‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériquesChapitre 10 sur 84 · INTRODUCTION, XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XXI

— irop accréditées encore pour que Bichât ait osé les anéantir, — et les névroses.

Fondateur de la biologie, Bichat posa les bases de la physiologie médicale, et localisa dans chacun des tissus un phénomène vital élémentaire. La médecine, en effet, n'est pas seulement, comme Técole de Paris est à torl accusée souvent de le croire, la connaissance des allérations des organes constatées par l'autopsie cadavérique, c'est cette connaissance aidée et parfois même contrôlée par la physiologie, les signes physiques (percussion, auscultation), les réactifs chimiques, le microscope, Tophthalmoscope, etc.

Le but de notre livre nous oblige précisément à nous arrêter en passant sur ce sujet. Nous montrerons, à propos de l'encéphale (cbap. Vil) et de la moelle (chap. viii) , quelle importance nous attachons aux données physiologiques. C'est sans raison qu'on inculperait l'école de Paris de sacrifier exclusivement «'i l'anatomie, à l'orgauicisme. Gomme le remarquait M. Bouillaud à la clinique du 3 décembre 1863, a l'école de Paris n'est guère plus adonnée au cadavérisme que celle de Montpellier, que toutes les autres. » Bichat traitait sans doute d'abstrait, d'imaginaire le principe riVa/ de Barthez-, ce Protée. insaisissable qui explique bien tout ce qu'on n'explique pas : il admettait des propriétés inhérentes à la matière , et non cette force vitale que nous récusons aujourd'hui encore (voyez p. 3 1 5, note 3 ). Mais au fond, sa contractilité et sa mobilité générale n'étaient autre chose que les forces sentante et motrice de Barthez. Sa double vie reproduisait les deux principes du professeur de Montpellier et des duo-dynamistes^ l'âme de seconde majesté { principe vital de Barthez ), et V âme pensante ou de première majesté de M. Lordat (âme des théologiens et des métaphysiciens); — en un mol, les deux modes de l'âme de Stahl : l'un qui préside aux actes intellectuels, à la conscience; Tautre qui régit la matière organique. Il était donc plus que physiologiste, il tendait vers la psychologie, le mysticisme. Nos grands défenseurs de la doctrine organicienne, les Andral, Rostan, Bouillaud, Piorry, ont la même tendance, puisqu'ils sont restés spirituaiistes convaincus, tout en agrandissant le domaine de l'organisme : M. Piorry, dans son poëme sur Dieu, l'âme et la nature ; M. Rostan, en posant Dieu comme le créateur de notre corps. Sans nous occuper de ces abstractions étrangères à la science anatomique, puisque nous croyons, contrairement à Hippocrate, que la médecine ne doit pas entrer dans ce que les chercheurs de causes premières ou finales nomment la

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