APPAREIL DE LA CIRCULATION. S
Arlèrffi. ,
On ouvre les arlères aa moyen de ciseaux très-fins, ou du broDchiotome (Bg. 41), après les avoir disséquées selon les règles ordinaires, mais aussi rapidement que possible et sans ménager, à moins d'utilité, les parties avoisinanles. Il n'y a guère à'aillears que les principaux de ces vaisseaux qui soient généralement examinés, et c'est ainsi que nous venons de parler (p. 84) de8 investigations à faire sur l'aorte. Cependant, règle générale, quand on découvre une hémorrhagie grave dans l'eslo • mac, la cavité abdominale, le crâne, etc., il est bon de rechercher avec soin le vaisseau divisé, quelque petit qu'il soit (1).
i-e garçon d'amphithéâtre exige quelquefois Tautorisalion du Directeur de l'hôpital pour laisser aborder les artères des membres.
Le but qu'on se propose en faisant Texamen nécroscopique des artères chez l'adulte (2), est souvent de chercher s'il y a, soit rétrécissement, soit dilatation de toutes les tuniques [dilatation artérielle^ anévrysme vrai des anciens), soit tumeur circonscrite à l'un des côtés du vaisseau [anévrytme spontané^ pathologique), ou formée par du sang épanché dans les tissus ambiants, mais communiquant avec le vaisseau [anévrysme traumatiqueyartériocellulaire^ sans sac), ou en6n due à une communication anormale entre l'artère et la veine voisine (3) {anévrysme variqueux^ arlériot>««etiac). En cas d'anévrysme, on doit, en oulre, constater l'état de l'ouverture, des caillots, de la poche, les adhérences de l'artère avec les organes voisins, enfin les modifications apportées par la tumeur sanguine dans les vaisseaux ou les tissus environnants.
Dans Vartérite^ les parois du vaisseau sont épaissies, souvent parsemées d'incrustations calcaires (artérite chronique) : la tunique séreuse se montre dépolie, privée d'épithélium, ridée; elle est d'un rouge plus ou moins intense, rougeur qui ne disparaît pas par le lavage, ni même souvent par la macération.
(1) Barthez et Rilliet ont cité une observation de M. Charcellay, dans laquelle une artériole ayant été percée par un lombric, il s'en était suivie une hémorrhagie intestinale mortelle.
(2) Les anévrysmes sont très-rares dans l'enfance.
(3) En général, par suite de la destruction d'une cicatrice réunissant entre eux les deux vaisseaux. M. Richet {Soc. de chirurgie, février 1864) a indique la possibilité de ces anévrysmes par l'action de plaques «itlioromnteuses primitivomont développées sur In séreuse arférielle.
Cette coaleur inflammatoire sera distinguée de la nuance que présente souvent sur le cadavre la tunique interne des artères, par suite d'une imbibition, d'une véritable teinture, opérée par le sang. En effet, quand il n'y a pas artérite : 4° on ne trouve aucune injection vasculaire sur les parties colorées ; 2° la coloration rouge se remarque uniquement dans les portions du vaisseau qui sont en contact avec le sang; 3° elle est disposée par bandes, entre lesquelles le vaisseau conserve sa nuance normale ; 4° elle s'observe plus fréquemment Tété que Thiver, par un temps humide que par un temps sec ; 5° elle se montre plus marquée et plus générale, si la décomposition est avancée.
On ouvre enfin les artères, soit quand on y soupçonne des ulcérations produites perdes abcès circonvoisins, une obstruction due au développement de tumeurs environnantes, des embolies (chap. VII) , des concrétions calcaires (artères de la base du crâne, poplitée, hypogastrique, etc.), ou athéromateuses ; soit pour chercher les lésions vasculaires ayant déterminé la gangrène spontanée, le mal perforant du pied (4) ; enfin pour apprécier les conséquences d'une ligature, d'une compression prolongée pendant la vie, l'étendue de la virole fibrineuse dure et solide formée, la dilatation des collatérales, etc.
11 est rare qu'on ait, dans nos hôpitaux, à injecter les artères avec une matière colorée et coagulable, comme il arriverait cependant si l'on tenait à apprécier leurs rapports nouveaux, leur diamètre exact, leur oblitération, leur perforation, le développement d'une circulation collatérale. — Nous parlerons, dans notre Troisième Partie, des injections artérielles : on consultera également, sur l'injection des artères, VÀnatomie de Marjolin (t. I, p. 281, sq.) et celle de M. Sappey.