‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériquesChapitre 8 sur 84 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

Barlholiii, par son Concilium de anatome praetica ex cadavenbus morbom adot*nanda (167/i), \iiit ouvrir à la science une voie nouvelle, bientôt suivie par Biancard {Anatomia praetica rattonalis, 1688), Théophile Bonet [Prodromm anatomiœ practicœ, sepukhretum, 1709), Bàvrère {Observations anatomiques , tirées de l'ouverture des cadavres, 1751), et quelques autres cités plus haut.

Ces ouvrages, celui de Bonet même, ce chercheur nommé k grand ouvreur de cadavres, n'étaient guère encore que d'informes contpilations des obervations faites jusque-là sur le srége et les causes des maladies : les choses sont vues autrement qu'elles n'existent, mélangées de fables, de données apocryphes ; l'amour du merveilleux fausse partout les faits. Mais un siècle après, Morgagni, une des plus belles gloires de l'Italie médicale moderne , le Haller de l'anaiomie pathologicpie, comme dit Cruveiiliier, posa les bases de cette science en contrôlant ses observations par l'examen nécroscopique. Son fameux traké de 1761, />e sedibus et causis morborum ;>er anatomen indagatis, basé sur l'ouverture de soixante cadavres, est l'expression de la révolution qu'il ût dans la science à la fin du XVIII' siècle, s'il est permis de se servir du mot science avant Bichat.

Jusque-là on n'avait guère observé que les symptômes extérieurs. Après les avoir groupés avec plus ou moins de raison, on avait imposé des titres à ces groupes, sans trop les rattacher aux organe^i souffrants. En vertu de la tendance de l'esprit humain à donner un corps à ses abstractions, à les personniGcr, le nom d'une maladie avait Hni par éveiller presque celui d'un être (on/o5 ) fatal ei malveillant, exerçant ses ravages sur l'homme. La science se trouvait presque exclusivement limitée à cette ontologie que reproduisit Tinel au commencement même de notre siècle, et que combattit alors à outrance l'illustre Bronssais dans son manifeste de 1816, dans son fameux Examen des doctrines, Mais, à partir de Morgagni, les germes de la vraie observation médicale étaient jetés. Leur développement fut long sans doute, contrarié par les préjugés vulgaires (1), le dégoût inséparable de l'étude cada-

(1) Au XV® siècle, les médecins eux-mêmes poursuivaient les médecins qui disséquaient les cadavres humains. On eût dit que les érudits du temps voyaient avec inquiétude ce genre nouveau de recherches, et qu*en s'opposant à ces moyens d'investigation, ils voulaient restreindre la science au\ hypothèses mystiques et conjecturales dont

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