INTRODUCTION. XIII
Reuard, Manière de procéder à f'ïuverture des cadavres dans les cas de visite judiciaire, Paris, 1819 (publié avec ia thèse de Lecieui sur l'infanticide). Bon ouvrage, trop souvent copié par ses successeurs.
Dictionnaire abrégé des sciences médicales, 1821 (15 vol.), article Cadavre,
Dictionnaire de médecine et de chirurgie (en 15 vol.), 1829 , article Ouverture (il n*e$t fait mention que du cas médico-Jégal), et article Cadavre (dû à Devergie).
Dictionnaire de médecine de 1833 (en 30 vol.), article Ca» davre, par Ollivier d'Angers, Béclard, Devergie.
Orfila, Traité de médecine légale (t. XI, p. 1-&8 notamment), 1818.
Devergie, Médecine légale, 1863, dernière édition.
Briand et Chaude, Médecine légale, dernière édition, 1863 ( article Examen du cadavre des homicides, p. 360, sq.). Ouvrage devenu classique, bien qu'un peu trop riche en procédure judiciaire.
Gasper, Traité pratique de médecine légale, traduit de l'allemand par Gustave Baillière, 1862 (voyez t. II).
C'est l'ouvrage qui indique les meilleures méthodes d'ouverture, presque identiquement celles que nous suivons dans les hôpitaux : il est regrettable, pour le sujet qui nous occupe, que cette portion soit trop laconique.
Parmi les auteurs d'anatomie pathologique générale, il n'existe, à notre connaissance, que Chomel, qui parle de l'ouverture des corps. La dernière édition de sa Pathologie générale (p. 502, sq.) fournit quelques principes utiles sur l'autopsie cadavérique dans les hôpitaux : tel est le seul passage imprimé que nous connaissions à ce sujet.
C'est, nous l'avons dit, pour avoir ressenti par nous-même les effets fâcheux de cette lacune, que nous croyons pouvoir offrir aux élèves et au public médical le fruit de notre expérience personnelle sur les différentes méthodes suivies dans les divers hôpitaux.
— Actuellement, s'il nous fallait argumenter sur les avantages des autopsies cadavériques, ce serait faire l'apologie et exposer l'utilité de l'anatomie pathologique, ce flambeau de la nosologie, ce guide du diagnostic, comme l'a dit Bayle [Dictionnaire en 60 vol.), utilité vingt fois prouvée par des plumes autrement .autorisées que la nôtre. La nécropsie est en effet l'inséparable instrument de l'anatomie comparée de l'état normal à l'état morbide. Nous renv.oyons aux écrits de Bayle,
XIV IINTRODUCTION.
BaUie(l),Laennec, Dupuytreii, Breschet, Cruveilhier (1 " vol. éeVAnatùmie pathologique, etc.), Louis, Àndral, Bouillaud, Rayer, Carswel, Lobstein, Vogel, Rokitansky, Rayer (2) et autres. « L'anatomie pathologique est une science, et ses lésions sont assujetties à des lois certaines. » (Cruveilhier.) — « C'est la science de l'organisation morbide, de même que Tanatomie physiologique est la science de l'organisation normale. Elle a pour objet l'étude et la détermination de toutes les lésions matérielles dont les êtres organisés sont susceptibles. » (Id., Traité d'anat. path. génér,) — « Les Caractères anatomiques doivent être la base de la détermination des espèces morbides : on les puise dans la conformation extérieure et dans la texture des organes malades. » (Id.,p. 43.) — « Les espèces morbides ne se transforment pas les unes dans les autres. » (id.,p. 51.)
Aujourd'hui, et sans parler de ses autres utilités, notamment pour les notions physiologiques (p. 282, sq.) (3), la nécropsie, critérium du diagnostic, est le contrôle et le complément in-
(1) The morbid, etc., 1793.
(2) Sommaire d'une hist, abrégée de Variât, pathologique. Voyez aussi l'article Anatomie pathologique dans les deux nouveaux Dictionnaires de médecine.
(3) Nous pourrions mentionner quelques-unes des expériences qu'on peut faire sur le cadavre, même avant qu'il soit porté aux amphithéâtres de dissection, par exemple les recherches de M. Villemin (Acad. de méd., 5 décembre 1865), prenant de la matière tuberculeuse dans le poumon pour l'inoculer aux animaux, et montrer qu'elle constitue un virus. Ainsi encore M. Piorry ( Courrier médical, 13 et 18 janvier 1866 ) établit que si le plessimétrisme de l'aorte, avant l'ouverture du corps, donne un son hydrique, c'est que ce gros vaisseau n'est pas vide de liquide, ne contient pas d'air, comme le veut l'ancienne opinion sur la vacuité des artères principales ; le sang ne s'écoule que par l'ouverture préalable du cœur, et nullement si le vaisseau est lié avant cette vacuité relative.
Parmi les erreurs de ce genre que la nécropsie non raisonnée tendrait à faire admettre, et que peut rectifier le plessimétrisme pratiqué pendant la vie, on peut citer : l'état matériel du poumon, la position du cœur, de la rate ; les rapports existant entre les divers organes contenus dans le thorax ou l'abdomen.
Nous sommes heureux d'avoir à constater dès l'abord qu'il existe aussi des écueils dans les données nécroscopiques, et qiï'il ne faut pas toujours se hâter de conclure de la mort à la vie. Par exemple, la coupe d'un muscle vivant est toujours alcaline, le suc musculaire ayant une réaction basique par les sels de soude qu'il contient ; la coupe d'un muscle mort est acide.