher la graissé encore adhérente ; quand elle 11e fuma plus, on la laissa refroidir, ensuite on enleva légèrement avec un couteau les cendres qui s’y étaient attachées, (cette exposition de la lame sur le charbou nous paraît destinée à lui donner une chauffe ou recuite pour en adoucir la trempe plutôt qu’à en enlever la graisse ).
Le charbon employé était de trois quarts de pouce environ : le meilleur est, dit-on , celui qui est fait avec du sapin, mais il est nécessaire qu’il soit nouveau^