XLVI INTRODUCTION
Je trouve aussi Torigine de ces dénigraiions daus les difiBcultés d'interprétation dont je parlais pins haut, et qui nous expliquent les regrettables désaccords existant entre les histologistes sur certains points d'anatoinie, soit normale (structure des conduits galactophores, etc.), soit pathologique (cancer, p. 259; tubercule, p. 256 et p. 39^-399; substance iniermédullaire, p. 436, note 1, etc.). Celte désunion elle-même provient en grande partie de la négligence que les auteurs s'occupant de micrographie pathologique ont mise à étudier préalablement l'histologie normale, et principalement révolution embryogénique des éléments. « L'anatomie générale commence l'examen des parties élémentaires du corps dès leur état naissant chez l'embryon ; elle les j)oursuil dans leurs phases successives d'évolution ascendanle pendant la série des âges et jusqu'à leur décroissance sénile. C'est grâce à cette série d'observations logiquement enchaînées qu'elle parvient à saisir comment la naissance, le développement ou la nutrition, ayant lieu d'une manière anormale, en plus, en moins ou aberrante, devient pour chacun de nos tissus le point de départ des productions morbides diverses dont ils sont affectés. Elle a montré comment la multiplication exagérée des éléments, ou hypergenèse, jointe à leur hypertrophie et aux phénomènes précédents, a pour résultat l'apparition des tumeurs. Aussi n'y a-t-il point à si; préoccuper du désaccord entre les déterminations de ceux qui se bornent à un examen à l'œil nu et de ceux qui s'aident du microscope : les premiers ne décrivent que des apparences (1). w
Nous ne parlerons pas ici des pages consacrées aux préparalions des pièces et aux piqûres anatomiques. Sans vouloir faire de ces dernières un traité didactique|, nous en avons divisé l'étude en sympiomatologie, éliologie, diagnostic, origine, traitement : tout médical qu'il est, cet ordre en est un et convient mieux qu'un exposé fait au hasard.
Le chapitre consacré à la rédaction des observations résume certaines règles utiles à connaître pour les jeunes lecteurs. Toute observation doit comprendre trois parties : la clinique', la nécropsie, les réflexions. Ce n'est pas à nous à parler longuement de la première; mais, nous l'avons dit, Tunion de l'anatomie pathologique et de la clinique est un guide précieux en médecine. Alors môme que l'intérêt principal serait dans l'autopsie cadavérique, on ne devrait pas la décrire sans rap-
(1) Cours de M. Robin, Gaz, deshôpif., 4 décembre 1862.
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peler en tête les signes commémoratifs et symptomatiques reierés pendant la vie, sans résumer brièYement les renseignements connus sur le malade.
•Après nous avoir édifié sur les circonstances qui ont précédé la maladie et la mort, faites-nous sans périphrase assister à la nécropsie, suivre l'exploration des désordres organiques. Ne vous contentez pas de nous dire qu'il- y avait les lésions d'une pneumonie au second ou au troisième degré ; détaillez ces lésions pour rendre vos lecteurs juges de votre appréciation ; autrement on ne tiendra guère compte de votre travail : Verba et voces, prœtereaque nihil. Relevez toutes les altérations observées, qu'elles paraissent ou non avoir Irait à la maladie diagnostiquée ; mais tâchez de distinguer les modifications cadavériques on séniles (i) que nous avons pris soin, en général, de différencier dans notre deuxième partie.
Après la description des désordres organiques saisis à l'œil nu et au microscope, il est bon de terminer par des réflexions dont la longueur sera proportionnée à l'intérêt de la phénoménisation morbide qu'elles résument. Elles seront généralement mieux placées ici qu'en tête de l'observation ou dans le cours de la description nécropsique. Il est utile en effet, maintenant que nous sommes au courant de la maladie et de la nécropsie, de nous dire quels sont, des faits relatés, ceux qui ont précédé les autres, d'interpréter les symptômes nosologiques, simples modifications fonctionnelles consécutives aux changements anatomiques ; de chercher si ces derniers paraissent la cause ou l'effet de la maladie; quel a été le mécanisme de la lésion principale, sa marche et la durée de son évolution. On doit donc s'exercer à saisir la filiation légitime des troubles fonctionnels et anatomiques, à les rattacher à leur véritable origine, à leur donner une interprétation réelle. Une observation minutieuse, une analyse délicate des symptômes comparés aux données nécroscopiques, peuvent seules réduire les altérations à leur vraie signification pathogénique.
C'est ici seulement que vous pouvez nous dire à quelle époque d'évolution était telle pneumonie, tel processus can-
(1) Ainsi, chez le vieillard, il y a diminution de poids et de volume pour la plupart des organes splanchniques^ sauf le rein et le cœur. Les cellules du cerveau s'infiltrent de pigment (p. 357, note). Les éléments des muscles deviennent pâles, de petite dimension, et s'infiltrent même de granulations graisseuses, dans les membres inférieurs surtout et les parois du cœur.
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cérenx de l'atérus, etc. ; si les détails de la nécropsie sont entièrement dans les habitudes de Taffection et confirmeiit les propositions classiques, les observations du même genre, publiées 00 connues, relevées par des recherches bibliographiques consciencieuses, tant en France qu'ci l'étranger. Les désordres organiques constants, cause probable de la mon, permettront d'établir la filiation probable des accidents pathologiques. Les lésions non constantes, signalées comme faits bruts, peuvent paraître, aujourd'hui du moins, une simple coïncidence, s'il est impossible d'établir une relation de cause à eiïet entre les symptômes observés et les désordres anatomiques constatés ; mais elles sont susceptibles aussi de résulter d'une même influence morbide, de présenter entre elles des rapports de causalité. C'est ainsi que, dans ces derniers temps, on a pu, — en usant même des observations antérieures où certains symptômes ne paraissaient qu'anomalies, accidents, complications, manifestations purement sympathiques^ effets de l'agonie ou de l'imbibition cadavérique^ — constituer des entités nosologiques nouvelles, en réunissant les tronçons épars de ces maladies passées inaperçues dans leur ensemble organopathique.
En résumé, les symptômes recueillis et classés , i'afïection morbide nettement déterminée par l'autopsie cadavérique, il faut en tirer des enseignements rigoureux ; mettre en saillie les particularités insolites, fournir des indications à la thérapeutique ; expliquer la marche, le développement successif des symptômes^ leur coordination, la pondération de leur rapport, ou bien leur défaut d'harmonie, leur ataxie.
Terminez donc en nous donnant, ou un résumé concis de l'observation, ou, mieux, vos conclusions basées sur l'analyse raisonnée des désordres anatomiques. « Les faits, en pathologie, sont la base sur laquelle on doit s'appuyer ; mais il ne suffit pas de les avoir recueillis pour faire de la science, il faut les rapprocher^ les comparer et en déduire, sinon des lois, du moins des conclusions ayant un caractère de généralité (1). »
— Nous avions rédigé pour le lecteur, à la fin de ce volume, une longue suite ^ Errata^ Addenda et pièces justificatives on bibliographiques complémentaires, rendus nécessaires par la longueur du temps qu'a duré cette publication ; d'où les renvois aux Addenda indiqués dans plusieurs passages. lV*ais, contrairement à notre désir, il ne nous a été permis de donner ce supplément. Nous avons cependant extrait on certain
(1) Dubois (d'Amiens), Rapport sur les prix ^ décembre 1864.