‹ Manuel de l'art chrétienChapitre 127 sur 157 · ST RAYMOND DE FENNAJORT · texte numérisé non relu

ST RAYMOND DE FENNAJORT

d'mprès U- F. Besjen.

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remment dans la vignette que noua donnons d'après un dessin du grand maître, gravé par Mare- Antoine. La figure n° 3 est suivie de sainte Lucie ; ces doux saintes sont gravées d'après un dessin original de FJandrin , et

Sainte Cécile et sainte Madeleine. (Dessin de Baphaël.)

non d'après la peinture exécutée à Saint-Vincent-de-Paul. On voit, fig. 4, le concert céleste qui occnpe & Bologne le sommet du tableau.

Il ne messiedpas à sainte Cécile d'avoir, même physiquement, nn certain caractère de force ; cependant il y tant one douce mesure ; cette mesure est

peut-être un peu dépassée dans le tableau de Raphaël, et nous lui préférons en partie, pour cette raison même, la première composition dont nous reproduisons les figures correspondantes. Dans cette sainte Cécile plus svelte il y a plus de simplicité, nous dirions aussi plus de poésie. Tous les mérites cependant ne sont pas de son côté ; le regard, élevé vers le ciel, de la sainte Cécile du tableau, dit plus que le sien, du moins dans la gravure, car dans le dessin original il y a une légère inflexion du regard vers le ciel, qui a échappé à Marc-Antoine et qui peut assurer l'avantage à ce dessin. Quoi qu'il en soit, l'élévation de regard chez sainte Madeleine vient racheter dans la gravure même ce qui pourrait manquer à sainte Cécile, tandis que, dans le tableau, Madeleine, au point de vue du sentiment, est pour ainsi dire sacrifiée. Ici les deux saiptes n'ont entre elles qu'un rapport de juxtaposition, là leurs âmes raisonnent à l'unisson. De la modification des rapports entre les différents personnages de la composition , il résulte aussi, que l'artiste l'ait voulu ou ne l'ait pas voulu, un changement quant à la signification des concerts angéliques. Dans le tableau, sainte Cécile les écoute; dans le dessin ils ne font que l'accompagner : le vrai concert est dans son âme, et cette pensée est bien plus conforme au texte de ses actes : Cœcilia in corde suo soli Domino decantabat: a Cécile chantait dans son cœur, s'adressant à Dieu seul ». Elle chantait dans son cœur; mais ce n'était pas avec le doux sentiment de la possession, comme s'il lui eût suffi de détourner son âme de tout l'éclat des fêtes célébrées en son honneur, et de l'élever à la pensée des concerts célestes. On voit ainsi à quel diapason doit être monté le ton de sa lyre. Ce ton de la supplication élevé jusqu'à la sublimité, le plus vrai par rapport à sa situation, Flandrin semblerait l'avoir pris. Sa sainte Cécile touche de l'orgue qu'elle tient élevé vers le ciel; mais on sent que c'est au figuré, et que les vrais accords sont ceux qui partent du plus intime de son âme. Flandrin n'a peut-être pas eu en vue directement la situation où s'était trouvée la sainte au jour de ses noces. Il faut alors qu'il ait eu une bien haute idée de la musique religieuse pour en avoir rendu l'expression si conforme au caractère que la situation émouvante dont nous parlons a mis si admirablement en relief. On remarquera aussi par quel heureux contraste sainte Lucie, qui suit, fait mieux ressortir ce qu'il y a d'élan dans sainte Cécile, étant elle-même dans un intime recueillement qui lui donne l'air d'écouter comme un écho lointain des chants célestes.

Nous donnons de plus de Flandrin deux saints, saint Antoine de Padoue

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et saint Pierre Nolasque, empruntés aux peintures de Saint-Vincent-de- Paul.

Pour représenter toutes les catégories d'habitants qui peuplent la cité céleste, l'artiste, aidé des conseib du P. Cahier, a fait un très-bon choix des saints et des saintes qui forment dans cette église comme une sorte de Panathénée chrétienne de chaque côté de la nef, et il a été généralement heureux dans les caractères qu'il leur a attribués. La figure de

Saint Antoine de Fadouo et saint Pierre Nolasque. (Ftaudrm.)

saint Pierre Nolasqne, belle de type, élevée d'expression, est bien en rapport avec l'œuvre de dévouement accomplie par les religieux de la Merci, journellement exposés à sacrifier eux-mêmes leur vie et leur liberté pour délivrer les captifs. Et quant à saint Antoine de Padoue, il lui sied, à raison même de ses rapports avec l'Enfant Jésus, de prendre cet aspect de fraîcheur ei de pureté ingénue, préférablement à tout ce qu'on aimerait à rappeler de son brillant apostolat.

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