INTRODUCTION. XLV
Quand on n'emploie pas le microscope, la partie anatomopathologique d'une observation échappe à tonte analyse. Si bien exercés que soient les sens d'observation, ils ne peavent suppléer au microscope, seul susceptible d'apprendre si les éléments sont on non altérés, o L'étude de la structure intime des produits morbides, faite à l'aide du microscope, devient le plus précieax des compléments qu'on puisse désirer de toute description attentive de leurs caractères extérieurs. Plus de précision dans les rapports existant entre les troubles fonctionnels et la lésion, plus de certitude sur la nature réelle de celle-ci : tel est le résultat général auquel conduit Tétude de la structure intime des organes malades (1). » (Robin.)
Mais si le microscope seul peut nous montrer les parties élémentaires dont la réunion forme nos tissus, « en même temps ce mode d'examen nécessite un nouvel ordre d'interprétation, parce que les objets décelés par le microscope sont vus par transparence, h l'aide de la lumière transmise et réfractée au travers de leur épaisseur, et non à l'aide de la lumière réfléchie, comme les corps qui frappent habituellement nos yeux. De là ressort la nécessité d'une éducation expérimentale offrant quelque différence, selon qu'il s'agit de l'observation des éléments, des tissus, des principes cristallins, etc. (2). » L'anatomie générale ne peut donc être entièrement apprise dans les livres, sans observer directement les éléments anatomiques et les tissus, tellement est spécial l'aspect de ces corps dont nous n'avons aucune idée par tes objets visibles à l'œil nu. Aussi ne saurions-nous trop conseiller à Paris de fréquenter les laboratoires de MM. Robin, Comil, Ranvier, Ordonez, Villemin, etc.
Ces difficultés d'interprétation expliquent les objections qu'on entend trop souvent encore, au moins à Paris, faire à ce qu'on nomme l'abus du microscope. Selon ces partisans de l'ancien régime , le microscope montrerait tout ce qu'on veut. Il n'y a pas un demi-siècle, les mêmes clameurs s'élevaient contre Tauscultation et la percussion. 11 s'agit toujours de praticiens routiniers, ne sachant pas l'usage du microscope, et trouvant inoins aisé d'apprendre que de dénigrer. Malheureusement, en concluant à l'inutilité du microscope, ils arrivent, par un jugement prématuré, à éloigner de ces saines recherches beaucoup d'esprits désireux de les poursuivre.
(1) Notice sur les travaux cfanai. path. de M, Rohin^ p. 4.
(2) Cours de M. Robin, France médicale^ 31 décembre 1864.