‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériquesChapitre 72 sur 84 · PRÉPARATION DES NERFS GRAIOENS · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DES NERFS GRAIOENS

l'acide chromique, qui colore en jaune les matières albuminoîdes, et isole, comme le sublimé corrosif^ le cylindre-axe d'avec la myéline; la solution d'iode dans Veau contenant de l'iodure de potassium; le soluté ammoniacal de carmin (p. 4^18), gui fait ressortir le cylinder axis et ne colore pas la myéline^ matière qui prend par contre l'aspect amorphe et grenu dans les pièces préparées au baume de Canada (Mauthner^ de Vienne, prétend que la cochenille colore différemment le noyau des cellules motrices et des sensitives); la fuchsine dissoute dans la glycérine et teignant en lie de vin le cylindre-axe (p. 437) ; la préparation alcoolique d'aniline, qui fait virer au bleu.

Quant aux agents chimiques employés pour aider la dilacération à l'aiguille, ce sont les acides sulfurique concentré, azotique, acétique, les alcalis, le sublimé et l'alcool. Par le premier, les tubes et les

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Tranchoir de Strauss, avec manche d'ébëne.

cellules se gonflent ; celles-ci deviennent transparentes, leurs noyaux disparaissent; ceux-là se montrent variqueux (fîg. 95, b ), plus volumineux et se colorent en jaune, puis en brun. L'acide nitrique, déjà mentionné page 437, note 3, rétracte la paroi des globules et des tubes, en chasse la myéline, sans attaquer le cylindre-axe. L'acide acétique gonfle les éléments lamineux, les transforme en gelée. La potasse et la soude gonflent et pâlissent les éléments ganglionnaires ; le sublimé et l'alcool durcissent l'enveloppe des éléments nerveux et rétractent le contenu.

On a signalé, dans les ganglions des nerfs crâniens affectés à la sensibilité générale (ganglion de Gasser, etc.), des corps amyloïdes, des productions cancéreuses, etc. ; mais ces lésions sont peu connues encore.

Pour ce qui est des nerfs eux-mêmes, ils peuvent être tous ou à peu près simultanément affectés. Témoin Tobservation précitée de Virchow et celle de M. Nélaton (1). Dans cette abolition graduelle de la cx)ordination des mouvements accompagnée de divers troubles de la sensibilité et de l'intelligence,

(1) Bulletins de la Société anatomique, 1833. Il s*agit d'un homme ayant perdu progressivement tous les sens : à la nécropsie, ou constate des petites tumeurs de 2 à 3 millimètres de diamètre à l'origine de la plupart des nerfs encéphaliques.

446 SPLANGHMOXOlflE ET EXAMEN DES ORGANES.

que Boas esquissions plus haut (p. 435] sous le nom d^atasâe locomotrice progreBsive^ presque tous les nerfs crâniens sont attaqués, œdématiés, fragiles, atrophiés, gris (pages 4 43 et 44 8) , bien que la lésion porte plus fatalement sur loptique, puisque Tamaurose est ici permanente, alors que le strabisme, la diplopie, la paralysie de la paupière supérieure, l'embarras de la parole peuvent se montrer temporairement. On a noté chez les ataxiques la dégénérescence grise du grand hypoglosse (obs. 200 de Topinard, lac. cit,)y des moteurs oculaires externe et commun, du pathétique (obs. 490). Le microscope a montré rolfactif, sain à Toail nu, criblé de corps amyloïdes (obs. 300). H serait bon, pour ce nerf, de regarder les extrémités périphériques, alors qu'on se contente généralement d*examiner le bout central : en effet, ces lésions, qui se développent sur place dans le nerf, laissent longtemps intacte l'insertion médullaire. Le facial, Fanditif, le trijumeau, le glosso* pharyngien, le spinal, présentent sans doute aussi des altérations, puisqu'ils offrent des troubles fonctionnels sur le vivant.

Les nerfs qui naissent, soit de la base du cerveau, soit da bulbe, peuvent être rompus traumatiquement, plus ou moins altérés dès leur origine, atrophiés (atrophie des principaux nerfs delà base crânienne dans la paralysie générale progressive, Tataxie locomotrice progressive, etc., et p. 357, note 2), réduits à leur névrilème, atteints dMnQammalion de cette enveloppe (névrite rhumatismale), ramollis surtout à leur émergence, comprimés vers leur point de départ par des exostoses ou des tumeurs (4 ), siège eux-mêmes de tumeurs ou névromes analogues à ceux des nerfs rachidiens (2), absents congénilalement, etc. Ainsi, Schneider, Haller, Valentin, Rosen-Miiller, Cerreti, Pressât, ont constaté, sur des individus privés d*odorat depois leur enfance, l'absence congénitale de la première paire (3) : la

(1) Les nerfs peuvent au reste traverser intacts des parties enflammées ou dégénérées, à cause de la résistance et du peu de vitalité de leur névrilème.

(2) Voyez Journ. cTanat. de M. Robin, mars 1864, mémoire de M. Goriiil sur les névromes encéphaloïdes ou tumeurs épithéliales des nerfs : productions d'alvéoles cancéreux visibles à Toeil avec leurs papilles vasculaires (cylindroma), aux dépens du névrilème et du périnèvre. Sur les névromes en général, voyez Anat. pathol. gén, de Gruveilhier, t. III, p. 753, sq. : ce sont le plus souvent des tumeurs fibreuses ou flbro-plastiques dissociant et comprimant les filets nerveux.

(3) Il y a alors anosmie congénilàlei Oïl a vu de même le nerf auditif

NSRF FACIAL. Mil

destruction ou la compression de ces nerfs expliqueraient rabolition de ladile faculté : ainsi Tobserve-t-on assez souvent dans les amauroses cérébrales (p. 449). De même, les oculo-moleurs présenteront parfois leurs tubes parsemés de granulations grisâtres ou n'offrant plus leur double contour normal, les muscles qu'ils animent auront perdu leur coloration rouge. Nous allons prendre, comme principal exemple, le facial , Toptique, le pneumogaslrique ou vague, par cela seul qu'ils ont été l'objet d'observations intéressantes. Quant au grand sympathique, nous en renvoyons Tétude à la fin de ce paragraphe Vil, comme appendice.

Facial. — Les lésions de la septième paire sont importantes à constater dans beaucoup de cas de paralysie faciale, rapportés tous indislinctement à une altération matérielle de la pulpe encéphalique avant là découverte des fonctions du facial par Ch. Bell. Elles siègent principalement, soit sur le trajet du nerf dans le bulbe (i) ou dans Taqueduc de Fallope, soit à sa sortie par le trou stylo-mastoïdien (voyez § du Rocher),

Une tumeur de nature dite tuberculeuse ou autre, développée dans le cerveau, est également susceptible (2) de comprimer le nerf à son origine , avant son entrée dans Taqueduc, et d'entraîner ainsi une hémiplégie faciale (voyez aussi § du Rocher),

Nerf optique. — De tous les nerfs crâniens, c'est la seconde

manquer chez les sourds-muets de naissance (Nuhn^ Dissertatio de vitiis quœ surdo-muti subesse soient, Heidelberg, 1841). — Les anomalies des nerfs se lient presque toujours à des malformations congénitales. Ainsi le cas de MM. Robin et Dayaine {Soc. de bioL, 1849) : monstre rhinocéphale^ deux yeux dans une seule orbite, un seul nerf optique^ un lobe cérébral unique au lieu de deux hémisphères^ pas de mâchoire inférieure ni de langue.

(1) Le facial tire son origine apparente de la partie la plus externe de la fossette sus-olivaire (p.432, note 2)^ en dedans du nerf acoustique. Pour trouver le facial dans l'aqueduc^ il faut fendre le rocher avec la gouge (flg. 30-33) et le marteau (fig. 34); un moyen plus commode, mais plus long, consiste à faire macérer l'os dans l'acide azotique étendu. Toutes ces préparations sont fort difficiles et délicates : la mise à nu de la corde du tympan demande une macération de plusieurs mois, qu'on abrégerait d'ailleurs en introduisant un tube dans la carotide interne et en faisant tomber d'une certaine hauteur de l'acide azotique dilué.

(2) Voyez notamment H. Roger^ Gazette des hôpitaux, *1 mai i

&A8 SPtANCHNOTOMIE BT EXAMEN DES ORGANES.

paire qui est le plus constamment lésée dans Tataxie locomotrice progressive (4 0 cas sur 42, d'après Topinard, p. 326), et, dès la première période, on note déjà l'amblyopie, qui deviendra bientôt amaurose. Le travail morbide décrit page 435, et dont les trots phases sont ici encore, déformation, dissociation, transformation grise (régression), commence même souvent par ce nerf avant de se déclarer dans les cordons postérieurs, puis dans les racines postérieures. Lenerf est vascularisé, ramolli, atrophié, transformé en cordon fibreux. A la coupe, il se montre gris, semitransparent, surtout à la périphérie. Il y a hypergenèse de la matière amorphe (dite tissu conjonclifoxï lamineux, p. 436) séparant les tubes nerveux, et abondance de corps amyloîdes (état cirrbotiquedes Allemands, p. 24 4, et Addenda de p. 435). La lésion commence à la papille, gagne la rétine, et marche alors vers le chiasma, sans dépasser généralement les bandelettes optiques : il y a simplement hypérémie des tubercules quadrijuineanx (4). Pour constater ces lésions, on peut, comme le conseille à propos de la moelle M. Bouchard (2), faire macérer le nerf quelques semaines dans Tacide chromique étendu, pratiquer des coupes perpendiculaires à Taxe, et verser sur les surfaces de section quelques gouttes d'une solution ammoniacale de carmin. Presque immédiatement les parties sclérosées se teignent en beau violet, les saines conservant leur teinte première. Enfin, sur les segments durcis, on enlève de minces lamelles qui, examinées dans la glycérine, même à un faible grossissement, montrent en clair les parties malades, avec des points opaques là où les tubes n'ont pas été détruits encore. On plonge ensuite les préparations dans le baume de Canada.

Quant aux bandelettes optiques (fîg. 94, n^ 44,80, et p. 454), elles peuvent être comprimées, dissociées, ramollies. Le nerf optique apparaît dans quelques cas injecté à sa surface (3), gris rosé, jaune d'or, coloration que nous avons constatée une fois sur le nerf olfactif. Il sera, chez d'autres sujets, ramolli, des corps genouillés (fig. 4 04, d) jusqu'à son entréedans l'orbite; ou bien, sur une étendue plus ou moins grande de son parcours, il se montrera ratatiné, presque réduit à son névrilème par la disparition de la pulpe intérieure, aplati sous la compression exercée

(1) Bourdon, Ataxie locomotrice , 1863.

(2) Joum, de méd. de Lyon, nov. 1864.

(3) Gayet, Joum. de méd. de Lyon, févr. 1865 : amaurose* par méningite, rougeur des deux nerfs depuis leur entrée dans l'orbite jusqu'à la rétine.

NERF OPTIQUE. UMi

par quelques petites granulations grises, grosses comme des pois, de nature encépbaloïde ou (p. 396) tuberculeuse (p. 400, note 4 ) (4 ], atteint lui-même de tumeur, par exemple de myxomes (cellules très-grandes, claires, à noyau rond, dispersées dans un tissu gélatineux), de tumeurs cancéreuses ou mélanoliques (p. 4 44 , note 4) implantées sur sa gaine, etc. Les altérations histologiques peuvent porter sur ses éléments nerveux ou sur son tissu cellulaire interstitiel : d'où la variété des amauroses avec la lésion et la cause; d'où également les faits d*altération évidente des nerfs optiques sans amaurose (Duménil, Charcot, Vulpian), et d*amaurose complète avec lésions du nerf paraissant insuffisantes, par cela que, dans le premier cas, les couches périphériques sont uniquement atteintes et que le centre est seul altéré dans le second. C'est principalement dans Vamblyopie (affaiblissement de la vision) et Tamaurose (perte complète) cérébrales (symptomatiques de lésions du nerf optique ou du cerveau, du delirium tremens^ parfois aussi produites par les narcotiques, peut-être par Tabus du tabac à fumer, bien que Carter et Huber nient cette étiologie, etc.), que la deuxième paire s'est montrée atrophiée, ramollie, convertie en une matière jaune, quelquefois transparente et assez analogue à de la gelée de pomme ("2). Au

(1) Pour de Graefe, la névro-rétinite compliquant les tumeurs cérébrales esf due à la compression du sinus caverneux, d'où amaurose par gêne de circulation dans les veines rétiniennes. Cette hypérémie mécanique parait produire également Tinflammation de la papille. M. Bouchut admet aussi que^ dans les maladies du cerveau ou des méninges^ tout obstacle à la circulation sanguine empêche le sang noir de l'œil de revenir au sinus caverneux : d'où lésions de circulation, de sécrétion et de nutrition constituant une nouvelle sémiotique des maladies de l'encéphale, dont nous parlerons plus loin et qui tend à permettre de voir à travers l'œil certains états pathologiques du cerveau comme à faire enfin rentrer l'étude des maladies de TomI dans la pathologie proprement dite. — On lira avec intérêt l'examen nécropsique de l'œil fait par M. Derby dans un cas de névro-rétinite (Boston med, and. surg. Journal, vol. LXXII, p. 21); le cas d'amaurose par tumeur de la base du crâne, rapporté dans le Med, Times and Gaz., 1865, p. 626 ; le fait d'amaurose par néoplasme tuberculeux du pont de Varole et des tubercules quadrijumeaux, relaté dans Klinische Monatsblâtter fur Augenheilkunde , 1865, p. 159-164; celui du Journal de médecine de Lyon^ janvier 1866 (fille aveugle de naissance, tumeur par myélocytes sur le plancher du troisième ventricule; chiasma détruit, nerf optique dégénéré).

(2) On trouvera une observation de ce genre dans les Bulletins de la Société anatomique, 1853. Nous rappellerons surtout le mémoir

kSO SPLANGHNOTOMIE ET £XAli£N DES ORGANES.

microscope, on a va (Lancereaux) répaississement de sa iram^ conjonctive, l'adhérence de son névrilème à la palpe, ses tubes, granoleox et friables, remplacés par des grannlatioDS longitodinalement disposées ; ou bien les bandelettes optiques, se déchirant sons la plus faible traction, présentaient des globolei granuleux^ des fibres nerveoses petites, brisées pour la plopart. Par les corps genouillés (4), le nerf optique est en relatloo avec les tubercules quadrijumeaux, qui sont ses noyaux d*origiii!

de M. Lancereaux (1864) : De ramaurose liée à la dégénérescem \ des nerfs optiques dans les cas d'altération des hémisphères cérébraux [Archives générales de méd., 1864). Il montre que Tamaurose se rattache à des lésions organiques de Tappareil optique orbitairt (papille petite, vaisseaux papillaires disparus^ etc.) et cérébral. II établit la coexistence de Tamaurose avec des kystes dans les ]obe< antérieurs^ les corps striés^ les couches optiques^ avec l'atrophie consécutive des corps genouillés, des tubercules quadrijumeaui^ de< bandelettes et nerfs optiques^ du pédoncule cérébral et de la protubérance (sur le même côté que rhémisphèrc lésé)^ enfin du faisceau médullaire antéro-latéral (sur le côté opposé) : au microscope, diminution du volume, avec état régressif (granuleux) de Télément nenew et exubérance de la trame conjonctive.

(1) M. Longet a montré que chaque nerf optique prend naissaocf par trois racines, une grise (ûg. 80, n<* 15), et deux blanches distinctes, i provenant des corps genouillés, petits tubercules situés sur la fan inférieure de la couche optique. De ces deux dernières, Tune, externe, vient du corps genouillé externe ; l'autre, interne, plus grêle, part du corps genouillé interne. Les racines blanches se réunissent ensuite pour former la bandelette optique (fig. 80), — ruban aplati, blanchâtre, contournant le pédoncule cérébral qui lui envoie des filets de renforcement, et venant concourir avec la bandelette opposée, au devant du tuber cinereum, au bas du plancher antérieur du troisième ventricule, pour former le chiasma. Dans cette dernière commissure quadrilatère, les fibres de chaque bandelette se divisent en deui moitiés (Wollaston, Béclard) : l'une, externe, se rendant directemeDt à la partie externe de la papille et de la rétine dans l'œil con^spo»dant ; l'autre, interne, allant, après l'entrecroisement, à la partie interne de l'œil opposé. La décussation, qui rappelle tout à fait celle des pyramides, n'est donc que partielle, n'ayant lieu que poar les faisceaux internes (ûg. 101, c). Une affection siégeant dans le corps genouillé externe d'un côté n'atteindra dès lors que l'œil du même côté^ et seulement même la partie externe de la rétine et de la papille, en sorte que le champ visuel sera restreint en dedans. L'entrecroisement explique cependant l'action croisée des tubercules quadr^umeaux. — Vésale, Valsalva, Lœsel, disent que les nerfs optiques ne s'entrecroisent pas chez les sujets doués d'une excellente vue.

MKRF OPTIQUE. 451

et dont il n*est que le condocteor (4). Noos avons va que les

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a. Fibres externes du nerf optique et de la rétine provenant Je lliémisphère

pondant. — 6. Fibres internes, issues de lliémisphère oppn«é. — e. Chiasma, arec indication de la direction des fibres. — d. Clorps çcnnnillé interne. — e. L'externe.

— f. Tubercules quadrijumeaux postérieurs (re»/e»). — g. Les antérieurs {natet).

— \, Structure des tubercules testes : noyau rond, gris rougefttre, plus solide qiM> la substance blanche corticale. — 2. Noyau gris du tubercule antérieur, oblong. ^

3. Partie grise servant de communication entre les tubercules du cùté opposé. ^

4. Bandelette blanche isolant cette partie grise d'avec les noyaux. An-dessoiu àf la partie grise 4, on voit des stries blanches parallèles, qui sont la contiooatioB du processus eerebelli ad testes. — h. Artère carotide interne, origine des vaisaeanx cérébraux de la papille. — i. Cérébrale moyenne ou sylvienne (p. 893). — k. Coaunnnicante postérieure. — l. Branche allant de la cérébrale moyenne t à la bandeletU» optique. — nt. Points où pénètrent dans les bandelettes optiques, an niveau do boni postérieur des pédoncules cérébraux, quatre vaisseaux oui séparent ainsi les corps genonillés d'avec les bandelettes optiques : deux sont oes artères et proviennent du plexus choroîdien (2).

(1) Le corps genouillé externe reçoit un faisceau de fibres du tubercule antérieur, l'interne du postérieur ; si bien qu'en accouplant la première lettre de ces quatre mots, on a A.E., P.I., comme pour les ligaments croisés du genou, moyeu mnémonique pour se rappeler quel tubercule fournit à tel ou tel corps genouillé.

(2) La figure 115 est extraite des Maladies de In rétinp de M. Gale-

452 SPLANGRNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGANBS.

Iroobles de ces organes centraux de la vision entraînent i cécité croisée (4). L'amaurose peut de même coïncider aTec!ei lésions des corps pituitaire (hypertrophie et cancer, Rayer page 364) et pinéal (page 376], — sans doute quand il y compression des bandelettes optiques sur les os da crâne. comme aussi avec les affections du cervelet (page 34 4, note * de la protubérance (Lebert, Calmeil, Gubler, Barth, Friedrid Ladame], des pédoncules cérébraux, à cause du voisinage àeib organes et des tubercules quadrijumeaux, par inflammation codsécutive. La même compression des nerfs optiques explique \k cécité dans les tumeurs quelconques de Tencéphale ou de la bolir crânienne (fongueuses, syphilitiques, mélanotiques, fibro-plastiques et cancéreuses, kystiques ; caillots sanguins ; tumeurs di rocher, de Tapophyse basilaire, de la selle turcique, collectiosi de pus dans l'espace sous-arachnoïdien antérieur, transformation fibreuse de la dure-mère à ce niveau) (voyez page 45 i).

L*alrophie des corps genouillés entraîne généralement cel> des nerfs optiques (2), mais Tune et l'autre paraissent indépendantes des désordres isolés des couches optiques (p. 288) : celles-c; pourraient seulement propager leur altération, surtout quand eKe est superficielle et postérieure (cas de J. Hunter jeune, d'Ëisemann, de Beck), jusqu'aux bandelettes optiques, appuyées sa: leur face inférieure (3).

xowski, 1863 ; celle-ci l'est des Altérations du nerf optique, ^\( même auteur.

(1) Page 314. Magendie, Flourens, Serres, Lelut. M. Jobert {Étudf sur le système nerveux, 1838) cite aussi des cas de cécité par compression de ces tubercules.

(2) L'existence d'un centre gris dans les corps genouillés (centit qui est un amas de cellules multipolaires avec lequel se combineot la majorité des fibres optiques) et bien des considérations pathologique^ feraient penser que ces renflements ont une action active sur la vision.

(3) On a voulu, d'après Gratiolet {Acad. des se, 1854), donnerai! nerf optique une troisième racine, venant de Técorce blanche du thalamus opticus, et se propageant jusqu'aux circonvolutions du lobe postérieur où s'opérerait la perception de l'impression lumineuse. Mais cette hypothèse n'a pu encore être vérifiée anatomiquement : les apoplexies, par cela qu'elles siègent généralement dans la substance grise, n'entraînent le plus souvent pas l'amblyopie ou l'amaurose ; il en est dr même pour le corps strié et le centre de la couche optique. La raajoritt des auteurs admet que les bandelettes optiques s'accolent aux couche? optiques sans entrer en relation avec elles, et se perdent dans la substance grise des nates (cependant, dans sa Physiologie, Power prétend les suivre

La symplomatologie et les observations faites à lophtbal- Tioscope mettront souvent sur la voie des recherches nécropsiques i tenter sar ToBil. Depuis même que de Graefe (1) a montré, il y t six ans, les rapports des tumeurs cérébrales avec certaines altérations de la rétine , depuis les travaux de Siellwag , 5chneller (2), Jackson (3), Bouchut (4), Galezowski (6), Gillet

-lusque dans les couches optiques). — Pour Waller, la rétine serait le :entre trophique du nerf de la deuxième paire.

(1) Ueber Complication von Sehnervenentzûndung (Archiv fur ■Augenheilkunde, 1860,111, 70, et Gazette hebdom,,iS60f oct., p. 707).

(2) Beitr. zur Kenntniss der ophthalm, Befunde hei extraocularen Amblyopien tind Amaurosen {Arch. fur Augenheiik., 1860, Ilî, 70).

(3) Klinische Bemerkungen ûber Gesichtsstôrungen bei Krankheiten des Nervensystems {Med. Times and Gazette^ 1864, n° 722).

.-' (4) Ouvrages cites à notre page 466, note 2.

(5) Thèse, Études ophthalmoscopiques sur les altérations du nerf '.optique et sur les maladies cérébrales dont elles dépendent , 1865, -II® 239, publiée à nouveau en 1866. — Seuls de ceux de l'œil, les .'vaisseaux de la papille appartiennent au système circulatoire de l'en- ■ ' céphale : M. Galezowski a montré que ces capillaires ne se relient pas 'tous aux vaisseaux ophthalmiques j une partie, la plus fine, celle qui donne une teinte rosée à la papille normale, vient du cerveau et con- '"'•stitue avec la pie-mère un réseau vasculair ceontinu (Galezowski, 'iAcad. des se, 11 décembre 1865). L'existence de ces vaisseaux , [ cérébraux de la papille explique pourquoi l'atrophie de ceUe-ci et du nerf optique (par affections cérébrales) laisse intactes l'artère et la veine centrales, tout en faisant disparaître le réseau capillaire ; pourquoi les tumeurs cérébrales agissent de même, en produisant un développement exagéré des capillaires; comment les vaisseaux centraux peuvent s'atrophier et même disparaître (par exemple dans l'atrophie papillaire par rétinite pigmentaire et dans les affections oculaires non " cérébrales), sans que la papille perde sa teinte rosée. M. Galezowski conclut, à l'ophthalmoscope, qu'il y a atrophie des vaisseaux des ban- ^ delettes optiques, quand la papille est atrophiée ; ramollissement rouge ' du cerveau ou tumeur, si le nerf optique présente un développement ^ considérable des vaisseaux capillaires. Mais il ne faudrait pas croire ^' que dans aucune affection de l'encéphale, l'ophthalmoscope ne saurait passer muet : M. Galezowski elle des faits de périencéphalite ' chronique (paralysie générale progressive) où la vue est restée intacte ; ' c'est presque la règle dans l'hémorrhagie cérébrale ; les congestions * chroniques déterminent seules des congestions papillaires, les aiguës ' peuvent amener la cécité sans désordres à la papille. Les données de ' l'ophthalmoscope ne sont pas pathognomoniques ; elles complètent ' seulement les autres symptômes , mais elles n'accompagnent pas fatalement toute maladie cérébrale (voyez aussi plus loin, note 2 de la page 466).

USU SPLANCHNOTOMiE ET EXAMEN DES ORGANES.

de Grammoiit, Meonier (4), quelques maladies cérébrales peovonl être (doctrine dite cérébroscopique, par M. Bouchai) diagnostiquées pendant la vie, grâce à l'état de la vascularîsation i capillaire da nerf optique, c'est-à-dire de la papille. Cette éma- 1 nation directe du cerveau, la seule que nous puissions contempler I sur le vivant, est susceptible de présenter des altérations iden- I tiques avec celles de la substance nerveuse et nous permettante ! reconnaître le siège, l'espèce, la période des processus intracràniens produisant les troubles visuels. Ainsi la névrite optique (œdème inflammatoire de la papille, avec artères rétrécies,veiiie5 dilatées et flexueuses) est regardée par presque tous les auteurs ' comme constante dans les tumeurs de Tencéphale (p. 449, notel); i elle a d'ailleurs été constatée également avec l'encéphalite et | l'encéphalo-méningite (2), avec l'apoplexie siégeant prés de | Torigine des nerfs optiques, dans les tumeurs comprimant Je nerf i au sein même de l'orbite, ou avoisinant le cbiasma, ou qoi \ aplatissent tout un hémisphère cérébral (tumeurs et hyperlro- i phies de la glande pituitaire, page 452 \ tumeurs du rocher et de l'apophyse basilaire ; tumeurs du cervelet, soit voisines des pédoncules supéiieurs, soit ayant atteint les procesius cer^lU od lestes ou les(esttf«). — - Voyez les 6gures 402, f03, 142, 413, 445, 446^147.

(1) J. E. Meunier^ De Vatrophie des nerfs et des papiHes opiiqm j dans ses rapports avec les maladies du cerveau, thèse de Paris, 1865.

(2) M. Bouchut {Union médicale, 1866, p. 7 et 8) en cite un cas ' soigneusement étudié chez une enfant. A l'ophlbalmoscope, sur les | deux yeux, papille masquée par une infiltration gris perle (fig. 3 de , M. B., saoB légende ici); dans cette gangue se perdent les veines devenues flexueuses. Les artères ne sont pas apparentes* A l'autopsk ' cadavérique, pie-mère de la convexité rouge-livide ; veines méningées pleines de sang liquide, comme les sinus. Iiyection de la substance | corticale dont la surface est villeuse, après l'ablation de la pie-mère. Nerfs optiques, en avant du chiasma, canaliculés au centre et entourés d'une substance blanche. A la loupe, la papille est presque invisible; près d'elle, une saillie jaunâtre, formée par la macià hypertrophiée, du volume d'un grain de blé. Au microscope (d'après M» Gornil), en étalant sur une lame de verre la plaque ovoïde^ jaune et saillante, de chaque rétine, à 200 diamètres, on voit des granulations graisseuses réunies dans une enveloppe commune ou sans enveloppe, avec lacis de capillaires très-serrés (comme à l'état normal), et parties jaunes, finement pigmentées, provenant d'épanchements sanguins. Les bâtonnets sont granuleux et déformés (modification cadavérique) et la rétine a sa structure normale. Dans le nerf optique, la Eone centrale jaune^ observée à l'œil nu^ ofiûre une simple congestion.

NtElf OPllQUt. 455

On devrait ici, — comme dans i'amaarose, 1* urémie (amaurose par rélinile hémorrhagique chez les urémiqaes, p. 403, noie 4), la leucémie (p. 4 37, note 4), et en générai chaque fois que des désordres graves ont été constatés dans la vision, — enlever

FiG. 102.

Examen à l'ophtholmoscope de l*œil d*ane enfant de quatre an* atleinU; A^-nti-iAïaYt^H chronique partielle avec atrophie delliémisphère çan<rhe, hémipl^trii» droiv-, t-uvnUtfhsèment du nerf optique par le ti»»u conjomrtif (ooyanx embryopfMtiqiu;»! infiltration jçranuleuse de la papille (d'après M. Bouchât, Cas «fe« A/îy/i/., 3l juilla iHftd),

— P. PM)ille à demi voilée par l'inûltration, — 1. Infillratiou jçranijlo-jfrainjMîim*;' cachant la partie supérieure de la papille. — V. Veines de la rétiii»'. — V. l>» veines interrompues par l'infiltration. — A. Artirreda ninf ojrtiqne i'H\hU rétintt.

— R. GranuhiUon graissense miliaire. Ces lésions ont été confirmâmes f»«r ['t!%»nt*'tt microscopique de M. Ordofiez.

Vœil par la voûte orbitaire, pour voir au microscope la papille ou les divers éléments des couches rétiniennes (mal délimilées, rendus opaques par des granulations solubles dans la glycérine

additionnée d'acide acétique, etc.), ou vérifier (4) delà sorte les données ophlhaimoscopiques : papille blanche ou injectée, à contours effacés ; infiltration séreuse de' la papille, sa congestion dans les affections du cœur et les congestions cérébrales ; apoplexie rétinienne, uniocolaire, artérielle, ou, plus souvent, veineuse ; infiltration pigmentaire ou rétine tigréie, avec stries

FiG. 103.

Examen ojththalmoscopique d'une apoplexie de la papille et de la rétine (2). — La papille est atrophiée, blanche, avec son centre grisâtre : les vaisseaux centraux sodI sensil>lement diminués de volume. Dans la partie supérieure et ext<-rn^ (image renversée), on voit un épanchement de sang A, sur le trajet de l'artère, et à côté une tache exsudativè. A partir de cette tache apparaît un vaisseau blanc R qui a la forme, la direction et le volume d'une artère ramifiée ; c'est une artère atrophiée. - G. Artère saine sur le reste de la figure. — D. Veines saines.

noires vers Vora serrato; décollement de la rétine; choroïdite, cholesteritis, etc. Combien d'obscurités et d'incertitudes disparaîtront ainsi par les études nécropsiques et ophthalmoscopiqoes combinées avec soin et persévérance.

On pourrait en outre constater, par cet examen direct de Tœil, si les veines ophthalmiques sont enflammées, contiennent

(1) Cette vérification demande souvent grand soin : sur le cadavre il est plus difficile qu*à l'ophlbalmoscope de retrouver une tache apoplectique de petite dimension.

(2) Galezowski, Observations sur les maladies des yeux^ 1862.

tfERP OPTIQUE ET ORIL. &57

un mélange de pseudo-pus (page 393) et de sang coagulé (phlébite de ces veines dans les furoncles de la face, les abcès da rocher, la méningite granuleuse, susceptible de se poursuivre jusqu'aux sinus caverneux, page 340); si le tissu cellulegraisseux des orbites est infiltré de sérosité, de cancer; s'il y a exoslose , tumeur érectite . abcès , anévrysme de l'orbite {^ ); quelle était la cause de l'exophthalmie (2) , de l'aman-

Fi6. 104.

Fragment de la choroïde normale^ vu à un grossissement modéré. — a. Lames de pigment ressemblant à un épitbélium ; elles sont en partie détachées et enroulées. — 6. Membrane myschienne ou chorio-capillaire ou des vaisseaux choroïdieus. — c. Les gros vaisseaux de la choroïde (artères et veines ciliaires) résidant dans le tissu conjottctif pigmenté, ainsi que les nerfs ciliaires. — d, La lamina fusca des auteurs (3).

(1^ Dupont (thèse, 1865, n° 184), Des tumeurs de V orbite formées par du sang en communication avec la circulation veineuse intracrânienne,

(2) Cette protrusion est due soit à des tumeurs de l'orbite (kystes hydatiques, mélanomes et autres précitées) ou de Tœil (encéphaloïde du bulbe oculaire chez les enfants), soit à des tumeurs intracrâniennes (anévrysme de la carotide à son entrée dans le crâne, ou de l'artère ophthalmique près de la selle turcique, in Ann, d*ocuiistique, 1866, p. 176, — sang traumatiquement épanché dans ou près du sinus caverneux, tumeur de ce sinus) ou du cou (saillie des yeux dans le goitre exophthalmiquc, les maladies du cœur, l'emphysème, la bronchite chronique, l'asthme confirmé).

(3) Cette figure est tirée du Traité d'histologie de Leydig.

458 SPLANCflNOTOMlE ET EXAMEN DES ORGANES.

rose foadroyanle (1); en quel étal est le gangliou ophlhaimique, etc.

Fie. lOô.

A, Coupe perpendiculaire de la rétine (normale) près du point d'entive des nerfs "F"' ques. — 1. Membrane de Jacob, couche des bâtonnets et des cônes. — ^' jjr'^tt externe des granulations, faite de myélocytes (p. 388). — 3. Couche iulermediu < composée de matière amorphe granuleuse. — 4. Couche interne des Ç*'*°'p''"^' faite de myélocytes. — 5. Couche granuleuse grise. — 6. Couche des cellules «^ veuses multipolaires (ûg. 86 et 84). — 7. Couche des tubes nerveux, ou d'épaj""'^ ^ ment du nerf, très-vasculaire. — 8. Membrane limitante ou interne, amorphe, partent les fibres de H. Mûller traversant toute la rétine. .^

B» Coupe faite sur la tache jaune (macula lutea) de la rétine^ où la vision e5f plus distincte, au centre optique de l'œil. — Mêmes notations (suivant H. MnUerJ.

(1) L*amaurose subite reconnaît souvent pour cause l'embolie àe l'artère ophthalrnique ou centrale de la rétine, avec atrophie consécutive du nerf et de la papille (de Graefe, Liebreich); quand elle ne** pas instantanée^ on accuse une dégénérescence graisseuse des àttej^capillaires de la rétine, ou leur inflammation interne avec prolife^*' tion des cellules épithéliales*

Le

FiG. 106.

Papille noi-malCj mais dont la convexité ost très-accusée ; on voit sa dépression eentrale, qui parait, sur le vivant, en manière de tache blanche luisante (fie. H2). — iVo. Nerf optique. — Se. Sclérotique. - Ch, Choroïde. — lie. Couche externe de la rétine. — Bn. Couche des fibres nerveuses de la rétine.

État remarquable f mais normal, de la lame criblée, membrane élastique qui tamise le nerf d son entrée dans le trou sclérotical. Cette lamelle Iranclie nettement sur la sclérotique, mais d gaucie elle forme une espèce de sinuosité sous le bord choroï(JiQi^ — Se, Sclérotique. — Ch. Choroïde. — Vc Vaisseaux centraux.

li^O

Excavation pathologique profonde de la papille dans une atrophie du nerf optique par tumeur cérébrale. — No. Nerf optique. — Se. Sclérotique. — Ch. Choroïde. - R. Rétine. — Vc. Vaisseaux centraux avec leur canal très-dilaté.

y^. 77 P. int. Tâfy. tt^^ciii-.

FiG. 109.

Excavation pathologique profonde de la papille (la rétine et les débris de la papille o» été enlevés pour montrer la forme de l'excavation). — No. Nerf optique. — Toj no. int. Sa gaine interne. — Vag, no, ext. Sa gaine externe. — Fe, Ti?^ élastique entre les deux gaines. — Au-dessous de Vr., et à peu de distance:foud de l'excavation, on trouve un vaisseau coupé obliquement.

Névro-rétinite par tumeur cérébrale, — No. Nerf optique, -s- Se. Sclérot^ae. — R. Rétine. — Vc. Tracé des vaisseaux centraux. — Vr. HamiGcations des yaisseaux de la rétine.

FiG. 111 (1).

Atrophie du nerf optique dans une tumeur cérébrale, — No. Nerf optique. — 8c, Sclérotique. — Ch. Choroïde. — R. Rétine. — Vc. Ramifications des vaisseaux de la rétine.

je> (1) Les figures 106-111 sont extraites de Schweigger, Leç. cTop^

462 SPLANCHJMOTOMIE ET EXAMBN DES ORGANES.

A cet effet, après avoir décollé la dure-mère et fracturé la voûte orbitaire à l'intérieur du crâne, on saisira avec des pinces Tenveloppe du nerf optique (1 ), enBn on détruira les adhérences avec des ciseaux mousses introduits sous les paupières, en avant de rœil. L'œil sera examiné au microscope (fîg. 4 04-444 ]d*abord à l*état frais (on pourra déjà voir que les taches blanches sont composées de granulations graisseuses, que les éléments des couches de la rétine ont plus ou moins disparu, que les capillaires sanguins sont hémorrhagiés ou sans globules, leurs parois étant parsemées de granulations graisseuses, que la choroïde est dépigmenlée, etc.), ensuite durci à l'acide chromique, ou mieux encore, selon le conseil de Henri Millier (de Wurtzbourg), avec :

FiG. 112.

Papille normale d'un enfant de deux ans (M. Boucbut), avec ses vaisseaux normalement peu nombreux.

(1) Cette enveloppe peut elle-même être lésée. Dans l'observation précitée de M. Koster (page 400), elle était distendue par une infiltration séreuse de tissu cellulaire unissant entre elles les deux lames de la gaîne, avec cellules ellipsoïdales, transparentes, sans noyau. - On peut ainsi distinguer deux sortes d'inflammations du nerf optique: ou bien il s'agit de la partie concentrique de la papille, et alors U lésion porte sur le périnerf, il y a périnévrite ; ou bien c'est la substance du nerf qui est atteinte, il existe une névrite optique essentielle (page 449).

e^au disLillée (1000 parties], sulfate de soude sec (100 paitiea), bichromate de potafise {250 pnrUesiL

Depuis les récents travaux sur la patliologie cérébro-oculaire, u ne d es affec lions quirécla meut les recherches les plus minutieuses sur le corveau^ cest FaibumiQurie, quand elle «'accompagne d'amaurose par dégénérescenca graisseuse de la r<?'ine. H serait

danâ i'alltiiuiiniii'ît'. — n^ n. Artère» vhiIhjcb par rvK»tnlnti<Mi. — l>, ^. Taches IjIhiicJies dues ù lu dOg^n'-rf-^cence çitiUshubc. — h\ Même tudie, plus tilQuiliiia, — c. Tfiche liliiuuihe ceiïtiiilu Juns la mAcula^ a\'Ui- irnadjutloti^. — d. Taches mnge roQvii le long des vtiuea (apoplexie rétinieiiue)-

bon, dans ce cas surtout, de soumettre l'œil a Tes a m en histologique. En outre, le cerveau placé sut' sa convoxitt^ pt le cervelet enlevé avec assez de soin pour que les tubercules quadrijemeaux fussent respectés, on devrait extraire les nerfs opliques, le chiasma^ les bauddeties optiques, k^s corps geuouillés, les nateê et les mies. Le tout serait réserve a une étude

Ii6li SPLANGHNOTOMIB ET EXAMEN DES ORGANES.

microscopique minutieuse, l'inspection à l*œil nu pouvant faire croire à l'intégrité de cet appareil visuel, alors que des modifications importantes existeraient dans les éléments anatomiques. Avouons cependant que, si les lésions de la papille et de la rétine, dans Tamblyopie albuminurique, ont été déjà bien étu-

flm

Tuméfaction considérable de la rétine^ de la papille et de la lamelle criblée êcléroticale dans une rétinite albuminurique (Schweigger). — R, Rétine. — c. Refoulement de ses couches externes dont les éléments nerveux sont dissociés et le tissu conjonctif hypertrophié. — Vc, Vaisseaux.

diées au microscope sur le cadavre (1), surtout par Virchow (2), Turck, Millier (3), Lecorcbé (4), Wagner, Schweigger (5), —

(1) Altération des tubes nerveux sur les deux y eux^ granules graisseux dans les cellules nerveuses; dégénérescence graisseuse là ou existent les taches blanches. A rophthalmoscope (fig. 43)^ congestion et infiltration de la papille avec plaques rouges te long des vaisseaux; plus tard traînées blanches augmentant en nombre le long des vaisseaux ; à la troisième période, réunion des taches graisseuses en une seule plaque blanche. — Dans la rétinite glycosurique, atrophie des deux papilles sans trace d'infiltration rétinienne ; épanchements sanguins peu nombreux, disséminés (fig. 115).

(2) Archtv fûrpathoL Anat,, t. X, p. 170.

(3) MûUer, Archiv fur Ophthalm,, t. IV, 2« part., p. 41 et 287.

(4) De r altération de la vision dans la néphrite album, , 1858.

(5) Archiv fur Ophthalm, von Graefe, t, VI, 2« part., p. 287.

on n'a guère encore constaté des désordres équivalents sur la partie intraerànienne de Tappareil visuel (4 ).

FiG. 115.

Altérations ophthalmoscopiques de la rétinite glyeosurique, d'après M. Galezowski : — A. Papille atrophiée dans sa partie externe, et luisante. — B. Les artères capillaires atrophiées. — C. Taches rouges apoplectiques près des artères. — D. Plaques blanches graisseuses.

.Ajoutons aussi les recherches de M. Bouchut sur l'état anatomiquede la papille (dilatation, et plus tard flexuosité des veines rétiniennes, suivie d'hémorrhagie rétinienne ou de congestion

(1) Voyez cependant Union méd,, 27 mai 1865. M. .Galezowski a rencontré : anémie du cerveau^ globules graisseux et tissu conjonctif dans le chiasma, la bandelette optique et les tubercules quadrgumeaux droits. Quant aux yeux, on voyait à l'œil nu, sur la rétine, des taches, leâunes apoplectiques, les autres blanches (fig. 113); ces dernières correspondant, au microscope, à des amas graisseux dus à la dégénération du tissu interstitiel : les fibres nerveuses avaient perdu à ce niveau leur transparence ; la couche des bâtonnets (fig. 105) pré sentait jvers la macula des granulations adipeuses, etc.

UW SPLANGHNOTOMIE ET EXAMEN DES OBGANES.

péripapillaire ou d'infiltralion séreuse des contours de la papille) dans les méningites granuleuse ou simple (fig. 4 46,447), surtout quand elles sont basilaires et accompagnées de coagulumsdans les sinus caverneux (4). Nous conseillerions encore la nécropsie de

Fig. H6.

Œdème papillaire ayec (lexuosités et thromboses des veines {phléhectasie réttnienne)^ chez un enfant de deux ans atteint de méningite granuleuse du cenrelet, d'après Texamen ophthalmoscopique de M. Bouchut, conGrmé â la nécropsie. — A. Artère centrale de la rétine. — B. Veines pleines de caillots. — G. Veinules de la rétine encore perméables. — D. Hémorrhagie de la rétine grosse comme un grain de blé. — £. Papille voilée par une infdtration séreuse.

(1) Bonchni, Gaz. des hdp.j&w'û 1862 ; Gaz, méd. de Paris^ 1865; Diagnostic des maladies du système nerveux par rophthalmoscope, 1865. Déjà en 1860, M. Stellwag von Carton (Die Ophthalmologie, 1856, B. abt. I, p. 570) avait décrit la névrite optique dans la ménin^te dite tuberculeuse. — La question est cependant en litige : « 11 est faux^ dit M. Wecker^ qu'on puisse diagnostiquer ainsi la méningite, et notamment la forme tuberculeuse. Nous avons, sur l'invitation de M. Roger, examiné à cet effet, pendant un an, tous les enfants se présentant avec des symptômes cérébraux. Dans les cas de méningite vraie, confirmée par l'autopsie , l'examen ophthalmoscopique n'a relevé, à part une ampleur douteuse des vaisseaux rétiniens, aucune altération significative. Quand il y a une production abondante de

l'œil, beaucoup trop négligée des élèves, s'il y avait rétinite sypbilitique(4), et dans toaiesces prétendoes névroses sur lesquelles

FiG. 417.

Inliltratiou séreuse péripapillairc et thminbosc des veiues Je la rétine clipz un enfant de onze ans atteint de méningite granuleuse par abrèM du rocher, d'apréit M. Bouchut j[examen ophtfaalmoscopique et néoropsique). — A. Papille voilée. — B. Veines rétiniennes, dilatées en denors seulement de la papille. — C. Artère centrale de la rétine.

tubercules dans le cerveau et le cervelet^ nous avons, dans quelques cas, reconnu de la névro-rétinite ; mais à une époque où les autres symptômes étaient tellement complets^ que les données ophtliuhnos* copiques restaient d'une valeur secondaire. » C'est dans la niéning^ite simple principalement qu'il peut ne pas y avoir adultération de la vue, névrite optique. Cette méningite, chez les adultes notamment, se borne souvent à la convexité des hémisphères, où elle peut se localiser même assez; elle est plus rare à la base, et là encore faut-il qu'elle se rapproche du chiasma ou des bandelettes optiques pour intéresser la vision. M. Jacobi a décrit récemment une épidémie de méningite cérébro-spinale sans désordres oculaires [Erkrankung des Augapfels bei Meningitis cerebro-spinalis epidemica rn Danzig, — Archiv fur Ophthalm., XI, 3).

(1) Sur les lésions de cette rétinite, voyez Siebel, Gaz, hebd,,iSb99

668 SPLANGHNOTOMIE ET 4SXAIfEN DES ORGANES.

on a 81 peo de renseignements anatomiques, la chroopsie, Tachromatopsie on daltonisme, qui nous paratt cependant liée à une lésion da cerveau, des lobes aniérieurs surtout (4), rhéméralopie, ainsi -que les amauroses dites sans lésions (amaurose hystérique), etc. Je puis citer aussi les recherches sur la cataracte (2), et les autres maladies du globe de l'œil sans aucun rapport avec les affections cérébrales (glaucome, hydrophthalmie, etc.), enfin les tumeurs intra-orbitaires (3). D après M. Galezowski(4), ces dernières sont divisibles en trois groupes, selon qu*elles naissent dans la rétine ou le nerf, dans la choroïde, entin au dehors de la coque oculaire, qu'elles envahissent ultérieurement. Les plus fréquentes des tumeurs de la rétine (5) sont les gliomes (hyperplasie du tis8u cellulaire, affectant les couches externes de la membrane, p. 400, note 4), les gliosarcomes (cellules plus volumineuses, fusiformes, à plus forts noyaux), puis les encéphaloldes (fongus hématodes de Wardrop, 4 809), naissant le plus souvent du nerf. Parmi les tumeurs primitivement développées dans la choroïde (spécialement au cercle ciliaire), dominent les fîbro- sarcomes et les cancers mélaniques de Laennec (avec cellules de pigment brun).

Pneumogastrique ou vague. — Il n'est pas inutile d'esquisser en quelques mots sa physiologie^ car elle est loin d'être incontestée. Depuis Weber^ la majorité des auteurs considère le vague comme modérant les mouvements du cœur; ce serait le type des nerfs dits suspensifs ou fréteurs, ou modérateurs. Contrairement aux autres moteurs^ il ralentirait les battements cardiaques^ il serait le frein du

De Vamaurose cérébrale et de V amaurose syphilitique ', Quaglino et Scarenzio^ Gazette méd, de Paris, 11 novembre 1865,

(1) Voyez sur ces deux affections : De la perceptivité normale et surtout anormale de tœil pour les couleurs, notamment de Vachroma- /op«c, par E. Goubert» 1866, chez Delahaye (chapitre diagnostic et pronostic, et notre p. 406, note 1), — Le docteur Quaglino (de Pavie) a déjà observé, dans Théméralopie, des altérations constantes : teinte blanc grisâtre de la rétine, congestion des veines et artères,, coloration rouge de la papille.

(2) Robin, dans Archives d'ophthalmologie, novembre et décembre 1855, et Iconographie ophthalmologiquc de M. Sichel, 1855.

(3) Demarquay, Des tumeurs de l* orbite, 1853; Mackenzie, etc.

(4) Gazette des hôpitaux^ 14 juin 1866, et Siebel, loc. cit.

(5) Virchow, Die Krankhaften Geschwûlste, t. Il, liv. 1, p. 151, 1S64.

NERF PNEUMOGASTRIQUE. /|69

cœur (1). Son excitation arrête en efTet le cœur en diastole. Cependant cette opinion classique nous parait incertaine. Schiff, et d'après lui Moleschott^ ont établi que le vague diffère seulement des autres moteurs en ce qu'il est plus facilement épuisable par les excitants. L'illustre professeur de Florence (2) montre à qui veut le visiter dans son laboratoire qu'un courant faible appliqué à la dixième paire produit le même effet moteur qu'avec les autres lyerfs. En appliquant graduellement et avec patience divers degrés de galvanisation sur le tronc cervical du pneumogastrique^ au moyen de la pile de du Bois- Rcymond, le savant professeur de physiologie de Berlin^ en procédant millimètre par millimètre, il y a d'abord accélération du pouls et des battements cardiaques. Mais rapprochez-vous successivement les deux bobines, on dépasse bientôt l'irritation faible, et c'est alors que le nerf épuisé, paralysé, laisse le cœur s'arrêter en diastole. Moleschott a répété nombre de fois ces expériences avec le rhéostat. Le vague n'est donc pas suspensif : à vrai dire, il n'y a pas de nerf réellement modérateur, pas même le laryngé supérieur, dont nous parlerons plus loin (3) : ces nerfs sont seulement plus épuisables que les autres ; l'effet de leur surexcitation a été pris à tort pour leur action physiologique. Tous les moteurs, par exemple le sciatique, quand ou les rend épuisables par des irritations convenables, au moyen d'un cou^ rant interrompu, acquièrent des propriétés suspensives dues a leur tétanisation (Schiff, Pflùger). M. Cl. Bernard explique l'accélération première du cœur par une augmentation de tension du sang, mais celle-ci est la conséquence même de l'accélération cardiaque (4).

(1) Kûthc, Pflûger, Funcke, Berold, Sce, Leçons de physiologie clinique (Gaz. des hôp,, 14 et 16 février 1865, et numéros suivants). De Sousa-Martins, Le pneumogastrique préside à la tonicité de la fibre musculaire du cosur, thèse (1865).

(2) Voyez son excellente Physiologie, et Académie des sciences, 12 août 1861.

(3) Il n'y a pas non plus, pour Schiff, de centre modérateur de l'action réflexe. Le grand physiologiste de Saint-Pétersbourg, M. Seczenow, dans ses Études sur les mécan. modér. de r action réflexe de la moelle épinière (Berlin, 1863), et à l'Académie de Saint-Pétersbourg (1865), place ces centres dans les couches optiques et (p. 315) au niveau des corps quadrijumeaux (sans doute dans les pédoncules cérébraux, car les tubercules ne sont pas moteurs). Mais M. Al. Herzen, dans ses Centres modér, de l'action réflexe (Turin, 1864), a montré que «l'irritation d'une partie quelconque du système nerveux, central ou périphérique, produit une dépression ou une exaltation de l'action réflexe dans tout le reste du système. »

(4) Pour Brown-Séquard, le vague serait non un modérateur, mais le moteur des vaisseaux cardiaques. Malheureusement, M. Sauveur a montré que la galvanisation du nerf arrête le cœur avant qu'il se manifeste aucune action sur les vaisseaux,

Yalsalya, Petit, Dupuy, Broughton, Mayer (de Bonn), ont montré que la section du tronc du vague entraine l'accélération énorme des mouvements du cœur, qui deviennent tremblotants, inégaux, moins énergiques qu'à l'état normal. On sait que cette résection ne paralyse point les fibres ultimes, qui ne participent pas à la dégénérescence du bout coupé, et si l'on irrite ce dernier, le pouls remonte brusquement.

S'il faut admettra la théorie de Schiff, il devient difficile de dire avec M. Sée, que « les palpitations résultent de la suppression ou de la paralysie du nerf phrénateur. » (Sée, Leçons de physioL, 1865.)

Le pneumogastrique ne se contente pas de fournir au cœur des rameaux constituant le plexus cardiaque avec les filets venus des trois ganglions cervicaux du sympathique. Il donne encore la sensibilité au poumon, à l'œsophage, à l'estomac, au foie (plexus solaire), au pharynx et au larynx, envoyant à ce dernier organe le laryngé supérieur et, de concert avec le spinal, qui est moteur, l'inférieur ou récurrent. Aussi la section du vague détermine-t-elle, outre l'accélération précipitée du pouls, qui devient dichrote, un ralentissement marqué de la respiration (1), une paralysie de l'œsophage (2) et de l'estomac (3), enfin une exagération de la fonction glycogénique du foie {^),

M. Oehl a conclu de ses expériences que le vague exerce une action motrice réflexe sur la vessie : les points d'immersion des fibres

(1) L'excitation du laryngé supérieur arrête tout à fait la respiration, détermine la suspension de l'action du diaphragme ou une diminution tout au moins du nombre des inspirations (Rosenthal, Acad, des *c., 15 avril 1861), sans d'ailleurs qu'il y ait là, d'après M. Schiff {Acad, des se, 11 août 1861), action réflexe, et que le nerf puisse être appelé suspensif. Le même effet s'observe quand le nerf est comprimé par une tumeur ou un obstacle quelconque (chez les pendus). Il se produit des foyers d'engorgement pulmonaire consécutif.

(2) Du pneumogastrique comme agent excitateur et coordinateur des contractions cesophagiennes pendant la digestion^ par M. Ghauveau {Comptes rendus de la Soc, de bioL, 1862, etVulpian, Revue des cours^ 1866),

(3) La section du nerf retarde ou amoindrit les effets de l'empoi-^ sonnement par la strychnine introduite dans l'estomac, par suite des entraves qu'apporte à l'absorption le trouble circulatoire consécutif; au contraire elle détermine les effets toxiques résultant de la présence simultanée de l'amygdaline et de l'émulsive de l'estomac, parce que la production d'acide cyanhydrique par ces deux corps, impossible en présence de l'acidité gastrique, s'opère après l'arrêt de la sécrétion stomacale. (Lussana, -4cad. des *c., 15 février 1864.)

(4) Voyez p. 434. En piquant l'origine du vague, l'animal devient diabétique (Cl. Bernard). Le nerf cependant ne porte pas au foie l'irritation de la piqûre, car si on ne l'excite qu'après l'avoir coupé, il y a encore glycosurie. Le mécanisme de cette hypersécrétion est '--- d'être fixé. (Voyez Grand sympathique, page 476.)

NEUF PNEDMOGASTRIQUE. 471

chargées de trausmettrc cette action réflexe aux centres seraient situés tout près des origines du nerf^ dans la moelle allongée ou le pont de Varole^ et leur émersion se ferait à la région lombaire.

Le vague devra être examiné, soigneusement, surtout quant à ses branches respiratoires, au niveau de récurrence du laryngé inférieur. Nous citerons les sujets qui ont succombé à des dyspnées asthmatiques, qui ont présenté les troubles de la voix décrits par M. Longet après la section du laryngé, de Taphonie, une altération du timbre de la voix (voix rauque et couverte) ou de la toux. Le pneumogastrique (et en particulier le récurrent) peut alors se montrer comprimé par quelque tumeur, goitre, tumeur médiastine (anévrysme de Taorte; hypertrophie, dégénérescence cancéreuse ou tuberculeuse des ganglions bronchiques : p. 494). Il peut cheminer sur des ganglions tuberculeux, y adhérer par son névrilème, se perdre au milieu d'eux (4), être atrophié ainsi que le système musculaire du larynx. (Thèse de Leblond. 4 824; Becker, de Berlin, 4826 ; Tonnelé, Andral, Barthez, etc.)

Les mêmes lésions pourraient expliquer la toux spasmodique, le spasme de la glotte, — celte apnée ou suspension momentanée de la respiration suivie d'une inspiration sifflante, — certaines paralysies laryngées (2), peut-être la coqueluche.

Nous terminerons en appelant, avec Desportes et Chapmçn, l'attention sur le plexus cardiaque dans Tangine de poitrine, cette soi-disant névrose (p. 277) dont les causes sont encore si obscures. Nous citerons pour exemple le cas célèbre de ce ma-

(1) Récemment, chez un sujet ayant présente de Taphonie avec accès de sufibcation^ nous avons trouvé le récurrent perdu dans une tumeur ganglionnaire de la trachée. £n cherchant à le poursuivre^ on le brisa ; mais il recommençait à l'autre extrémité de la tumeur.

(2) Voyez, par exemple, Union méd,, 6 déc. 1865, M. Sottas ; paralysie laryngée symptomatique d'une lésion du pneumogastrique. Au devant de la racine du poumon^ au milieu de ganglions suppures et tuberculeux, le vague se montre disséqué par le pus ; son volume et celui du récurrent ont augmente; les tubes nerveux dissociés offrent autour d'eux une épaisse couche de tissu « lamineux»^ plusieurs sont réduits à leur périnèvi'e, sont transparents, granuleux. Ainsi s'expUquent les prétendues paralysies dynamiques, sans altération de texture. Dans la paralysie diphthéri tique du voile du palais, MM. Gbarcot et Valpian (Soc. de bioL^ 1862) ont rencontré les fibres des muscles palatins pleines de granulations graisseuses, quelques nerfs vides de myline ou devenus granuleux.

tll2 SPLANGHNOTOMIË £T EXAMEN DES ORGANES.

lade dont le cœur, au fort de Taccès, ne battait plus, d*où une angoisse inexprimable : à la nécropsie, on trouva le vague enfermé dans une tumeur tuberculeuse (4). SW angorpeolorisesi si fréquent dans les affections de Taorte, n'esl-ce pas à cause des relations des plexus cardiaques avec la crosse de ce vaisseau, dont les altérations (dilatation, extension anévrysma tique) retentissent sur Finnervation du cœur (2)? En6nM. Lancereaux a signalé concurremment le rétrécissement des artères coronaires, avec plaques saillantes à rebord festonné, « en tissu conjonctif de nouvelle formation », interposées^ aux tuniques interne et moyenne de l'aorle entre les orifices rétrécis de ces artères cardiaques (3). — Sur les lésions du vague dans l'ostéite du rocher, voyez page 486.

Grand sympathique, ou nerf vaso-moteur ou trisplânch nique de Chaussier. — Ce nerf orme, on le sait, le long et en avant de la colonne vertébrale, deux chaînes se réunissant en haut dans les profondeurs de la face, en bas dans le bassin, et présentant de distance en distance des renflements (ou centres) ganglionnaires, d'où partent d'une part des filets internes allant constituer des plexus autour des divers organes, de l'autre des rameaux anastomotiques reliant ce système aux nerfs du racbis et des sens. Les ganglions sont, de chaque côté, rophthalmique (p. A58), celui de Meckel, l'otique, le sousmaxillaire et le sublingual, les trois cervicaux (le supérieur latéral au j[)harynx, l'inférieur près du col de la première côte, le moyen

(1) Laudois de Gre'sswald, Analyse physioL des symp, compris sotis le nom d'angine de poitrine jira.6mi dans Ya Mouvement médical, 1866.

(2) Dans le cas de M. Duménil {Union méd, de la Seine-Inférieure ^ 15 janv. 1865), les nerfs cardiaques droits, entre l'aorte et l'artère pulmonaire, sont énormément hypertrophiés ; l'un d'eux, offrant le volume du brachial cutané interne à la partie supérieure du bras, est rouge foncé et son tissu présente une densité remai*quable.

(3) Société de biologie, 1864. « Le plexus cardiaque, qui repose, on le sait, sur cette portion du vaisseau artériel, participait à la vascularisation de l'aorte, et quelques-uns de ses filets se trouvaient compris dans une sorte de gangue ou plasma appliqué à la tunique externe épaissie du vaisseau. A l'examen microscopique des filets nerveux et des ganglions, de nombreux noyaux ronds, en amas, se montraient interposés aux éléments tubuleux qu'ils comprimaient : la gaine médullaire était grisâtre et grenue. Les valvules aortiques étaient à peine altérées, le cœur était sain. Un tubercule calcaire, provenant sans doute d'un ganglion, se trouvait au point de récurrence du laryngé inférieur. » {Gaz. hebd,, avril 1863.) La presse médicale ri mentionné les mêmes lésions au niveau des artères coronaires, dans

is d'augine de poitrine {Union méd,, 1866).

inconstant), d*où partent les filets formant avec le pneumogastrique le plexus cardiaque (p. àlO), les douze thoraciques qui fournissent les nerfs splanchniques^ les abdominaux par lesquels le grand sympathique se termine en formant le ganglion semi-lunaire, sur les piliers du diaphragme, et autour du tronc cœliaque, le plexus solaire.

Les faisceaux radiculaires communiquant avec la moelle (i) se composent d'un faisceau blanc et d'un ou deux gris. La racine blanche est faite de tubes minces (ou sympathiques ou à simple contour) et de quelques tubes larges (de la vie animale), sensitifs, chacun avec un périnèvre, tous réunis par un névrilème commun. Les racines grises, plus minces, sans névrilème ni périnèvre, sont constituées par quelques tubes minces et par beaucoup de fibres de Remak (plusieurs centaines pour un ou deux tubes à moelle). Ces fibres (ou fibres sans moelle, fibres à noyaux, fibres gélatiniformes), élément caractéristique des cordons gris du grand sympathique, n'ont ni moelle ni cylindre-axe ; leur diamètre est plus grand ; elles sont grisâtres, pâles, à bords nets et réguliers, aplaties, parsemées de noyaux allongés : bien que distinctes du tissu lamineux, elles pâlissent par l'acide acétique. Au cou, le périnèvre enveloppe les fibres de Remak en môme temps que les tubes nerveux (fig. 95, B).

Le cordon de communication des ganglions sur les côtés du rachis •st constitué par des faisceaux blancs, côtoyant les ganglions sans y entrer, et des faisceaux gris, sans fibres de Remak. Quant aux filets qui, du côté des ganglions opposé à l'insertion des rami- communicantes, vont se rendre à l'enveloppe musculaire des vaisseaux ou dos canaux des glandes, ainsi qu'aux organes, certains sont composés de fibres blanches sans fibres de Remak (quelques nerfs cardiaques et le grand splanchnique); d'autres, gris, ont la texture des racines grises (filets de l'abdomen, la plupart des cardiaques, plexus carotidien).

Enfin, les ganglions eux-mêmes, enveloppés d'une tunique lamineuse qui se continue avec le névrilème, offrent des cellules plus petites que celles des ganglions de la vie animale (fig. 8&etll8). Ces cellules, que M. Jacubowitsch a constatées (1856) dans tout le trajet

(1) Ces rami'Communicanfes ne sont pas les origines du sympathique ; ce sont des fibres émergeant de ce nerf, ayant leur centre trophique dans ses ganglions et se rendant simplement à la masse cérébro-spinale (Ch. Bell, Bidder et Volkmann, Waller), mêlées à quelques fibres venues de la moelle, notamment des cellules sympathiques de cet axe (fig. 84). Winslow, Reil, Bichat, voient dans le grand sympathique un système à part, relativement indépendant (comme l'aurait établi aussi M. Cl. Bernard en montrant que les ganglions jouent ici le rôle de centre des mouvements réflexes^, contractant do simples rapports avec le système nerveux de la vie animale par dos envois réciproques de fibres, — indépendance niée par MM. Piégu, Sappey et autres, pour qui le sympathique naît de toute la longueur de la moelle.

UlU

de la moelle (fig. SU), ce qui infirme uu peu rindépendance du grand sympathique^ sont rondes ou ovales^ rarement apolaires^ plus souvent bipolaires (communiquant latéralement deux à deux par un prolongement) ou même multipolaires. Leur enveloppe n'est pas dn tissu lamineux^ car elle n'en a pas les réactions chimiques (p. A36, note 1). Leur contenu est de la matière grasse et protéique^ avec un noyau a nucléole. Elles sont séparées par de la matière amorphe, mi-opaque, non conjonctive, par des cloisons coi^onctives provenant de l'enveloppe du ganglion, par des fibres sympathiques (de O™™,002 à cylindre-axe) et de Remak. Deux sortes de tubes y aboutissent^ des larges et des minces, les premiers^ ou de la vie animale, ea rapport avec les gros corpuscules, les autres avec les petits. Quant aux tubes,

FiG. 118.

Schéma d'un ganglion du grand sympathique avec ses cellules multipolaires.

également larges^ émanés des racines antérieures (motrices) de la moelle, ils ne se rendent pas aux globules ganglionnaires (Robin, Acad, des se, 25 juin 1847).

Dans les ganglions cervicaux inférieur et moyen, les cellules ne présentent (Duchenne, de Boulogne) qu'un noyau central avec nucléole ; elles sont pigmeutaires ; leur gaîne est simple et sans noyau en général ; les pôles et le tissu ambiant sont aussi dépourvus âa "-'«ïux. Pour le ganglion supérieur, le noyau est entouré par un

grand nombre de petits noyaux qui envahissent même la gune des cellules ; la pigmentation est ainsi masquée ; les prolongements sont semés de petits noyaux, ainsi que la substance ambiante. Le ganglion semi-lunaire a une structure analogue à celle du cervical supérieur. Ainsi les ganglions centraux et latéraux du grand sympathique n'ont pas la même structure (Duchenne), et le ganglion cervical supérieur joue en quelque sorte le rôle de ganglion central pour le système grand sympathique. M. de Bezold a montré récemment qu'une action accélératrice est exercée sur les mouvements cardiaques par la portion cervicale du grand sympathique.

— Les soins et les réactifs employés pour Texamen micrographique du grand sympathique (1) sont à peu près les mêmes que pour les autres parties du système nerveux (p. 443). On peut étudier les ganglions sur le frais en les dilacérant dans un liquide inerte (eau sucrée ou glycérine). )l vaut mieux les faire macérer deux ou trois jours dans r acide chromique dilué (j^), ou pendant un mois^ dans le perchlorare de fer au ^ (Yulpian). Puis la préparation est fixée par divers encollages sur du liège, et coupée au microtome (p. 444) en segments très-minces, longitudinaux et transversaux, qui sont trempés douze heures dans l'eau distillée ou les liquides colorants précités. Enfin on dilacère sous le microscope (100 grossissements), tout en soumettant aux agents chimiques colorés.

— Le grand sympathique, en communication avec la moelle et le pneumogastrique, est le nerf de la vie nutritive, de la sensibilité inconsciente, bien que cette distinclion enti^ nerfs de la sensibilité consciente (système cérébro-spinal) et inconsciente ne soit pas toujours possible. Il reste étranger aux phénomènes de conscience, de vie relative ou animale, de mouvements directs, phénomènes intermittents, tandis que son action est continue. C'est lui qui, coordonnant tous les viscères, entourant de ses filets les moindres ramifications vasculaires, le cœur, les intestins, préside aux mouvements involontaires (contraction du cœur, des vaisseaux, de l'utérus, des vésicules séminales, etc.) et à la sensibilité obtuse ou organique. Aussi lui distingue-t-on des tubes minces moteurs, dépourvus de cellules sur leur trajet (rameaux carotidiens), et des tubes minces sensitifs, passant par les ganglions (grand splanchnique). L'irritation du splanchnique arrête le mouvement intestinal, ce nerf étant suspensif, sauf pour M. Schiff, qui admet ici la même explication que pour le vague (p. 467).

Quand on coupe les rameaux du grand sympathique (comme l'a fait au cou Pourfour du Petit en 1727, et d'après les résultats obtenus par Cl. Bernard en sectionnant le filet carotidien qui se rend à la glande sous-maxillaire), la sensibilité et la motricité animales restent intactes, mais la température augmente immédiatement et d'une ma-

(1) Voyez VoldLÏWon, Journal d*anatomie de M. Robin, 1866.

nière constante dans la région (Cl. Bernard) (1)^ contrairement à ce qui a lieu avec la résection des nerfs cérébro-spinaux. La vascularisation s'exagère aussi (rougeur due aux émotions^. En effet les nerfs vaso-moteurs^ que le sympathique envoie à la tunique musculaire des vaisseaux, se trouvent alors frappés d'inertie^ et le sang stagne. 11 stagne aussi dans les gros vaisseaux (Goltz); il y a diminution de la tension artérielle (Ludwig, Thiry), et le cœur se contracte irrégulièrement (d'où les palpitations nerveuses par émotions). Cette influence du sympathique sur le cœur est encore peu déterminée (2), bien que, chez les fœtus amyencéphales et anencéphales, elle suffise a l'entretien des contractions cardiaques, les ganglions étant alors plus développés (Breschet, Lallemand).

Le grand sympathique est donc considéré, en France au moins, comme le modérateur (p. 469) des vaisseaux, comme le régulateur de la vitesse de la circulation ; son action produirait un resserrement par contraction de la tunique musculaire, d'où entrave à la circulation, pâleur et refroidissement, alors qu'au contraire l'excitation du système cérébro-spinal provoque la dilatation des vaisseaux par paralysie de leurs hbres musculaires. M. Marey (3) explique ainsi qu'on trouvera tantôt le pouls faible, les artères petites et dures, l'amaigrissement et le froid des extrémités, enfin l'état algide (du choléra, des fièvres intermittentes), les organes, traversés par moins de sang dans un temps donné, se laissant refroidir par l'air ambiant; tantôt, si tous les vaisseaux du corps sont relâchés par inaction du vaso-moteur, rougeur de la peau, bouffissure des extrémités et de la face^ fièvre (second stade des fièvres pernicieuses). — Des théories analogues permettent à M. Cl. Bernard de comprendre la glycosurie produite par la section du trisplanchnique au foie ou au bulbe (p. 128 et à^à). Ce nerf agirait « par son absence » , serait paralysé sous l'action des centres cérébro-spinaux ; dès lors le sphincter des capillaires ne serait plus fermé, et le sang, au lieu de passer du système porte dans la veine cave, affluerait dans les cellules du foie, où sa diastase transformerait l'amidon hépatique en sucre.

Le centre d'action du système, spécialement de son influence sur le foie, serait au-dessus de l'origine du vague. Le grand sympathique agirait de même sur les vaisseaux de chaque glande, alors que le névraxe dilaterait leur tunique musculaire pendant l'activité glandu*

(1) Recherches expàinu sur les nerfs vascular, et calorif. du grand sympathique,

(2) Cl. Bernard, comme Bezold, croit que le trisplanchnique, empruntant d'ailleurs son action à la moelle, détermine, quand on l'excite, une accélération des battements cardiaques. Pour Wagner, il y a ralentissement. Weber et Ludwig veulent qu'il n'y ait rieç. Molescl.ott, admettant l'uniformité d'action des nerfs moteurs (p. 469), pense qu'une irritation faible accélère, et qu'un excès de stimulation ralentit le cœur.

(3) Physiologie médicale de la circulation du sang , 1863.

lairc eu paralysant ce nerf (Gt. Bernard). Pour la glande sous-niaxiU lairc^ les filets de la corde du tympan (nerf moteur) seraient dilataieurs, contrairement aux filets venus du ganglion cervical supérienr ; la sécrétion salivaire se produirait par action réflexe, ce que prouve Texcitation du lingual (nerf de sensibilité). Ces expériences classiques de M. Cl. Bernard sont partout citées pour montrer que les ganglions sympathiques (le sous-maxillaire au moins) peuvent se comporter comme des centres distincts d'action réflexe^ comme la moelle, ce que supposait aussi Bichat. Mais M. Schiff récuse, sinon ces conclusions, au moins l'expérience : d'après lui, notre grand physiologiste n'aurait pas coupé tous les filets du lingual chez les chiens mis en expérience ; en les sectionnant, il n'y aurait plus trace de salivation.

Des expériences de MM. Cl. Bernard et Schiff, il résulte que les lésions du vaso-moteur entraînent, dans les organes correspondants, de la congestion, de l'hypérémie, de Thypertrophie, conséquences premières de la paralysie des parois vasculaires, puis un arrêt de la nutrition, une cirrhose en quelque sorte, car il semble que la trame de l'organe disparaisse étouffée par le tissu cellulaire. Le sympathique a donc une grande influence sur la nutrition eu général et sur celle de chaque organe en particulier ; nerf nutritif, il veille aux phénomènes d'assimilation et de désassimilation, il entretient la rénovation organique incessantev

Ajoutons enfin que, si l'on coupe au cou le grand sympathique, il y a rétrécissement de la pupille du côté correspondant, et, quand on galvanise le bout supérieur, dilatation, toujours avec augmentation de la vascularisation et de la calorification de l'œil (symptômes oculopupillaires). Ici le trisplanchnique ne serait que conducteur, car l'action sur les fibres radiées de l'iris aurait pour centre le centre cilio-spiual, région de la moelle étendue de la première à la sixième dorsale (Waller et Budge, 1851).

Nos connaissances sont peu avancées sur les altérations du grand sympathique (1). Yirchow (2] parle de la pigmentation des cellules ganglionnaires de ce système dans la fièvre typhoïde, pigmentation normale chez le vieillard quand elle est faible (p. 857, note 4). On a mentionné des névromes du plexus solaire (3), du ganglion cervical supérieur, etc. Nous conseillerons les recherches sur le trisplanchnique dans les fièvres intermittentes, le choléra, Tatrophie musculaire progressive, Fataxie locomotrice progressive, le goitre exophihalmique (ou

(1) Peut-être paraîtra-t-il à la fin de celte année quelque beau travail en réponse à cette question posée par l'Académie de médecine pour le prix Portai : Faire Vanatomie pathologique des nerfs dans f^s principales affections viscérales.

(2) Pathologie cellulaire, p. 88.

(3) Robin, Son'éié de biologie, 1854 (avec figures).

maladie de Graves, de Basedow). Nous avons déjà appelé rattention sur les plexus cardiaques pour Tangine de poitrine (p. 474).

Dans ces derniers temps, on a fait jouer au système nerveux de la vie organique un rôle pathogénique important. Nous citions à l'instant (p. 476) l'opinion de M. Marey (4) sur les troubles des filets vaso-moteurs dans les fièvres pernicieuses. Nous avons vu (p. 439, noie, et 476) le mémo auteur attribuer (2), après Ghossat, Scipion-Pinel, M. Auzoux (4 832), les désordres de la calorification, dans le choléra, aux mêmes nerfs qui régissent la contractilité des petits vaisseaux et de l'intestin ; Talgidité serait due à Faction exagérée du trisplanchnique, et la réaction (stade de chaleur) à l'épuisement de ce nerf produisant un relâchement des tissus qu'il anime. La diarrhée serait sous la môme influence, ainsi que la psorenterie ; celle-ci d'ailleurs, effet souvent de la diarrhée, n'a pas toujours un rôle principal, car on Ta notée avec des flux non cholériques, et elle peut manquer dans le choléra. Déjà, dans Tépidémie de 4 832, les médecins de Vienne, cherchant à la nécropsie Tétat des nerfs et des ganglions du sympathique, y rencontraient plusieurs fois des épanchements sanguins.

Nous avons vu [p. 438) que, dans Tatrophie musculaire progressive, il peut y avoir des lésions du gran^d sympathique (Schneevogt de la Haye, Jaccoud, Duménil). Dans les cas de M. Jaccoud (3), on trouva, concurremment à l'atrophie des racines anlérieures de la région cervicale, le cordon cervical du trisplanchnique transformé en « tissu fibro-conjonctif étalé en lames plus ou moins larges constituant des anses, des faisceaux ondulés : il y avait prolifération de tissu conjonctif, dépôt de graisse, atrophie des tubes. Le ganglion cervical supérieur en était à la première phase de ce travail morbide » . Dans cette affection 7 où Ton tend à voir aujourd'hui une lésion primitive dé l'innervation, le grand sympathique peut être atteint, soit dans ses racines intra- spinales^ soit dans ses rameaux anastomotiques, soit encore dans le cordon limitrophe ou dans les rameaux efférents. 11 faudra examiner, non-seulement les gan-

(1) Physiologie, 1863. Dans ses Liçdo clinica sobre alguns symptomas da diabète^ le professeur Jordâo (de Lisbonne) explique aussi (1863) le diabète et les fièvres intermittentes par la paralysie du sympathique.

{2) Uème Physiologie j ei Gazette hebdom,, 2li novembre, 1*^ décembre 1865.

(3) Gaz, des hôpit,, 14 janv. 1865. Voyez Union méd, de la Seine- Inférieure, 15 janv. 1866, art. de M. Duménil.

glions cervicaux, mais aussi les dorsaux et les nerfs vasomoleurs qui en partent pour se rendre au membre supérieur.

Dans l*atazie locomotrice progressive (p. 435), M. Duchenne (de Boulogne) a montré (1) que « la portion cervicale du grand sympathique est quelquefois le siège d'un travail morbide, expliquant le resserrement ou la dilatation de la pupille avec vascularisation et calorification de Tœil. Si cet état pathologique était con« stant, il justifierait l'étrange symplomatologie de cette affection» et tiendrait sous sa dépendance la lésion des cordons ou racines postérieurs de la moelle, considérée comme caractéristique. »

Le goitre exophthalmique, que M. Trousseau considère comme une asthénie de Tappareil nerveux vaso-moteur, comme une névrose du grand sympathique, se caractérise sur le cadavre par des désordres du Insplanchnique. 11 faut mentionner avant tout une augmentation de volume du ganglion cervical inférieur, avec prédominance de l'élément conjonctif et diminution des éléments nerveux, altération de slruclure produisant pendant la vie des effets analogues à ceux qu'entraîne Tablation de ce ganglion (2). Dans ces délicates et longues nécropsies, on devrait également examiner les deux autres ganglions cervicaux, ropbthalmiqne, les ihoraciques, les plexus cardiaque, hépatique, splénique, rénal. Concurremment, on peut trouver le cœur hypertrophié, Tœil et le nerf optique sains (3), ou bien un excès de tissu adipeux dans l'orbite avec dégéoérescence graisseuse des muscles

(1) Académie des sciences, 18 janvier 1864.

(2) M. Trousseau {Gaz, des hôpit,, 8 mars 1864) a vu ce ganglion volumineux^ injecté, avec cellules rares, petites et déformées, tubes rétrécis, vaisseaux multipliés, abondance de tissu conjonctif et de granules graisseux. M. Peter (Soc. de méd, de Paris, 1««" février 1865) a trouvé le même ganglion hypertrophié, rouge, présentant au microscope de nombreux capillaires, un abondant feutrage de tissu conjonctif, au milieu duquel se voyaient des noyaux et des cellules fusiformes; les cellules nerveuses étaient rares, petites, mûriformes; les tubes nerveux, peu nombreux, paraissaient, sur une coupe transversale, comme étranglés par le tissu connectif hypertrophié. On lit dans un cas relaté au' Med, Times and Gazette (11 nov. 1865) : Après dissection dos nerfs sympathiques du cou, le tronc nerveux et les ganglions (supérieur et moyen) sont considérablement augmentés de volume ; des deux côtés, le cervical inférieur est induré comme du cartilage, le tissu cellulaire ambiant est épaissi et induré ; au microscope, ce ganglion rappelle l'aspect des ganglions lymphatiques tuber< culeux. — Geigel, en Allemagne, envisage tout autrement la maladie de Basedow ; elle aurait son point de départ dans les parties supérieures de la moelle.

(3) Médical Times and Gazette, 11 nov. 1865.

^80 SPLANGBNOTOMIE ET EXAIfBN DES ORGANES.

de cette cavité devenus jaunes (4), les ganglions lymphatiques du cou hypertrophiés et indurés, les troDcs veineux de la même région presque exsangues, une injection des vasa vasorum des artères, Tappareil veineux de Tencéphale gorgé de sang, enGn l'augmentation de volume des lobes du corps thyroïde (p. 67} comprimant ou non les vaisseaux et nerfs. Le pneumogastrique et le sang sont généralement intacts.

Nous avons dit (p. 4 59] que la maladie d'Addison, dont quelques modernes cherchent la cause dans les glandes hématopoétiques, dépendrait, pour Habershon et pour Mattei (de Vienne), d'une lésion des ganglions semi-lunaires et du grand sympathique abdominal.

Terminons en ajoutaift que Vétude des nerfs pourra être utils dans beaucoup d'autres maladies. Parmi les affections dont rhistoire symptomaiique est encore entourée d'un voile, il faut mettre en première ligne celles du système nerveux. Certains phénomènes de paralysie, de constriction du thorax, de douleur névralgique généralisée s'irradiant de la colonne vertébrale, sont susceptibles de faire croire à des lésions de la moelle, alors que ce cortège de troubles fonctionnels peut être le résultat de la mise en jeu des actions réflexes. Si la compression des plexus lombaire, sciatique, cœliaque, peut expliquer la paralysie des membres inférieurs, la compression du plexus œsophagien entraîne la gêne de la déglutition et la dyspnée. On admet, depuis les travaux de Cl. Bernard, que, par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs, des contractions réflexes des muscles des vaisseaux diminuent l'apport du sang et peuvent par suite abolir les sécrétions. Le voisinage d*un ganglion lymphatique engorgé suffit à déterminer par compression Tatrophie d'une partie des fibres du trisplanchnique, d'où troubles vasculaires concomitants. (( Les paralysies permanentes des nerfs vaso-moteurs de la face doivent reconnaître des lésions, permanentes aussi, des filets vaso-moteurs du grand sympathique, siégeant dans les points où elles peuvent altérer facilement les fibres vaso-motrices sans intéresser les fibres oculo-papillaires, peut-être sur le filet qui longe la colonne vertébrale entre la seconde et la troisième paire. Cette question ne peut actuellement être résolue que par des autopsies bien faites (â). »

(1) Traube, Deutsche Klinik, 1863^ p. 286. Quelques muscles du tronc étaient aussi graisseux. — Voyez aussi sur ce goitre p. 136 (3).

(2) Penrond, Gaz. méd, de Lyon, l®"" mai 1864.

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