DOCTRINE DE I/ÉGLISE RELATIVEMENT AUX IMAGES
le coup de ce qui est de dogme et de prescription disciplinaire on liturgique relativement anx images, l'Église ne prescrivant rien quant à leur beauté artistique, rien même quant à leur ressemblance. On comprend qu'il en soit ainsi : ces choses étant susceptibles de plus ou moins, il serait difficile de déterminer d'une manière générale où il faut s'arrêter. En cette matière, le temps, les situations, le degré de culture intellectuelle etmorale,apportent de telles différences dans les appréciations, qu'il serait impossible de poser des règles positives applicables à tous les cas ; il n'y en a que de négatives atteignant ce qui, dans tout état de cause, doit être évité, c'est-à-dire tout ce qui peut induire en erreur, tout ce qui peut incliner au péché. A ces règles sont assujettis les chefs-d'œuvre de génie artistique, tout autant que les essais informes de la main la plus inexpérimentée : or, dans un ordre d'idées où l'art n'a pas de privilège, on ne peut pas dire qu'il soit expressément mis en cause.
Si donc nous tirons de la doctrine de l'Église une conclusion en faveur de la beauté artistique des images, et par conséquent en faveur de l'art chrétien, c'est par voie de déduction, en étudiant l'esprit de cette doctrine, et les préceptes qui en sont la conséquence.
Évidemment l'Église aime le beau, elle le désire, elle le recherche, elle le propage ! Il semble cependant que, faisant dans ce monde son œuvre propre de rétablir le fondement du beau qui est le bien, elle réserve pour l'autre vie le dernier couronnement du bien qui est la perfection du beau. En attendant, résignée à n'obtenir du beau qu'une imparfaite ébauche, ou tout au plus quelques aspirations vers ses célestes splendeurs, elle encourage ses enfants à lui donner cette satisfaction ; mais elle ne craint pas de l'emprunter souvent à des mains étrangères. Pleine de condescendance pour les fluctuations du goût, qui selon les temps voit le beau ici ou là, elle ne semble demander qu'une chose, c'est qu'à chaque époque ou loi consacre ce qui est réputé le mieux ; mais si elle s'arrête à ce qui est compris des hommes, soyez sûr que son attrait la porte vers le beau tel qu'il est goûté des Anges.
Elle ne pose pas directement les règles du beau, mais elle les inspire, et poumons, c'est après avoir réclamé ses inspiiations et prié Dieu de nous communiquer cet attrait supérieur du beau, par lequel on est sûrement ramené au bien, que nous allons essayer d'en exposer les règles.