APPAEEIL DE LA CIRCULATION
La dilatation variqueuse non phlegmasique des lymphatiques D'est guère connue que par les travaux de Breschet, e( l*oi] s'occope trop rarement aussi des dégénérescences tuberculeuse, calcaire, cancéreuse, que peuvent présenter ces vaisseaux. Enfin, les maladies du canal thoracique et du réservoir de Pecquet sont entièrement à établir : on ne porte pas assez Fattention sur ces organes comme sur leurs canaux afférents.
GaDfflIoni lympItaUqaci.
Les ganglions lymphatiques peuvent se montrer simplement hypertrophiés (certaines phthisies, syphilis secondaire et tertiaire, fièvre typhoïde, morve, etc.) : c'est le cas souvent pour les ganglions axillaires, cervicaux et bronchiques (ceux qui se trouvent à la racine du poumon notamment), et pour ceux qui loDgent la trachée, le mésentère, le rachis. Ils sont, dans ce cas, moIlasse<3, tassés les uns sur les autres, friables ; à la coupe, on les trouve blancs ou tachetés de blanc et de rouge. Le tissu cellulaire environnant est souvent congestionné. L'hypertrophie peut d'ailleurs s'accompagner d'induration , comme dans l'induration syphilitique des ganglions.
11 est souvent utile d'examiner les ganglions sur un sujet présentant des ganglionites ou adénites, aiguës ou chroniques. Dans cette inflammation, on trouve l'organe tuméSé, dur parfois comme du cartilage, rouge à la coupe {induration, premier degré de l'inflammation), ou bien friable (ramollissement], ou enfin détruit par une suppuration soit Hmitée, soit diffuse (troisième degré de l'inflammation). Selon ces différents états, la surface incisée parait piquetée de points gris, jaunes ou blancs, — ces derniers, indices de petits foyers purulents; — le ganglion, qui affecte souvent la consistance de la rate, se laisse facilement déchirer ou écraser. Il peut avoir contracté des adhérences anormales avec les organes voisins ; les abcès dont il est le siège se seront ouverts, d autres fois, dans l'œsophage, la trachée, etc.
Les ganglions mésentériques se montrent également suppures et presque diffluents chez certains sujets morts de dysenterie, de fièvre typhoïde, de phlegmalia alba do/ms, de morve : ils sont gorgés d*un sang noir, parfois ulcérés et gangrenés dans les maladies charbonneuses. Dans la peste, leur inflammation est un des principaux symptômes anatomiques : ils sont alors ramollis 6t pénétrés de petits foyers de suppuration.
Nous n'insisterons pas sur les bubons inflammatoires et syphilitiques.
Nous parlerons plus loin (p, 4 1 0) de l'adénite mésentérique, conséquence des altérations des plaques de Peyer, dans'la fièvre typhoïde : nous avons déjà résumé (p. 61 et 62) les lésions des ganglions Ihoraciqucs et de ceux qui existent à la bifurcation de la trachée.
Souvent on aura à constater, dans les glandes lymphatiques, une infiltration et une dégénérescence tuberculeuses (ganglions thoraciques ou abdominaux) : on les trouve considérablement tuméfiés, adhérents au tissu cellulaire ambiant, comprimanl les organes voisins, et contenant une substance crétacée ou bien caséeuse, purulente. C'est ainsi que se présentent les ganglions bronchiques chez les phthisiques : le carreau n'est autre chose que la dégénérescence tuberculeuse des ganglions mésentérique s, gros alors comme un marron, creux, ramollis, parfois indurés. 11 faudrait noter, dans ce dernier cas, les adhérences possibles avec le péritoine et les ulcérations de Tentérite tuberculeuse.
La dégénérescence cancéreuse des ganglions n'est pas rare, surtout consécutivement, chez les sujets morts d*un cancer siégeant dans les organes dont les ganglions reçoivent les lymphatiques '. tel est le cas des ganglions du bassin ou de l'aisselle chez les femmes atteintes d'une affection carcinomateuse de Tutérus ou des mamelles. — On a vu quelquefois des gommes syphilitiques dans les ganglions entourant les bronches et la bifurcation de la trachée.
Quatre autres dégénérescences ont été signalées dans les ganglions : infiltration calcaire, infiltration mélanique .(ou accumulation de matières pigmentaires), infiltration d'épithélium (épithélioma des ganglions), altération des vésicules closes constituant ce que MM. Robin et Littré ont nommé sympexion, transformation qui nous arrêtera quelque peu au paragraphe consacrée la rate (chap. III). MM. Robin et Leplay (1 ) ont vu des ganglions bronchiques, atteints de cette dernière affection, gros comme le poing, jaune rose, d'une consistance de cire. M. Robin a trouvé également cette altération sur les ganglions situés le long des vaisseaux iliaques primitifs.
(1) Bull. Soc. anat., 1855.