‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 13 sur 85 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

ne corrigeaient guère les principes dicbolomiqiies de Brown, sthénique et astkénique (1), admis par Bichat lui-même, et reproduisant le laxum et le strictum de Thémison de Rome, le froid et le chaud, Vhumide et le sec d'Hippocrate, le relâchement el le resserrement des pores d*Asclépiade de Bithynie, le spasme et Y atonie de Frédéric Hoffmann et Gullen.

Broussais, qui avait commencé par êtie plus pinéliste que Pinel, —puisqu'il soutint dans sa thèse inaugurale, contre

phique sous l'influence d'un maître à débile sagesse. La science de Piuel s'adonnait tout entière a un faux amour d'ordre et de classification. Observer, décrire et classer les phénomènes morbides sans les interpréter; en composer des groupes distincts^ faciles à reconnaître au moyen de caractères extérieurs simples et fixes^ était pour lui l'idéal de la science. 11 trouvait plus de présomption que de lumières et de sagesse aux médecins qui, une maladie étant donnée, se proposaient d'eu trouver le remède, au lieu d'en déterminer le rang dans un tableau nosologique, » {Nosographie philosophique,)

On lira avec intérêt le numéro du 25 juin 186Â de la même Revue, où M. Chauffard n'admet pas l'opinion suivante que M. Dubois (d'Amiens) fait dans son Éloge de Broussais : « 11 nous a ramenés à l'étude des lésions organiques, à la recherche du diagnostic local et à la véritable interprétation des symptômes. » Pour M. Chauffard , dont on connaît les tendances métaphysiques, Broussais a dévié.au contraire de leur cours légitime les études anatomo-pathologiques, en leur donnant des bases mensongères...., en cherchant dans la lésion la cause du mal et sa nature^ sans admettre au-dessus de cette lésion une détermination de l'activité vitale, point de départ premier d'où tout symptôme doit découler.

«Pour lui, la lésion est toute la maladie, le cri de l'organe souffrant, et le douloureux mobile du désordre universel; pour lui, les diathèses, l'adynamie, etc., sont des créations fantastiques. C'est l'introduction en pathologie de tous les préjugés du matérialisme philosophique. » Mais c'est là, ajouterons- nous, la médecine de l'avenir.

(1) L'incitabilité de Brown eut beaucoup de retentissement parmi les physiologistes et les médecins : la doctrine de Broussais n'est autre chose que l'application des idées de Brown à la pathologie. Broussais admettait des incitants pathologiques comme des irritants physiologiques ou normaux : c'est ainsi qu'il pouvait considérer toutes les maladies comme le résultat d'une irritation. La vie, pour lui, n'est qu'une propriété de la matière, la contractilité, ou, ce qui est synonyme, l'irritabilité, l'excitabilité. Pas de vie sans excitation, sans irritabilité des organes.

« Aujourd'hui, dit M. Cl. Bernard ( Revue des cours scientifiques, 4 juin 1864 ), on est arrivé à considérer lirritabilité, — propriété regardée déjà par Glisson(1672) comme inhérente à l'organisme dont elle détermine les mouvements, — pour le caractère essentiel de la ma-

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