AMPHITHÉÂTRES O'AUTOPSIES
ne suffisent pas poor enlever immédiatement l'odeur attachée aux mains qui ont fouillé dans des substances animales ayant subi un commencement de putréfaction. Nous conseillons de se laver avec du permanganate de potasse, un d^s antisceptiques les plus puissants qui soit connu, employé depuis longtemps en Angleterre pour désinfecter Fair et les matières animales (l). M. Daluna, médecin espagnol, et, plus récemment, M. Castex, ont montré l'utilité de ce précieux agent pour les plaies ou les sécrétions fétides ; leurs expériences ont été confirmées par les recherches de M. Réveil, qui conseille d*employer le sel manganique en solution au 4/4 0^ ou au 1/M)0® (voyez Rapport de M, Blache à VAcad, de méd., \ 0 juillet 4 863). Ce sel se prépare en mêlant d^abord, dans une cuiller de fer, deux parties de potasse caustique et une partie de chlorate de potasse, puis, quand le mélange est fondu sous Taction de la lampe à alcool, deux parties de peroxyde de manganèse pulvérisé (inement : après avoir chauffé au rouge , on dissout dans Teau et Ton obtient ainsi une solution acide vert foncé. Enfin, par l'addition d'un peu d'acide chlorhydrique, une partie du manganèse se dépose, et il reste une liqueur rouge pourpre. Quelques cuillerées suffisent pour désinfecter les mains à Tinstant même.
Ce sel étant dispendieux, on pourrait le remplacer avantageu-* sèment par le phénate de soude, aussi efficace, au moins, que ce permanganate. Les phénales alcalins, comme l'acide pbénique employé au 4/4 000*^ dans le service de M. Maisonneuve et auquel on doit attribuer les propriétés antiputrides du coaltar, sont d'excellents antisceptiques : on s*en sert depuis longtemps en Angleterre, en solution étendue, pour arrêter la putréfaction des urines, des liquides des égouts, pour assainir les dépôts d*os, de chiffons, de peaux, etc.
Nous souhaitons fort que l'usage de ces désinfectants se vulgarise dans les salles d*autopsie cadavérique, comme dans les pavillons de dissection .
Quant aux soins à prendre avant de faire une autopsie ou une dissection, nous en parlerons à la fin de cet ouvrage (voy. PI* qûres anatomiques) ,
(1) L'odeur s'imprègne souvent aux habits plus qu'aux mains. Mais ici il y a moins d'inconvéuient^ par suite de la prudente habitude qu'ont la plupart des élèves d'avoir uu paletot spécial pour Thôpital.