OUVERTURE DES CAVITÉS SPLANCHNIQUES
La sci&-rachitome double, préférable dans tous les cas possibles, se compose de deux scies d'acier, courbes, à convexité inférieure : ces deux lames sont éloignées Tune de Tautre au moyen d'une traverse d'acier, qui s'oppose à ce que la scie dépasse les os. La distance qui existe entre elles, et qu*on peut
Fig. 39.
faire varier, est suffisante pour scinder d'un paême coup la base des apophyses Iransverses des vertèbres. Il existe deux manches quadrillés à ce rachitome, un vertical et un horizontal. Chaque scie est montée sur une lame mousse que les dents ne dépassent pas d'une largeur suffisante pour intéresser les organes du canal médullaire. Il est facile de démonter l'instrument au moyen d'une vis, afin de réduire son volume dans les bottes à autopsie, et aussi pour le nettoyer après chaque opération (fig. 39).
Ouverture, — Le cadavre est couché sur la face sternale (on
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fait parfois pendre la tôle et les membres inférieurs) ; l'abdomen et le cou sont soulevés chacun au moyen d'un billot.
On constate, s'il y a lieu, notamment dans les expertises médico-légales, l'état des téguments et la mobilité des vertèbres, spécialement des vertèbres cervicales : il faut chercher si la mort n'est pas due à l'introduction d une aiguille dans l'origine de \a moelle.
Benard, Gbaussier, Otlivier (d'Angers) et Béclard prescrivent une incision transversale d'une apophyse mastolde à l'autre, puis une incision unique de la protubérance occipitale interne à la base du sacrum. La première des deux méthodes suivies dans nos hôpitaux difière peu de ce procédé.
Première méthode. Incision unique sur la ligne médiane. — On commence par pratiquer, au moyen d'un gros scalpel, la coupe bitemporale des téguments de la tête conseillée pour l'ouverture du crâne (p. 37).
Perpendiculairement, et sur le milieu de cette coupe, on vient tracer une incision longitudinale qui, du verlex, s'étendra à l'articulation sacro-vertébrale, en passant par le plan médian du corps (1). Puis on dissèque et l'on rabat latéralement les deux lambeaux crâniens; avec la pointe du couteau, on sectionne, en tenant de la main gauche la peau écartée, la masse des muscles existant dans les gouttières vertébrales postérieures de chaque côté, soit dans toute l'étendue du rachis, soit, s'il ne faut enlever qu'une partie de la moelle, dans la région considérée. Les muscles coupés ou détachés aussi exactement que possible jusqu'au niveau des côtes environ, et rejetés latéralement, la surface postérieure des lames des vertèbres est ainsi mise à nu : s'arma nt du rachitome double, on prend le manche vertical dans la main gauche et l'horizontal dans la droite. L'instrument est placé de manière que la série des apophyses épineuses soit, en partie, logée dans l'intervalle séparant les deux lames : il ne reste plus qu'à scier, en appuyant avec assez de force, les lames des vertèbres par un mouvement de va-et-vient alternatif, en prenant soin de ne pas intéresser la moelle et ses méninges. L'habitude est de procéder de bas en haut.
Quand toutes les lames paraissent sciées, — nous supposons qu'on a déjà noté, s'il y a lieu, l'élat et les rapports anormaux des os et de leurs ligaments (mal de Pott, gibbosités, déforma-
(1) Il reste entendu que cette incision pourra être modifiée dan certains cas de lésions traumatiques ou pathologiques des vertèbre (carie, nécrose, ostéite), ainsi que dans le spina-bifida, dans les abcè par congestion de la région vertébrale, etc. (chap. VITI).